BD aventure, BD historique

Les enfants de la Résistance, tome 1

LES ENFANTS DE LA RÉSISTANCE, tome 1 : PREMIÈRES ACTIONS, par Vincent Dugomier (scénariste) et Benoît Ers (dessin) (Le Lombard, 2015)

En 1940, Pontain l’Ecluse, petit village (fictif) de l’est de la France, est occupé par l’armée allemande. Deux amis, François et Eusèbe, décident de ne pas se laisser soumettre à l’ennemi, contrairement aux adultes, qui croient en les discours du maréchal Pétain. Pour ce faire, ils commencent à imprimer de façon artisanale des textes pour dénoncer des exactions allemandes dans la région. François décide aussi de saboter des installations allemandes, pour que le canal voisin de la commune ne puisse plus être utilisé par les péniches qui transportent des machines industrielles. C’est pour eux le début de la résistance, dans laquelle ils vont entraîner Lisa, une jeune réfugiée belge qui dit avoir perdu ses parents sur la route de l’exil…

Encore un album historique portant sur la seconde guerre mondiale. Cette fois, il est original par les héros, qui se rebellent, à leur manière, contre l’envahisseur. A partir d’une histoire locale, cet album a le mérite de montrer aux jeunes lecteurs des aspects vécus un peu partout dans les campagnes et les villes occupées à partir de 1940 : comment Pétain était perçu par les populations, la cohabitation avec l’armée allemande, la mise en place du rationnement… Il a aussi une volonté didactique, en intégrant au récit des notions historiques, en montrant par exemple des caractéristiques du parti nazi sous le IIIe Reich (interdiction des autres partis politiques, persécution des juifs…). A noter aussi que ce premier volume est suivi d’un intéressant dossier pédagogique qui permet de rendre encore plus crédible le propos de la bande dessinée, et qu’une carte de l’Europe illustrée de drapeaux (en 2ème et 3ème de couverture) permet aussi de situer les parties en présence. Je n’ai pas trouvé ça trop scolaire, mais j’ai vu dans cet album la volonté de faire une histoire qui aurait pu exister, à travers le regard de deux jeunes ados. A propos des deux jeunes héros, je les ai trouvés attachants. Ils sont vifs et leurs réflexions sont bien souvent pertinentes, même s’ils ne réfléchissent pas toujours aux conséquences de leurs actes avant de les réaliser. Ils sont rejoints à un moment du récit par la jeune Lisa, réfugiée belge germanophone, qui est aussi futée que ses camarades, et m’a fait penser parfois au personnage de Luce dans « La guerre des Lulus », à la différence que cette série se déroule pendant la première guerre mondiale. Bref, les personnages principaux sont très bien, et on prend plaisir à les suivre tout au long de cette histoire. Je regrette seulement l’anachronisme sur la 4ème de couverture, où il est question de « pote », un terme qui ne sonne pas du tout 1940, mais plus fin du 20e siècle.

Le dessin de Benoît Ers est très fouillé, fourmillant de détails. Le choix a été fait de découper les planches en de nombreuses petites cases, ce qui peut parfois rebuter, mais montre aussi la volonté des auteurs de faire un récit complexe. De même, les textes en allemand ne sont pas traduits, ce qui peut être un peu difficile à aborder pour les plus jeunes lecteurs. Ils ne sont pas bien nombreux non plus, et peuvent se comprendre, selon le sens de l’histoire. Personnellement, cela ne m’a pas dérangé, j’ai trouvé au contraire que cela crédibilisait le récit. Les enfants de la résistance est donc une série à suivre, mêlant à la fois fiction et informations historiques, pour nous offrir une BD jeunesse de qualité.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : D’une berge à l’autre, Samba BDCunéipage, Cases d’histoire,

Premières planches à voir sur Izneo.

Voir aussi le mini-site dédié à la série (très bien fait, avec entre autres un espace pédagogique) sur le site de l’éditeur.

Cet album participe à , cette semaine chez Stéphie.

BD aventure, BD fantastique, BD jeunesse

Nora

NORA, par Léa Mazé (Les éditions de la Gouttière, 2015)

Nora a sept ans en 1975, lorsque ses parents déménagent. Mais pour se simplifier la corvée des cartons, les parents décident de confier leur fille à son oncle Lucien, un agriculteur veuf, pour que celle-ci puisse passer de vraies vacances à la campagne. Bougonne, la fillette ne veut pas rester là, et dit à peine bonjour à son oncle et au-revoir à ses parents. C’est la chatte de la ferme, Minette, qui va permettre à la fillette de s’ouvrir à la vie à la ferme. Et c’est aussi depuis les branches d’un grand arbre que Nora observe les alentours, dont les longues heures que passe une vieille dame célibataire sur un banc. Nora se demande pourquoi cette personne âgée n’a pas d’amoureux, et questionne son oncle sur de grandes questions philosophiques….

Voici un bien joli album dans un petit format facile à prendre en main, que j’ai emprunté parmi les nouveautés de la bibliothèque, après avoir lu de nombreuses critiques enthousiastes sur les blogs. Et bien, je fais moi aussi partie des lecteurs conquis. J’ai dévoré cet album, dont les agréables dessins sont dans les tons sépias. Les traits crayonnés donnent parfois des portraits pas toujours réalistes (les formes du nez de Nora et de son oncle sont assez irréalistes), mais cela passe complètement dans le récit, et lui donne un petit côté hors du temps. Je crois qu’il s’agit du premier album de cette jeune auteure, et il faut avouer qu’elle a un sacré talent pour créer un univers intimiste et agréable. Le dessin est très joli, très fin, tout en poésie et en douceur. Les passages fantastiques sont dans les tons bleus froids, pour les distinguer du réel. Cet aspect passe très bien dans l’histoire, et ajoute de la poésie. Vous l’aurez certainement compris, cet album est une véritable petite pépite que l’on savoure en prenant son temps. Au niveau du scénario, j’ai beaucoup aimé les questions quasi philosophiques de Nora sur l’existence, la naissance, la vie, la mort, l’amour. Elles sont touchantes de naïveté et de fraîcheur, au point de désarçonner son oncle qui ne sait quoi répondre, entre imaginaire et réalisme. D’ailleurs, ses réponses suscitent parfois le sourire, tellement elles sont tordues… Voici donc là une bien jolie découverte, que je mettrai très certainement sur la liste des acquisitions pour les élèves. En effet, j’ai très envie de faire partager cet album à d’autres !

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Au milieu des livres, Mille et une frasques, Livresse des mots, La bibliothèque de Noukette, D’une berge à l’autre, Des vertes et des pas mûres, Temps de livres, Promenades et méditations

Premières planches à voir sur Digibidi.

Cet album participe à , cette semaine chez Yaneck.

BD fait de société, BD polar

Le linge sale

LE LINGE SALE, par Pascal Rabaté (scénario) et Sébastien Gnaedig (dessin) (Vents d’Ouest, 2014)

Pierre Martino est un jeune homme qui découvre que sa femme Lucette le trompe avec un autre homme, Gérard. Animé de vengeance, il les suit avec un fusil de chasse et découvre l’hôtel qui abrite leurs amours interdites. Parvenu à leur chambre, il tire sur un couple en pleine action, et ne se rend qu’ensuite qu’il s’est trompé de chambre et donc de couple. Condamné à la perpétuité, le mari jaloux sort finalement de prison au bout de vingt années durant lesquelles il a été exemplaire. Mais sa vengeance ne s’est pas endormie : il attend patiemment le jour où il pourra tuer son ex-femme et celui qui est devenu son mari ainsi que leurs enfants… Il va mettre son plan à exécution minutieusement, en prenant le temps de trouver des informations, d’observer les habitudes de chacun et de saboter patiemment des petites choses au départ insignifiantes…

Voici un album paru à la rentrée 2014, que je n’avais pas vu en librairie avant qu’il ne soit disponible à la bibliothèque. Le nom de Rabaté m’a fait l’emprunter tout de suite, sans trop savoir de quoi il retournait. En fait, c’est une nouvelle chronique provinciale pour Rabaté, après le génial Un ver dans le fruit qui aborde aussi une certaine forme de violence dans les campagnes ou encore La Marie en plastique. Il aborde aussi le thème de la vengeance conjugale, deux ans après le cruel mais tout aussi génialement construit Crève saucisse. Le scénario est bien construit avec une fin très surprenante, réellement inattendue. J’ai beaucoup aimé les éléments situant l’histoire, il faut dire que Rabaté utilise parfois des noms existant réellement, même si j’ai eu l’impression qu’il a refait sa carte du département de Maine-et-Loire pour placer à côté des lieux qui ne le sont pas en réalité. Mais cela n’est pas dérangeant, car il s’agit bien de fiction. La famille de Lucette, la femme adultérine, est vraiment particulière : il s’agit de « beaufs » dans toute leur splendeur, avec un mode de vie peu évolué, la saleté, la crasse et les menus larcins faisant partie de leur quotidien. Les fautes de vocabulaire énormes qu’ils font sont preuve de leur manque d’éducation certain. Cela fait un peu cliché (beaucoup même), certes, mais je pense que l’auteur a dû s’inspirer et condenser dans cette famille des personnes vues par exemple dans certaines émissions de témoignage ou de reportage de chaînes de la TNT… Bref, ce ne sont pas des personnages qu’on a spécialement en sympathie, et on serait presque du côté de Martino s’il n’avait pas en tête de tuer toute la famille de son ex-femme. Quelques uns de leurs larcins sont montrés et cela ajoute encore à l’esprit immoral de cette drôle de famille. Vous l’aurez compris, en tant que lecteur, on n’est donc pas attiré par l’un ou l’autre des personnages principaux, mais on est plus en tant que spectateur du drame qui va se dérouler. J’ai vraiment beaucoup aimé le scénario, noir, cruel parfois, drôle aussi avec les expressions très imagées, à la limite du patois parfois, et les énormités que peuvent sortir les membres de la famille de Lucette et qui font sourire. Par contre, le dessin de Sébastien Gnaedig, que je ne connaissais pas auparavant, est inégal en terme de qualité : parfois le trait est fin et maîtrisé, et à d’autres moments, quelques cases plus loin, le trait est trop gros, trop irrégulier. Par contre, il ne pose pas de souci pour reconnaître les personnages, qui sont parfois un peu trop nombreux tout de même. Quant aux couleurs, elles sont simples : il ne s’agit que de bichromie, noir et marron. Les quelques touches de blanc éclaircissent le dessin. Ces choix de couleurs sont intéressants, car chaque lecteur peut se coloriser l’histoire dans sa tête, et puis les tons choisis correspondent bien à cette histoire peu joyeuse. Voici donc encore une jolie production de Rabaté, servi par le dessin de Gnaedig, parfois inégal, mais agréable tout de même. Pour finir, j’ai un petit regret : le livre commençait mal, avec une faute d’orthographe dès la première case (« un clope » au lieu d' »une clope »), heureusement que la suite m’a fait oublier ce petit défaut !

Non mentionné sur l@BD, mais je dirais à partir de 15 ans.

On en parle sur les blogs : Temps de livres, D’une berge à l’autre, Bulles et onomatopées, Les jardins d’Hélène, Branchés culture, C’est l’heure du goûter

Premières planches à lire sur Izneo.

Courte biographie du dessinateur, qui est ou a été aussi directeur éditorial dans des maisons d’édition BD. Voir aussi son compte Twitter.

Chronique radio à écouter sur France Inter.

BD jeunesse

Vacances à Saint-Prix

VACANCES À SAINT-PRIX, par Chris Flamand (scénario) et Julien Flamand (dessin) (Akileos, 2008)

Souvenirs d’enfance de Christian surnommé Kiki, qui dans les années 1960 était envoyé en vacances pendant un mois à la campagne chez ses grands-parents, Mémé Marie-Louise et Pépé Marius, qui habitent une commue perdue dans le Morvan, Saint-Prix. Au départ apeuré, le petit garçon de 5 ans va y vivre de superbes vacances, en découvrant la vie à la ferme, les animaux, les habitudes différentes de la ville… Le petit citadin est tous les étés ravi de retourner là-bas, mais un jour Pépé Marius meurt et Mémé est envoyée en maison de retraire. Lorsque ses parents le conduisent de nouveau à Saint-Prix, cette fois avec son petit frère Patrick, l’accueil sera tout différent : il n’y a plus les grands-parents, mais leur fille avec son mari. Le couple est étrange : l’homme exploite les enfants, tandis que la femme n’est pas douce comme pouvait l’être mémé Marie-Louise. Mais cela reste tout de même des sacrés souvenirs de vacances pour Kiki et Patrick…

Je me risque de plus en plus à prendre des ouvrages au hasard à la bibliothèque, à les réserver depuis le catalogue en ligne sans rien savoir de l’histoire ou sans en connaître les auteurs : j’aime découvrir des albums vers lesquels je ne serai peut-être peut-être pas allée sinon. C’est un peu comme une pochette surprise, sauf que là il n’y a pas de pochette qui entoure les livres ! Bref, tout ça pour dire que le titre de cet album me plaisait bien, car les vacances approchent à grands pas… J’ai passé un agréable moment de lecture avec cet album de 50 pages. Il s’agit là des souvenirs du scénariste, qui retrace avec une nostalgie certaine ces moments à jamais perdus, dans une époque désormais lointaine. L’histoire est simple et parlera à tous ceux qui ont connu cette époque-là. Pour les autres, ils retrouveront certainement des points communs avec leur propre enfance et leurs propres souvenirs. Difficile en tout cas de ne pas être touché par cette histoire, racontée avec tendresse. Le dessin est totalement en adéquation avec le propos : le trait est rond, plein de vie et d’humour, les couleurs sont dans les tons clairs et participent à l’ambiance souvent joyeuse du récit. La couverture est plus foncée que les dessins dans l’album, c’est un peu dommage, mais en même temps, le dessin de la couverture est joli, avec les deux frères dans ce paysage rural. Un récit empli de nostalgie mais pas de mélancolie, un peu comme une madeleine de Proust. J’ai adoré les 5 dernières pages, photos de planches originales et d’objets d’époque aujourd’hui introuvables… Cela donne un album, pas inoubliable certes, mais très attachant… Un joli moment de lecture qui se prolongera bientôt avec la suite (Quand je serai grand), parue en 2010  et déjà réservée à la bibli…

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : J’ai un mot à vous dire, IDDBD, Les jardins d’Hélène, Fan de BD

Visiter le blog des Flamand père et fils, même s’il n’est plus mis à jour.

Interview du duo à lire sur Sceneario.

Premières planches à voir sur Digibidi.

BD jeunesse

Les souvenirs de Mamette, tome 3 : la bonne étoile

LES SOUVENIRS DE MAMETTE, tome 3 : LA BONNE ÉTOILE, par Nob (Glénat, 2012, coll. Tchô !)

Suite du tome 2. Nous sommes en décembre 1935, les vacances sont là, Marinette vit toujours à la campagne chez ses grands-parents et sa tante Suzon. Deux garçons, Jeannot et Jacques, sont amoureux d’elle, et se battent pour savoir qui pourra faire la cour (et même se fiancer !) à la jeune fille. Un soir en rentrant dans la neige, Marinette est arrêtée par un camion. Ayant appris qu’il ne faut pas parler aux inconnus, la fillette évite les hommes à bord du camion, jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’il s’agit de son père. Il est accompagné d’un homme noir, Désiré, ce qui dénote dans le village campagnard. Ils vont passer quelques jours ensemble et Marinette pense que son père est venu la chercher, mais il n’en est rien…

Encore une jolie histoire des souvenirs de Mamette, où on rencontre son père dont on avait aperçu la silhouette dans les tomes précédents. La fillette s’est faite à la vie à la campagne, mais apprécie beaucoup la venue de son père. Elle est à la fois naïve et mature, comprenant bien que le monde des adultes est moins facile que celui des enfants. Le propos fait léger au premier abord, mais il permet d’aborder des choses bien plus profondes qu’il n’y paraît. J’ai bien aimé les petites références historiques, où on comprend que le père est engagé syndicalement et qu’il participe à la mise en place de ce qui va devenir en cette année 1936 les grandes grèves. J’ai aussi beaucoup aimé la fin de l’album, lorsqu’on termine sur la Mamette grand-mère, qu’on apprend ce qui s’est passé dans sa vie d’adulte, c’est-à-dire lequel des deux garçons elle a choisi. Sinon, c’est toujours très bien dessiné par Nob, réaliste, dynamique, poétique même parfois. Pas toujours besoin de bulles pour comprendre ce qui se passe, c’est très futé je trouve, cela oblige à bien regarder les dessins et ça plaira forcément aux petits lecteurs ! Les couleurs, souvent dans les tons pastels, sont très travaillées, pas plaquées sur le dessin, mais je regrette encore une fois le trop petit format qui ne permet pas de voir tous les détails. C’est sûr que c’est facile à tenir en main, mais quel dommage de ne pas admirer le travail à sa juste valeur !

A noter enfin que c’est la première fois qu’une élève me prête une de ses BD (on a le tome 1 au CDI, et je lui avais dit que j’avais lu le tome 2), et ça m’a fait très plaisir ! 🙂

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : D’une berge à l’autre, Espace temps libre, Hellody, Pause Kikine, Samba BD

Les premières planches à lire sur Izneo.

BD jeunesse

Les souvenirs de Mamette, tome 2 : Le chemin des écoliers

LES SOUVENIRS DE MAMETTE, tome 2 : LE CHEMIN DES ÉCOLIERS, par Nob (Glénat, 2011, coll. Tchô !)

Suite du tome 1. Les vacances d’été de la jeune Marinette chez ses grands-parents sont terminées, mais sa mère n’est toujours pas revenue la chercher. Un jour, la petite fille reçoit une lettre de sa maman, qui annonce ce qu’elle redoutait et avait compris depuis longtemps : ses parents se séparent, et sa mère ne viendra pas tout de suite la chercher. Alors Marinette va devoir se rendre à l’école du village, se lever très tôt, assurer également son travail à la ferme… Pas simple la vie, heureusement qu’elle y a des amis, des vrais, parce que la vie à la ferme, avec tata Suzon, n’est vraiment pas drôle !

La suite des souvenirs d’enfance de Mamette se lit tout seul. Comme toujours, le dessin est très minutieux et tellement agréable qu’on prend tout son temps à savourer cette lecture. La vie n’est pas rose pour Mamette, mais la petite fille rebondit à chaque fois qu’une tuile s’abat sur elle. Elle découvre les enfants de la campagne, se fait aussi de nouveaux amis, dont une chèvre. J’ai trouvé le récit très touchant, il ressemblerait presque aux souvenirs de nos grands-parents sur leur jeunesse. Bref, un album sans misérabilisme, bien écrit, bien dessiné, avec aussi quelques clins d’œil intéressants (par exemple, la guerre annoncée au grand-père par la femme « sorcière », peut-être serait-ce une piste pour un prochain album des aventures de jeunesse de Mamette…). Un petit regret : le format plus petit que la moyenne de l’album, engendre des petites cases. Ce n’est pas que je suis myope, mais je trouve que cela gâche un peu les magnifiques dessins, surtout qu’il y a tout de même un certain nombre de planches sans dialogues, où juste le dessin se suffit à lui-même… Mais sinon, c’est toujours aussi bon !

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Les jardins d’Hélène, Les lectures de Marion, D’une berge à l’autreImaginelf, Espace temps libre

Le début de l’album à lire sur Izneo.

BD jeunesse

Les souvenirs de Mamette, tome 1 : la vie aux champs

LES SOUVENIRS DE MAMETTE, tome 1 : LA VIE AUX CHAMPS, par Nob (Glénat, 2009, coll. Tchô !)

Mamette n’a pas toujours été une grand-mère, elle a aussi été une petite fille. Elle vivait avec sa mère jusqu’à ce que celle-ci l’emmène chez ses parents, dans une ferme à la campagne. Mais la vie à la ferme ne va pas être de tout repos pour la petite, qui va découvrir une grand-mère qui perd la tête, une tante quelque peu frustrée, des animaux, et même un nouvel ami… Elle va aussi en savoir plus sur la jeunesse de sa mère, et sur ce qui se trame entre ses parents…

J’ai beaucoup aimé cette lecture légère et sympa, dérivée de la série Mamette. Le dessin est très agréable, très rond. Les couleurs sont travaillées, ce ne sont pas de simples aplats de couleur. Il y a même un petit côté suranné, joliment désuet à cet album, qui ne donne pas une image idyllique ou au contraire tyrannique de la campagne. Cela reflète juste un mode de vie différent de ce que Mamette a pu connaître auparavant, avec ses particularités et ses lourds secrets. Bref, le scénario est bien fait, riche de petites anecdotes et de touches d’humour, et en fin d’album, l’auteur laisse une porte ouverte, qui ne peut que donner envie de lire la suite… Seul défaut pour moi, la petite taille de l’album (presque de poche), qui engendre une écriture assez petite, et des petites cases dont on ne peut pas forcément voir tous les détails…

Tome non référencé sur l@BD, mais les suivants sont à partir de 7 ou 10 ans.

On en parle sur les blogs : Doucettement, Depuis le cadre de ma fenêtre, le blog de Noisette, Libr’animo

Romans jeunesse

Mauvaise graine

MAUVAISE GRAINE, par Orianne Charpentier (Gallimard jeunesse, coll. Scripto, 2010)

Jeremy vit à la campagne. Il est un ado sans histoire, mais aussi sans trop de confiance en lui. Il sait que son meilleur ami risque de partir dans un lycée en ville, alors que lui n’aurait pour seul horizon que les champs à perte de vue. Sa sœur relève le niveau de la famille et fait la fierté de ses parents : elle fait des études brillantes à Paris. Jeremy se sent nul et ne s’intéresse à rien, il se trouve trop banal, trop effacé… Il est amoureux d’une fille, Mathilde, mais ne comprend pas trop comment les filles fonctionnent. En plus, avec ses parents, ce n’est pas la joie, d’ailleurs, Jeremy a parfois honte d’eux, qui se contentent de peu et n’ont pas d’ambition. Jusqu’à ce qu’il découvre que son père lui cache un secret, Jeremy ne se doute pas que son père est bien plus intéressant qu’il ne le croit au premier abord…

Voici un roman assez court (134 pages), qui se lit donc vite. Le style est fluide, et il n’y a pas de difficultés de compréhension. Le narrateur Jeremy exprime la honte qu’il a de vivre dans une famille simple, où on ne se parle pas beaucoup, et où les secrets sont finalement plus nombreux qu’il ne le pensait. Ce récit m’a parfois fait penser au désormais classique « La place » d’Annie Ernaux, où elle raconte son père qui a toujours vécu avec peu, mais était heureux. Jeremy ne se sent pas à l’aise dans sa famille, et c’est au fil du temps et des secrets découverts qu’il va se rendre compte que les non-dits ne permettent pas de profiter des gens qu’on aime. Il va s’ouvrir et nouer des liens particuliers avec son père, le tout autour du noyer qui a été planté l’année de sa naissance. Un beau récit familial avec peu de rebondissements, sauf en fin de roman, et cela laisse une bonne impression. A essayer donc…

Non mentionné sur Ricochet.

Biographie de l’auteur sur Ricochet.

Des avis sur la toile : Oiseau secret, Fantasia, Les histoires sans fin, Le blog de Sharon.

Manga sentimental

Le sablier, tome 2

LE SABLIER, tome 2, par Hinako Ashihara (Kana, coll. Shojo Manga, 2008)

https://i0.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/1/3/2/000627132.jpgSuite du tome 1. An vit toujours chez ses grands-parents maternels, à la campagne. Son père qui vit à Tokyo revient trois ans après la mort de sa mère, pour lui demander de revenir vivre avec lui à la capitale. An refuse au départ, car elle se sent bien chez ses grands-parets, entourés de ses amis qui l’ont soutenue lors des épreuves qu’elle a rencontrées. Son ami Fuji part quant à lui à Tokyo, pour passer un concours d’entrée au lycée, mais ce n’est pas la raison principale de ce départ. Finalement, An, qui sort avec Daigo, choisit elle aussi de partir à Tokyo pour aller dans un bon lycée. Elle et Daigo se promettent de se téléphoner souvent, à défaut de pouvoir se voir facilement… C’est le début d’un amour à distance pour les deux jeunes gens…

Suite des aventures de la jeune An, qui va choisir de changer de vie, en retournant à Tokyo. Elle va y retrouver ses amies de l’école primaire et va bien s’intégrer parmi elles. Cependant son amoureux Daigo lui manque et son absence lui pèse de plus en plus. Ce tome rassemble donc principalement une histoire d’amour et une autre d’amitié. Ca se lit très bien, je trouve, car le dessin est clair et expressif. J’ai toujours un petit grief contre les interludes inintéressantes de la mangaka, mais bon, ce n’est pas bien important. Le manga sonne très réaliste, j’ai bien accroché ! A suivre, donc…

Non-mentionné sur la base BD du CNDP, mais à partir du collège.

Elles en parlent sur leurs blogs : LindorieLiyahKarine/Hydromielle.

Manga sentimental

Le sablier, tome 1

LE SABLIER, tome 1, par Hinako Ashihara (Kana, coll. Shojo Manga, 2008)

https://i2.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/5/1/5/000629515.jpgLes parents d’An viennent de divorcer, et la jeune Tokyoïte suit sa mère qui retourne habiter chez ses parents, à la campagne. Au départ mécontente, An va finalement s’habituer à sa nouvelle vie. Elle se fait des nouveaux amis, parmi lesquels Daigo, Fuji et sa soeur Shiika. Une intrigue amoureuse va apparaître entre Daigo et An, tandis que sa mère supporte mal le retour au village…

Voici le premier tome d’une courte série (10 tomes), que l’on voit pas mal passer sur les blogs. Ce premier volume n’est pas mal, il ne verse pas dans le côté « niais » comme parfois ont tendance à la faire d’autres shojos. Il alterne moments humoristiques et moments plus graves. Il y a aussi quelques passages autour de l’attirance entre les deux ados. Bref, c’est léger et, ça se lit bien, le tout avec un sablier en objet central, en objet fétiche. Juste un défaut, ou plutôt quelque chose qui m’a un peu énervé : lors d’une des interventions de la mangaka en parallèle de l’histoire, elle raconte qu’elle s’est renseignée à propos d’un dialecte d’une région du Japon pour que le récit paraisse plus réel, mais je ne vois pas l’intérêt du traducteur de faire cette traduction littérale qui ne nous apporte absolument rien, puisqu’on a entre les mains la version française. (je sais, je chipote…!)

En tout cas, les élèves au collège (filles uniquement) ont bien accroché à cette série, qui aborde des sujets divers et variés, et pas seulement le côté fleur bleue de la jeune fille… Au CDI, Le sablier a fait partie des meilleurs emprunts de l’année écoulée. Je pense donc logiquement à la continuer l’an prochain…

Non mentionné sur la base BD du CNDP, mais à partir de 12 ans selon Manga-news.

On en parle beaucoup sur les blogs, entre autres chez Djak (entre 23 heures et minuit), Pauline (Shinmanga), Bouma (un petit bout de bib), Carolus (Sambotte), chez Petite Noisette (Blog-o-noisettes) et Faelys (petites madeleines).