Le mauvais exemple [roman]

LE MAUVAIS EXEMPLE, par Eric Boisset (Magnard jeunesse, 2017, coll. Presto !)

Souvenirs d’adolescence de l’auteur, entre séances de skate-board interdites dans le parc tenu par un gardien zélé, un ami cleptomane qui se fait un réseau grâce à ses vols, ou encore des bêtises avec une flaque d’huile dans un supermarché… L’adolescent a vécu ces quelques épisodes dont il n’avait jamais parlé à ses parents, et dont il se rappelle dorénavant avec humour…

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Les malheurs de Sophie

LES MALHEURS DE SOPHIE, par Mathieu Sapin, d’après l’oeuvre de la Comtesse de Ségur (Gallimard, 2013, coll. Fétiche)

Sophie est une petite fille née dans une famille aisée. A quatre ans, elle découvre la vie entourée de domestiques, de son cousin Paul et de sa mère. Son père travaille à Paris et revient peu à la campagne, mais il lui envoie souvent des cadeaux, comme par exemple un couteau qui va lui servir à couper ses poissons alors qu’elle ne veut pas leur faire de mal… La petite Sophie est assez maladroite : elle laisse sa poupée de cire en plein soleil et celle-ci commence à fondre, avant que la petite fille lui fasse subir un sacré sort. Elle ne respecte pas non plus les consignes de sa mère, et laisse ainsi sortir un poulet de sa cage. Elle invente de drôles de procédés lorsqu’elle reçoit ses amis avec sa dînette : le thé est fait d’eau du chien et de trèfle… La petite fille a une grande imagination, mais celle-ci lui joue souvent des tours qui peuvent s’avérer dangereux… Heureusement que sa mère et son cousin Paul sont là pour la sortir de mauvais pas…

Voici l’adaptation d’un roman de plus de 150 ans, publié en 1858 par la Comtesse de Ségur. Je n’ai pas spécialement apprécié cette lecture pour plusieurs raisons : tout d’abord le dessin trop irrégulier à mon goût. Parfois la petite Sophie a une tête plus grosse que sa mère, elle n’est pas dessinée de la même façon selon les cases, c’est assez désagréable pour avoir une unité dans l’histoire, heureusement que les couleurs utilisées (toujours les mêmes) permettent de la repérer plus facilement. Ensuite, pour faire sans doute plus moderne, il a été choisi d’adapter ponctuellement le texte au 21ème siècle : dans la nouvelle « La chaux », la mère demande à la fille de lui donner sa pièce de cinq euros… Ça fait complètement irréaliste : les pièces de 5 euros, vous connaissez ? Et en plus, comme l’histoire ne fait pas très moderne, les euros n’ont pas spécialement leur place dans cette histoire. Ce serait resté en francs, cela ne m’aurait nullement choqué… Peut-être que cela a été fait pour les jeunes lecteurs, mais en tout cas, pour moi cela cloche avec l’histoire. De même à un autre passage, il est question de diligence, alors qu’il y a des voitures sur le dessin, là encore c’est trop anachronique pour moi ! Bref, mis à part cela, l’auteur semble reprendre les dialogues originaux, même si ce n’est pas dans l’ordre du roman. Le côté moralisateur à chaque fin de nouvelle est assez gommé, à chaque fois la jeune Sophie n’est pas punie par sa mère, car son expérience ratée l’a déjà punie… Cela peut se défendre, mais en même temps, je trouve la mère assez laxiste parfois. Il reste néanmoins que ce texte est quelque peu désuet, et je ne sais pas s’il plairait aux jeunes lecteurs (ou plutôt jeunes lectrices). Je me rappelle avoir lu le roman quand j’étais petite, et malgré les défauts relevés ci-dessus, ça m’a donc fait plaisir de lire l’adaptation (plus pour la nostalgie [je me rappelais de certaines historiettes] que pour la qualité du texte), mais je ne crois pas que ça me marquera beaucoup… Un avis mitigé donc.

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Bulles et onomatopées, La boîte à histoire, Le calamar noir.

Le texte en version intégrale sur Wikisource la bibliothèque libre.

Les premières planches à voir sur Iznéo.

Cet album participe au challenge « à la découverte des prénoms », lancé par Capocapesdoc.