BD humour, BD jeunesse

Dad tome 1 : filles à papa

DAD tome 1 : FILLES À PAPA, par Nob (Dupuis, 2015)

Récit en planches de la vie d’un père de famille célibataire avec ses quatre filles, de l’adolescente parfois irascible à la petite dernière.Le père tente de faire vivre tout le monde ensemble, même si les envies ne sont pas toujours les mêmes, même si l’argent tend parfois à manquer dans le foyer (le père essaie de cumuler les petits boulots pour faire vivre sa famille)… Pas toujours facile pour lui de devoir assurer !

Voici un album du dessinateur de Mamette, et je dois avouer que dès les premières pages, on reconnaît le trait typique de Nob, on reconnaît aussi son univers graphique même si les personnages sont différents. On s’attend presque à voir sortir la grand-mère du détour d’une case… Mais non, là le scénario est différent, sonnant très actuel avec cette famille monoparentale où le père vit avec ses filles nées de différentes unions. D’ailleurs, on n’en sait pas beaucoup à ce propos, et dans tout le récit, on ne croise que la mère de l’aînée des filles, qui est d’un caractère complètement opposé au père (à se demander comment ces deux-là ont pu avoir une fille ensemble !). A part cette mère-là, aucune trace des autres, on peut penser que ce sera dans les tomes suivants. On n’a pas d’explications sur les raisons de cette situation, même si on sent parfois de la nostalgie chez le père lorsqu’il regarde les photos de ses enfants. Le scénario de ce volume se compose de gags plus ou moins drôles sur une planche à chaque fois. Cela fait souvent sourire mais pas rire non plus à gorge déployée, on va plutôt dire que l’auteur utilise l’ironie pour son scénario. Les situations familiales sont assez drôles, mais pourraient tout aussi bien se passer avec une maman : il n’y a pas de spécificité du père le plus souvent. Son portrait n’est pas toujours glorieux : pas ou peu d’emploi, quelques ratés dans la gestion de la vie de famille… C’est parfois un grand gamin, heureusement que les filles aînées sont là pour gérer la situation. La nostalgie du passé, lorsque les filles étaient toutes petites, arrive parfois et amène un ton plus grave à l’histoire. Les doubles pages qui ouvrent et clôturent l’album (2ème et 3ème de couverture) sont sympas avec plein de post-it et de photos dessinées qui placent les personnages de l’album. Elles sont du même genre que celles que l’on trouve dans les Lou !, j’ai beaucoup aimé. Enfin, les couleurs bien travaillées sont douces, loin d’être fluo, et c’est donc une ambiance très agréable à regarder que nous livre l’auteur. Je trouve que cela est gage d’un album jeunesse avec une qualité graphique indéniable.

Dad, avec ce premier tome bien sympathique qui laisse présager une suite, donne envie d’en savoir plus sur cette famille hors du commun. Même si ce n’est pas la série du siècle, cela permet de passer tout de même un agréable moment de lecture.

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Branchés culture, Samba BD, Les petits bouquins, La ptite chocolatine, Accroc des livres

Premières planches à voir sur Izneo.

BD humour

La tectonique des plaques

LA TECTONIQUE DES PLAQUES, par Margaux Motin (Delcourt, 2013, coll. Tapas)

Suite de J’aurais aimé être ethnologue et La théorie de la contorsion. La trentenaire Margaux Motin continue de nous raconter des extraits de sa vie, avec humour. Cette fois, il y a un grand changement dans sa vie : elle s’est séparée du père de sa fille, et doit digérer cet événement. Sa réaction : elle régresse et fait une véritable crise d’adolescence, dans laquelle sa fille se révèle parfois bien plus mature qu’elle… Elle n’oublie pas de nous raconter les moments avec ses copines, ainsi que sa rencontre avec son nouvel homme qui était au départ un de ses amis. Ses doutes, ses questions, sa vie de mère et d’amante… Tout y passe dans cet album, avec une bonne touche d’humour comme la narratrice sait le faire.

Voici le troisième tome de la vie dessinée de Margaux Motin, volumes largement autobiographiques d’une jeune femme parisienne. J’avais de bons souvenirs des deux tomes précédents, mais là je dois dire que j’ai dû m’accrocher pour parvenir à terminer l’album, car j’ai vraiment trouvé le début long et manquant de fil conducteur. L’album fait près de 200 pages, et le début m’a paru bien fouillis. L’histoire est constituée d’une suite d’événements et d’anecdotes plus ou moins longues et on ne sait pas trop où on va au départ. Certains épisodes sont redondants et j’ai parfois trouvé la situation trop exagérée lorsque l’héroïne régresse totalement en enfance ou adolescence. Elle se laisse complètement aller et on n’a parfois qu’une envie : c’est de lui dire de se bouger, de se reprendre en main et de tenir son rôle d’adulte. Bref, le personnage en lui-même ne m’a pas toujours plu. Certaines situations sont par contre craquantes, lorsqu’elle raconte la rencontre avec son nouveau mec, et les questions qui en découlent, elle qui a vécu dix ans avec un même homme auparavant. Ces passages-là ont été pour moi les plus plaisants, j’ai eu l’impression de retrouver le personnage des albums précédents. Globalement, j’ai un avis mitigé sur le scénario de cet album. Par contre, j’adore toujours autant le trait de Margaux Motin, vif et croquant d’une bien jolie manière les personnages. D’ailleurs, le dessin peut même parfois faire passer un message sans aucun texte, c’est dire s’il est expressif. Sa petite fille paraît très mignonne et craquante. Les autres personnages sont aussi très joliment dessinés, avec parfois des looks hautement improbables et complètement déroutants, mais cela ajoute une dose d’humour et de légèreté aux propos qui ne le sont pas toujours. J’ai beaucoup aimé les pages où l’auteur dessine sur une photo, je trouve cela joli, différent et original, parfois même poétique. La tectonique des plaques est donc une lecture qui n’est pas selon moi indispensable, mais qui a au moins le mérite du coup d’œil pour l’agréable trait de l’auteur.

Non mentionné sur l@BD, mais pas avant 15 ans.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Monde de papier, Au fil des lectures, Trait de plume, Exquimots, Gwordia, L’avis d’Agrippine

Plusieurs planches à voir sur le site de l’éditeur.

Aller voir du côté du blog dessiné de l’auteur.