La fille dans l’écran

LA FILLE DANS L’ECRAN, par Manon Desveaux et Lou Lubie (Marabout, 2019, coll. Marabulles)

filleColine vit en France, chez ses grands-parents à la campagne. Elle caresse l’espoir de devenir illustratrice, mais ses parents ne croient guère en son rêve. Ils lui posent un ultimatum pour l’obliger à reprendre ses études si ses projets d’illustration n’avancent pas, et cela contrarie grandement la jeune femme, qui aime le calme et la vie tranquille. De l’autre côté de l’Atlantique, vit Marlène, française venue au Québec pour ses études de photographie mais qui vit grâce à son job de serveuse. En couple avec son mec qui a plutôt tendance à déconsidérer sa passion, elle ne semble pas s’épanouir totalement. Un jour, surfant sur le net à la recherche de photos, Coline tombe sur les clichés de Marley, et lui demande l’autorisation d’utiliser ses images. C’est le début d’une correspondance entre les deux jeunes femmes, qui vont même aller jusqu’à se rencontrer pour de vrai…

Lire la suite

Publicités

L.O.L.A.

L.O.L.A., par Claire Mazard (Flammarion jeunesse, 2010)

Lola a treize ans et vit avec sa mère Alice, son beau-père Michel et le fils de ce dernier, Jérôme, trois ans, un morveux qu’elle doit garder les mercredis après-midis et lorsque ses parents ne sont pas là. Lola ne peut pas supporter ce demi-frère qu’on lui impose. Un jour, elle reçoit une enveloppe bleue, avec dessus son prénom entrecoupé de points. La lettre lui est adressée, mais personne ne l’a signée. L’expéditeur promet de lui faire parvenir six lettres si elle accepte de faire ce qu’il lui demandera. Intriguée, Lola accepte la proposition de l’expéditeur, et avec son ami Mehdi, va tenter de découvrir qui se cache sous ces courriers mystérieux. Grâce à cette correspondance à sens unique, elle va découvrir un homme mourant, rempli de regrets. Serait-ce un de ses profs, l’épicier du coin ou un autre homme de son entourage ? Lola se lance dans cette enquête…

Voici un petit roman, presque une nouvelle (69 pages), paru initialement en 2000, et réédité il y a 4 ans, sans avoir pris une ride. Le récit paraît complètement réaliste, je n’ai pas remarqué d’éléments qui le situent à une date bien précise, l’histoire de Lola pourrait se passer n’importe quand, et cela nous fait entrer facilement dans le récit. Le narrateur de l’histoire est extérieur aux personnages, mais on suit aisément la jeune Lola dans sa vie quotidienne, avec le boulet que représente Jérôme le petit garçon qui ne lui permet pas de réaliser ses aspirations d’ado. On comprend qu’elle doit assumer quelque chose de trop lourd pour elle, et sa situation familiale un peu compliquée, même si sa mère et son beau-père ont l’air d’être sacrément ouverts et compréhensifs, ne facilite pas les choses. Les lettres qu’elle reçoit animent son quotidien, et la jeune fille se lance dans cette aventure sans savoir où cela va la mener, et sans la partager, sauf avec son meilleur ami. Les lettres anonyme sont toujours en italique, on les distingue sans problème, et on se questionne en même temps que Lola. L’enquête est bien menée, je ne m’attendais pas à une telle fin, touchante et ouverte, ne répondant pas à toutes les questions, sauf avec l’épilogue qui répond à certaines interrogations. Le style de Claire Mazard (dont j’ai déjà lu L’absente il y a bien longtemps) est agréable, simple mais pas simpliste. Pas de fioritures ni de phrases compliquées, pas de pièges littéraires, cela devrait – j’espère- plaire aux élèves. Et en plus, cela colle au programme de 4ème de français avec l’étude du genre épistolaire ! L.O.L.A. est donc un joli petit roman, un peu trop court à mon goût, surtout à cause des (trop) nombreuses pages de promotion des autres livres de la collection, je pensais qu’il me restait quelques pages à lire, mais non ce n’était que des pages de pub… Finir sur une mauvaise impression comme cela, je n’aime pas…

A partir de 10 ans selon Ricochet.

On en parle sur les blogs : Le blog de Biblio, BouquinonsLille III jeunesse

Voir le mini-site de l’auteur.

Je t’attends

JE T’ATTENDS, par Françoise Grard et Thierry Lefèvre (Flammarion, coll. Tribal, 2010)

Léa et Léo sont deux amis parisiens. Depuis que la mère de Léa s’est tuée accidentellement, la jeune fille a retrouvé en Charente son père qui l’avait abandonnée il y a de nombreuses années. Les deux amis vont donc s’écrire, correspondre pendant tout l’été. Léo va remonter le moral de Léa, lui dire qu’il est là pour elle, et la jeune ado va exprimer ses doutes et son mal-être. Elle va tellement mal que Léo décide de quitter le Morvan de ses vacances pour la rejoindre en voiture, mais il ne va pas arriver chez Léa… Léa va-t-elle reprendre confiance dans la vie ?

Voici un roman édité initialement en 2005, dont Flammarion a changé l’illustration de couverture pour cette réédition de l’an passé. Le récit est court (140 pages), mais je n’ai pas été spécialement emballée. Je n’ai pas aimé l’écriture, trop compliquée pour être celle de deux ados. Les tournures de phrases font trop improbables pour cela. Et étrangement, je me suis demandée comment fait-on encore aujourd’hui pour s’envoyer des courriers tous les deux jours, alors qu’il existe d’autres moyens de communication plus rapide (mails, textos et autres réseaux sociaux…). Bref, ça se lit, j’ai réussi à le terminer, mais ce livre ne me marquera pas spécialement… La seule originalité réelle de ce roman est expliquée dans la postface, par les deux auteurs : ils racontent qu’ils ont écrit à quatre mains, en s’échangeant réellement une correspondance, chacun s’étant approprié un personnage, et ne s’étant pas déterminé à l’avance un scénario.

A partir de 13 ans selon le site Ricochet.

On en parle sur les blogs des lecteurs : les avis positifs de Blog à part, d’Otium et de LirAdo, l’avis plus mitigé de Chez Dilvich.