Frangins

FRANGINS, par Max de Radiguès (Sarbacane, 2011)

Hugo part en vacances avec son père, et apprend sur la route que Michel, le fils de sa belle-mère (la nouvelle compagne de son père) va les rejoindre. Mais le souci, c’est que les deux garçons, jeunes ados, ne s’apprécient pas du tout. Alors dès que Michel arrive, Hugo en profite pour s’échapper dehors avec le chien Cartouche. Michel le rejoint lors de sa promenade en forêt, et leurs différences sont flagrantes. Mais il va arriver aux deux garçons une aventure qui va leur permettre de se découvrir, de se parler et de mieux se connaître…

Voici un album d’un auteur que j’ai découvert en début d’année dans 520 kms et plus récemment dans Orignal. Frangins est sorti avant ces deux titres-là, et je me dis qu’heureusement que je ne l’ai pas lu en premier. Alors certes, le synopsis est certes intéressant (deux demi-frères que tout oppose qui se retrouvent à devoir affronter une situation ensemble pour s’en sortir), mais j’ai trouvé que le scénario était vraiment trop lent et trop léger. Finalement il ne se passe pas grand-chose et quand il y a une action, elle est développée en plusieurs cases, un peu trop pour moi. 108 pages ont été trop longues pour moi pour cette histoire, mais nul doute que cela plaira aux collégiens qui se retrouveront certainement dans les dialogues et les situations. Je garde personnellement un sentiment d’inabouti dans cet album… Le dessin de Max de Radiguès est reconnaissable, et l’absence de décors la plupart du temps engendre un album assez dépouillé, aux aplats de couleurs souvent identiques. Cette simplicité est intéressante, on lit agréablement cet album, on ne s’embarrasse pas de multiples détails, les pages défilant les unes après les autres. C’est donc un album léger qu’on a là, qui aborde un sujet intéressant, mais un peu trop survolé pour moi. Les aspects négatifs que j’ai relevés dans cet album ne m’arrêteront cependant pas, car je compte bien continuer à lire ce jeune auteur belge qui renouvelle la production de BD pour les ados…

Non mentionné sur l@BD, mais sans souci à partir du collège.

On en parle sur les blogs : Lire pour le plaisir (CDDP de l’Oise), Soupe de l’espace, L’ouvre-livres,

Quelques planches sur le site de l’éditeur, ou sur le site de l’auteur.

Orignal

ORIGNAL, par Max de Radiguès (Delcourt, 2013, coll. Shampoing)

Quelque part en Amérique du Nord, pendant l’hiver, comme tous les matins, Joe part à l’école. Comme tous les matins, il annonce à la conductrice de bus qu’il préfère y aller à pied, en passant par le bois. Comme tous les matins, l’ado a peur d’aller en cours, où il retrouve son tyran Jason, celui qui le martyrise de nombreuses façons, qui lui détruit ses affaires, le rackette et l’attaque verbalement et physiquemenment. Personne ne se doute des humiliations subies par Joe, qui ne peut en parler à personne, sauf à Sarah l’infirmière de l’école. En plus, c’est toujours Joe qui trinque, qui se fait réprimander, qui se prend les punitions et les retenues. Lorsqu’un soir alors qu’il rentre à pied par le bois, Joe croise Jason, la situation va déraper. La violence de Jason est stoppée net par un orignal que Joe avait déjà croisé, et le tyran se retrouve dans un trou dissimulé par la neige. Joe est le seul à savoir, mais que va-t-il choisir de faire : aider celui qui lui pourrit la vie ou l’ignorer, pour se venger ?

J’ai emprunté cet album après avoir lu un album du même auteur intitulé 520 km (que les élèves apprécient beaucoup, me demandant même s’il y a une suite…). Orignal est un format différent, A5, qui tient bien en main. L’album fait qu’un peu plus de 150 pages et l’histoire ne comporte aucune couleur, ce qui contraste fortement avec les jolies couleurs pastels de 520 km. Les héros par contre ont certains points communs : ce sont des ados qui n’ont pas confiance en eux, qui subissent la situation. Dans Orignal, on est forcément du côté de Joe, qui ne peut avouer aux adultes qui l’entourent le calvaire qu’il subit en cours. Cette situation est particulièrement touchante, elle sonne juste, les idées du tyran paraissant sans limites, avec la seule volonté de nuire, d’humilier, de détruire Joe. Cet album n’est donc pas réjouissant, il y a juste les passages avec l’orignal qui sont poétiques, car l’animal n’attaque pas l’adolescent mais va au contraire le protéger, comme s’ils arrivaient à se comprendre. J’ai beaucoup aimé le scénario, l’album se lit d’une traite, d’autant plus qu’il comporte peu de textes, les situations pouvant être décrites seulement avec les dessins. Les dessins, eux, sont simples, je n’ai pas été surprise car ce n’est pas ma première lecture d’une histoire de Max de Radiguès. J’ai retrouvé le trait simple, parfois naïf, et les actions parfois un peu statiques. Mais le dessin n’entrave pas le propos, il parvient à décrire simplement et efficacement la situation. Le noir et blanc est approprié, je pense que la couleur aurait trop enjolivé le propos. Quant à la fin de l’histoire, elle est forte, on se demande si on aurait fait le même choix que Joe dans sa situation, c’est donc un album qui peut engager le dialogue et inciter à réfléchir : vous l’aurez compris, c’est un album comme je les aime…

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 13 ans, car il y a des scènes qui font que je ne mettrais malheureusement pas cet album entre les mains d’élèves de 6ème…

On en parle sur les blogs : L’ourse bibliophile, La bibliothèque de NouketteA propos de livres, D’une berge à l’autre, Sans connivence

Quelques planches à voir sur le site de l’éditeur.

Aller voir du côté du site de l’auteur.

520 km

520 KM, par Max de Radiguès (Sarbacane, 2012)

Simon est un ado qui se fait larguer par sa petite copine alors qu’il est en vacances. Chamboulé par cette nouvelle, et n’ayant pas plus d’explications par sms ou téléphone, Simon décide de partir d’Arcachon pour rentrer à Montpellier (soit 520 km) en stop, résolu à ne pas être quitté comme ça, par un changement de statut Facebook… Sur la route, il va rencontrer plusieurs personnes qui veulent plus ou moins l’aider, et malgré les problèmes qu’il va rencontrer, ce périple va le faire grandir, c’est un pas de plus vers l’âge adulte…

520 kms est un album au dessin simple, presque naïf. L’histoire n’est pas compliqué, mais pas simpliste pour autant. Elle est légère, on se prend à suivre le héros qui part à l’aventure, par amour. Sans être exceptionnel, le scénario est organisé en plusieurs parties : tout d’abord les vacances à Arcachon avec sa mère, le départ en douce et le premier stop au bord de la route, la rencontre avec un homme animé, semble-t-il, de mauvaises intentions envers Simon, la rencontre avec Alex et son père et la découverte de leur tradition de tuer le mouton, et enfin l’arrivée à Montpellier et la désillusion pour notre héros. L’histoire se lit donc bien, il n’y a pas de temps mort. J’ai beaucoup aimé le passage où la mère célibataire et le fils dialoguent sans tabou, et où on sent une complicité certaine entre les deux. Sinon, le découpage des planches est varié, et cela dynamise le récit. Le dessin est, comme je l’ai déjà dit, simple. Les personnages sont représentés très basiquement : le nez en un trait, les yeux en deux points, une bouche en un ou deux traits. Il n’en reste pas moins qu’ils sont tout de même expressifs. Les couleurs claires utilisées donnent une histoire très estivale (ce qui ne fait pas de mal en ce mois de février !). Bref, un album bien sympathique, sans prétention, qui plaira sans nul doute aux collégiens ! 

Non mentionné sur l@BD, mais à partir du collège sans problème.

On en parle sur les blogs : Azilis, La soupe de l’espace, Des filles à retordre, L’ouvre-livresUne autre histoire

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