Romans jeunesse

P’tit gros [roman]

P’TIT GROS, par Benoît Grelaud (Fleurus, 2017)

p-tit-gros-18679-300-300Axel vit seul avec sa mère et son grand frère Tony, depuis que leur père les a abandonnés. La vie de la famille n’est pas facile, la mère cumulant les emplois pour parvenir à joindre les deux bouts. A l’école, la situation d’Axel n’est pas plus facile, il est harcelé par Edouard et sa bande, qui lui reprochent son surpoids. Tony l’aide parfois à se sortir de situations compliquées, mais globalement Axel est seul, et se réfugie dans la nourriture pour cacher son mal-être. Un jour, au collège, il fait la rencontre de Julie, qui va aussi l’aider à s’en sortir et à dépasser les épreuves que la famille va traverser… Son frère va aussi l’initier à la boxe, un sport dans lequel il va se découvrir… Lire la suite « P’tit gros [roman] »

BD historique, BD sentimentale, BD sport

A l’ombre de la gloire

À L’OMBRE DE LA GLOIRE, par Denis Lapière (scénario) et Aude Samama (Futuropolis, 2012)

Biographies des destins croisés de Mireille Balin et Victor Perez. Elle est née à Monte Carlo dans une famille aisée et a vécu à Paris avant de voir sa carrière cinématographique se lancer, pour devenir l’incarnation de la femme fatale du cinéma de l’entre-deux-guerres. Lui est né en Tunisie dans une famille juive pauvre, et décide d’arrêter l’école pour se lancer dans la boxe. Il gravit les échelons de sa discipline et devient même le plus jeune champion du monde dans sa catégorie… Mireille et Victor se croisèrent et devinrent amants, mais Mireille dans sa quête de célébrité laissera tomber le jeune homme lorsqu’il ne parviendra pas à retrouver son niveau de champion. La seconde guerre mondiale les verra prendre des chemins diamétralement opposés : elle fréquente les galas de bienfaisance à l’ambassade d’Allemagne à Paris et tombe follement amoureuse d’un officier autrichien de la Wehrmacht, tandis que lui refuse de rentrer en Tunisie avec son frère, vivant à Paris, puis dénoncé, il est déporté à Auschwitz et meurt lors d’une « marche de la mort » en 1945…

Voici un album qui oscille entre plusieurs genres : la biographie, le récit sportif, l’histoire d’amour… Les deux récits sur Victor Perez et Mireille Balin sont habilement mêlés de façon chronologique : au départ, on a leur enfance, leurs débuts dans leurs domaines respectifs, puis leur rencontre manquée alors qu’elle commençait à être reconnue et que lui était commis dans un magasin de chaussures chic. Ensuite, une bonne part de l’album est sur leur temps ensemble, alors qu’ils sont au sommet de leur gloire, mais leurs chemins se séparent lorsque Victor perd son statut de champion du monde, elle ne fréquentant que des hommes de la bonne société. C’est une histoire somme toute assez banale, mais au final bien triste qui nous est proposée là, les destins des deux héros se finissant bien mal. Le récit nous est raconté par une voix off, dans les cartouches, ce qui ne nous rapproche pas forcément des deux personnages, mais permet d’apporter des compléments intéressants sur leur psychologie. C’est un peu le regret que j’ai à la lecture de l’album, cette impression de ne pas avoir été touchée, impliquée dans l’histoire. L’histoire est trop effleurée à mon goût, c’est bien dommage car l’aspect graphique de cet album vaut le coup. Il s’agit là de peintures plus que de dessins, et c’est vraiment splendide à regarder. On voit tout le travail effectué pour représenter artistiquement cette histoire, et il y a quelques grandes planches particulièrement jolies. Bien sûr, cette technique implique l’absence de détails précis, mais cela n’est pas dérangeant car cela confère une ambiance particulière à l’album et le style d’Aude Samama, que je trouve très agréable, porte joliment cette histoire, que j’aurais aimée plus détaillée (mais j’ai trouvé les réponses à mes questions en faisant ensuite mes recherches biographiques sur Internet…!). Un album tout de même intéressant, à découvrir autour de deux personnages plus ou moins oubliés de nos jours…

Non mentionné sur l@BD.

On en parle sur les blogs : Salon littéraire, Le bibliophare, Les sentiers de l’imaginaire, BDdog

Premières planches à voir sur Digibidi.

Interview des deux auteurs à lire sur SambaBD.

BD historique, BD sport

199 combats : l’histoire vraie de Michel Papazian, boxeur de la guerre froide

199 COMBATS : L’HISTOIRE VRAIE DE MICHEL PAPAZIAN, BOXEUR DE LA GUERRE FROIDE, par Michel Papazian, Jean-Blaise Djian (scénario), Nicolas Brachet (dessin et couleurs) (Emmanuel Proust éditions, 2008, coll. Atmosphères sport)

Histoire de Michel Papazian, français né à Nice en 1934 de parents arméniens, exilés depuis le génocide de 1915. Son père décède en 1940, et fait promettre à son épouse de ramener ses trois fils en Arménie, promesse qu’elle réalise en 1947. Le voyage en bateau se déroule bien au départ, les autorités soviétiques faisant tout pour que le trajet soit agréable, mais une fois le détroit des Dardanelles traversé et l’arrivée en territoire soviétique, l’attitude des autorités change : surveillance des nouveaux arrivants, trajets moins agréables en train surchargé, promesse d’une maison individuelle non tenue… La vie en Union Soviétique est bien moins réjouissante qu’il n’y paraissait. Michel avait découvert la boxe à Marseille auprès d’un camp militaire américain, et il a poursuivi son sport en Arménie. Il gagne tous les titres dans les différentes catégories, est reconnu comme le meilleur boxeur de sa génération, mais il n’est pas autorisé à sortir du territoire pour les jeux olympiques de Melbourne. En effet, les autorités ont peur qu’une fois le rideau de fer traversé, il reste à l’ouest, lui qui se dit plus français qu’arménien (il a conservé sa nationalité française)… Il va falloir attendre des années pour que Michel et toute sa famille puissent retourner à l’ouest…

Voici un album original de par son sujet. Il mêle la biographie d’un boxeur reconnu en son temps avec la grande Histoire, celle de la guerre froide. J’ai beaucoup aimé la lecture de cet album, qui comporte assez de scènes de combat pour satisfaire les passionnés de sport, mais qui apporte aussi bon nombre d’informations historiques sur la vie en URSS. Bref, un très bon scénario, qui passe parfois assez vite sur des périodes (l’album ne fait que 52 pages, et retrace la vie de Michel Papazian d’avant sa naissance à nos jours, avec la rencontre du scénariste avec le héros de l’histoire). Bref, beaucoup d’événements relatés dans cet album assez dense mais à la lecture aisée. Le seul bémol que je mettrais serait au niveau du dessin, qui comporte parfois certaines incohérences : des jambes qui se plient bizarrement, une main un peu trop grosse par rapport au corps, un bras un peu trop court. Ces étrangetés gênent un peu à la lecture, et même si le trait est parfois hésitant, ce sont vraiment des détails, et pour moi c’est vraiment le récit de la vie de Michel qui est plus important que le dessin. Les couleurs sont assez pastels, un peu passées, et nous plongent bien dans l’ambiance peu réjouissante de la guerre froide. En fin d’album, en une page, il y a la biographie de Michel Papazian (au cas où le lecteur n’aurait pas compris les 52 pages précédentes !), ça peut être utile pour les jeunes qui n’ont pas forcément les clés pour comprendre le contexte, mais cela n’a pour les adultes pas spécialement d’intérêt. Il y a aussi quelques photos d’époque, pas mal pour prolonger quelque peu la lecture. 199 combats est pour moi une lecture bien intéressante, un témoignage dessiné qui pourra intéresser bon nombre de lecteurs de BD.

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle (bien peu) sur les blogs : Le bateau livre

Consulter le site du dessinateur Nicolas Brachet.

Une planche à voir sur Bédéthèque.

En cherchant un peu sur le site de la fédération française de boxe, je me suis rendue compte que le héros de l’album est décédé en février dernier, à l’âge de 79 ans… 😦