Les derniers jours d’un immortel

LES DERNIERS JOURS D’UN IMMORTEL, par Fabien Vehlmann (scénario) et Gwen de Bonneval (dessin), (Futuropolis, 2010)

Dans un monde futuriste, à une époque inconnue, la mort n’existe plus ou presque. Les différentes civilisations cohabitent ensemble avec plus ou moins de succès. Elijah travaille à la police philosophique pour l’Union, pour améliorer les relations entre les civilisations en utilisant la diplomatie face à des espèces souvent très différentes. Mais comme on fait souvent appel à lui et qu’il ne peut s’occuper de tout, il a accepté d’avoir des échos, sortes de clones qui effectuent sa mission. Cependant, en contrepartie de sa démultiplication, Elijah oublie certains de ses souvenirs, alors il limite l’utilisation de ses échos. Philosophe, il essaie d’arranger tout le monde, ne haussant jamais la voix, tentant toujours de comprendre le comportement de l’autre. Mais lorsqu’une mission compliquée va lui être confiée (tenter de faire s’entendre deux espèces d’une même planète qui ne peuvent pas communiquer), il va falloir qu’Elijah use de toute la diplomatie possible pour éviter qu’une guerre éclate au sein de l’Union, qui mettrait en péril toute la communauté.

Voici un album complètement fou que je n’aurais certainement pas lu si je ne l’avais pas vu sur des blogs de lecteurs, avec des avis plus que positifs. La couverture est très épurée et ne donne pas d’indices sur l’histoire, les couleurs froides ne donnent pas spécialement envie d’ouvrir cet album de 150 pages. Pourtant, j’ai passé un très bon moment de lecture, moi qui ne suis pas une adepte de la science-fiction. L’histoire est simple à comprendre, même pour qui n’est pas un habitué du genre. C’est un autre monde, mais c’est expliqué vraiment simplement, il n’y a pas de concepts étranges, à condition bien sûr d’accepter ce monde totalement éloigné du nôtre, avec ses concepts propres. Le fait que le personnage soit dédoublé avec des échos n’est pas dérangeant, puisqu’il ne s’agit que d’une seule et même personne, on n’est donc pas décontenancé de le savoir à plusieurs endroits en même temps… C’est difficile à expliquer dans un article de blog, mais ceux qui ont lu l’album comprendront sûrement ce que je veux dire. Ce dédoublement (ou plus) de personnalité ne choque pas du tout, et je me suis même dit que ce serait bien pratique dans la réalité, pour éviter certains moments désagréables par exemple ! Il y a plein de réflexions complètement actuelles sur l’amour, la mort, le rapport à l’autre, la mémoire, la sexualité… Ce dialogue parfois philosophique est bien intéressant pour intéresser et captiver le lecteur, car ce n’est pas une simple histoire futuriste déconnectée de notre réalité du XXIe siècle,  Il y a une ambiance vraiment particulière dans cet album, une ambiance douce même lorsque la situation entre les peuples est tendue. Sans doute cette impression est due au dessin et aux couleurs froides utilisées : quelques nuances de gris et du noir et blanc uniquement. Le trait quant à lui est simple et épuré, avec peu de décors et des personnages aux traits fluides. Bien agréable, totalement en adéquation avec le propos futuriste, j’ai beaucoup aimé, et cela a aussi aidé à ma lecture.

Bien sûr, je pense être passée à côté de certaines choses, par exemple je ne me suis rendue compte qu’au bout d’un moment que les personnages étaient habillés différemment lorsqu’ils étaient dehors, qu’ils avaient comme une combinaison ultra-couvrante, mais je n’ai pas bien compris à quoi ça servait. Cela ne m’a pas empêché de passer un excellent moment, dépaysant je dirais même, avec cet album dont je n’attendais rien au début, mais qui a su me conquérir, alors que pourtant, la S-F et moi, ça fait 2 !! C’est un album que je conseillerai volontiers à d’autres non-lecteurs de science-fiction, c’est dire…

Non répertorié sur l@BD, mais je dirais à partir de 15 ans.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisible, La bibliothèque de Noukette, MicMélo littéraire, La tanière du champi, Imaginelf

Cet album a fait partie de la sélection à Angoulême en 2011 et a reçu le prix du meilleur album de BD de science-fiction au festival des Utopiales de Nantes en 2010.

Consulter le blog de Fabien Vehlmann.

Premières planches à voir sur Digibidi.

Sous-sols

SOUS-SOLS, par Pierre Wazem (scénario) et Tom Tirabosco (dessins et couleur) (Futuropolis, 2010)

Depuis trois semaines, une ville est privée de lumière. Les habitants vivent dans le noir, sans savoir quelle est la raison de cette situation plus qu’étrange. Une jeune fille qui ne connaît que la solitude rencontre par hasard un chercheur en anti-matière, dans un conduit en sous-sols. Tous deux cherchent à remonter mais ne le peuvent pas. D’après le chercheur, il y aurait un lien avec la mise en route d’un accélérateur de particules, qui créerait un trou noir qui absorberait la lumière… En surface, la soeur jumelle de la jeune fille fait la rencontre, par hasard elle aussi, de l’épouse du chercheur. Elle lui expose sa situation : selon elle, sa soeur jumelle dort sans discontinuer depuis 3 semaines, depuis l’apparition du phénomène inexpliqué… Toutes ces solitudes vont tenter de solutionner le problème de disparition de la lumière…

Cet album a une couverture originale, dans les tons bleus gris, avec un trait réaliste et charbonneux. Intriguée par cette couverture, j’ai emprunté cet album de 117 pages. L’histoire est assez étrange, on ne sait pas trop si l’héroïne, qui ne porte pas de nom, est folle ou pas, si sa sœur existe vraiment ou non, car au fil des pages, on en vient à douter de la véracité de ses propos. J’ai lu l’histoire sans trop savoir où ça menait, je me suis laissée porter, et j’ai moyennement accroché à l’histoire. Ce n’est pas que le scénario est mauvais, loin de là, mais c’est surtout que je n’avais pas l’esprit à lire une BD aussi complexe. En effet, c’est la première fois que je lis un album dans lequel il y a, entre autres, des explications de physique-chimie (auxquelles je n’ai pas compris grand-chose, ces sujets-là ne m’intéressant pas spécialement). J’ai trouvé que les réponses aux questions arrivaient trop tard dans l’histoire, j’aurais voulu en savoir plus un peu plus tôt, peut-être pour plus me motiver à continuer. Le scénario mêle des éléments scientifiques, à d’autres complètement oniriques (les chiens qui les poursuivent dans les sous-sols), cela donne une impression bizarre lors de la lecture, qui fait de cette histoire un album original, que je ne regrette pas d’avoir essayé même si je n’ai pas tout compris !

Le dessin au fusain est magnifique, le trait est particulier, mais sonne juste. Il est parfois un peu trop statique à mon goût, mais je l’ai trouvé tout de même original. Les personnages font tristes, mélancoliques et c’est encore plus accentué avec les tons froids, gris bleus, utilisés dans chacune des cases. Je ne connaissais pas du tout cet auteur, je pense poursuivre mes découvertes, si la bibliothèque en a d’autres.

Non mentionné sur l@BD.

On en parle sur les blogs : Le grenier à livres de Choco, Les lectures de Cachou, La bibliothèque de Noukette, La bulleuse d’air, La bibliothèque du dolmen

Les premières pages à lire sur Digibidi.

Ralph Azham, tome 1 : Est-ce qu’on ment aux gens qu’on aime ?

RALPH AZHAM, tome 1 : EST-CE QU’ON MENT AUX GENS QU’ON AIME ?, par Lewis Trondheim (Dupuis, 2011)

Ralph Azham est un canard bleu, qui a le pouvoir de connaître le nombre d’enfants de chacun et de voir si les femmes sont enceintes. Jeune, il était considéré comme l’Elu du royaume d’Astolia, mais finalement cela s’est révélé faux et a déçu tout le monde et il est désormais le paria, celui qu’on éloigne dès qu’on veut prendre une décision importante. Face à ceux qui ne le comprennent pas, Ralph répond par sa désinvolture et son cynisme : il a le chic de dévoiler les choses à ne pas dire… Et lorsqu’on annonce que la Horde est sur le point d’arriver, Ralph est écarté mais c’est pour mieux revenir ensuite…

Je ne dois pas avoir l’esprit correctement formé, car je n’ai pas compris grand-chose à cette histoire. J’ai parfois eu l’impression qu’il manquait des épisodes, qu’il y avait eu des pages supprimées… Bref, pas facile de remettre tout dans l’ordre, mais j’ai tout de même persisté pour terminer les 48 pages. Une fois terminé, ma première réaction a été « bof ». Le récit est décousu, le scénario n’est pas palpitant. Bon, il faut quand même dire qu’il y a quelques répliques de Ralph qui sont particulièrement savoureuses, et qui m’ont fait sourire, mais sinon, j’ai trouvé ça moyen pour moi qui ne suis pas fan du tout de ce monde d’heroic fantasy. En fait, les personnages et leurs caractéristiques ne sont pas présentés dès le départ, mais au fur et à mesure, ce qui est assez déconcertant. Le dessin est reconnaissable facilement : Trondheim a un trait particulier. L’anthropomorphisme est au départ un peu déroutant, mais finalement on s’y fait vite. Au moins je pourrais dire que j’ai essayé, mais je ne crois pas persister dans cette série qui a déjà 5 tomes sortis (et le 6ème pour début février)…

Non mentionné sur l@BD.

On en parle sur les blogs : Au bon roman,  Maison Usher, La croisée des mondes, Krinein

8 planches à voir sur BDgest.

Le monde de Milo, tome 1

LE MONDE DE MILO, tome 1, par Richard Marazano et Christophe Ferreira (Dargaud, 2013)

Milo est un petit garçon qui vit seul dans un village loin du tumulte du monde. Trois vieilles dames, qu’il appelle ses tantes, l’aident pour sa nourriture. Un jour, il trouve dans le lac près de sa maison un poisson d’or, le place dans une bassine et le nourrit, et celui-ci grossit à vue d’oeil. Des personnages étranges, un à tête de crapaud et l’autre bien masqué rôdent aux alentours, à la recherche de quelque chose. Milo délivre une jeune fille capturée dans un sac, qui allait être dévorée par la créature à tête de crapaud, et c’est elle qui va l’aider à comprendre que l’objet de la convoitise des deux affreux est le poisson d’or qu’il garde jalousement chez lui. Il va falloir que les deux jeunes amis relâchent le poisson d’or dans le lac et qu’ils s’enfuient… Ils vont découvrir un autre monde, de l’autre côté du lac, avec de drôles d’habitants, où une bataille entre le bien et le mal fait rage…

Voici le premier tome d’un diptyque. J’ai eu une drôle d’impression lors de sa lecture. Je n’ai pas été spécialement emballée, car l’histoire est assez bizarre. La rencontre avec la jeune fille ne fait pas crédible. J’ai trouvé ça assez longuet, surtout les dialogues entre les deux jeunes gens, qui n’apportent pas fois pas grand-chose à la structure de l’histoire. Une fois les deux héros dans l’autre monde, un personnage enfin agréable apparaît : la petite fille naïve, qui dès le départ se prend d’amitié pour Milo. Cela donne un coup de pep’s à l’histoire, mais globalement, je n’ai pas trouvé le scénario spécialement dynamique. Le dessin est réaliste, parfois volontairement flouté, avec des couleurs claires pour représenter notre monde et des couleurs plus ternes pour l’autre monde. Le trait n’est pas désagréable, mais je n’ai pas eu de coup de cœur. Après coup, j’ai fait des petites recherches sur le web, et j’ai trouvé que l‘éditeur indique sur son site qu’il s’agit de la transposition d’un conte chinois dans un univers européen et fantastique. Je crois que je comprends mieux pourquoi je n’ai pas compris grand chose à cette histoire ! En même temps, je pense que la lecture du second et dernier volet pourrait peut-être expliquer pas mal de choses, ce volume est sorti en septembre 2013, mais je ne suis pas certaine que la bibliothèque l’ait déjà, pour que je puisse me faire un avis complet sur cette série…

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 10 ans.

On en parle sur les blogs : Butiner de livres en livres, Bulles et onomatopées, Benzine mag, Le grenier à livres de Choco

Les premières pages à lire sur Izneo.

Cet album participe au challenge « à la découverte des prénoms », lancé par Capocapesdoc.

Le grand mort, tome 1 : larmes d’abeille

LE GRAND MORT, tome 1 : LARMES D’ABEILLE, par Régis Loisel, Jean-Blaise Djian, Vincent Mallié, Lapierre (Vents d’ouest, 2007)

https://i1.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/9/5/0/000438950.jpgPauline est une étudiante stressée, qui doit réviser pour ses examens. Pour cela, une de ses amies lui prête une maison en Bretagne. La jeune femme s’y rend en train, et doit récupérer à la gare une voiture. Mais celle-ci refuse de démarrer, et une jeune homme, Erwan, propose de l’aider. Après de nombreux essais, elle parvient à partir et raccompagne Erwan chez lui. Mais nouveau souci, la voiture rend l’âme et Pauline doit donc loger provisoirement chez le jeune homme, qui lui raconte qu’il a une mission à accomplir dans un monde parallèle, et qu’il doit pour cela se rendre chez maître Christo. Pauline accepte de l’accompagner, et va découvrir, lors de son voyage grâce aux larmes d’abeille, un monde complètement éloigné de ses préoccupations habituelles : les personnages y sont assez étranges, parlent une langue méconnue et le temps se déroule autrement. Dans quelle situation s’est-elle embarquée ?

Voici un album conseillé par mon libraire BD, comme étant une bonne série. Le récit dans ce premier tome (actuellement 4 volumes sont sortis) est assez lent, et pose les bases de l’histoire. C’est une vraie introduction, qui présente les personnages et ne répond pas à toutes les questions qu’on peut se poser : qui sont ces êtres à la peau bleu-violette, avec des cheveux tels des dreadlocks ? Quelle mission Erwan doit-il remplir pour aider ce peuple ? Bref, pas de réponses, et c’est un peu frustrant, cela ne peut que donner envie de lire la suite… Le dessin est très beau, on se laisse porter par le récit. Les couleurs sont riches, très travaillées, et on vient à avoir peur pour la jeune fille un peu tête en l’air, qui elle non plus n’a pas les réponses à ses questions. Bref, un bel album, par contre j’ai été dérangée par les cinq ou six grossièretés prononcées dans les 10 premières pages de l’album, qui n’apportent absolument rien, et auraient pu parfois être remplacées par d’autres termes. J’espère en tout cas que ce n’est pas ce que les élèves retiendront…

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : BlogBrother, Critiques-bd, Mythologica, Samba BD.

Aldébaran, tome 1 : la catastrophe

ALDÉBARAN, tome 1 : LA CATASTROPHE, par Léo (Dargaud, coll. Les mondes d’Aldébaran, 2001)

https://i0.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/5/9/4/000955594.jpgSur la planète Aldébaran, des descendants de terriens vivent dans cette colonie, la Terre ayant connu de graves problèmes un siècle auparavant. Depuis lors, plus de contacts entre la planète bleue et sa colonie. La vie se déroule paisiblement sur Aldébaran. Un jour, d’étranges évènements se produisent à Arena Blanca, un petit village sur la côte : des animaux des hauts fonds s’échouent, des poissons des profondeurs sont retrouvés par des pêcheurs, la mer se solifie, comme si elle était dirigée par un phénomène étrange… Un étranger passe dans le village pour prévenir d’un grand danger mais personne ne veut le croire. Un jour que Marc, Kim, sa soeur Nellie et leur père sont partis d’Arena Blanca, l’étranger leur annonce une catastrophe : le village a été englouti par un monstre marin… C’est alors le début de la fuite pour les jeunes gens vers Anatolie, la capitale…

Voici un album sorti initialement en 1994, faisant partie d’une série comportant plusieurs cycles (Aldébaran, Betelgeuse, Antares, Survivants). C’est de la pure science-fiction, avec une planète imaginaire, un temps futur (22ème siècle), une faune et une flore fantastiques, mais de vrais humains… J’ai assez aimé l’idée de recréer un monde, avec ses propres caractéristiques (indiquées sur la 2ème de couverture), et en même temps assez proche de la Terre. Ensuite, je n’ai pas spécialement aimé le dessin, le manque d’expressivité des visages, le côté irréaliste (Kim est censée avoir 13 ans, mais ça ne se voit pas du tout, idem pour Marc qui aurait 16 ou 17 ans selon les pages). Le trait n’est pas très beau, je n’ai pas accroché à vrai dire. Cela ne m’a pas aidée pour terminer cet album qui sert d’introduction à ce cycle de 5 albums. Je ne suis pas totalement convaincue par cet album qui manque parfois de rythme, mais si j’ai l’occasion d’avoir la suite entre les mains, j’irai voir ce que devienne Kim et Marc à la capitale.

A partir de 13 ans pour le site l@BD.

On en parle sur la blogosphère : Le p’tit coin lecture, Traqueur stellaire, Notembulles.

Voir le site officiel de la série.

Les premières planches de l’album sont sur le site de l’éditeur (en utilisant la flèche à droite de la couverture).

Pluto, tome 1

PLUTO, tome 1, par Naoki Urasawa, Takashi Nagasaki et Osamu Tezuka (Kana, coll. Big Kana, 2010)

https://i1.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/5/0/2/000629502.jpgDans un monde futur où les robots sont de plus en plus intelligents et font partie intégrante de la société, Gesicht est un inspecteur de police qui fait partie d’Europol, la police de l’Europe. Il mène de front deux enquêtes : une sur la mort en Suisse du robot Mont-Blanc, unanimement apprécié, et l’autre sur la mort d’un humain, membre du groupe de défense des lois sur les robots. Les deux morts semblent semblables, on a à chaque fois retrouvé des cornes plantées dans leur crâne. Gesicht, qui est lui-même un robot ultra perfectionné, va découvrir que ce n’est que le début des meurtres des robots pacifistes les plus sophistiqués. Mais pourquoi cette disparition des robots ? Qui en veut aux machines ?

Voici le premier tome d’une série de 8 (qui s’est terminée le 1er juillet dernier, avec la sortie du dernier tome). Il s’agit d’une histoire dérivée d’un scénario du célèbre mangaka Tezuka, datant des années 1960. En fait, Urasawa se sert de Gesicht, un personnage secondaire du scénario d’Astro Boy, pour en faire le héros de cette histoire dérivée. Je ne connais pas l’histoire d’Astro Boy, mais j’ai trouvé ce premier tome particulièrement intéressant. Le début pose les bases de l’histoire, avec les meurtres et le contexte particulier (et futuriste) de l’histoire. Puis au fil des pages, on comprend que quelque chose d’énorme se prépare, sans pour autant en savoir plus. Le dessin d’Urasawa est toujours aussi agréable à suivre, et pour une fois, je n’ai pas retrouvé beaucoup de ressemblances avec ses séries précédentes (Monster ou 20th Century boys que je viens juste de terminer)… De plus, moi qui n’aime pas spécialement les histoires de science-fiction, j’ai bien accroché à cette histoire de robots, qui ont vraiment un côté humain surprenant. Bref, Pluto a tout d’une grande série, et je compte donc continuer bientôt !

A partir de 13 ans selon l@BD, site du CNDP.

On en parle sur les blogs de Blog-o-noisettes, de Yaneck, sur Bulles et Onomatopées et blog lecture jeune, et enfin chez Cronoslegend.

Voir aussi le site consacré à Urasawa, en français.

Les légendaires, tome 1 : la pierre de Jovénia

LES LÉGENDAIRES, tome 1 : LA PIERRE DE JOVÉNIA, par Patrick Sobral (Delcourt, 2004)

https://i2.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/7/5/3/000788753.jpgDans le monde d’Alysia, 5 jeunes gens se battent contre le sorcier noir Darkhell, et la pierre de Jovénia tombe, ce qui fait rajeunir les 5 amis mais aussi tous les habitants de la planète. Cette malédiction engendre le banissement des « légendaires », et chacun part vers une nouvelle vie, loin de la gloire passée… Pourtant Danaël pense avoir trouvé un moyen de redevenir comme avant. Il se met en tête de réunir le groupe des légendaires, en quête de la pierre salvatrice… Certains comme Gryf sont faciles à convaincre, d’autres beaucoup moins… En chemin, ils vont d’ailleurs rencontrer un jeune garçon amnésique quelque peu étrange…

Voici une série qui compte 12 tomes à ce jour, le dernier sorti en mars 2010. J’ai eu du mal à entrer dedans, car je ne suis pas fan des univers fantastiques. Le dessin fait très manga, avec les expressions et les angles de vue. Les couleurs sont très vives, rendant le récit dynamique. Je n’ai pas spécialement apprécié cette lecture, mais je ne l’ai pas pour autant détesté. Impression mitigée donc, je crois que cet album de 48 pages est surtout destiné aux collégiens, voilà pourquoi je n’ai pas accroché… Par contre, il risque de plaire aux élèves !

A partir de 10 ans selon le site BD du CNDP.

A visiter, le site totalement consacré à la série. On y apprend que fin 2011, une série dérivée des Légendaires sortira, scénarisée par Patrick Sobral. Elle expliquera les origines des héros, avant l’accident de la pierre de Jovénia.

E-den

E-DEN, par Mikaël Ollivier et Raymond Clarinard, Editions Thierry Magnier, 2005.

https://i0.wp.com/multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/9/8/1/9782844204189.jpgAu milieu ou à la fin du XXIè siècle, Goran vit avec son père à Paris. Le monde a changé, la France fait partie de la fédération européenne, et un homme cherche à se faire élire gouverneur de France. Les voitures peuvent rouler sans conducteur, les voyages ne sont font plus par avion, la réalité virtuelle est largement diffusée, et l’air est plus que pollué… Le père de Goran est agent fédéral du bureau des stupéfiants, et une affaire importante l’oblige à interrompre ses vacances avec son fils. La fille d’un candidat au poste de gouverneur de la France vient d’être retrouvée dans le coma, une pisto-seringue à ses côtés. Goran aperçoit la jeune fille pendant quelques instants et tombe immédiatement sous le charme. Alors que son père mène l’enquête sur cette nouvelle drogue qui fait des ravages chez les jeunes, Goran va lui aussi mener son enquête, et accéder au paradis artificiel de l’E-den…

Voici un roman de science-fiction, que j’ai choisi au départ pour sa couverture colorée. Moi qui ne suis pas spécialement fan de ce genre de roman futuriste, je me suis complètement pris au jeu de cette histoire : le futur décrit par les deux auteurs nous renvoie souvent au présent. Le sujet principal (la drogue) n’est pas simple, mais le choix de faire parler en alternance le père et le fils permet d’avoir le point de vue des deux héros. On voit bien le décalage progressif entre le père et le fils, et la fin de l’histoire est vraiment plus que haletante ! Une bonne découverte de ces auteurs.

Ce roman a été lu par ma sœur lorsqu’elle était en 4ème et Ricochet le conseille à partir de 13 ans.

Ce roman a obtenu le prix de la Nouvelle Revue Pédagogique 2004 et de nombreux prix locaux de 2005 à 2007 (Châteaudun, Cloyes-sur-Loire, Cherbourg-Octeville, Narbonne, Valenciennes, Metz, Sablé sur Sarthe, Beauvais, Saint-Paul-Trois-Châteaux)

Voir le site complet de Mikaël Ollivier.

La bonne couleur

LA BONNE COULEUR, par Yaël Hassan (Casterman, 2006, coll. Feeling)

Max vit dans une société dictatoriale, qui favorise l’élitisme et où beaucoup d’actions sont interdites : les regroupements, les livres d’avant le régime, les souvenirs d’avant… Depuis qu’il a participé à un groupe d’opposants au régime, Max doit porter un uniforme brun, qui le place tout en bas de la hiérarchie du lycée. Il subit donc toutes les moqueries et humiliations de la part de ses camarades de lycée. Et surtout quand ce sont des violets, la catégorie la plus élevée du lycée… Les relations avec sa mère sont très mauvaises, car elle ne comprend pas pourquoi son fils s’obstine à se questionner sur le monde d’avant et sur la notion de liberté… Malgré les mauvais moments, Max ne désespère pas et garde espoir… Ce qu’il va découvrir va aller au-delà de ses espérances…

Voici un court roman destiné aux collégiens de troisième (d’après le dossier pédagogique fourni avec le spécimen que j’ai lu), prix NRP des collèges en 2006. La société décrite est bien sûr imaginaire, mais finalement, pas si éloignée de ce qui peut ou pourrait exister dans le monde actuel. La peur du régime est omniprésente, et les mouvements sont contrôlés par l’intermédiaire des indics. L’auteur veut dénoncer les régimes totalitaires, et cela s’observe dès le début du roman de 120 pages. L’intrigue est assez facile à deviner, mais le style d’écriture de Yaël Hassan fait qu’on accroche à l’histoire de Max… Un beau récit tout de même, à ne pas manquer sur les thèmes du totalitarisme et de la citoyenneté.

A partir de 12 ans selon Ricochet.

Voir le blog de l’auteur Yaël Hassan.