L’homme qui tua Lucky Luke

L’HOMME QUI TUA LUCKY LUKE, par Matthieu Bonhomme (Lucky Comics, 2016)

lhomme-qui-tua-lucky-lukeLucky Luke est mort, tué lors d’un duel avec un homme de Froggy Town… Le lonesome cowboy finit le nez dans la boue, dans la seule et unique rue de la petite ville nichée dans les montagnes de l’ouest américain. Les habitants qui s’étaient regroupés pour ce duel semblent incrédules… Le cow-boy le plus fameux de l’ouest aurait-il perdu son coup de feu légendaire ? Aurait-il failli à sa réputation de tirer plus vite que son ombre ? Cela faisait quelques jours que Lucky était à Froggy Town, à la demande d’un groupe de citoyens. La diligence qui alimente la ville avait été attaquée quelques jours auparavant et le shérif Bone était incapable de gérer cette situation. Aidé de doc Wednesday, un alcoolique notoire, Lucky Luke tentait de remettre la main sur le magot, mais il révèle que la famille du shérif est impliquée dans l’attaque, ce qui ne plaît pas à une partie des habitants, mais surtout aux intéressés…

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Loulou

LOULOU, par Grégoire Solotareff (Ecole des loisirs, 1989)

C’est l’histoire d’un jeune loup qui n’a jamais chassé. Un jour son oncle l’emmène justement à la chasse pour lui apprendre à se débrouiller seul, mais il meurt peu de temps après. Le jeune loup, ne sachant que faire, trouve un terrier, et demande à son occupant, un lapin prénommé Tom, ce qu’il peut faire. Le jeune lapin aide le loup à enterrer son oncle et le prénomme Loulou, car le jeune loup n’avait pas de nom. C’est la première fois que le loup rencontre un lapin, et les deux animaux vont devenir très amis. Tom va apprendre à Loulou à pêcher, à lire, compter et jouer aux billes. Tout se passe bien jusqu’à ce qu’ils jouent à « peur du loup » et « peur du lapin ». Tom prend alors peur de son ami, car sa crainte est que l’instinct primaire du loup revienne chez Loulou et qu’un jour ils ne jouent plus à un jeu. Tom vient de se rendre compte que la nature de Loulou pourrait reprendre le dessus et que son ami pourrait un jour le manger pour de vrai…

Voici un classique des albums jeunesse, sorti il y a 25 ans maintenant. J’ai aimé relire cette histoire simple mais efficace, qui parle de l’amitié et de la tolérance entre personnes qui ne sont pas pareilles. Chacun apprend de l’autre, sur différents plans, et c’est vraiment une idée intéressante. Cette histoire d’amitié inhabituelle, qui va contre les clichés, peut parler à tous, petits et grands. Au niveau du dessin, il est simple mais efficace : des décors simplifiés à l’extrême par quelques traits, de grands aplats de couleur (jaune et rouge principalement), des personnages parfois exagérés pour accentuer telle ou telle partie du corps (une queue anormalement longue pour le loup, une langue longue aussi lorsqu’il le faut dans l’histoire…). Cela peut donner un effet drôle sur l’histoire, tout comme les accentuations à faire lors d’une lecture orale sur les mots écrits en majuscule. Bref, une histoire qui peut faire à la fois rire et frissonner les petits, et qui plaira à tous les jeunes lecteurs !

Âge non mentionné sur Ricochet, mais à partir de la maternelle sans souci.

On en parle sur les blogs : Livres et merveilles au pays de Ly Lan

Activités pédagogiques de la PS au CP par Ingrid L. Autres activités proposées par la classe de Charlotte. Pistes pédagogiques sur le site de l’éditeur.

5/10

Spirou, journal d’un ingénu

SPIROU, JOURNAL D’UN INGÉNU, par Emile Bravo (Dupuis, 2008)

https://i1.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/1/7/8/000629178.jpgJeune orphelin, Spirou est groom dans un grand hôtel de Bruxelles, le Moustic Hôtel. On est en 1939 et il se passe des choses importantes dans ce lieu où se rencontrent diplomates polonais et allemands. Au fil de ses rencontres, Spirou va se retrouver au cœur de l’action politique, rencontrer l’amour à travers une jeune employée de l’hôtel, mais aussi faire la connaissance du facétieux journaliste Fantasio qui tente de lui soutirer des informations sur la guerre qui se profile à l’horizon… Spirou pourra-t-il arrêter cela ?

Et bien, pour tout dire, ça change des aventures habituelles de Spirou ! Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas retrouvé le petit groom, je lisais ses aventures il y a bien longtemps alors que je pensais que toutes les BD faisaient 48 ou 52 pages et étaient forcément en grand format. [Depuis, je peux dire que j’en ai fait du chemin en tant que lectrice de BD !] Et bien là, cette série (car il s’agit du tome 4, mais à chaque fois avec des auteurs différents) revisite les aventures de Spirou et Fantasio. Emile Bravo fait le choix de s’intéresser aux débuts du héros, et à la manière dont il va devenir aventurier. C’est un aspect intéressant, qui est bien complété par l’approche historique et politique de l’avant-guerre. Quand la petite histoire se mêle à la grande… J’ai bien apprécié ce parti pris, qui nécessite tout de même quelques connaissances historiques (sur Dantzig et l’enjeu de la Pologne pour les soviétiques et les nazis par exemple). Cela ne fait pas de cet album un album tout public, car les plus jeunes ne comprendront pas tout, et ne verront pas toutes les nuances insérées par l’auteur (par exemple les réflexions sur l’identité nationale ou le patriotisme belge). D’ailleurs c’est une fois la lecture terminée que j’ai remarqué que sur la couverture, on trouvait des croix gammées à gauche et des marteaux et des faucilles entrecroisés à droite… Tout cela pour dire que l’album regorge d’allusions plus ou moins marquées, et nécessite donc une concentration assez inattendue au premier abord !

Le dessin est intéressant, avec un personnage central graphiquement réinterprété. Au départ j’ai eu un peu de mal, mais finalement je m’y suis faite, j’avais déjà pu voir ce trait dans Ma maman est en Amérique elle a rencontré Buffalo Bill. Les couleurs ne sont pas vives, et correspondent tout à fait à l’image qu’on se fait de la fin des années 1930. Cet album, qui revisite un personnage classique de la BD, est donc sur tous les plans à ne pas manquer ! Une belle découverte !

A partir de 10 ans selon le site BD du CDNP, personnellement je l’aurais mis à partir de 13 ans au moins.

On en parle sur les blogs : Les choix de Mokona, Cupcakes, baston et talons hauts, BrusselsBoy

Quelques cases de l’album dans cette vidéo :

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