Les vermeilles

LES VERMEILLES, par Camille Jourdy (Actes sud BD, 2019)

vermiellesJo est en vacances en camping avec sa famille : son père, sa belle-mère et ses demi-soeurs qu’elle déteste. Un jour, son sac rempli de biscuits, elle s’éloigne de la tente et se rend dans la forêt, où elle tombe sur de minuscules lutins, traverse un tunnel ferroviaire avec eux et atterrit dans leur monde. Elle y découvre un cyclope, des enfants à la tête de chat, dont Nouk qui devient son ami, un ours nommé Maurice… Tous sont doués de la parole et la jeune fille va partir à l’aventure avec eux pour délivrer certains de leurs amis qui sont enfermés dans les cachots du château du chat empereur. Le groupe va profiter d’une fête costumée organisée pour l’anniversaire impérial pour se glisser dans le château… Mais cela ne va pas se passer comme prévu, puisqu’ils vont vite être démasqués, et beaucoup seront emprisonnés. Seuls Jo et Maurice fuient et vont tout faire pour sauver tous leurs amis… Lire la suite

Cheval de bois, cheval de vent

CHEVAL DE BOIS, CHEVAL DE VENT, par Wilfrid Lupano (scénario) et Gradimir Smudja (dessin)  (Delcourt, 2017, coll. Les enfants gâtés)

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Dans un pays lointain, le roi a un comportement d’enfant. Il a une flopée de serviteurs et courtisans à son service, et celui qui le réveille ce matin lui annonce que ça y est, c’est le grand jour, c’est son anniversaire. Mais qui dit anniversaire dit gâteau, et donc le roi n’a plus que cette idée en tête… Il n’en a rien à faire que tous le lui souhaitent et qu’il reçoive de magnifiques cadeaux des quatre coins du monde, lui, ce qu’il veut c’est uniquement son gâteau. Alors il monte sur son cheval de bois et après avoir été quelque peu aidé, se rend sur la terrasse où un gigantesque gâteau nommé « le vertige crémeux aux fruits exotiques » lui est servi… Mais c’est sans compter sur un cheval de vent qui va priver le grassouillet monarque de sa pâtisserie…

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L’épouvantable peur d’Epiphanie Frayeur

L’ÉPOUVANTABLE PEUR D’ÉPIPHANIE FRAYEUR, par Séverine Gauthier (scénario) et Clément Lefèvre (dessin) (Soleil, 2016, coll. Métamorphose)

Epiphanie est une fillette de 8 ans très peureuse : depuis sa naissance, elle a peur de son ombre, qui prend de plus en plus d’ampleur et l’empêche de pouvoir vivre. Alors Epiphanie décide de combattre sa peur, et tente de trouver un moyen de vaincre ce qui lui gâche la vie. Pour cela, elle va traverser une forêt sombre, rencontrer des personnages étranges qui ont perdu leur sérieux ou n’ont plus les pieds sur terre… au sens propre ! Elle va tenter de nombreuses techniques toutes plus farfelues les unes que les autres pour reprendre le contrôle sur cette masse sombre… Lire la suite

Dans la forêt sombre et mystérieuse

DANS LA FORÊT SOMBRE ET MYSTERIEUSE, par Winshluss (Gallimard jeunesse, 2016)

foret-sombre-mysterieuseAngelo est un petit garçon qui vit dans une drôle de famille complètement barge, entre un frère limite psychopathe, un père amorphe, une mère déprimée et une petite sœur bébé toujours à l’affût de ce qui se passe. Angelo, lui a plutôt l’air d’un enfant solitaire et plutôt débrouillard, même s’il manque de maturité. Un jour, la famille apprend que la grand-mère n’en a plus que pour quelques jours à vivre et tous décident d’aller la rejoindre en voiture.  Ils prennent l’autoroute et s’arrêtent sur une aire de repos, repartant en laissant involontairement Angelo sur place. Ce dernier, confiant, a l’espoir de vite les retrouver, et décide de couper à travers la forêt. Mais le voyage ne va pas être de tout repos, les personnages plus bizarres les uns que les autres vont se succéder… Lire la suite

Roi Ours

ROI OURS, par Mobidic (Delcourt, 2015)

roioursDans un pays lointain, pour apaiser le dieu Caïman et empêcher une malédiction de se produire, Xipil, une jeune fille qui s’avère aussi être la fille du chaman de la communauté, est donnée en sacrifice après un rituel. Mais au lieu de cela, c’est le roi Ours qui vient la voir, et la libère. La jeune fille retourne vers son clan, mais est tuée par son fiancé qui voit en son retour l’arrivée de la malédiction. Le roi Ours revient alors sauver la jeune fille et lui propose de l’épouser. Au départ hésitante mais n’ayant pas vraiment le choix étant indésirable chez les siens, Xipil accepte, et avec l’aide d’une guenon, va en apprendre plus sur celui qui est devenu son mari… Le mariage entre l’ours et la jeune humaine a lieu…

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Qu’ils y restent

QU’ILS Y RESTENT, par Régis Lejonc, Pascal Mériaux (scénario) et Riff Reb’s (dessin) (Editions de la Gouttière, 2016)

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Recueil de quatre contes sur la thématique du monstre, aux quatre points cardinaux du globe : le loup dans le nord, l’ogre à l’ouest, le vampire à l’est, le sorcier au sud… Tous ont comme point commun d’avoir dévoré tous ceux qui étaient dans leur contrée, chaperon rouge, mère-grand, moutons et autres villageois… Leur estomac criant famine, ils doivent tous quitter leur terre natale pour trouver de quoi les contenter ailleurs… Mais lorsque ces quatre monstres se rencontrent, que peut-il bien se passer ?

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Pieter et le Lokken

PIETER ET LE LOKKEN, par Olivier Ka (scénario) et Olivier Supiot (dessin) (Delcourt, 2015, coll. Les enfants gâtés)

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Pieter est un petit garçon qui vit avec ses parents dans un village isolé. Son père est chasseur, sa mère vend sur le marché des petits objets en bois. Un jour, une drôle de bestiole se met à parler au petit garçon, qui décide alors de la cacher dans la grange. Mais son père le découvre et tente de lui expliquer que la bestiole est un lokken qui ne lui veut pas de bien… Lire la suite

Les 3 fruits

LES 3 FRUITS, par Zidrou (scénario) et Oriol (dessin) (Dargaud, 2015)

Après quarante ans de règne, le roi sent qu’il arrive à la fin de sa vie, mais il éprouve toujours une seule et même peur, celle de mourir. Il convoque alors les trois plus grands savants du royaume et leur demande tour à tour ce qu’il doit faire pour ne pas mourir. Devant leur absence de réponse qu’il juge satisfaisante, il les fait tuer chacun leur tour. C’est alors qu’un inconnu demande à rencontrer le roi, et lui promet la vie éternelle, . En échange, il demande la main de la fille du roi et fait signer pour cela un parchemin au roi. Une fois la feuille signée, pour que la vie éternelle se produise,l’inconnu demande alors au roi de manger la chair du plus valeureux de ses trois fils. Prêt à tout, le roi met alors en compétition ses trois fils et leur explique le challenge… Pour échapper à la mort, le roi est prêt à faire mourir sa famille et à devenir un monstre…

Encore une nouveauté à la bibliothèque, qui est en ce moment mon fournisseur officiel de lecture. J’y trouve beaucoup de bons albums, et celui-là ne déroge pas à la règle. Cette histoire est un conte très noir, très macabre, où le roi est prêt à tout pour survivre, même à sacrifier la vie de ses proches. Le scénario emprunte les ficelles classiques du conte, il n’y a pas spécialement de surprises de ce côté-là, mais Zidrou sait tout de même comment rendre les personnages attachants, hormis le roi bien sûr qui se transforme en monstre au fur et à mesure de l’album, capable des pires atrocités. Seule la fin est un peu décevante à mon goût, avec la fille du roi qui prend une drôle de décision, et termine ce récit sans vraiment le terminer… Le dessin d’Oriol (que j’ai déjà vu dans La peau de l’ours, lui aussi scénarisé par Zidrou) est complètement en adéquation avec le propos, et accentué avec les couleurs très foncées utilisées. Les personnages sont tout en longueur, les cadrages utilisés en font des personnages parfois maléfiques, et le graphisme correspond à l’ambiance glauque de l’histoire. Les couleurs jouent dans le registre foncé, éclairées parfois de touches de rouge qui mettent un peu de couleur à ce récit très sombre et loin d’être optimiste. Graphiquement c’est très beau, et scénaristiquement c’est bien mené. Voilà un conte à ne pas mettre entre les mains des plus jeunes, mais qui ravira les plus grands qui ont gardé leur âme d’enfant.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Samba BD, Sin City, Un amour de BD, La petite marchande de prose, Les belles histoires de l’oncle Hermès

Premières planches à voir sur Izneo.

La petite fille en rouge

LA PETITE FILLE EN ROUGE, par Roberto Innocenti (histoire et illustrations) et Aaron Frisch (texte) (Gallimard, 2013)

Sophia vit avec sa mère, à l’orée d’une forêt de briques et de béton, une ville. Elle doit apporter des oranges, du miel et des biscuits à sa grand-mère qui vit de l’autre côté de cette forêt. Pour s’y rendre, elle doit traverser le bois, qui est en réalité un gigantesque centre commercial. La maman de Sophia lui conseille de ne pas s’écarter de son chemin, et Sophie est une petite fille sérieuse. Elle prend donc la route, et arrive au bois, un monde à lui tout seul, regorgeant de couleurs, de bruits et de tentations… Sophia flâne devant les vitrines, et décide de sortir du bois, mais elle se trompe de sortie et atterrit dans un quartier qu’elle ne connaît pas. Agressée par un groupe de voyous, Sophia est libérée par un motard-chasseur aux grandes dents… Sophia lui raconte sa visite chez sa grand-mère et l’homme lui promet de l’y amener, mais une fois sur la route, il l’abandonne sous un faux prétexte… Qui des deux arrivera en premier chez la grand-mère ?

Récemment à la bibliothèque, les nouveautés présentées concernaient les albums jeunesse. J’en ai emprunté plusieurs en ne me fiant qu’à leur couverture. Cet album-là a une couverture riche, regorgeant de détails. J’ai bien pensé en le voyant au conte du petit chaperon rouge, mais sans vraiment voir où cela pouvait en venir. Et bien, il s’agit vraiment d’une réécriture-adaptation du conte dans un monde moderne, où les loups et autres prédateurs n’ont pas forcément la tête de l’emploi, et où la forêt regorge de multiples dangers. L’histoire est bien menée, même si on connaît la trame de l’histoire, et j’ai aimé les dessins aux multiples détails. Par exemple sur les doubles pages où Sophia est dans le centre commercial, on a de nombreuses enseignes détournées de commerces très connus : restaurants, boissons, marques de luxe, ainsi que des personnalités… et c’est un plaisir de les dénicher, un peu comme lorsqu’enfant, on jouait à « où est Charlie ? ». Le texte est toujours très lisible, dans un cadre coloré sous le dessin. Les images prennent vraiment une bonne partie des pages, mais il reste parfois de grands espaces blancs qui éclaircissent des illustrations parfois foncées. J’ai beaucoup aimé le trait très esthétique de Roberto Innocenti, à la fois réaliste et foisonnant de détails, tout en ayant une expressivité particulière des visages des personnages. Il y a un petit côté désuet non désagréable dans ces peintures, et même si le cadre dans lequel évolue la petite fille est assez glauque et malsain, j’ai lu cet album avec plaisir, surtout qu’il y a deux fins proposées et qu’on peut choisir celle qui nous convient le plus !

A partir de 8 ans selon Ricochet.

On en parle sur les blogs : Littérature a blog, La bibliothèque de Noukette, Songe d’une nuit d’été, Croquelinottes, Lili les merveilles

Album lauréat du prix Sorcières 2014.

Des pistes pédagogiques proposées sur le site Séries littéraires (après la présentation et l’analyse)

7/10

Coeur de pierre

CŒUR DE PIERRE, par Séverine Gauthier (scénario) et Jérémie Almanza (Delcourt jeunesse, 2013)

Une petite fille au cœur d’artichaut tombe follement amoureuse d’un petit garçon au cœur de pierre auquel on n’a jamais appris à aimer. Il ne comprend pas ce que veut la petite fille et lorsque celle-ci lui offre une feuille de son cœur, il la déchire en petits morceaux. Mais la petite fille s’obstine et continue de lui offrir son cœur, et le garçon au cœur de pierre lui brise le cœur en déchirant les nouvelles feuilles… La petite fille a le cœur en lambeaux, jusqu’à ce qu’elle rencontre un garçon au cœur d’or, qui ramasse les morceaux et les recolle avant de les offrir à sa belle… De son côté, le garçon au cœur de pierre ne comprend pas ce qui se passe…

Après avoir vu cet album sur de nombreux blogs, je me suis décidée à le réserver en bibliothèque. C’est la même scénariste que pour Mon arbre et Garance. J’ai gardé l’album à la maison et ai un peu tardé à le lire. Par contre, une fois entamé, impossible de le refermer avant la fin. Il faut dire que l’histoire étant écrite en rime uniquement, je me suis prise au jeu de la lecture sans trop m’en rendre compte. Cela contribue au côté poétique de l’histoire, qui est triste mais jolie, entre ces enfants aux cœurs différents. Il n’y a pas de bulles, mais que du texte en off, qui se lit très rapidement (un peu trop même). Les jeux de mots sont bien trouvés, entre les cœurs d’artichaut, de pierre et d’or. Cela montre aussi l’importance de l’éducation pour faire du cœur de son enfant le meilleur possible. Les dessins sont extrêmement fins et précis, sans pour autant être réalistes : par exemple les personnages ont une grosse tête sur un petit corps, des objets comme le banc tiennent debout par on ne sait quelle magie… Cela m’a fait penser à du Tim Burton, un univers très particulier et onirique. Il y a assez peu de décors, l’histoire se concentre sur les trois personnages principaux. Les couleurs sont riches, toutes en nuances : des couleurs claires pour la petite fille, foncées pour le petit garçon. C’est donc facile de les distinguer, et on voit le gros travail fait au niveau des coloris. Un album aussi joli à lire qu’à regarder, à lire et relire, tellement son ambiance est particulière…

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Les jardins d’Hélène, IDDBD, Une tasse de culture, Mille et une frasques, Depuis le cadre de ma fenêtre, Des livres des livres !White pages

Aller voir du côté du blog de Séverine Gauthier.

Interview des deux auteurs à lire sur BDGest.