Les petites victoires

LES PETITES VICTOIRES, par Yvon Roy (Rue de Sèvres, 2017)

victoiresMarc et sa compagne Chloé sont devenus les heureux parents du petit Olivier, et tout se passe pour le mieux pour cette nouvelle famille. Le petit garçon s’épanouit, mais le père se rend compte assez vite que quelque chose cloche, que son petit garçon ne réagit pas à ses sollicitations. Alors ils se décident à consulter, et après une batterie de tests, le diagnostic tombe : Olivier est autiste. Le père réagit de façon violente à cette nouvelle, et le couple se sépare, tout en restant en bons termes pour le bien-être de leur fils… Marc développe des techniques pour que son fils grandisse le plus normalement possible, et ne suit pas forcément les prescriptions des spécialistes. Il tente au contraire de construire des petites victoires pour qu’il grandisse le plus « normalement » possible…

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Jane, le renard & moi

JANE, LE RENARD & MOI, par Isabelle Arsenault et Fanny Britt (La pastèque, 2012)

Montréal, dans les années 1980. Hélène est une adolescente victime de harcèlement dans son école : insultes, moqueries, rumeurs et solitude sont son lot quotidien. Elle est bien seule, et sa mère ne se rend même pas compte du désarroi dans lequel se trouve sa fille. Alors la jeune fille passe beaucoup de temps à lire, et trouve refuge dans les écrits de Charlotte Brontë, avec le célèbre roman Jane Eyre… Lire la suite

La vie compliquée de Léa Olivier, tome 2 : rumeurs

LA VIE COMPLIQUÉE DE LÉA OLIVIER, tome 2 : RUMEURS, par Alcante (scénario) et Ludowick Borecki  (dessin) (Kennes éditions, 2015), d’après le roman de Catherine Girard-Audet.

Suite du tome 1. Léa vit toujours à Montréal, et se fait de nouveaux amis, parmi lesquels Eloi et Alex. Mais elle pense toujours à son ex petit-ami Thomas, resté dans son village à 400 kms de là. Même s’ils ont rompu, elle reste toujours attachée à lui, alors que sa meilleure amie Marilou, elle aussi à la campagne, lui conseille de ne plus parler avec Thomas, même virtuellement. Alors pour oublier Thomas, Léa sort avec Alex sans en être amoureuse, et par la même occasion, rend Eloi jaloux, alors que ce dernier est toujours là pour elle quand elle en a besoin. En parallèle, Marilou lui raconte les rumeurs sur les amours qui agitent les adolescents du village, et Léa lui raconte comment les filles de sa classe tentent de lui pourrir la vie, lors des cours d’anglais, mais aussi dans les couloirs…

J’ai emprunté cet album, car je gardais un bon souvenir du premier, avec son vocabulaire typiquement québécois, ses représentations de Montréal… Et bien là, ce n’est pas la même chose, l’album tourne autour des amours de Léa et Marilou. Parfois on se croit en plein épisode des Feux de l’amour ! C’est guimauve à souhait, l’héroïne et son amie ne savent pas trop où donner de la tête, entre tous les garçons disponibles (ou pas), les rumeurs sur les uns ou les autres, les couples qui se font et se défont autour d’elles. J’ai trouvé ça lourd au bout d’un certain temps, car la seule et unique préoccupation des deux filles est les garçons, et elles se posent toujours des questions futiles, qui m’ont énervée sur la fin de l’album. Le scénario est assez redondant, même si des événements viennent ponctuer la vie de deux jeunes (nouvel an, anniversaire…). Les conversations entre Léa et Marilou ont lieu par sms ou tchat (on a les bulles de couleurs différentes pour distinguer qui parle, et la mise en forme fait penser à un certain téléphone à la pomme), et on a droit à toutes leurs conversations, qui parfois sont vraiment « gnangnan » et d’un niveau intellectuel au ras des pâquerettes. Cela risque de bien parler aux ados à qui cet album est destiné, même si les phrases ne semblent pas avoir été prononcées par des ados. Moi je me suis sentie (vraiment) trop vieille, pour le coup…Le vocabulaire québécois utilisé (et traduit dans un lexique en fin d’album) est moins compréhensible que dans le premier, mais cela a beaucoup de charme dans un scénario qui l’est beaucoup moins. A part cela, le dessin est agréable, le trait clair et les couleurs réalistes. C’est typiquement du jeunesse, tout à fait lisible. Comme je l’ai dit plus haut, ici, peu de grandes cases avec des décors québécois, mais le dessinateur fait plus des portraits et des gros plans. Ses personnages sont facilement différentiables, même s’ils sont nombreux. Rien de plus à dire sur le trait, qui n’est pas exceptionnel, mais pas hideux non plus. J’ai bien aimé les petits clins d’œil que les auteurs font pour ancrer cette histoire dans le réel : l’affiche d’Obama sur les murs de la salle du journal de l’école, le concert de Justin Bieber, les paroles de musique actuelle (Adele par exemple)… Cela sonne très moderne et réaliste.

Globalement, j’ai un avis mitigé sur cet album, vraiment trop sentimental à mon goût, mais sachant que je ne fais pas partie du public cible, je pense que cela plaira plus aux jeunes lectrices…

Non mentionné sur l@BD, mais le tome 1 était à partir de 13 ans. Ricochet le conseille à partir de 10 ans.

On en parle sur les blogs : A touch of blue marine, Taste for troubles, Les books addict

Premières planches à voir sur Izneo.

La vie compliquée de Léa Olivier, tome 1 : Perdue

LA VIE COMPLIQUÉE DE LÉA OLIVIER, tome 1 : PERDUE, par Alcante (scénario) et Ludowick Borecki  (dessin) (Kennes éditions, 2014), d’après le roman de Catherine Girard-Audet

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En plein mois d’août, Léa déménage avec ses parents et son grand frère Félix : elle quitte son petit village de la province de Québec pour sa capitale Montréal, où son père a trouvé un nouveau travail. Triste de quitter son petit-ami Thomas et sa meilleure amie Marilou, elle déprime d’être à plus de 400 kms de ceux qu’elle aime. Malgré les communications par sms et via les réseaux sociaux, pas facile de maintenir le lien à distance. A la rentrée dans sa nouvelle école secondaire, la jeune fille timide tente de rencontrer quelques camarades, mais ce n’est pas facile, surtout lorsque des filles la prennent de haut ou la considèrent comme une rivale qui pourrait leur voler leur futur petit-ami… Heureusement que pour garder le moral, Léa correspond avec Marilou qui lui raconte la vie de son ancien village et le nouveau comportement de Thomas…

Voici un album qu’une libraire m’avait présenté en novembre dernier, et je me suis décidée à le commander pour les collégiens. Nul doute que la thématique leur plaira et qu’ils se reconnaîtront dans ces personnages très réalistes, aux préoccupations très adolescentes : amis, amours, sorties, magasins… Oui, parfois c’est un peu gnangnan, un peu trop guimauve (par exemple les scènes de jalousie de Léa) mais cela reste acceptable quand même. J’ai beaucoup aimé l’aspect BD québécoise avec son vocabulaire propre (traduit dans un lexique en fin d’album, et on est prévenu de la présence de ce lexique dès la préface : j’aime !) mais compréhensible. A noter aussi qu’il y a quelques passages en anglais non traduits, mais faciles à comprendre : cela est original, et permet de montrer le bilinguisme très présent à Montréal. J’ai aimé les quelques représentations de cette ville (la ville souterraine, les immeubles à l’américaine, la place avec la statue de Nelson et l’hôtel de ville, les façades des maisons)… Bref, cela m’a rappelé de bons souvenirs de voyage… J’espère que ce petit voyage ‘bédéesque’ plaira aux élèves ! Les dessins sont pas mal du tout : réalistes avec de jolies couleurs, ils sont lisibles facilement. Ce premier tome, adapté d’une série de romans à succès, constitue une bonne approche de la BD adolescente actuelle. A essayer !

A partir de 13 ans selon l@BD.

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Premières planches à voir sur  Izneo.

Red bridge, tome 2

RED BRIDGE : tome 2 : MISTER JOE AND WILLOAGBY, par Maryse et Jean-François Charles (scénario) et Gabriele Gamberini (dessin) (Casterman, 2009)

Suite et fin du tome 1. Elie Miller et ses anciens camarades de classe se sont tous retrouvés. Tous, enfin tous ceux qui ne sont pas morts d’une façon suspecte. D’ailleurs, un mystérieux corbeau annonce la mort prochaine de plusieurs d’entre eux… Qui va être le suivant ? Et parviendra-t-on à trouver le tueur avant que l’infernale série ne se poursuive ? A Red Bridge, petite commune sans histoire, de nombreux secrets vont devoir se révéler pour éviter une fin tragique… Elie et ses camarades en savent plus qu’ils ne le disent au FBI qui est aidé par monsieur Willoagby toujours flanqué de son chat…

Fin de l’histoire dans cet album, sorte de « dix petits nègres », où tous les membres du groupe semblent devoir mourir les uns après les autres dans d’atroces circonstances. A l’origine, j’ai choisi cette série pour cet album, car j’avais flashé sur le pont couvert rouge représenté sur la couverture, un type de pont qu’on ne trouve qu’en Amérique du Nord. Ce n’est qu’une fois l’album en main que j’ai vu qu’il y avait un pendu dessous, et j’ai emprunté les deux albums sans trop savoir de quoi il en retournait. Grand bien m’en a pris, cette histoire est très bien racontée, à un rythme juste, ni lent, ni rapide, et on ne sait pas grand-chose sur l’auteur des meurtres et sa motivation avant la fin de l’histoire. L’ambiance dans la ville s’alourdit, chacun soupçonnant ses voisins, mais sans aucune preuve. En tant que lecteur, on pressent bien quelque chose, un secret dissimulé par le groupe ou une partie de ses membres, mais on ne sait pas trop lequel. Seule la fin donne les explications qu’on attendait. Bref, j’ai adoré être menée en bateau dans cette histoire à suspense, et ne m’attendait pas au dénouement final. Sinon, le dessin est toujours aussi agréable, les portraits magnifiques et les paysages donnent envie de voyager… Que demander de mieux ? Si, un seul bémol que je pourrais apporter : l’histoire des chats qui disparaissent mystérieusement est une histoire annexe et n’apporte rien au récit principal. Dommage de se perdre dans de tels méandres. Mis à part cela, si l’occasion se présente à vous de croiser ces deux albums, n’hésitez pas !

A partir de 13 ans selon l@BD.

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Quelques planches à voir sur le site de l’éditeur.

Red Bridge, tome 1

RED BRIDGE : tome 1: MISTER JOE AND WILLOAGBY, par Maryse et Jean-François Charles (scénario) et Gabriele Gamberini (dessin) (Casterman, 2008)

Quelque part en Amérique du Nord, Elie Miller est représentant en parapluies. Jusque là, il avait toujours réussi à éviter de retourner dans son village d’origine, mais suite à des défections de ses collègues, il se voit contraint d’y retourner, dans ce village qu’il a quitté il y a longtemps… N’ayant pas son permis de conduire, il s’y rend grâce au car, et discute avec son voisin, Monsieur Willoagby, un vieil homme à la retraite, ancien archiviste qui vient pour une affaire assez déroutante : plusieurs morts suspectes ont eu lieu en peu de temps dans cette commune en apparence paisible… Elie connaissait les personnes décédées : il s’agit de personnes de sa classe… Avec une ancienne connaissance avec laquelle il avait vécu une histoire d’amour des années plus tôt, Elie se demande si toutes ces morts n’ont pas de lien…

J’ai choisi cette histoire en deux volumes pour ses auteurs, dont j’avais apprécié le magnifique Far away, qui se passait entre Canada et Etats-Unis. Là encore on reste de ce même côté de l’Atlantique, pour une histoire qui se passe dans les années 1950, dans un milieu clos. Les personnages ont chacun leurs particularités, et ce volume prend le temps de les présenter : Elie, monsieur Willoagby et son chat mister Joe, le policier, les deux gays de la chambre d’hôte où réside Elie, la jeune veuve pas si éplorée que cela… Le dessin est magnifique : ce sont des peintures, qui ne vont pas forcément dans les détails, mais qui représente bien les personnages. Ce sont surtout les décors qui sont magnifiés par la peinture : l’été indien est très bien retranscrit, avec une large palette de couleurs chatoyantes qui nous plongent dans cette atmosphère étrange, sorte de huis-clos dans un village isolé où tout le monde se connaît. On se doute presque dès le départ qu’il s’est passé quelque chose autrefois, qu’Elie a des mauvais souvenirs qu’il aurait préféré oublier et que son retour dans son village d’origine ne lui fait pas spécialement plaisir… On sent bien qu’il y a quelque chose qui cloche, même si le rapport entre les morts semble difficile à déterminer. Seule la fin de l’album donne plus d’informations et accélère le récit, avec de nouvelles morts suspectes et originales et en annonçant aussi d’autres morts prochaines… Ce tome pose pas mal de bases pour l’histoire, en présentant le lieu et les personnages, l’action avance véritablement sur la fin, et on n’a qu’une seule chose en tête : savoir qui tue les habitants, et quelle est sa motivation. On se demande aussi quel est le rôle joué par l’ancien archiviste Willoagby, qui a un drôle de comportement. Bref, cela donne vraiment envie de lire la suite !

A partir de 15 ans selon l@BD.

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Quelques planches à voir sur Izneo.

Shenzhen

SHENZHEN, par Guy Delisle (L’association, 2002, coll. Ciboulette)

En 1996, Guy Delisle est envoyé en Chine pour superviser le travail dans un studio d’animation à Shenzhen, au sud du pays, tout près d’Hong-Kong, qui n’était pas encore redevenu chinois. Pendant trois mois, il va vivre seul dans sa chambre d’hôtel, se confronter aux méthodes de travail chinoises et en apprendre un peu plus sur une culture bien différente de celle occidentale. Le choc des civilisations est parfois rude !

Shenzhen est, je crois, le premier ouvrage autobiographique de Guy Delisle, auteur québecois récompensé à Angoulême en 2012 pour son Chroniques de Jérusalem (que je n’ai toujours pas lu…, shame on me !). Il nous raconte sa vie dans un pays étranger, ses contacts avec la population locale, les difficultés rencontrées, les moments drôles… Et bien, je dois dire que je suis assez déçue par la lecture de cet album. Plusieurs raisons : les scènes se passent en 1996, et c’est donc quelque peu périmé pour considérer cet album pour un témoignage contemporain sur la Chine, mais désormais il faut plus le prendre comme un témoignage d’une époque révolue. De plus, l’auteur raconte qu’il s’y est ennuyé, et donc son récit n’est pas spécialement dynamique, mais plutôt au final assez décousu. En tant que lectrice, je me suis un peu ennuyée aussi. Mais bon, comme c’est un Delisle, j’ai persisté tant bien que mal. Il y a tout de même quelques informations intéressantes dans cet album : on y parle de contrôle de la population, de l’esprit obéissant des chinois, de leur rapport à l’étranger. On sent bien la froideur des collègues de Delisle, qui le considèrent parfois comme un ovni et ne savent pas quoi lui dire, ni quoi lui faire faire. On comprend pourquoi il n’en garde pas un souvenir exceptionnel. Delisle explique aussi la situation particulière de Shenzhen (zone économique spéciale, proche de Hong-Kong, difficilement accessible), où il ne se passe rien, spécialement pour les étrangers. Il y a tout de même quelques passages drôles dans l’album, avec les séquences-gags du portier qui tente deux ou trois mots d’anglais, complètement hors-contexte, à chaque passage du héros de l’histoire. Il n’y a pas de traduction pour ces phrases, mais il ne faut pas hyper doué en anglais pour comprendre… Ces passages-là sont ceux qui m’ont fait rire, mais sinon, je ne retire pas grand-chose de cet album, je crois que je préfère me mettre à lire des albums plus contemporains de cet auteur. Par contre, le trait de Delisle est toujours facilement reconnaissable, il est agréable, mais parfois un peu simple. On sait que cela évoluera ensuite dans ses albums suivants. A poursuivre donc…

Non mentionné sur l@BD.

On en parle sur les blogs : Curieuse voyageuse, A little piece of, A propos de livres, Doucettement, Quand le tigre lit

Extrait à lire sur le site de l’auteur québecois.

Cet album participe au challenge de Kikine, « les ignorants« .

French Kiss 1986

FRENCH KISS 1986, par Michel Falardeau (Glénat Québec, 2012)

Lucas et Leïa sont les enfants d’Etienne. Un matin, ils demandent à leur père comment il a rencontré leur mère. C’est le début d’un retour dans le passé : Etienne raconte comment alors qu’il avait 9 ans, il y a eu la guerre contre une autre bande d’enfants de la rue d’à côté, comment ils ont inventé une histoire de pirates et de trésor, et comment il a rencontré la mère de ses enfants… Il présente les différents protagonistes, dont la grande rousse, chef de la bande adverse, et la fragile Marie aux cheveux noirs dont il est secrètement amoureux…

Voici un album qui m’a moyennement plu : il a fallu que je m’accroche pour le terminer, car il y a des passages où je me suis ennuyée. C’est une sorte de guerre des boutons des années 80, entre deux bandes d’enfants, dans le Québec des années 1980. Il y a plein de références qui feront réagir ceux qui ont grandi dans cette décennie-là (moi c’est juste celle de ma naissance, je n’ai pas de souvenir de ces années-là), bref je pense avoir loupé bon nombre de références… Le dessin est travaillé, très détaillé, et utilise très peu de couleurs. Le texte est écrit assez petit, parfois trop petit, dans les bulles, ce qui a ralenti ma lecture. Les personnages ont parfois des mimiques irréalistes, exagérées type comics. Ce type de dessin m’a moyennement plu, j’ai trouvé ça quelque peu « too much ». Bref, une lecture laborieuse pour moi, heureusement que la fin est originale et sympa, car ça m’a laissé une bonne impression de fin, mais ça n’a globalement pas changé mon avis sur cet album… Dommage, je suis passée à côté…

Non mentionné sur l@BD.

On en parle sur les blogs : Ça dépend des jours, Temps de livres, Les lectures de Topinambulle, La ptite souris du web...

Les premières planches sur le site de l’éditeur.

Aller voir du côté du blog de l’auteur.

Valentin

VALENTIN, par Yves Pelletier et Pascal Girard (La Pastèque, 2010)

Dans une petite ville du Québec, la vie quotidienne d’un couple qui s’effiloche :  Stéphanie est une graphiste qui se lance et Fabien est un agent immobilier. Ils viennent de s’acheter une maison, et Fabien, au contraire de Stéphanie, n’est pas prêt à avoir des enfants. Fanny s’ennuie mais est toujours très attentive auprès de son homme. Un jour, sa meilleure amie lui propose de garder son chat car elle part vivre à l’étranger. Même si Fabien est complètement allergique aux poils de chat, Stéphanie craque pour l’animal et décide de ramener Valentin (c’est le nom de la bête) à la maison… Fabien s’en rend vite compte : il passe sa soirée à éternuer. Mais Stéphanie n’est pas résolue à laisser ce chat dont elle est tombée amoureuse, et va mettre en place des stratagèmes pour passer tout son temps avec son nouveau meilleur ami… Leur couple va s’en ressentir : mensonges, cachotteries, doutes, frustrations non avouées…

Voici un album acheté à Angoulême en janvier dernier, et qui depuis m’attendait patiemment sur les étagères. J’ai choisi de le lire un peu au hasard, et je ne regrette pas ce bon moment, malgré le fait que je n’aime pas les chats. Je ne m’attendais pas à ça, mais oui, Valentin, c’est le chat de la couverture. J’ai adoré lire cet album léger, parce que j’ai eu l’impression de retourner au Québec pendant la lecture, parce que j’ai eu l’impression aussi d’entendre l’accent chantant de nos cousins d’Amérique, avec leurs expressions plus imagées et drôles les unes que les autres. Le scénario porte donc sur le couple, la communication, les concessions, la parfois difficile vie à deux, les désirs de chacun… L’histoire est assez drôle : non pas de grands éclats de rire, mais des sourires sur des situations qu’on peut tous être amenés à connaître un jour ou l’autre. Le dessin quant à lui est simple et clair. Épuré, il n’est pas encadré par des cases, cela donne une sensation de légèreté, d’autant plus accentuée par la technique utilisée pour les couleurs : l’aquarelle. Il s’agit du même dessinateur que pour Jeunauteur qui était en noir et blanc. Le dessin, dans Valentin est plus agréable, je trouve, plus travaillé, et produit 125 pages bien agréables, sans temps mort, avec une fin un peu abrupte mais originale.

Non mentionné sur l@BD.

On en parle sur les blogs : La lucarne à Luneau, Pause KikineUne autre histoire, Lecture sans frontières, Les lectures de Marguerite

Les premières pages à voir sur Digibidi.

Far away

FAR AWAY, par Maryse Charles, Jean-François Charles et Gabriele Gamberini (Glénat, 2011)

Martin Bonsoir est un chauffeur routier qui circule sur les routes du Canada et des Etats-Unis sans plus les regarder. Un jour d’automne, alors que la neige s’invite sur la route vers la Tuque au Québec, il tombe en panne dans un virage. Il choisit alors de partir à pied vers St Christophe, à 4 kilomètres de là. Mais au bout d’une demi-heure, alors que le froid est de plus en plus poignant, il tombe sur une maison, où une femme prénommée Esmé l’accueille et l’héberge pour la nuit. Mieux, connaissant le mode de fonctionnement des trucks,elle l’aide à repartir, mais avant, elle lui demande de l’accompagner vers sa destination, l’Arizona. Elle rêve de voir le grand Canyon. S’en suit alors un road-movie, où les deux personnages vont quelque peu se découvrir, et où une amitié amoureuse va se nouer, parmi les paysages grandioses nord-américains…

Voici une BD dont Yaneck a parlé il y a un mois ou deux sur son blog, et l’ayant aperçue au CDI, je l’ai empruntée et lue pendant ces vacances. J’ai adoré cet album pour ses paysages, magnifiques, gigantesques. Ca m’a rappelé mes vacances au Québec il y a presque deux ans maintenant, car l’ambiance de l’album est tout à fait réaliste (en plus, on s’était arrêtés à la Tuque !). Bref, ça donne vraiment envie de repartir là-bas ! Les dessins sont particuliers mais très agréables, style peinture. Les gros plans sont magnifiques, très réalistes, presque des photos redessinées. Les paysages sont très colorés, montrant la diversité de l’Amérique du Nord. Un vrai guide touristique ! On sentirait presque l’odeur des arbres dans cette histoire qui commence bien au départ. Puis, au fil des cases, on se doute qu’Esmé cache quelque chose, que cette femme a vécu des choses graves, quand elle parle de son mari et de son fils au passé. Puis la fouille involontaire du sac par Martin ajoute encore un indice. Bref, le scénario est assez vite trouvé, mais j’ai aimé lire cette histoire de 144 pages et me laisser embarquer par l’aventure de ces deux voyageurs solitaires. Un très bon moment de lecture !

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir du lycée.

On en parle sur les blogs : SambaBD, Chroniques de l’invisible, Liratouva-Mango, Les chroniques de Madoka.

Le début de l’album sur le site de l’éditeur.