Le prince et la couturière

LE PRINCE ET LA COUTURIÈRE, par Jen Wang (Akileos, 2018)

Le prince Sébastien est un cœur à prendre. Mais il semble peu intéressé pour se trouver une princesse à épouser. Ce sont ses parents surtout qui s’inquiètent et tentent d’organiser des rendez-vous pour que des jeunes filles rencontrent leur fils. Sébastien, lui, préfère s’habiller en robes, et quand il découvre lors d’un bal la tenue très originale d’une princesse, il demande à faire venir secrètement sa couturière. Cette dernière, Frances, déconsidérée dans l’atelier où elle travaille, accepte la proposition la proposition d’embauche pour le mystérieux envoyé qui vient la chercher à son travail. Quelques temps plus tard, elle découvre l’identité de son employeur et lui crée des robes toutes plus originales les unes que les autres… Sébastien, lors des soirées mondaines, devient Lady Cristallia. Il approche même madame Aurelia, la couturière dont Frances est totalement fan. Mais comment gérer l’identité secrète de Sébastien/Lady Cristallia et en même temps la volonté de Frances de devenir une couturière renommée ?

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Mon désir le plus ardent [roman]

MON DÉSIR LE PLUS ARDENT, par Pete Fromm (Gallmeister, 2018)

005458730Maddy s’était jurée de ne jamais tomber amoureuse d’un homme du même âge qu’elle. La vingtaine, elle est en couple avec Troy, et alors a le coup de foudre pour Dalton, qui regroupe pourtant tous ses grands principes concernant le couple. Dalton est guide de rivière, et entraîne sa belle dans des descentes plus folles les unes que les autres. L’eau est leur point commun, ils se marient même au bord de la rivière, et c’est aussi le lieu de leur lune de miel… Quelques années plus tard, alors que le couple espère un enfant, Maddy tombe enfin enceinte, mais apprend presque en même temps qu’elle est atteinte de sclérose en plaques… Dalt et Mad sont un couple solide, mais pourront-ils faire face à cette maladie dont les symptômes se dévoilent au fil du temps ?

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Super-sourde

SUPER-SOURDE, par Cece Bell (Les Arènes, 2015)

supersourde

Autobiographie de l’enfance de l’auteure américaine, devenue sourde suite à une maladie contractée à l’âge de 4 ans. Elle nous décrit son monde adapté ou non à son handicap, la réaction des autres enfants face à sa surdité (certains lui parlent plus fort, d’autres la prennent limite pour une demeurée…), sa vie de famille, ses meilleures amies (Laura en CP, Ginny puis Martha), ainsi que son meilleur allié pour apprendre à l’école : le Phonic Ear, un appareil qui lui permet d’entendre ce que dit l’institutrice dans le micro… D’ailleurs, cet appareil lui confère des super-pouvoirs : elle seule peut entendre certains bruits… C’est là que Cece devient une super-héroïne : « super-sourde »… Et grâce à ce super-pouvoir, elle va chercher à se faire une amie, la super-amie qu’elle attend tant…

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Hilo

HILO, LE GARÇON QUI S’EST ÉCRASÉ SUR LA TERRE, par Judd Winick (Milan, coll. Grafiteen, 2016)

hiloHistoire de deux petits garçons, Daniel Jackson Lim, surnommé DJ, et Hilo, petit blond arrivé d’une drôle de façon. Leur rencontre est sacrément originale : alors qu’il se promenait en bord de forêt, DJ trouve une cratère, et à l’intérieur un jeune garçon blond portant un slip bleu argenté. Complètement amnésique, il ne sait plus comment il s’appelle, d’où il vient, pourquoi il est là…. D’ailleurs, il ne parle pas la même langue que DJ. Heureusement qu’en touchant DJ, il a absorbé son vocabulaire et peut désormais communiquer… D’ailleurs, au fil du temps, des bribes de mémoires lui reviennent à l’esprit, il retrouve son prénom, Hilo, et quelqes autres éléments de sa vie. En réalité, il viendrait d’une autre planète… Alors pourquoi un monstre robot en voudrait-il à sa vie ?  Lire la suite

Fantômes

FANTÔMES, par Raina Telgemeier (Akileos, 2016)

fantomesCatrina, 11 ans, et sa famille déménagent dans le nord de la Californie, dans une petite ville en bord de mer appelée Bahia de la Luna, surtout connue pour le soleil qui n’y serait présent que 62 jours par an… Autant dire que pour Catrina, habituée au soleil de la Californie du sud, c’est la déprime assurée… La jeune fille accepte tant bien que mal ce déménagement dû à la maladie de sa jeune sœur Maya, atteinte de mucoviscidose. Elles s’installent dans leur nouvelle maison, et décident d’explorer les alentours. Au fil de leurs déambulations, elles découvrent une tradition propre à Bahia de la Luna, le retour des fantômes le 1er novembre, sur la colline qui domine la ville. Catrina, froussarde, prend peur, d’autant plus que Carlos le voisin qui lui explique cette tradition a l’air d’adorer les fantômes. Pour Maya, qui a une approche différente de la mort, cette nouvelle la réjouit, et elle se dit même qu’elle va pouvoir retrouver sa grand-mère, disparue quelques temps auparavant…  Alors que la date fatidique approche, Catrina est de moins en moins rassurée, tandis que l’état de santé de Maya ne s’améliore pas vraiment…

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Annie Sullivan & Helen Keller

ANNIE SULLIVAN & HELEN KELLER, par Joseph Lambert (Editions çà et là / Editions Cambourakis, 2013)

Biographie de la jeunesse d’une personnalité très connue aux Etats-Unis, mais beaucoup moins de notre côté de l’Atlantique : Helen Keller, née en 1880 dans l’Alabama, qui devient sourde, muette et aveugle à l’âge de 19 mois suite à une maladie. Grâce à son professeur Annie Sullivan, elle-même malvoyante, qu’ont engagée ses parents, elle va apprendre à communiquer avec les autres grâce à la langue des signes, et découvrir le monde qui l’entoure. Très intelligente, la petite fille va aussi apprendre à écrire, et deviendra plus tard une intellectuelle reconnue, son diplôme en poche. Un parcours qui force l’admiration, dans une Amérique encore fortement marquée par les conflits entre le nord et le sud…

Cet album faisait partie de la dernière sélection officielle au festival d’Angoulême, je l’ai donc emprunté pour pouvoir me faire mon propre avis. Je ne connaissais pas Helen Keller avant de commencer ce livre, donc je l’ai ouvert avec un œil neuf. Pour une fois, j’ai commencé par la fin, et j’ai eu raison : il y a 3 pages de notes qui permettent de compléter l’histoire, d’apporter des éléments historiques. Cela m’a servi ensuite pour mieux comprendre l’histoire dessinée. La relation entre Annie et Helen est très bien racontée, on suit les doutes d’Annie, son obstination les premiers temps lorsqu’Helen réagit violemment aux premiers contacts avec sa professeur, on a aussi des morceaux de son enfance maltraitée dans un orphelinat. On est aussi dans la tête d’Helen : dans certaines planches, on a sa vision où elle ne voit (ou perçoit) que des formes très floues, souvent foncées. Puis cela s’éclaire et se précise de plus en plus, au fur et à mesure qu’elle acquiert du nouveau vocabulaire sur le monde qui l’entoure. Pas mal de contenu est traduit en langue des signes dans les cases, car c’était le moyen de communication entre les deux jeunes filles. En tout cas, le procédé utilisé par Joseph Lambert est impressionnant de précision sur la LSF, il arrive à dessiner le mouvement des mains et plusieurs lettres (et parfois même des mots entiers) dans une seule et même case. Au niveau du dessin, je l’ai trouvé très fin mais assez tremblotant, même s’il ne pose pas de souci pour distinguer les personnages. Les décors ne sont pas toujours présents, mais en même temps, le découpage est tel qu’il y a souvent de petites cases (souvent 12 cases par planche) et donc peu d’espace pour représenter le décor. Les couleurs sont pastels, pas désagréables. C’est un auteur que je ne connaissais pas, son trait ne m’est pas extrêmement agréable, mais il n’est pas désagréable non plus, loin de là. C’est surtout le contenu qui est intéressant, mais l’approche de Joseph Lambert est elle aussi originale. Un bon album donc, à condition de connaître à l’avance un minimum la vie d’Helen Keller, et aussi un jeune auteur à suivre…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Une autre histoire, Val aime les livres, Vive la rose et le lilas, Onirik,

Cet album a fait partie de la sélection officielle d’Angoulême 2014.

Extraits à télécharger depuis le site de l’éditeur, et explications de l’histoire de l’édition de cet album en français sur le blog de Cà et Là (on y apprend par exemple que c’est l’auteur qui a refait le lettrage pour la version française, et qu’il a redessiné les cases avec la langue des signes, pour que cela colle avec la traduction française !).

Rencontre avec Joseph Lambert, le jeune auteur américain de l’album, à lire sur le site de Télérama.

Consulter aussi le site officiel de Joseph Lambert, en anglais.

Plus d’infos sur Anne Sullivan en anglais sur le site de l’institut Perkins, mentionné dans l’album.

New-York trilogie, tome 3 : les gens

NEW-YORK TRILOGIE, tome 3 : LES GENS, par Will Eisner (Delcourt, 2008, coll. Contre-bande)

Suite et fin du tome 2. Ce volume-là regroupe trois histoires : « Sanctum », « Le pouvoir » et « combat mortel ». « Sanctum », c’est l’histoire d’un homme dont la publication par erreur de l’avis nécrologique va constituer le début de sa descente aux enfers : perte de son logement, perte de son travail… Personne ne veut le croire lorsqu’il affirme qu’il est vivant, sa seule famille qu’il ne fréquentait plus va s’intéresser à l’héritage, tel un vautour, et finalement il va mourir par accident et celle qui a écrit par erreur l’avis de décès va être récompensée pour son sérieux !! « Le pouvoir » retrace l’histoire de Morris, un homme qui a un pouvoir de guérison et s’en sert sans trop savoir comment ni pourquoi il fonctionne. Il vit de petits boulots, un temps avec une diseuse de bonne aventure, quelque peu arnaqueuse, alors que lui croit en l’humanité et en l’honnêteté. Lorsqu’elle le jette dehors, il erre, SDF, mais rencontre un pasteur qui lui remet le pied à l’étrier. Son pouvoir revient, mais le pasteur le met dehors, n’appréciant guère. Il met en place son commerce de guérisseur, qui marche bien, les voisins se demandent ce qui se passent, mais voient les effets. C’est le retour du succès jusqu’au retour de son ex-femme… « Combat mortel », dernière histoire, retrace la vie d’une femme qui a passé les 40 années de sa vie à s’occuper de son père, et qui une fois celui-ci décédé, elle décide de vivre pour elle. Elle rencontre à son travail Herman, un cinquantenaire qui vit avec sa mère. Les deux passent de plus en plus de temps ensemble, jusqu’à ce que Hilda parle de mariage. Hermann s’y oppose : comment ferait sa mère ? Il invite tout de même Hilda chez lui, et la rencontre entre les deux femmes se passe mal. La mère met au point un plan machiavélique, qui vire au drame pour elle. Mais même handicapée, elle parvient à ruiner les espoirs d’Hilda…

Le troisième tome de la trilogie regroupe de vraies histoires développées. Ce ne sont plus des instantanés de la vie en ville, mais bien trois situations bien différentes, dont certaines pourraient être vécues ailleurs qu’en ville d’ailleurs. La première, « Sanctum » est ironique et tragique à la fois. L’auteur montre la solitude,l’individualisme et le chacun pour soi, dans une situation inextricable, qui va mal finir pour l’intéressé. La seconde n’est pas plus joyeuse, là encore, l’homme est seul la plupart du temps. Il y a un petit côté fantastique (le pouvoir) intéressant, lié aussi aux croyances. Eisner souligne dans cet épisode le rythme frénétique de la vie en ville, avec des cases où il dessine les gens qui marchent dans la rue (ou qui courent presque, pour certains), et la situation de beaucoup de personnes pendant la grande dépression. Enfin la troisième histoire marque l’égoïsme de la mère qui veut garder son fils à la maison coûte que coûte. Cette histoire est là encore dans le registre tragique, avec la fin que je n’attendais pas aussi soudaine. Des trois albums, je crois que j’ai préféré ce dernier, car les histoires sont bien développées, alors que les autres albums avaient plus tendance à donner une vision de la ville par petites touches, ce qui n’était pas inintéressant non plus. Avec New-York trilogie, je découvre un auteur que je ne connaissais pas, et son dessin très agréable, réaliste, sans exagération et parfois empli de poésie, me donne envie de continuer avec d’autres titres de cet auteur décédé en 2005…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Critiques libres, Carnets de sel, Chaplum, IDDBD