Kersten tome 2 : au nom de l’humanité

KERSTEN MEDECIN D’HIMMLER, TOME 2 : AU NOM DE L’HUMANITE, par Patrice Perna et Fabien Bedouel (Glénat, 2015)

kersten 2

Suite et fin du tome 1. Kersten est toujours le médecin particulier d’Himmler, proche collaborateur d’Hitler. En parallèle, il utilise les informations délivrées par son patient pour sauver des personnes de la mort à laquelle ils étaient promis. Alors que le chef de la Gestapo pressentait que Kersten n’était pas net, il est assassiné et replacé par un autre homme encore pire, plus dangereux et sournois. Dans le même temps, Himmler devient de plus en plus dépendant des massages de son médecin, et lui dévoile plus ou moins involontairement des informations importantes sur les opposants au régime nazi… Lire la suite

Culottées tome 1

CULOTTEES tome 1 : des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent, par Pénélope Bagieu  (Gallimard, 2016)

culotteesAlbum de courtes biographies de femmes aux destins hors du commun. On retrouve toutes les époques, tous les continents et toutes sortes de destins : impératrice en Chine, travailleuse sociale africaine prix Nobel de la paix 2011, femme à barbe au XIXe siècle, reine africaine au XVIIe siècle, gynécologue grecque antique, guerrière chamane au XIXe,  nageuse australienne au XXe siècle, gardienne de phare américaine, créatrice finlandaise de trolls après la guerre … Les histoires racontent le plus souvent la vie complète de la femme, ou parfois juste un événement particulier, mais à chaque fois, cela montre des femmes qui font voler en éclats les préjugés sur leur sexe, à une époque où elles étaient considérées inférieures, incapables ou encore soumises aux hommes… Lire la suite

Kersten tome 1

KERSTEN MEDECIN D’HIMMLER, tome 1 : PACTE AVEC LE MAL, par Patrice Perna (scénario) et Fabien Bedouel (dessin) (Glénat, 2015)

L’histoire commence en 1945 en Suède, à Stockholm. Le docteur Kersten demande l’asile ainsi que des papiers. Mais tout cela lui est refusé par le nouveau ministre des affaires étrangères. L’homme repart, dépité et incompris. Retour en 1939 : le docteur Kersten, finlandais mais ayant un diplôme allemand, est le seul à pouvoir soulager avec ses mains Himmler, un des proches collaborateurs d’Hitler. Au fil des séances avec le haut-dignitaire nazi, il en devient le confident. Lorsqu’il apprend la déportation de la population hollandaise, il va tout faire pour l’empêcher ce désastre. Himmler l’apprécie tellement qu’il lui fait entièrement confiance et accède positivement à ses demandes, en allant voir le Führer même si besoin, ou en faisant libérer un des amis du médecin, emprisonné de façon arbitraire. En même temps, Kersten donne des infos aux anglais en parallèle, et malgré sa répulsion de plus en plus grande pour Himmler, doit risquer sa vie à chaque instant.

Cet album traite de la seconde guerre mondiale sous un angle que je trouve inédit, et est inspirée d’une histoire vraie. J’ai beaucoup aimé ce volume, car l’histoire est bien écrite et bien menée. En effet, au départ on ne sait quoi penser de cet homme qui côtoie les nazis, mais plus les planches défilent et plus on comprend qu’il est pris dans une grosse machine qui le dépasse, lorsqu’il doit suivre Himmler en Yougoslavie ou lors que le dirigeant nazi quitte Berlin, en obligeant son médecin à le suivre. Sentant la pression de plus en plus forte exercée par Himmler qui pourrait très vite devenir menaçant et dangereux, Kersten ne veut plus jouer un double jeu et se voit donc pris au piège. Ce volume se termine en 1941, mais on sait dès le départ que Kersten survit à la guerre, donc on espère seulement lire la suite pour voir comment il va se sortir de cette situation. Graphiquement parlant, j’ai eu au départ un peu de difficultés avec le dessin, un peu étrange, avec un trait fin pas forcément très assuré. Puis finalement, cela convient bien à l’histoire, servie par des couleurs ternes, qui aide à créer une ambiance du genre « chape de plomb » (l’auteur est le même que dans « Un long destin de sang« ). A noter aussi qu’il y a pas mal de portraits en gros plan dans de petites cases, ce qui accentue le côté sombre ettragique de l’histoire. Le scénario quant à lui est très bien écrit, utilisant bon nombre de mots de vocabulaire « d’époque » (les tournures de phrases des nazis et leur peu de considération des autres peuples par exemple). Le découpage de l’histoire est dynamique et m’a permis de bien accrocher à cet album au sujet peu réjouissant. Happée par cette histoire, j’espère maintenant pouvoir lire la suite rapidement…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Samba BD, Chroniques de l’invisibleCases d’histoire, Les 8 plumes, Bar à BD

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Noukette.

California dreamin’

CALIFORNIA DREAMIN’, par Pénélope Bagieu (Gallimard, 2015)

Biographie d’Ellen Cohen, jeune femme née sur la côte est-américaine en 1941 qui rêve de devenir chanteuse avec sa voix exceptionnelle mais son physique qui ne correspond pas aux standards. Elle a tendance depuis son enfance à être boulimique et son physique est trop imposant pour espérer devenir une star. Mais la jeune femme excentrique est dotée d’un tempérament d’enfer, toujours très positif et d’une répartie toujours bien placée. A 19 ans, elle décide de changer de nom pour devenir Cass Elliot et elle quitte sa famille pour tenter sa chance à New-York. Elle y rencontre Denny dont elle tombe amoureuse, même si cela n’est pas réciproque. Leur amitié va tout de même les conduire à créer un groupe avec un couple d’amis : ce groupe sera nommé Les Mamas and Papas. Après quelques errements, le succès vient au milieu des années 1960 avec la chanson « California dreamin' », menée par la voix d’or d’Ellen/Mama Cass, qui cherche toujours l’amour.

Le dernier livre de Pénélope Bagieu a pas mal circulé sur les blogs, et j’ai eu l’occasion moi aussi récemment de lire cet épais roman graphique de plus de 270 pages. Le titre me disait bien quelque chose, mais je n’en savais pas beaucoup plus. Ainsi, j’ai découvert la biographie d’une femme haute en couleur, déterminée et excentrique, dotée d’une voix exceptionnelle et qui parvient à se faire une place dans le milieu de la chanson malgré un physique qui n’est pas en adéquation avec les standards de l’époque. L’histoire est vraiment bien retracée, depuis l’enfance jusqu’aux premiers succès. Les chapitres sont nombreux et originaux : chaque chapitre est le récit d’une personne qui a côtoyé Ellen/Cass pendant une période de sa vie de jeune fille, femme ou encore artiste. Ainsi, on a le point de vue de membres de sa famille, mais aussi d’amis d’enfance ou encore de membres du groupe. Tous ces morceaux de puzzle permettent de retracer le parcours de cette femme impressionnante. Le dessin est très approprié, tout en noir et blanc. Très fluide, il donne un rythme parfois assez fou à cet album qui se lit presque d’une traite. Pénélope Bagieu produit un dessin très 1960/70, tout à fait dans l’ambiance de l’Amérique de ces années-là. Cela donne donc une bien jolie biographie sur un personnage quelque peu oublié. Pour faire ma difficile, j’émets cependant deux regrets : la fin de l’album est un peu abrupte à mon goût, cela s’arrête alors que le succès vient de commencer pour le groupe, et j’aurais aimé aller plus loin, rester un peu plus longtemps encore avec Mama Cass. Deuxième point, c’est qu’il manque une bande originale fournie avec le livre, car l’album donne vraiment envie d’écouter les productions des Mamas and Papas (finalement, je me suis rendue compte que je connaissais d’autres chansons que celle qui fait le titre du livre). Alors en fin d’article, vous trouverez une sélection de leurs titres, pour accompagner musicalement cette chronique, si cela vous dit…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : La bibliothèque de Noukette, Chez Clarabel, Les lectures d’Alice, Promenades et méditations, Le blog du carré jaune, La fée culturelle

Premières planches à voir sur Izneo.

Love in vain

LOVE IN VAIN, Robert Johnson 1911-1938, par Jean-Michel Dupont (scénario) et Mezzo (dessin) (Glénat, 2014)

Biographie de Robert Johnson, bluesman des années 1930, né dans le sud des Etats-Unis en 1911, victime du racisme comme nombre de ses compatriotes, et ayant choisi de jouer à New-York loin de ses racines, avant de revenir dans son Mississippi natal. Guitariste virtuose, il s’était fait une place parmi les meilleurs bluesmen de son temps, avant de mourir empoisonné, victime d’une rivalité amoureuse. Très talentueux, la rumeur courait qu’il avait vendu son âme au diable. Brûlant la vie par les deux bouts, il accumulait les conquêtes ainsi que les excès, et a laissé peu de traces de son génie, avec seulement quelques enregistrements et peu de photographies…

J’ai choisi cet album car je l’avais repéré sur différents blogs, et les avis étaient dithyrambiques. Le nom de Robert Johnson ne me disait rien, mais comme j’aime bien découvrir des sujets qui me sont inconnus, je me suis lancée sans trop d’hésitation. Déjà avant de commencer la lecture, je remarque que l’album est un joli objet, avec son dos toilé et sa couverture sobre mais de qualité. Le format à l’italienne est original, pas pratique pour lire dans son lit, mais bon, ce n’est pas non plus le seul endroit où l’on peut lire… Les pages sont épaisses et agréables au toucher. Je regrette cependant que l’album soit si court (56 pages seulement), car cela ne se voit pas à première vue. En ouvrant l’album, j’ai été époustouflée par les dessins de Mezzo (là encore une découverte pour moi), avec un trait gras très réaliste et un usage du noir et blanc impressionnant. Le dessin a vraiment du caractère ; j’ai beaucoup aimé ce côté-là, un peu brut, mais qui colle à ce récit pas spécialement gai. A travers la biographie du musicien, on a aussi un exemple de la vie d’hommes noirs dans le Sud américain de la première moitié du XXe siècle, où le racisme était encore fortement présent. Les paroles des chansons (dont le titre est extrait) qui parsèment l’histoire ne sont pas traduites, et pourtant cela ne dérange pas du tout à la lecture. On parviendrait presque à s’imaginer la mise en musique des textes tellement le tout reste fluide. Enfin, la voix off, qui ne se présente qu’à la toute fin de l’histoire, tient le lecteur en haleine, et cette construction intelligente permet de maintenir le suspense jusqu’au bout, même si à un moment on se doute de l' »identité » de cette voix. Pour terminer, j’ai aussi apprécié la présence d’une bibliographie/filmographie/webographie à la fin de l’album, qui permet de savoir vers quels livres aller pour en savoir plus. Cela donne vraiment envie d’aller plus loin et démontre le sérieux de cette biographie très agréable à suivre. Certes, il me manque un petit quelque chose pour être totalement transportée, mais avec ce Love in vain, on n’est quand même pas loin du coup de cœur !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : La bibliothèque de Noukette, Twenty three peoniesMadimado’s blog, D’une berge à l’autreLalydo’s blog

Quelques planches à voir sur le site de l’éditeur.

Aller voir la page Facebook de l’album.

Cet album a reçu le Prix des librairies Canal BD 2015 à la fin du mois de mai dernier.

C’et ma dixième participation à la bd de la semaine, cette semaine chez Un amour de BD.

Rembrandt

REMBRANDT, par Olivier Deprez et Denis Deprez (Casterman, 2008)

Biographie dessinée du peintre hollandais Rembrandt Van Rijn, depuis son arrivée à Amsterdam jusqu’à son départ suite à sa ruine. Arrivé chez un mécène, il commence à se faire une réputation dans la ville de tous les possibles, et tombe amoureux de Saskia, la nièce de son mécène. Avec elle, il a plusieurs enfants qui décèdent jeunes, et un jour arrive Titus, son fils qui grandit et apprend le dessin avec lui. Mais Saskia meurt, et Rembrandt se rapproche de Geertje sa servante, puis d’une autre servante Hendrikje. Ses tableaux se vendent bien, mais son rapport avec ses commanditaires est compliqué lorsqu’il n’exécute pas le portrait demandé et ses déboires financiers vont finalement le mener à la ruine…

Après avoir lu la bio dessinée d’Egon Schiele, je continue avec un néerlandais du XVIIème siècle, plus connu. Je suis allée à Amsterdam l’été dernier, on s’est arrêtés devant la maison de Rembrandt sur Breestraat, on a visité le Rijksmuseum avec de nombreux tableaux de Rembrandt, dont plusieurs mentionnés dans l’album : « La ronde de nuit » et des « autoportraits », mais il n’y avait pas « la leçon d’anatomie du docteur Pulp » (qui se trouve à La Haye). J’ai reconnu ces tableaux sans problème, mais comme je ne connaissais pas la vie du peintre, j’ai été un peu perdue. En effet, il y a vraiment peu de dates dans l’album, et pas beaucoup plus d’explications (en off ou dans un éventuel dossier documentaire qui aurait été bien intéressant pourtant), même si l’histoire se déroule chronologiquement. Cela fait que j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. De plus, le dessin ne m’a pas beaucoup plu : tout est fait à la peinture, ce qui est louable, et même si les paysages aquarellés sont jolis, dans le style de Rembrandt, je n’ai pas apprécié les portraits. J’ai trouvé les traits de certains personnages particulièrement désagréables, parfois déséquilibrés, voire même quelquefois enfantins : cela n’embellissait pas du tout les personnages. Alors même si la couverture est jolie, certaines cases de l’album m’ont paru vraiment être du brouillon. Bref, je suis déçue par l’aspect graphique, et j’aurais aimé en savoir plus au niveau du scénario. J’aurais aimé que les informations sur Rembrandt soient plus claires, que sa peinture soit plus développée au détriment de sa vie privée. Mais sinon cet album constitue tout de même une bonne approche d’un peintre célèbre, avec cette histoire « présentée comme une libre adaptation de la vie de Rembrandt », pour peu qu’on connaisse déjà avant le peintre. C’est un album à essayer pour les lecteurs férus d’art, les autres (dont je fais partie) risqueraient de se sentir facilement perdus.

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle (peu) sur les blogs : Le blog de la carterie de Caroline K., Spooky sur bdthèque

Interview de Denis Deprez à lire sur le site de l’éditeur, et une autre du duo sur Ket Paddle.

Visiter le site du Rijkmuseum (en anglais, ou en néerlandais, à vous de voir !), avec une exposition jusqu’au 17 mai 2015 sur le peintre, regroupant des œuvres du monde entier :

Voir aussi l’intéressante exposition virtuelle sur Rembrandt, à consulter sur le site de la BnF, avec de nombreuses infos intéressantes, dont des repères chronologiques.

Et pour finir, une fois n’est pas coutume, quelques photos personnelles du Rijkmuseum (un musée à visiter !), avec la salle consacrée à Rembrandt bondée en ce jour d’août 2014 (désolée de la qualité moyenne) :

salle "la ronde de nuit"

« La ronde de nuit » (1642) (mur de droite)

Autoportrait en l'apôtre Paul - Rembrandt

« Autoportrait en l’apôtre Paul » (1661)

La fiancée juive

« La fiancée juive » (1667)

A l’ombre de la gloire

À L’OMBRE DE LA GLOIRE, par Denis Lapière (scénario) et Aude Samama (Futuropolis, 2012)

Biographies des destins croisés de Mireille Balin et Victor Perez. Elle est née à Monte Carlo dans une famille aisée et a vécu à Paris avant de voir sa carrière cinématographique se lancer, pour devenir l’incarnation de la femme fatale du cinéma de l’entre-deux-guerres. Lui est né en Tunisie dans une famille juive pauvre, et décide d’arrêter l’école pour se lancer dans la boxe. Il gravit les échelons de sa discipline et devient même le plus jeune champion du monde dans sa catégorie… Mireille et Victor se croisèrent et devinrent amants, mais Mireille dans sa quête de célébrité laissera tomber le jeune homme lorsqu’il ne parviendra pas à retrouver son niveau de champion. La seconde guerre mondiale les verra prendre des chemins diamétralement opposés : elle fréquente les galas de bienfaisance à l’ambassade d’Allemagne à Paris et tombe follement amoureuse d’un officier autrichien de la Wehrmacht, tandis que lui refuse de rentrer en Tunisie avec son frère, vivant à Paris, puis dénoncé, il est déporté à Auschwitz et meurt lors d’une « marche de la mort » en 1945…

Voici un album qui oscille entre plusieurs genres : la biographie, le récit sportif, l’histoire d’amour… Les deux récits sur Victor Perez et Mireille Balin sont habilement mêlés de façon chronologique : au départ, on a leur enfance, leurs débuts dans leurs domaines respectifs, puis leur rencontre manquée alors qu’elle commençait à être reconnue et que lui était commis dans un magasin de chaussures chic. Ensuite, une bonne part de l’album est sur leur temps ensemble, alors qu’ils sont au sommet de leur gloire, mais leurs chemins se séparent lorsque Victor perd son statut de champion du monde, elle ne fréquentant que des hommes de la bonne société. C’est une histoire somme toute assez banale, mais au final bien triste qui nous est proposée là, les destins des deux héros se finissant bien mal. Le récit nous est raconté par une voix off, dans les cartouches, ce qui ne nous rapproche pas forcément des deux personnages, mais permet d’apporter des compléments intéressants sur leur psychologie. C’est un peu le regret que j’ai à la lecture de l’album, cette impression de ne pas avoir été touchée, impliquée dans l’histoire. L’histoire est trop effleurée à mon goût, c’est bien dommage car l’aspect graphique de cet album vaut le coup. Il s’agit là de peintures plus que de dessins, et c’est vraiment splendide à regarder. On voit tout le travail effectué pour représenter artistiquement cette histoire, et il y a quelques grandes planches particulièrement jolies. Bien sûr, cette technique implique l’absence de détails précis, mais cela n’est pas dérangeant car cela confère une ambiance particulière à l’album et le style d’Aude Samama, que je trouve très agréable, porte joliment cette histoire, que j’aurais aimée plus détaillée (mais j’ai trouvé les réponses à mes questions en faisant ensuite mes recherches biographiques sur Internet…!). Un album tout de même intéressant, à découvrir autour de deux personnages plus ou moins oubliés de nos jours…

Non mentionné sur l@BD.

On en parle sur les blogs : Salon littéraire, Le bibliophare, Les sentiers de l’imaginaire, BDdog

Premières planches à voir sur Digibidi.

Interview des deux auteurs à lire sur SambaBD.