Manga sentimental

Le sablier, tome 1

LE SABLIER, tome 1, par Hinako Ashihara (Kana, coll. Shojo Manga, 2008)

https://i0.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/5/1/5/000629515.jpgLes parents d’An viennent de divorcer, et la jeune Tokyoïte suit sa mère qui retourne habiter chez ses parents, à la campagne. Au départ mécontente, An va finalement s’habituer à sa nouvelle vie. Elle se fait des nouveaux amis, parmi lesquels Daigo, Fuji et sa soeur Shiika. Une intrigue amoureuse va apparaître entre Daigo et An, tandis que sa mère supporte mal le retour au village…

Voici le premier tome d’une courte série (10 tomes), que l’on voit pas mal passer sur les blogs. Ce premier volume n’est pas mal, il ne verse pas dans le côté « niais » comme parfois ont tendance à la faire d’autres shojos. Il alterne moments humoristiques et moments plus graves. Il y a aussi quelques passages autour de l’attirance entre les deux ados. Bref, c’est léger et, ça se lit bien, le tout avec un sablier en objet central, en objet fétiche. Juste un défaut, ou plutôt quelque chose qui m’a un peu énervé : lors d’une des interventions de la mangaka en parallèle de l’histoire, elle raconte qu’elle s’est renseignée à propos d’un dialecte d’une région du Japon pour que le récit paraisse plus réel, mais je ne vois pas l’intérêt du traducteur de faire cette traduction littérale qui ne nous apporte absolument rien, puisqu’on a entre les mains la version française. (je sais, je chipote…!)

En tout cas, les élèves au collège (filles uniquement) ont bien accroché à cette série, qui aborde des sujets divers et variés, et pas seulement le côté fleur bleue de la jeune fille… Au CDI, Le sablier a fait partie des meilleurs emprunts de l’année écoulée. Je pense donc logiquement à la continuer l’an prochain…

Non mentionné sur la base BD du CNDP, mais à partir de 12 ans selon Manga-news.

On en parle beaucoup sur les blogs, entre autres chez Djak (entre 23 heures et minuit), Pauline (Shinmanga), Bouma (un petit bout de bib), Carolus (Sambotte), chez Petite Noisette (Blog-o-noisettes) et Faelys (petites madeleines).

BD engagée

Rural !

RURAL ! CHRONIQUE D’UNE COLLISION POLITIQUE, par Etienne Davodeau (Delcourt, 2001)

https://i0.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/7/2/1/000789721.jpgEn l’an 2000, dans un joli coin de campagne de l’ouest de la France, alors que des agriculteurs se sont mis au bio depuis quelques années et qu’une famille est installée dans une grande maison retapée, une autoroute est en train de se construire à proximité. La famille va être expropriée, et les agriculteurs être confrontés au remembrement.

Habitant tout près, Etienne Davodeau les suit pendant un an, et partage avec eux leurs doutes et leurs questions. Avec ce reportage en BD, il décrit la vie de la ferme, les traites et les travaux dans les champs… Il est également amené à rencontrer des protagonistes qui ont lutté contre l’autoroute et/ou son tracé. Il expose les enjeux politiques qui ont amené au tracé définitif. C’est résolument un album engagé, dans lequel Davodeau utilise parfois le ton ironique pour faire comprendre ce qu’il pense de cette langue de route au milieu des vignes du Layon… Le trait est assez simple mais également travaillé. (Je préfère quand même celui de Lulu…) Le noir et blanc n’est aucunement un obstacle à la compréhension, il est même très digeste. Rural ! est un très bon album militant, étayé avec des coupures de presse d’époque, et préfacé par José Bové, à l’époque porte-parole de la Confédération Paysanne.

Etrangement (ou pas finalement), ça fait réfléchir quand on est sur une autoroute et en particulier sur cette autoroute du sud du Maine-et-Loire… Perso j’adore cet album que j’ai relu pour l’occasion (mais aussi les autres albums de cet auteur, vous l’aurez compris !!). A mettre entre toutes les mains, à partir de 15 ans selon le site BD du CNDP.

On en parle aussi sur le blog de Yaneck, sur Notembulles, sur Aproposdelivres.

A noter enfin qu’Etienne Davodeau a participé au second tome d’En chemin elle rencontre, sorti mi-février 2011 et dont j’avais chroniqué le tome 1 sur ce blog. J’ai hâte de voir ce que ça va donner ! Quelques infos sur ce nouvel album  sur le site de l’éditeur.

BD humour

Le retour à la terre, tome 5 : les révolutions

LE RETOUR A LA TERRE, tome 5 : LES RÉVOLUTIONS, par Manu Larcenet (dessin) et Jean-Yves Ferri (scénario) (Dargaud, 2008, coll. poisson pilote)

https://i0.wp.com/multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/9/5/3/9782205062359.jpgSuite et fin du tome 4. Capucine grandit, et Mariette décide de reprendre des cours à la faculté. Manu va donc devoir s’occuper un peu plus de sa fille. Dans le même temps, les élections municipales sont lancées, et le maire lance un projet contre l’installation d’un supermarché. Manu se retrouve impliqué dans la situation.

Cet album est plus orienté, je trouve, vers la vie du village des Ravenelles, et moins vers la vie de famille. Cependant, ça se lit toujours aussi bien, les différents évènements paraissent plausibles, et on se sent le plus souvent dans l’histoire. Les réflexions sur la vie sont là encore pertinentes et la légèreté de l’histoire fait toujours autant de bien !!

A partir de 13 ans par le site L@BD du CNDP.

BD humour

Le retour à la terre, tome 4 : le déluge

LE RETOUR A LA TERRE, tome 4 : LE DÉLUGE, par Manu Larcenet (dessin) et Jean-Yves Ferri (scénario) (Dargaud, 2006, coll. poisson pilote)

https://i0.wp.com/multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/7/4/1/9782205058147.jpgSuite du tome 3. Bébé Capucine est née, et cela bouleverse la vie de la nouvelle petite famille. Manu n’arrive plus à dormir, ses troubles du sommeil prennent de plus en plus d’ampleur, et il ne parvient plus à travailler sur ses planches non plus… Son frère, en pleine rave-party, se pointe chez lui avec ses amis de façon inopinée à cause de l’inondation en cours, et ajoute un peu plus à la situation de déprime du dessinateur. Allant mieux, Manu monte à Paris chez son éditeur, accompagné de sa voisine madame Mortemont, et cela engendre un certain nombre de situations cocasses… Suite à un malentendu, Mariette retourne chez ses parents, mais revient finalement…

Suite des aventures semi-autobiographiques de notre dessinateur. Tout se cumule, tout s’agite mais les protagonistes vont surmonter toutes les difficultés pour finalement mieux se retrouver. A la fois drôle et touchant, cet album est encore très bon. Le trait est toujours clair et simple, toujours très expressif, et correspondant bien à l’esprit de ce récit.

A partir de 13 ans pour le site L@BD du CNDP.

BD humour

Le retour à la terre, tome 3 : le vaste monde

LE RETOUR A LA TERRE, tome 3 : LE VASTE MONDE, par Manu Larcenet (dessin) et Jean-Yves Ferri (scénario) (Dargaud, 2005, coll. poisson pilote)

https://i0.wp.com/multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/9/5/2/9782205056259.jpgSuite du tome 2. Mariette est enceinte, et Manu se fait très difficilement à l’idée de devenir père. Il stresse plus que nécessaire, et abandonne son amie quelques jours pour se rendre au festival Bd de Chateau-Moignon. Là, il se fat un nouvel ami, un moine bouddhiste, et malgré la barrière de la langue, les deux hommes se comprennent bien, il faut dire qu’ils se sont trouvés quelque chose en commun… Vainqueur de la gomme d’or, Manu rentre chez lui et y retrouve ses beaux-parents. Il est invité par ses voisins à participer à la chasse au sanglier, et manque l’accouchement de Mariette…

La vie à la campagne n’est pas de tout repos finalement, et Manu le découvre chaque jour. Heureusement que Mémé Mortemont est dans le coin ! Toujours aussi drôle cette série accumulant les histoires courtes ! Tout est réaliste, même si rien n’est vraiment exceptionnel… Moi ça me plaît !

A partir de 13 ans pour le site l@BD du CNDP.

BD humour, BD jeunesse

Le retour à la terre, tome 2 : les projets

LE RETOUR A LA TERRE, tome 2 : LES PROJETS, par Manu Larcenet (dessin) et Jean-Yves Ferri (scénario) (Dargaud, 2003, coll. poisson pilote)

https://i0.wp.com/www.librairiegoscinny.com/IMG/arton2856.jpgSuite du tome 1. Manu et Mariette habitent toujours aux Ravenelles, et ont des projets : Manu veut faire un jardin, tandis que Mariette veut un bébé… Manu se met au patois local, il participe aux fêtes communales, et la réalisation de son album n’avance pas. Il a des questions existentielles qu’il tente de résoudre auprès de l’ermite, qui du haut de son arbre, lui sert de psy.

Les aventures du couple sont banales, mais pourtant on a envie de les suivre, car l’humour dans chaque demi-planche est toujours présent, et ce qui peut paraître simple devient pourtant une sacrée épreuve (comme comment éloigner les limaces du jardin..!). La campagne n’est pas si reposante que cela, finalement. Le dessin est semblable au premier tome, simple mais efficace. Les couleurs sont vives, l’album est agréable à lire, et le sujet toujours aussi plaisant !

Dès 10 ans pour le site l@BD du CNDP.

BD humour, BD jeunesse

Le retour à la terre, tome 1 : la vraie vie

LE RETOUR A LA TERRE, tome 1 : LA VRAIE VIE, par Manu Larcenet (dessin) et Jean-Yves Ferri (scénario) (Dargaud, 2002, coll. poisson pilote)

https://i0.wp.com/static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/0/5/0/9782205057331FS.gifManu et Mariette ont choisi de quitter la ville et la banlieue parisienne pour habiter en campagne, dans un village appelé les Ravenelles. Pour la campagne, c’est la vraie campagne : les arbres, les fleurs, les oiseaux, les champs et les forêts à perte de vue… mais aussi les voisins qui viennent voir ce qui se passe, le silence un peu trop présent…

A travers des petites histoires sur une demie-page, en une case unique ou en six petites, on suit les aventures de ce jeune couple, avec une multitude de personnages hauts en couleurs : la voisine, madame Mortemont, une peu commère, le voisin monsieur Henri, peu bavard, mais souvent présent, l’ermite en haut de son arbre, le maire, les chasseurs…

Cette bande dessinée humoristique est le premier tome d’une série de cinq albums. C’est très drôle et réaliste, et oui, les auteurs ont réalisé une certaine autobiographie teintée d’humour. Ceux qui viennent de la campagne verront forcément un de leurs voisins, un de leurs amis parmi tous ces personnages ! BD conseillée pour prendre un bon bol d’air !

Le dessin est assez simple, pas trop de décors, des traits assez rapides, mais c’est finalement le texte qui fait tout l’humour de cet album, le dessin étant là pour accompagner. A noter en début d’album l’introduction originale qui me rappelle les livres que j’avais lorsque j’étais petite : un texte avec des dessins inclus pour signifier les mots importants, c’est une bonne mise en bouche qui donne une idée du ton de l’album…

Conseillé à partir de 10 ans pour le site l@BD.

Le blog du dessinateur est ici.

BD adaptation, Manhwa

Première neige

PREMIÈRE NEIGE, par Corbeyran (scénario) et Byun Byung Jun (dessin), (Kana, 2009, coll. Made In).

Premiere-neige.jpg

Une jeune femme (dont on connaît pas le nom) se marie avec un homme plus âgé qu’elle et à la situation sociale supérieure, Henry. Ayant grandi en ville, elle se voit contrainte d’emménager avec son mari dans la maison de famille de celui-ci, en pleine campagne. Complètement abandonnée par son époux qui passe sa semaine à travailler loin de là et son week-end à chasser avec son chien, la jeune femme sombre dans une sorte de dépression. La maison lui semble être une prison dorée, dans laquelle le froid s’immisce, malgré ses demandes insistantes d’installer le chauffage central, ce qui le mari refuse totalement. La jeune femme s’ennuie ferme, et finit par tomber malade…

Ce court manhwa de 143 pages est une adaptation du roman éponyme de Maupassantlire ici, la version parue en 1883). C’est complètement mélancolique, on ressent toute la détresse de la jeune femme dans cette maison dix fois trop grande pour elle.  Le dessin est splendide : que des aquarelles aux couleurs tirant vers le vert et le jaune-orangé, ce qui contraste parfois avec le thème peu réjouissant du roman graphique. Le dessin ressemble parfois à des photos mises en aquarelles, ce’st vraiment original et ces traits flours, mal-définis, aident aussi à rentrer dans la psychologie de la jeune femme (voir une planche sur le site de bedetheque, qui donne l’état d’esprit du graphisme). Ca se lit d’une traite, même si parfois c’est un peu compliqué de lire les textes lorsque le fond est assez foncé (le texte narratif ne se détachant pas dans un cadre blanc). Cela reste un bel ouvrage à lire, quelque peu déroutant, mais tout de même intéressant. Je suis tout de même un peu déçue de ne pas avoir su avant que c’était une adaptation littéraire (ce n’est pas marqué nul part, aucune référence à Maupassant), je pense que j’aurais été moins étonnée par le sort de la jeune femme.

A partir de 13 ans pour le site BD du CNDP, ce manhwa peut aussi être l’objet d’une étude en français en 4ème, en comparaison avec la nouvelle originale (approche des genres : comparaison des différents types de dialogues [théâtre, roman, bande dessinée, scripts cinématographiques], lecture d’un roman bref ou des nouvelles du XIXe siècle. Source : programme de français 5e et 4e, p. 73-74, à consulter sur ce lien du CNDP)

BD hors de nos frontières

Magasin général, tome 1 : Marie

MAGASIN GÉNÉRAL, tome 1 : MARIE, par Régis Loisel et Jean-Louis Tripp (Casterman, 2006)

Félix Ducharme, ayant vécu toute sa vie à Notre-Dame-des-Lacs, vient de mourir. Il tenait le magasin général de sa petite commune, dans la campage québécoise des années 1920. Il fournissait en toutes sortes d’objets, alimentaires et non-alimentaires, et c’était lui qui maintenait la communauté vivante. Sa femme Marie décide de reprendre la suite, et nous suivons donc les aventures de cette petite communauté, avec ses différents protagonistes : l’institutrice, le curé nouvellement arrivé, les familles Ouelette, Godbont, Bérubé…

Cette chronique de société est tout simplement géniale : le thème est original, le dessin splendide nous fait complètement rentrer dans l’histoire, la couleur à la main, très belle, fait très naturelle… Le langage utilisé a été également travaillé pour être compris aussi bien en France que chez nos cousins de Nouvelle France. C’est vraiment de la très belle BD !

Très contente d’avoir découvert ce magnifique album, qui est conseillé par le site BD du CNDP à partir de 13 ans.

Manhwa

Histoire couleur terre, 3 tomes

HISTOIRE COULEUR TERRE (3 tomes), par Kim Dong-Hwa (Casterman, coll. Ecritures, 2007).

Ce dessinateur coréen nous expose dans ces trois volumes la vie d’Ihwa, depuis ses 7 ans jusqu’à son mariage, lorsqu’elle quitte la maison familiale. Orpheline depuis toute petite, elle vit à la campagne avec sa mère qui tient une taverne, principalement fréquentée par des hommes. Chaque chapitre représente un an de sa vie, et telle une fleur, Ihwa éclot au fil du temps. Sa mère aussi, en retrouvant l’amour à chaque printemps…

Ce manhwa (BD coréenne), en noir et blanc, sur le thème des émois amoureux est très poétique, surtout avec les nombreuses comparaisons avec les fleurs (calebasses, lycoris, …), les papillons, les saisons… Le dessin peut être déconcertant au départ, surtout lorsque les visages semblent quelque peu caricaturés (surtout les sourires…) mais ce n’est pas toujours le cas. Pourtant, ce dessin aide aussi à la poésie des livres. Ce qu’on en retient finalement une fois lu, c’est que c’est à la fois beau, fin, pudique, drôle, émouvant, délicat… Une très belle découverte !!

Trilogie non-référencée sur le site BD du CNDP ! Dommage !