Le dernier des Mohicans

LE DERNIER DES MOHICANS, par Cromwell (Soleil, 2010, coll. Noctambule), librement adapté du roman de James Fenimore Cooper.

dernier mohicansEn 1757, dans le Nouveau-Monde, la guerre est rude entre Français et Anglais qui se battent pour ce nouveau territoire, plein de promesses. Chacun s’attelle à nouer des alliances avec les populations locales, et la guerre n’en est que plus féroce. Du côté des Anglais, alors que quelques forts sont bien tenus, les deux filles du colonel Munro qui tient le fort William Henry, ont à cœur de rejoindre leur père, faisant fi des dangers qui les guettent.  Elles prennent donc la route, mais sont trahies par leur guide indien et frôlent la mort. C’est alors que Hawkeye et son fils acceptent de les escorter jusqu’à leur destination finale, mais le chemin s’avère là encore ponctué de dangers…

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London panic ! [roman]

LONDON PANIC !, par Marie-Agnès Vermande-Lherm (Sarbacane, 2016, coll. Exprim’)

Lucie est en classe de seconde et n’en fait absolument pas une en cours d’anglais. Elle a un niveau si pitoyable que la prof d’anglais décide de ne pas l’emmener lors du prochain voyage. Lucie est dégoûtée, mais elle ne veut pas perdre la face, elle souhaite tellement se rendre dans la capitale britannique… Alors elle va échafauder un plan pour parvenir à ses fins. Elle prend contact avec Abu, un camarade indien qui a de la famille en Angleterre. Celui-ci peut lui fournir un travail là-bas pendant les vacances de Noël, chez un de ses oncles. Mais Lucie n’a pas suffisamment d’argent pour se payer le billet d’Eurostar, et fait donc comme si, sauf qu’à la gare du Nord, elle se retrouve coincée… Une rencontre improbable avec une une franco-anglaise va lui sauver la mise, mais la voilà embarquée pour une drôle d’aventure dans une famille bourgeoise londonienne, dont la mère a mystérieusement disparu… Cependant, ces personnages hauts en couleur vont faire grandir Lucie…

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The long and winding road

THE LONG AND WINDING ROAD, par Christopher (scénario) et Ruben Pellejero (Kennes éditions, 2016)

long winding roadA Montpellier, Ulysse vient d’assister aux obsèques de son père, un homme qu’il n’appréciait pas particulièrement, n’ayant pas de points communs avec lui. Mais voilà qu’après la crémation de son géniteur, il doit amener ses cendres sur l’île de Wight, d’après ses dernières volontés lues lors de la sépulture… Loin d’être enchanté par cette perspective, Ulysse se sent tout de même obligé par sa tante de réaliser le dernier souhait de son père… Mais pendant ce voyage en combi VW, il va découvrir des amis de son père, et exhumer des souvenirs enfouis, qui lui font comprendre qu’il ne connaissait pas du tout, mais absolument pas, son père… Ce sera aussi l’occasion pour lui de mettre à plat sa vie et de suivre son instinct et ses envies plutôt que l’avis de la société qui l’entoure… Lire la suite

Baby’s in black

BABY’S IN BLACK, l’histoire vraie d’Astrid Kirchherr et Stuart Sutcliffe, par Arne Bellstorf (Sarbacane, 2011)

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Au tout début des années 1960, Astrid est une jeune photographe, assistante d’un photographe renommé. Elle vit à Hambourg avec Klaus son petit ami, mais sent bien que leur relation tend à sa fin. Un soir après une dispute, ce dernier se rend à St Pauli, quartier malfamé de la ville, et entend une musique particulière sortir d’une cave : un groupe inconnu de Liverpool s’y produit. Klaus retourne raconter à Astrid ce qu’il a entendu, et les deux y retournent le soir suivant. Ils viennent de rencontrer les Beatles, alors à 5. Astrid tombe sous le charme d’un bassiste aux lunettes noires, Stuart, un artiste qui a suivi John sans trop savoir jouer. Les deux jeunes gens tombent follement amoureux, mais alors que la notoriété du groupe commence à grandir, on découvre que la présence des Anglais n’est pas légale… Stuart va alors être amené à choisir entre sa carrière musicale en Angleterre, sa passion pour la peinture et sa vie sentimentale à Hambourg… Lire la suite

Le jardin de minuit

LE JARDIN DE MINUIT, librement adapté du roman de Philippa Pearce, par Edith (Soleil, 2015, coll. Noctambule)

Dans les années 1950, au début des grandes vacances, Tom est un petit garçon qui est envoyé chez sa tante Gwen et son oncle Allan pendant quelques temps, car son frère a la rougeole. Là-bas, il s’ennuie, étant mis en quarantaine. Il n’a que trois occupations : manger, s’ennuyer et dormir. Il passe alors ses journées à écrire à son petit frère Peter. Une chose l’intrigue dans la maison de son oncle : l’horloge qui se trouve sur le palier appartiendrait à une vieille dame qui habite l’appartement au-dessus. En pleine nuit, alors que son oncle lui a interdit de se lever, Tom l’entend sonner, et compte treize coups… Intrigué, il outrepasse les ordres et descend au rez-de-chaussée, ouvre la porte et atterrit dans un jardin alors qu’en plein jour, habituellement il n’y a rien d’autre là qu’une minuscule cour où sont entreposées les poubelles… Dans le jardin chatoyant, il croise trois garçons et une jeune fille, Hatty, qu’il observe patiemment pendant plusieurs nuits, avant de se lier d’amitié avec elle… Mais qui est-elle véritablement ? Un fantôme ? Tom va tenter de résoudre cette énigme avant de rentrer chez ses parents, mais ne manque pas d’informer son frère de ses découvertes…

Cet album est une adaptation d’un roman de 1958, vraisemblablement un classique en Grande-Bretagne. Je suis un peu déçue par cette lecture, car j’ai trouvé l’histoire particulièrement longue et bavarde, avec beaucoup de bulles dont on pourrait se passer, mais il faudrait voir s’il y a aussi beaucoup de dialogues dans le roman original. Les passages où le jeune garçon pose des questions à son oncle sont particulièrement lents, ce ne sont vraiment pas des passages qui m’ont plu. Le fil conducteur de l’histoire est assuré par les courriers que Tom envoie à Peter. La  relation au temps dans le jardin est très particulière dans cette histoire fantastique où le rêve se mêle à la réalité, au point que la lectrice que je suis a été perdue à certains moments. Quant au dessin, il  est agréable mais sans plus : les traits des personnages sont assez simples, enfantins, pas très détaillés, au moins les personnages sont-ils facilement distinguables. Les couleurs sont assez ternes, mais j’ai bien aimé les teintes de jaune. Le côté suranné est très présent dans le jardin, même si on ne sait pas bien à quelle époque se déroule le récit. Les hypothèses de Tom paraissent plausibles, mais on ne sait pas trop bien ce qu’il en est et on est un peu perdus. Les fils de l’histoire se démêlent sur la fin, mais je ne suis pas spécialement convaincue par le côté fantastique et surtout les explications, là encore trop bavardes à mon goût… Bref, je l’ai lu parce qu’il faisait partie d’un prix littéraire pour des lycéens, mais ce n’est surtout pas cet album-là que je mettrais vainqueur…

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Un amour de BD, La bibliothèque de Noukette, Petites madeleines, Littéraventures, Le bateau livre, Blog brother, Un petit bout de bib, Chroniques de l’invisible

Premières planches à voir sur Digibidi.

Irmina

IRMINA, par Barbara Yelin (Actes Sud / l’an 2, 2014)

Au milieu des années 1930, Irmina est une jeune femme qui veut être indépendante. Allemande originaire de Stuttgart, elle part en Angleterre suivre des cours dans une école internationale de secrétariat, aidée financièrement par ses parents. Là, elle rencontre un beau jour Howard, un jeune homme talentueux britannique, originaire de l’île caribéenne de la Barbade. Fascinée par le jeune étudiant noir, Irmina découvre à ses côtés Oxford, la ville où son ami poursuit ses études. Cette rencontre est aussi l’occasion pour elle de côtoyer un jeune homme différent qui rencontre fréquemment des situations de racisme lié à sa couleur de peau. Pour Irmina, c’est différent, c’est la situation politique en Allemagne qui pose question aux Anglais. Hitler a en effet gagné le pouvoir depuis 1933, et les relations diplomatiques se tendent de plus en plus. Irmina subit ces désagréments, en n’étant plus la bienvenue partout en Angleterre. Elle perd son logement à cause de ses origines, et l’argent que ses parents lui envoyaient ne lui parvient plus. N’ayant plus de nouvelles d’Howard, son seul ami en Angleterre, elle décide de rentrer dans son pays natal, persuadée qu’elle pourra retraverser la Manche facilement. Embauchée au ministère de la guerre, on lui fait espérer un poste à l’ambassade allemande à Londres, mais il n’en sera rien. L’emprise d’Hitler sur le peuple allemand va bloquer les relations diplomatiques, et le poste promis tarde à arriver. Pour se protéger et garder son confort, la jeune femme qui se voulait indépendante va mettre de côté ses ambitions et  fréquenter des jeunes hommes faisant partie des SS. Parmi eux, Gregor qui tombe amoureux d’elle. Ils se marient et ont un fils, mais la vie rêvée d’Irmina est bien lointaine…

Voici un gros pavé de 270 pages que j’ai acheté à Angoulême en janvier dernier. Si j’avais attendu un peu au stand de l’éditeur, j’aurais pu le faire dédicacer, mais ce jour-là, je n’ai pas pris le temps de revenir faire signer l’album de cette auteur allemande. J’ai dévoré cette histoire qui suit le parcours d’une jeune femme qui se veut indépendante, alors que les circonstances vont aller contre son destin et qu’elle va devoir revoir ses ambitions pour conserver un mode de vie. La grande et la petite histoire se mêlent de façon habile, et dès le début de l’histoire on entrevoit l’accumulation d’éléments qui aboutiront à la guerre. Irmina est souvent attachante, parfois naïve, parfois agaçante, mais on peut comprendre qu’en ces temps troublés, elle cherchait parfois plus à survivre, quitte à mettre de côté son indépendance. Le scénario est bien construit, de façon chronologique, et donc on n’est pas perdus. Le dessin de l’auteur allemande est très joli, très agréable, appuyé par des couleurs dans les tons gris, bleus, marrons, qui ajoutent encore de la consistance au récit, basé sur l’histoire de la grand-mère de l’auteure. J’ai beaucoup aimé les portraits qu’elle trace, ainsi que les pleines pages qui sont réellement magnifiques à admirer. La fin du récit est bouleversante, lorsqu’Irmina se rend compte que sa vie aurait pu être différente, s’il n’y avait pas eu la guerre, si les circonstances avaient été différentes, si elles avait fait d’autres choix… Il y a un côté doux-amer qui ressort de cet roman graphique, qui fait aussi réfléchir sur sa propre vie et ses choix. Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé cette fresque historique qui mêle l’histoire d’Irmina, allemande lambda prise dans un tourbillon plus grande qu’elle, et l’histoire officielle. Irmina est mon coup de cœur du moment !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : La soupe de l’espace, A chacun sa vérité, Lettres exprès, Le goût des livres, Livresse des mots

Quelques planches sur le site de l’éditeur allemand.

Prix Artémisia 2015, récompensant un album réalisé par une femme.

C’est ma neuvième participation à la bd de la semaine, cette semaine chez Noukette

Green Manor

GREEN MANOR,16 CHARMANTES HISTORIETTES CRIMINELLES, par Fabien Vehlmann (scénario) et Denis Bodart (dessin) (Dupuis, 2010)

Dans un hôpital psychiatrique de Londres, à la fin du XIXème siècle, un vieil homme vient d’arriver, et prétend être le club. Semblant délirer, il parle du Green Manor, un club de gentlemen passionnés par le crime, et va raconter comment ces hommes de la bonne société anglaise passaient le temps en se racontant des nombreuses histoires de meurtre, ou encore en se lançant des défis pour savoir qui est le plus grand chasseur…

J’ai passé un bon moment de lecture avec ce recueil de 16 nouvelles, avec en point commun un lieu. Ce volume regroupe les 3 tomes parus initialement au début des années 2000, soit 16 histoires. Pour commencer, on a là un bel objet, avec une couverture à l’aspect cuir vieilli, comme un vieux livre qu’on aurait déniché dans une étagère poussiéreuse… Cela met déjà dans l’ambiance avant d’avoir commencé la lecture. Je n’ai pas pu lire toutes les histoires à la suite, mais j’ai vraiment apprécié de pouvoir lire une ou plusieurs nouvelles, et de reprendre ma lecture ensuite sans problème. Je n’ai pas souvent lu de nouvelles en BD, et là j’ai vraiment bien aimé. En effet, à chaque fois, il y a une chute surprenante, Fabien Vehlmann (scénariste de la série jeunesse Seuls) maîtrise à tous les coups ses scénarii et parvient à se renouveler pour éviter l’écueil de la redondance, qui aurait été facile ici. Sur le nombre important de nouvelles, je n’ai en tout cas pas eu l’impression d’avoir deux histoires pareilles : les situations de départ sont diverses et variées, les hommes du Green Manor étant parfois personnellement impliqués, et d’autres fois, ils ne sont que les narrateurs. L’esprit de Conan Doyle et de Sherlock Holmes, un esprit très victorien, règne dans toutes ces histoires, et souvent je n’ai pas réussi à trouver la fin, car fréquemment, les retournements de situation ou les explications vraiment tordues constituent la chute de l’histoire, qui m’a souvent agréablement surprise. L’humour noir est souvent présent dans les histoires, j’ai vraiment adhéré à toutes les nouvelles ou presque. Le dessin est quant à lui aussi très agréable, alternant les cadrages, rendant les historiettes fluides. On n’a pas de souci à distinguer les personnages, ce qui est là encore un aspect positif. Les jolies couleurs de Scarlett complètent la liste des points positifs de cet album, qui est vraiment pour moi une bonne découverte. Seul point négatif que je pourrais noter : le prix de l’album, pas donné, mais au final on en a pour son argent, au vu de la qualité du recueil…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Tête de lecture, Soupe de l’espaceCecile’s blog, Hannibal le lecteur, Madimado’s blog, Le blog BD de C., Blog brother

Quelques planches à voir sur le site de la librairie Dialogues.