Sur la route d’Indianapolis [roman]

SUR LA ROUTE D’INDIANAPOLIS, par Stéphane Gendron (Magnard jeunesse, 2016, coll. Romans perles)

indianapolisLilian est orphelin de mère et vit son adolescence dans les années 1970. Au collège, il n’a pas beaucoup d’amis et invente parfois de gros mensonges pour ne pas se décrédibiliser aux yeux de ses camarades. Quand son père lui propose de partir une semaine aux Etats-Unis, à Chicago, chez sa tante Isabelle, il n’en croit pas ses oreilles. Cela changera des vacances habituelles à raconter aux copains à la rentrée ! Outre-Atlantique, tout se passe pour le mieux, Lilian doit retrouver son père à Indianapolis grâce à un car qui fait la liaison entre Chicago et Indianapolis. Le chemin lui est expliqué avant, il ne doit absolument pas descendre du bus. Une fois installé, Lilian fait la connaissance d’un drôle de bonhomme, M. Kaplan. A un arrêt perdu en pleine campagne, Lilian descend le temps de satisfaire un besoin pressant. Mais le chauffeur, mal-luné, repart sans attendre le jeune garçon. M. Kaplan est descendu au même arrêt que lui, Lilian espère donc pouvoir arriver avant le bus dans la ville où son père l’attend. Mais c’est alors que le voyage dérape : un avion se met à leur tirer dessus… C’est le début d’un road movie en voiture, en moto, en hélicoptère… entrecoupé de rencontres avec des policiers, des cambrioleurs, des bikers… Lire la suite

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Les carnets de Cerise tome 4 : La déesse sans visage

LES CARNETS DE CERISE tome 4 : LA DEESSE SANS VISAGE, par Joris Chamblain et Aurélie Neyret (dessin) (Soleil, 2016, coll. Métamorphose)

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Suite du tome 3. Cerise part en vacances une semaine dans un manoir en bord de mer, avec sa maman. Le lieu est bien choisi, car ce manoir est aussi un endroit où résoudre des enquêtes, ce dont raffole la jeune fille. Mais cette semaine qui devait être une période de repos ne pas se passer comme c’était prévu… Ce sera aussi l’occasion de soulever des secrets bien enfouis…

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Alvin, tome 2 : le bal des monstres

ALVIN tome 2 : LE BAL DES MONSTRES, par Renaud Dillies et Régis Hautière (Dargaud, 2016)

Suite et fin du tome 1. Gaston et le jeune Alvin ont traversé le pays jusqu’au bayou, pour retrouver la famille du petit orphelin. Ils se retrouvent à Crapeville, une petite ville où les gens différents ne sont pas bien vus… Les préjugés sur ceux qui ont un bec vont bon train, alors que ceux qui ont un museau sont bien mieux considérés…

Quelle joie de retrouver Alvin et Gaston, accompagnés de l’étrange et muet Jimmy, porteur du chapeau d’Abélard. L’histoire est vraiment jolie et poétique avec les fameuses phrases du héros du diptyque précédent, même si le sujet n’est pas bien réjouissant au départ. Les petites phrases du chapeau d’Abélard sont parfois très pertinentes, d’autres fois très décalées et sans lien avec l’histoire, et de ce fait bien drôles. Le jeune Alvin est comme les autres enfants : naïf et innocent, il pose des questions qui dérangent parfois et auxquelles Gaston doit trouver des réponses. Au-delà des héros de cette histoire, la ville de Crapeville n’est pas présentée sous son meilleur jour, entre racisme de ses habitants et intégrisme religieux du prédicateur qui incite les habitants à se soulever les uns contre les autres, simplement par peur de la différence. Ce côté philosophique est intéressant et apporte une touche différente, au-delà de la simple histoire du jeune garçon. L’histoire fait s’interroger sur la différence physique (bec contre museau), mais aussi sur les religions qui peuvent influencer les personnes. Au niveau graphique, j’ai aimé retrouver le trait si particulier du tome précédent. De plus, les couleurs pastels sont toujours très agréables à regarder, et les nombreuses hachures viennent agrémenter les cases de façon originale. Rien de nouveau par rapport au tome précédent et à Abélard, c’est toujours aussi bien !

Alvin fait partie des albums qu’il est bon d’avoir dans sa bibliothèque. L’objet en lui-même a de très bonnes finitions: papier épais et mat, couverture épaisse également. C’est vraiment une histoire à découvrir, si ce n’est pas déjà fait !

Non mentionné sur l@BD.

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Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Noukette.

Alvin tome 1  l’héritage d’Abélard

ALVIN tome 1 : L’HÉRITAGE D’ABÉLARD, par Renaud Dillies et Régis Hautière (Dargaud, 2015)

Gaston est un ours qui vit à New York où il participe à la construction de la ville. Il est célibataire, sans aucune attache et est bien seul depuis que son ami Abélard est mort. Alors il passe son temps libre dans les bars, et fréquente de temps à autre, les jours où il reçoit sa paie, Purity, une prostituée avec laquelle il aime beaucoup parler, mais jamais de lui. Un jour, un concours de circonstances va faire qu’il va recueillir le fils de son amie prostituée décédée subitement. Avant de mourir, il lui promet de donner les économies à la nourrice, mais celle-ci ne supporte plus cet enfant qui répond de façon insolente et le lui confie. Ne pouvant faire autrement, Gaston héberge le jeune garçon quelques temps, le temps de lui trouver une solution, et finalement, les deux prennent la route… La cohabitation entre les deux au fort caractère n’est pas toujours facile…

Je retrouve avec plaisir Gaston, le compagnon d’Abélard, le petit poussin philosophe-poète qui avait tant conquis la blogosphère il y a quelques années. Le premier héros n’est plus, mais il reste tout de même une trace de lui, avec son chapeau d’où sort quotidiennement une phrase, une maxime, une pensée philosophique. Gaston l’ours au caractère grognon s’avère être un héros que l’on suit avec plaisir, qui cherche à faire du bien autour de lui, et qui va se démener pour un jeune garçon qu’il ne connaît pas mais dont il a fait la promesse à sa mère de s’occuper. L’histoire racontée de cette façon peut être vue comme à la fois tendre et triste, mais surtout elle n’est pas remplie de sentiments mièvres, et ça c’est un sacré point positif. Les références à Abélard, avec le chapeau et les citations pleines de poésie, sont plusieurs fois présentes. Aussi je pense qu’il est préférable d’avoir lu le diptyque précédent pour saisir toutes les subtilités de cette nouvelle histoire, qui traite de la perte de la mère (d’Alvin) et de la perte de l’ami (de Gaston). J’ai aussi aimé les thèmes de la rencontre avec l’autre et de la différence qui sont abordés sur la deuxième partie du livre, avec les questions quasi-philosophiques dans la bouche de l’enfant, et les réponses très différentes par un Gaston très terre à terre et un montreur de foire très axé sur la religion. Les dialogues ne sont pas si anodins qu’ils en ont l’air au premier abord, et je trouve cet aspect-là très réussi. Graphiquement parlant, le dessin est exactement comme dans Abélard, toujours rempli de hachures, et il est toujours très agréable à l’œil. Les couleurs sont soignées. J’aime bien quand le dessinateur part un peu « en vrille », et arrive à rendre intéressants des passages qui au départ ne le sont pas spécialement : par exemple avec la carte du périple de Gaston et Alvin, ou encore avec le temps qui défile, représenté de façon métaphorique. En plus, cerise sur le gâteau, cet album est un bel objet, de grande taille et avec du beau papier mat. Que demander de plus ? Lisez cet album si cela n’est pas déjà fait, car c’est de la BD de qualité, sans nul doute.

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 10 ans.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Au milieu des livres, La bibliothèque de Noukette, Twenty three peoniesChroniques de l’invisible, Oncle Fumetti, Le blog du petit carré jaune

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Stéphie.

La lune est blanche

LA LUNE EST BLANCHE, par Emmanuel et François Lepage (Futuropolis, 2014)

Emmanuel Lepage repart en expédition dans l’Antarctique. Cette fois, la proposition lui est faite avec son frère François, photographe. Il s’agira d’atteindre le continent et de convoyer jusqu’à la station Concordia, à 1200 kms au coeur du continent froid et hostile. Avant cela, il y a les aléas du départ, l’embarquement sur le bateau, la rencontre avec les hivernants… Les deux frères consignent tout cela dans leur carnet de voyage.

Cet album est énorme, en taille et en poids, avec près de 250 pages en grand format, complété avec des photos et notes personnelles à la fin. Cet album fat parfois référence à l’expédition précédente d’Emmanuel Lepage, qui s’est matérialisée dans « Voyage aux îles de la désolation« . Personnellement, j’ai préféré ce premier volume, car j’ai eu l’impression qu’il y avait plus de contact avec les autres personnes, plus de portraits retracés. J’ai aussi eu une sensation de lenteur avec cette lune est blanche. L’histoire y est plus personnelle, les personnages rencontrés sont moins présentés, et il se passe aussi moins de choses (les 13 jours à traverser l’Antarctique, de la base Dumont d’Urville à Concordia, sont assez répétitifs). Il y a aussi pas mal de développements historiques au début de l’album, avec les premiers découvreurs et explorateurs de cette terre du bout du monde. Personnellement, j’ai trouvé cela très intéressant, même si cela retarde le démarrage de l’histoire des frères Lepage. J’ai plus considéré cet album comme une introspection de l’auteur Emmanuel, entrecoupé de courriers de François le photographe à sa femme restée en Europe. Il n’empêche que cet album retrace un sacré voyage, qui n’est pas donné à tout le monde. Graphiquement, il est magnifique : les photos se mêlent agréablement au dessin somptueux, à tel point que parfois on a du mal à distinguer les dessins des photos. Les tons sont très polaires, avec bien peu de couleurs sauf le bleu du ciel, immensément et intensément bleu. Les quatre autres couleurs utilisées sont le blanc, le noir et le gris, avec quelques touches de sépia et de marron selon les moments. Cet album contient en plus de magnifiques doubles pages. J’en retiens une incroyable impression de voyage dans ce climat extrêmement rude (avec jusqu’à -70°C à Concordia, on n’a pas à se plaindre à la moindre petite gelée !) et de formidables défis humains relevés malgré les difficultés. Sacré coup de chapeau aux auteurs, qui parviennent à faire un album très intéressant avec une histoire où finalement il n’y a pas tant d’action que cela, en tout cas pas toutes les deux pages. C’est pour moi un incontournable de la production récente.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisible, Un amour de BD, le blog de Véronique D., BlogBrother, Les fanas de livres,  …

Premières planches à lire sur Digibidi.

Cet album a reçu le prix France Info de la bd d’actualité et de reportage 2015.

Interview des deux frères à l’occasion de la sortie de cet album au festival de St Malo, par un amour de BD.

Paola Crusoé, tome 2

PAOLA CRUSOE,  tome 2 : LA DISTANCE, par Mathilde Domecq (Glénat, 2013, coll. Tchô !)

Suite du tome 1. Paola est toujours sur une île déserte avec son père, son grand frère Yoann et sa petite soeur Bénédicte. Ils ont appris à survivre depuis déjà plusieurs semaines sur cet îlot isolé, en construisant des pièges pour les poissons, un poulailler et une cabane et en mettant en place un jardin. De son côté, la mère de Paola est sans nouvelles d’eux, mais elle ne se résigne pas à les croire morts. Alors elle est partie à leur recherche, et deux mois après son départ de métropole, elle se retrouve en Guyane sans le sou. Embarquant clandestinement dans un bateau, elle va parvenir à convaincre l’équipage de l’aider.  Mais de leur côté, la saison des cyclones approchant, Paola et sa famille décide de tenter de quitter l’île…

Ce tome 2 est un album globalement agréable, car on retrouve Paola et sa famille avec un certain plaisir, même si un petit résumé du tome précédent n’aurait pas été inutile, histoire de se remémorer les actions principales du volume précédent. L’album est toujours de petit format, mais compte 90 pages tout de même, pour une histoire qui mêle l’histoire des naufragés sur l’île et les recherches de la mère/épouse. Le scénario est sympa, mais sans plus, car on pense que les retrouvailles vont avoir lieu dans ce tome, mais on sent bien au fur et à mesure que ça ne va pas être le cas… De plus, il y a des petits éléments irréalistes chez la mère qui m’ont moyennement plu, lors des passages dans le bateau en tant que clandestine. Ce tome 2 est donc un volume intermédiaire (j’espère !), avec les inconvénients inhérents à ce type de volume. Cependant, les couleurs utilisées sont toujours aussi vives, parfois même un peu trop, mais en même temps, cela reflète une nature luxuriante et ça reste aussi un album jeunesse. Je ne suis pas très fan des dessins, un peu trop étirés pour moi, mais ceci n’est purement qu’une question de goût.  La fin est bien trouvée, un peu frustrante au départ, mais finalement, après réflexion, c’est la bonne option qu’a prise l’auteur, pour donner envie de lire la suite, qui n’est pas encore sortie. Dommage que la couverture ne soit pas une scène représentée dans l’histoire, car c’est un peu trompeur. Pour conclure, quelques petits bémols cités précédemment me font dire que ce n’est pas ma série jeunesse préférée, mais que cela reste tout de même une série de qualité qui revisite de façon moderne l’histoire de Robinson.

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Les chroniques de Madoka, Une autre histoire, La boîte à histoires

Premières planches à voir sur Izneo.

Visiter le blog de l’auteur, plus mis à jour depuis mai 2013.

Une épatante aventure de Jules, tome 5 : la question du père

UNE ÉPATANTE AVENTURE DE JULES, tome 5 : LA QUESTION DU PÈRE, par Emile Bravo (Dargaud, 2006)

Jules est un ado qui n’aime pas les cours de sport. Avec son meilleur ami, il décide de sécher ce cours pour se rendre au cinéma. Tout semble se passer pour le mieux, même si la salle de projection est quasi vide et que le film Moby Dick ne l’emballe pas du tout. Mais les bobines du film prennent feu, et il faudra l’intervention des pompiers pour sauver les jeunes garçons des flammes. La punition ne se fait pas attendre : dans le bureau du directeur du collège, les deux ados avec leurs parents à leurs côtés apprennent qu’ils vont devoir faire un stage de voile pendant un week-end, dans un centre nautique en Bretagne… Peu enthousiaste à l’idée de ces deux jours à la mer, Jules ne rêve que de revoir son amie Janet dont il est secrètement amoureux et avec laquelle il discute via internet… Mais avant, son père décide de l’emmener, lui et son frère, à la chasse, pour en faire un homme, mais un accident malencontreux va ternir la sortie familiale. Jules se rend ensuite en Bretagne, où avec Joris, il est pris en charge par le jeune et dynamique père Antoine. La première sortie en voilier ne va pas non plus se passer comme prévu…

Voici une nouvelle aventure de Jules, après le tome 6 lu l’an dernier.. Je ne les lis pas dans l’ordre (aucun numéro n’est indiqué sur la première de couverture et sur la page de titre), mais cela n’empêche pas de comprendre. Le personnage de Jules est agréable, il a des préoccupations de son âge, tout en étant également très mature sur certaines questions. Ses réflexions sont parfois très justes ou très drôles. J’ai aimé lire cette histoire (moins tordue que le tome 6, car plus réaliste), assez réaliste pour y voir certaines vérités : on sent qu’Emile Bravo veut dénoncer certains éléments de la société (au départ par exemple sur les établissements scolaires catholiques), les piques étant plus ou moins dissimulées dans les bulles. Par contre, l’histoire contient toujours autant de texte, et il faut vraiment être concentré pour lire, car ce n’est pas une lecture légère. De plus, et c’est là plutôt un avantage, le scénario est parfois très pédagogique, mais sans pour autant être désagréable à lire ou faire trop cours de collège. Bref, j’ai appris pas mal de choses sur la voile, car il y a bon nombre de vocabulaire spécifique, et avec parfois des explications de vocabulaire. Il y a aussi des passages très drôles, avec des jeux de mots par exemple, et ceux qui aiment la voile seront ravis de voir la large part accordée au stage nautique. Bref, cet album mêle le sérieux et l’humour, d’une façon très agréable, les thèmes abordés sont divers (la religion, la famille, la voile, l’amitié…) et le lecteur ne s’ennuie pas avec les aventures de cet ado touchant et qui parle vrai. Le dessin d’Emile Bravo est reconnaissable, simple mais efficace : je ne suis pas en terrain inconnu et j’apprécie toujours autant ce trait. Je pense continuer avec les autres volumes, car ça m’a l’air d’être une bien bonne série jeunesse…

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Bullles, Le génépi et l’argousier, Les lectures de Marie

Deux planches originales à voir sur le site non-officiel de l’auteur.