Comme un frère [roman]

COMME UN FRÈRE, par Françoise Jay (Bayard, 2016)

comme un frèreLorenzo a dix-huit ans et six soeurs avec lesquelles il s’entend bien. Apprenti menuisier, il est le seul homme de la famille depuis que son père est décédé accidentellement. Gaspard, un an de plus, est quant à lui en études supérieures de maths, plus par volonté paternelle que par réelle volonté personnelle. Les deux jeunes hommes se rencontrent dans une chambre d’hôpital où ils sont voisins, Lorenzo suite à un vol de scooter qui a mal tourné, Gaspard suite à une tentative de suicide en sautant d’un immeuble… Au départ muet, Gaspard va s’ouvrir, et les deux vont se découvrir une amitié très forte. Leur projet en commun de théâtre, l’un en tant que décorateur, l’autre en tant que comédien, va naître dans cette chambre, puis perdurer ensuite une fois leur séjour terminé… Lire la suite

L’amour est une haine comme les autres

L’AMOUR EST UNE HAINE COMME LES AUTRES, par Stéphane Louis (scénario), Lionel Marty (dessin) et Véra Daviet (couleurs) (Bamboo, 2017, coll. Grand angle)

amour haine autresQuelque part en Louisiane en 1948, un noir est tabassé dans une ruelle par un groupe de blancs racistes. Arrive alors un homme blanc qui a l’air bien remonté, mais pas pour les mêmes raisons… Retour en arrière : 1929, Abelard surnommé « Abé » est un jeune noir ami avec un jeune blanc rouquin, Will. Le premier, vif et intelligent a perdu son père et vie seul avec sa mère dans une cabane en bois, tandis que Will, qui n’est pas une lumière est bien né dans une famille d’entrepreneurs raciste membre du KKK. Suite à une mauvaise chute, Abé est sauvé de la noyade par son copain, et pour remercier Will de son geste, Abé va l’aider à apprendre ses leçons, pour que Will puisse reprendre l’entreprise de son père. Les deux garçons concluent alors un pacte pour la vie ». En 1946, alors que Will a repris les rênes de l’entreprise, le racisme est toujours aussi présent. Abé est employé par Will et subit les remarques de ses « collègues » et de son patron, mais en vrai c’est lui qui gère les comptes, Will n’étant raciste qu’en façade. Mais leur belle amitié cachée aux yeux de tous va être mise à mal par leurs familles ainsi que par une femme qui convoite l’argent de Will plus que l’homme… Lire la suite

Un lézard amoureux [roman]

UN LÉZARD AMOUREUX, par Alex Cousseau (Rouergue, 2013, coll. DoAdo)

lezard amoureuxTobias a seize ans et vit au fin fond du Finistère avec son père et leur chien. Il est follement amoureux de la belle Zoé, mais n’ose pas lui avouer ses sentiments, d’autant plus que son ami Karim a lui aussi des vues sur la jeune fille… En cinq mois, il va tout faire pour conquérir la jeune fille depuis l’aveu de ses sentiments jusqu’à sa première fois avec une fille… Lire la suite

A copier 100 fois [roman]

À COPIER 100 FOIS, par Antoine Dole (Sarbacane, 2012)

copier100fois

Un adolescent de treize ans se fait harceler à l’école : il est insulté de tous les noms d’oiseaux, frappé, humilié… sans que personne ne réagisse. Les adultes ne voient rien ou alors ne disent rien. N’ayant aucun vrai ami, l’ado, 20qui hésite sur son orientation sexuelle, ne sait comment se sortir de cette situation. D’autant plus que la relation avec son père est très tendue, car l’adulte souhaite que son fils se défende seul et ne se laisse pas faire… Alors pour ne pas décevoir son père, l’ado ment face à ce père qui lui donne ce qu’il croit être de bons conseils… Heureusement que dans cette vie terne, il y a Sarah qui tente de le défendre face aux autres, et qui va lui permettre de parler à son père…

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Fantômes

FANTÔMES, par Raina Telgemeier (Akileos, 2016)

fantomesCatrina, 11 ans, et sa famille déménagent dans le nord de la Californie, dans une petite ville en bord de mer appelée Bahia de la Luna, surtout connue pour le soleil qui n’y serait présent que 62 jours par an… Autant dire que pour Catrina, habituée au soleil de la Californie du sud, c’est la déprime assurée… La jeune fille accepte tant bien que mal ce déménagement dû à la maladie de sa jeune sœur Maya, atteinte de mucoviscidose. Elles s’installent dans leur nouvelle maison, et décident d’explorer les alentours. Au fil de leurs déambulations, elles découvrent une tradition propre à Bahia de la Luna, le retour des fantômes le 1er novembre, sur la colline qui domine la ville. Catrina, froussarde, prend peur, d’autant plus que Carlos le voisin qui lui explique cette tradition a l’air d’adorer les fantômes. Pour Maya, qui a une approche différente de la mort, cette nouvelle la réjouit, et elle se dit même qu’elle va pouvoir retrouver sa grand-mère, disparue quelques temps auparavant…  Alors que la date fatidique approche, Catrina est de moins en moins rassurée, tandis que l’état de santé de Maya ne s’améliore pas vraiment…

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L’apocalypse selon Magda

L’APOCALYPSE SELON MAGDA, par Chloé Vollmer-Lo (scénario) et Carole Maurel (dessin) (Delcourt, 2016)

Ca y est, c’est officiel, la fin du monde aura lieu le 21 mars l’an prochain. Il ne reste plus que 365 jours avant que ce ne soit fini, les scientifiques en sont sûrs. Alors d’ici là, Magda, adolescente au fort caractère qui fête ce même jour ses 13 ans, va décider de profiter du temps qu’il reste pour vivre sa vie comme elle l’aurait souhaitée. Elle va se détacher peu à peu de sa famille qui se délite : son père est parti avec sa maîtresse, abandonnant femme et enfants, sa mère et sa soeur tente de survivre en attendant le jour ultime… Magda, sachant qu’elle ne connaîtra jamais ses 14 ans, va alors prendre son indépendance et vivre la fin de sa vie en condensé, pour ne rien regretter…

Voici un album lu après l’avoir repéré chez de nombreux blogueurs depuis sa sortie en janvier. Au départ, je voulais l’acheter, mais il n’était pas en librairie le jour où j’y suis allée. Et puis peu de temps après, il est arrivé en bibliothèque, alors je l’ai emprunté. Et bien, finalement, je ne regrette pas de ne pas posséder cet album, qui est bien, mais sans plus : ce n’est pas le coup de cœur que j’espérais, peut-être que j’en attendais trop après avoir lu quelques chroniques pleines de louanges lues sur la blogosphère… Je ne me suis pas attachée à l’héroïne comme je l’aurais voulue, parce que je n’ai pas aimé certaines de ses réactions. Je l’ai trouvé plutôt « attachiante », avec son comportement souvent excessif, lié certainement au fait que le temps tourne vite et qu’elle souhaite vivre tout de façon intense, avant la fin. Ainsi, je n’ai parfois pas eu l’impression que c’était une ado de 13 ans, alors qu’à d’autres moments, c’était totalement un comportement adolescent. Par exemple, dès qu’elle apprend la date de la fin du monde, elle change du tout au tout, en amour et en amitié. Elle va voir aussi tout autour d’elle le monde changer, les réactions de ses camarades, de ses enseignants, de ses voisins… étant différentes, plus ou moins violentes ou radicales, selon les caractères de chacun. Le monde se désagrège autour d’elle, mais pour autant, mise à part la décision de son père, cela n’a pas l’air de l’affecter plus que cela, Magda pense d’abord et surtout à elle. Bref, le personnage de Magda ne m’a pas plu comme je l’aurais pourtant voulu. Cette recherche de paradis artificiels, d’amours plus ou moins illusoires, cette attitude jusqu’au-boutiste m’est apparue trop excessive, je crois en fait que j’étais plus du côté de sa grande sœur, plus cartésienne.

Le scénario de Chloé Vollmer-Lo est bâti de façon étonnante, puisqu’on commence la lecture par la fin chronologique, et donc on connaît le fin mot de l’histoire avant de commencer la lecture (enfin, on croit le savoir), et puis lorsqu’à la fin de l’album, on retrouve l’épisode exposé au début, on est surpris par l’élément qui n’était pas mentionné au départ. Je dois dire que je n’ai pas trop compris la réaction de Magda à la fin, là encore trop excessive pour moi. Cela m’a laissé un drôle de sentiment en fermant ce livre, un avis mitigé, une impression de vide et de gâchis indescriptible. Cependant, cet album amène le lecteur à se poser une intéressante question : et si on devait disparaître bientôt et qu’on en connaissait la date, qu’est-ce qu’on ferait ? (Je crois que certains ont fait de ce sujet une chanson en duo, non ?).

Au niveau graphique, Carole Maurel, que je découvre avec cet album, nous offre une très jolie histoire, des personnages bien représentés, avec toujours quelques détails qui méritent qu’on s’attarde sur chaque case… Les couleurs qu’elle utilise sont particulièrement réfléchies : un certain nombre de cases est dans les tons jaunes, et cette drôle de lumière donne un sentiment de fin du monde proche, mais aussi de nostalgie. Le trait est très agréable à regarder, et accompagne très bien ce scénario original que j’aurais aimé apprécier plus. Dommage pour moi, je suis passée un peu à côté, je crois.

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 13 ans.

On en parle sur les blogs : Au milieu des livres, D’une berge à l’autre, Samba BD, Capocapesdoc, Comme dans un livre, Un amour de BD

Premières planches à voir sur Izneo.

Aller voir le blog de la dessinatrice.

Cet album participe à , cette semaine chez Yaneck.

Mon copain secret

MON COPAIN SECRET, par Loïc Dauvillier et Alain Kokor (Les éditions de la gouttière, 2012)

Manon est une petite fille qui cohabite avec un éléphant dans son placard de chambre. Personne ne veut la croire, alors la fillette préfère garder son secret pour elle. L’éléphant s’incruste dans sa vie, et en cherchant à la sortir de mauvais pas, lui cause bien des soucis. Ainsi, lorsque Manon est embêtée par Tom son frère jumeau, l’éléphant venge la petite fille en faisant pipi dans le lit du garçon. A l’instituteur qui demande à Manon de résoudre un problème de mathématiques, l’éléphant va écraser la voiture pour se venger également… L’éléphant tente de protéger du mieux qu’il peut la fillette, mais celle-ci n’apprécie guère ses attentions, car la situation devient rapidement incontrôlable.

Voici un joli album jeunesse, de petit format agréable à prendre en main et court (32 pages). C’est une jolie histoire fantastique sur les croyances des enfants, qui ont des amis imaginaires avec lesquels ils passent des heures à converser. Le dessin d’Alain Kokor, crayonné, avec ses couleurs orangées et marron, ou du gris et bleu pour la nuit, est agréable, tout en douceur et en tendresse. Le scénario est bien construit, par étapes facilement distinguables. Par contre, il y a pas mal de bulles, ce qui fait que cet album n’est pas forcément accessible aux tout petits lecteurs qui apprennent juste à lire. Autre bémol également, la place des parents dans l’histoire. Le père fait du genre bourru, il est peu présent, ne parle pas avec ses enfants. La mère n’est pas plus proche de ses enfants, elle ne fait rien pour les aider, ne cherche pas à discuter ou à comprendre ce qui se passe, par contre, elle les envoie dans leur chambre bien facilement… Disons que c’est un modèle familial bien particulier tout de même… La fin est assez surprenante, et peut permettre à l’enfant lecteur de créer la suite. Cet album, léger et sympathique, n’est pas inoubliable, mais permet une bonne première approche de la BD avec des lecteurs débutants. Le sujet de la solitude et de l’amitié plaira aux lecteurs comme à leurs parents, alors ce serait dommage de passer à côté, non ??

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : La bibliothèque de Noukette, Bedea jacta est, D’une berge à l’autre

Premières planches à voir sur Digibidi.

Fiches pédagogiques pour le cycle 3 à retrouver sur le site de l’éditeur.

Un kamishibai sur la rencontre entre Manon et l’éléphant (histoire inédite) est disponible sur le site des expositions d’On a marché sur la bulle, association d’Amiens.

Cet album participe à , cette semaine chez Jacques.