Ennemis de sang, tome 2 : Le roi de Huka-Huka

ENNEMIS DE SANG, tome 2 : LE ROI DE HUKA-HUKA, par Francis Carin (scénario et dessin) et David Caryn (dessin) (Glénat, 2016)

Suite du tome 1. 1914. Omer, qui a quitté sa riche famille pour Anvers, a embarqué sur un navire à destination de Québec avec Louis, un ami, alors que la guerre arrive dans la ville flamande. Enfin, c’est ce qu’ils croyaient, car le navire change de mains pendant le trajet et se détourne vers le Mexique, pour y transporter des armes. Passagers clandestins, Omer et Louis aident l’équipage officiel à reprendre le contrôle du bateau, qui se trouve alors au beau milieu du Pacifique… Mais des sous-marins allemands sont aussi dans les parages et torpillent le navire… Echoués sur une plage loin de tout, les survivants tentent de s’organiser, mais ces Robinsons vont connaître de nombreuses mésaventures… Lire la suite

Publicités

Refuges [roman]

REFUGES, par Annelise Heurtier (Casterman, 2015)

En 2006, Mila, adolescente romaine, passe ses vacances d’été sur l’île familiale de Lampedusa, en Méditerranée. Le temps s’écoule lentement sous la chaleur estivale, et Mila ne veut pas spécialement passer du temps avec ses parents, particulièrement sa mère aux tendances dépressives depuis le décès de son petit frère lors d’un mois de juillet précédent. Elle craint plus que tout la date anniversaire d’ailleurs… alors quand Paola, la nièce de la gardienne de la maison et amie de la famille lui propose de passer du temps avec elle et ses amis, Mila accepte de suivre cette jeune fille qui a tout pour elle. Elle va passer de beaux moments sur cette île paradisiaque, pour tenter de surmonter sa situation… En parallèle de ce récit d’été, des Erythréens tentent de quitter leur pays qui vit sous la dictature pour rejoindre le nord de l’Afrique et ensuite la terre promise, l’Europe, en atteignant dans un fragile zodiac l’île de Lampedusa, aussi surnommée « l’île du Salut » par ses habitants… Mais leur parcours pour vivre en liberté s’avère semé d’embûches…  Lire la suite

Endurance

ENDURANCE, par Pascal Bertho (scénario) et Marc-Antoine Boidin (Delcourt, 2009, coll. Mirages)

1914. Sir Ernest Shackleton n’a pas atteint le pôle Sud le premier, il a été devancé par Amundsen. Alors pour battre un nouveau record et y mettre son nom, il a l’idée de tenter ce qui n’avait jamais été essayé avant : traverser le continent Antarctique d’une mer à l’autre. Alors il rachète un bateau qu’il rebaptise l’Endurance et recrute un équipage à l’aide d’une petite annonce qui ne cache pas les difficultés qui peuvent attendre les hommes. Mais ce recrutement est un succès, et le départ peut se faire sans encombre à la date prévue, alors que la guerre commence à se profiler en Europe. Mais arrivé près de la Géorgie du Sud, la situation se complique : le bateau est pris dans les glaces, et l’expédition reste bloquée jusqu’à ce que le bateau soit broyé par les glaces. Alors les hommes vont prendre les canots pour survivre, sur l’eau ou sur la glace. Mais la situation va s’éterniser…

Voici un album choisi au hasard à la bibliothèque. Et bien encore une fois merci la sérendipité, puisque j’ai bien accroché à cet album, intéressant et sans temps mort. La situation des hommes de l’Endurance est vraiment désespérée, à une époque où les moyens de communication sont encore peu développés. L’Antarctique paraît vraiment comme une terre hostile, et les auteurs parviennent à nous intéresser au sort de ces hommes à l’autre bout du monde, et au capitaine Shackleton, un homme lucide, hors du commun, qui connaît les dangers et fait particulièrement attention à ses hommes d’équipage. C’est vraiment ce qui ressort de cet album : le capitaine cherche vraiment à ramener tout le monde en entier, il n’abandonne personne, ressoude son groupe lorsqu’il le faut et est prêt à se sacrifier pour le mieux-être d’un de ses hommes. C’est un homme impressionnant d’humanité, qui va tout faire pour honorer sa promesse, même si cela va prendre beaucoup de temps. Le scénario est comme je l’ai dit bien mené, on a les dates des événements, c’est facile pour se repérer, d’autant plus qu’il y a parfois des allers-retours dans la chronologie. Le dessin est agréable, pas exceptionnel, mais correspondant au propos. Les couleurs sont quant à elles magnifiques, très travaillées et toujours dans les tons bleu, gris, marron et blanc. Elles parviennent à retranscrire le froid extrême connu par les protagonistes. Léger bémol cependant : il manque (au moins dans l’édition que j’ai lue) une carte du continent et des îles proches, pour pouvoir situer l’équipage au fil de leur périple. Malgré ce léger point négatif, il n’en  reste pas moins qu’Endurance est un joli moment de lecture, avec 132 pages pleines d’une aventure humaine hors du commun.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Le blog de Biblio, Le grenier à livres de Choco, La bibliothèque du Dolmen, Blog BD Sud-Ouest, Le blog-notes

Interview des deux auteurs sur le site de l’éditeur.

Quelques planches à voir sur le site de l’éditeur.

Pistes pédagogiques sur le site de l’école des loisirs, qui a réédité l’album en 2013.

Belem, tome 1 : le temps des naufrageurs

BELEM, tome 1 : LE TEMPS DES NAUFRAGEURS, par Jean-Yves Delitte (Glénat / Chasse-Marée, 2006, coll. Grafica)

Récit du premier voyage du trois-mâts le Belem, depuis son départ de Saint Nazaire en juillet 1896 jusqu’à Belem au Brésil en passant par Montevideo en Uruguay. Sous le commandement du capitaine Lemerle, le jeune mousse Gwénolé Leguadek, 13 ans, raconte cette traversée de l’Atlantique, avec les tempêtes, mais aussi le sauvetage de quatre mystérieux naufragés, qui font douter le capitaine. Le Belem, initialement affrété par une célèbre entreprise de chocolat, doit  aussi transporter de Montevideo au Brésil des mules pour le tout nouveau tramway de la ville, mais le voyage ne va pas se passer comme prévu… En effet, un complot est monté entre les deux hommes rescapés et le fils du capitaine, officier et apprenti-pilote…

C’est le début d’une série de 4 tomes autour du célèbre bateau, commandée par la fondation Belem. L’intrigue est simple, et se base sur l’histoire réelle du bateau pour son premier voyage. En revanche, il y a aussi de la fiction avec l’hypothèse des deux naufragés recueillis et fomentant un complot envers leurs sauveteurs. L’explication de l’incendie à l’approche de Belem relève elle aussi de l’imagination de l’auteur, car il n’y en aurait pas trace dans le journal de bord du capitaine. Bref, cette histoire mêle fiction et réalité, et se lit de façon très fluide. Les dessins sont très beaux, très minutieux. Les différents plans du bateau sont particulièrement détaillés (Jean-Yves Delitte est peintre officiel de la Marine en Belgique), c’est vraiment magnifique. Les fonds noirs ou blancs, en alterné, confèrent une ambiance différente à l’histoire, et les couleurs y contribuent également. C’est donc une lecture agréable, qui même si elle ne me marquera pas spécialement, m’a permis d’être dépaysée et de voyager facilement, sans avoir le mal de mer !!

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Stef au pays des livres, Chroniques de l’invisible (Yaneck), Doucettement (Violette), SambaBD

Extrait à lire sur le site Izneo.

Lire une interview à propos de la série et d’une exposition qui a eu lieu au Havre.

Black Crow raconte L’Hermione

Black Crow raconte L’HERMIONE : LA CONSPIRATION POUR LA LIBERTE, par Jean-Yves Delitte (Chasse-Marée et Glénat, 2009)

L’histoire se déroule lors de la construction du navire L’Hermione entre 1778 et 1780 à Rochefort (actuellement en Charente-Maritime). Alors que charpentiers, forgerons, perceurs se relaient pour construire ce navire de 45 mètres, le marquis de La Fayette cherche à obtenir le soutien de la France dans le conflit entre les 13 colonies américaines et l’Angleterre. Louis XVI donne son accord à La Fayette et lui demande d’embarquer sur l’Hermione pour combattre aux côtés des Américains. Mais la construction est perturbée lorsqu’on découvre qu’un espion à la solde des Anglais rôde près de Rochefort pour faire échouer le départ de La Fayette.

Le dessin est somme toute assez classique, mais très détaillé, particulièrement les bateaux. Les quelques planches en pleine page, et parfois sur double page, sont époustouflantes. En effet, le dessinateur de l’album est peintre officiel de la Marine, il connaît (et maîtrise) parfaitement son sujet. Les fortifications de Vauban (en étoile) sont bien représentées, on comprend tout l’enjeu des défenses militaires sur la côte Atlantique. Les représentations de Rochefort sont réalistes (je dis cela pour avoir visité la ville il y a deux ans). La corderie royale apparaît toujours aussi imposante et la Charente aussi boueuse. Pourtant, certains sites web indiquent des anachronismes au niveau des bâtiments, dont certains n’étaient pas encore construits au moment de la construction de l’Hermione. Il faut donc prendre cette histoire comme étant une fiction avec certains éléments vrais…

Conseillé dès 13 ans par le site BD du CNDP.

L’Hermione a permis à La Fayette de rallier les Amériques en 1780, mais a coulé en 1793. Depuis 1997, un projet est mené à Rochefort pour reconstruire ce navire, avec les méthodes de l’époque. Toujours en cours, il est possible de visiter ce chantier impressionnant. Pour plus d’informations, consulter le site www.hermione.com.