Les sœurs Fox, tome 1

LES SOEURS FOX, tome 1 : ESPRITS, ÊTES-VOUS LÀ ?, par Philippe Charlot (scénario) et Grégory Charlet (dessin et couleurs) (Bamboo, 2017, coll. Grand angle)

soeurs fox

Au milieu du 19e siècle, en plein cœur des Etats-Unis, une famille s’installe tout juste dans une maison à la drôle de réputation. Les deux jeunes sœurs de la famille, les adolescentes Maggie et Kate, usent d’un petit stratagème pour faire croire que les esprits habitent la maison et sont capables de communiquer avec les vivants. Au départ prises au jeu, les deux sœurs sont intégrées à la petite communauté rurale de cette façon, en faisant des « consultations » lors desquelles les vivants rencontrent leurs morts. Cela aide bien leurs parents, qui accueillent les habitants en acceptant tous leurs présents, alimentaires ou liquides, profitant de la situation… Mais accusées de sorcellerie et ayant peur que leur supercherie soit découverte, les deux sœurs vont fuir leur village grâce à leur sœur aînée qui vit en ville… Lire la suite

La tresse [roman]

LA TRESSE, par Laetitia Colombani (Grasset, 2017)

Smita vit en Inde avec sa fille de six ans et son mari. Intouchable, elle vide les toilettes des maisons du quartier, mais est déterminée à éviter cette honte à sa fille, en l’envoyant à l’école. Giulia a la vingtaine et vit en Sicile. Elle travaille dans l’atelier familial, un des derniers de l’île qui travaille les cheveux pour en faire des perruques. Mais lorsque le père a un accident lors de sa tournée, Giulia découvre que la santé financière de l’atelier est mauvaise. Au Canada, Sarah est une avocate réputée qui fait passer sa carrière avant tout. Elle passe sa vie au bureau et espère encore grimper les échelons, jusqu’à ce qu’un cancer li soit annoncé. Elle va tout tenter pour cacher sa maladie à ses collègues et ses enfants, mais va aussi découvrir le sort réservé aux malades… Ces trois héroïnes, aux origines et aux destins bien différents, ne sont pas destinées à se croiser… Et pourtant…

Lire la suite

Roi Ours

ROI OURS, par Mobidic (Delcourt, 2015)

roioursDans un pays lointain, pour apaiser le dieu Caïman et empêcher une malédiction de se produire, Xipil, une jeune fille qui s’avère aussi être la fille du chaman de la communauté, est donnée en sacrifice après un rituel. Mais au lieu de cela, c’est le roi Ours qui vient la voir, et la libère. La jeune fille retourne vers son clan, mais est tuée par son fiancé qui voit en son retour l’arrivée de la malédiction. Le roi Ours revient alors sauver la jeune fille et lui propose de l’épouser. Au départ hésitante mais n’ayant pas vraiment le choix étant indésirable chez les siens, Xipil accepte, et avec l’aide d’une guenon, va en apprendre plus sur celui qui est devenu son mari… Le mariage entre l’ours et la jeune humaine a lieu…

Lire la suite

Mon copain secret

MON COPAIN SECRET, par Loïc Dauvillier et Alain Kokor (Les éditions de la gouttière, 2012)

Manon est une petite fille qui cohabite avec un éléphant dans son placard de chambre. Personne ne veut la croire, alors la fillette préfère garder son secret pour elle. L’éléphant s’incruste dans sa vie, et en cherchant à la sortir de mauvais pas, lui cause bien des soucis. Ainsi, lorsque Manon est embêtée par Tom son frère jumeau, l’éléphant venge la petite fille en faisant pipi dans le lit du garçon. A l’instituteur qui demande à Manon de résoudre un problème de mathématiques, l’éléphant va écraser la voiture pour se venger également… L’éléphant tente de protéger du mieux qu’il peut la fillette, mais celle-ci n’apprécie guère ses attentions, car la situation devient rapidement incontrôlable.

Voici un joli album jeunesse, de petit format agréable à prendre en main et court (32 pages). C’est une jolie histoire fantastique sur les croyances des enfants, qui ont des amis imaginaires avec lesquels ils passent des heures à converser. Le dessin d’Alain Kokor, crayonné, avec ses couleurs orangées et marron, ou du gris et bleu pour la nuit, est agréable, tout en douceur et en tendresse. Le scénario est bien construit, par étapes facilement distinguables. Par contre, il y a pas mal de bulles, ce qui fait que cet album n’est pas forcément accessible aux tout petits lecteurs qui apprennent juste à lire. Autre bémol également, la place des parents dans l’histoire. Le père fait du genre bourru, il est peu présent, ne parle pas avec ses enfants. La mère n’est pas plus proche de ses enfants, elle ne fait rien pour les aider, ne cherche pas à discuter ou à comprendre ce qui se passe, par contre, elle les envoie dans leur chambre bien facilement… Disons que c’est un modèle familial bien particulier tout de même… La fin est assez surprenante, et peut permettre à l’enfant lecteur de créer la suite. Cet album, léger et sympathique, n’est pas inoubliable, mais permet une bonne première approche de la BD avec des lecteurs débutants. Le sujet de la solitude et de l’amitié plaira aux lecteurs comme à leurs parents, alors ce serait dommage de passer à côté, non ??

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : La bibliothèque de Noukette, Bedea jacta est, D’une berge à l’autre

Premières planches à voir sur Digibidi.

Fiches pédagogiques pour le cycle 3 à retrouver sur le site de l’éditeur.

Un kamishibai sur la rencontre entre Manon et l’éléphant (histoire inédite) est disponible sur le site des expositions d’On a marché sur la bulle, association d’Amiens.

Cet album participe à , cette semaine chez Jacques.

Alim le tanneur, tome 1 : le secret des eaux

ALIM LE TANNEUR, tome 1 : LE SECRET DES EAUX, par Wilfrid Lupano et Virginie Augustin (Delcourt, 2006, coll. Terres de légende)

Dans une société imaginaire, Alim fait partie des hors-castes et exerce la profession de tanneur de façon un peu particulière : il tanne des peaux de « sirènes tueuses ». Sa fille Bul étant aussi une hors-caste, mais sa vivacité et son franc-parler ne sont pas du tout appréciés par les autorités. En effet, la petite fille de 4 ans ne tient pas en place lors des cérémonies officielles et transgresse les règles religieuses de la cité. La légende veut que Jésameth, le dieu vénéré par les habitants, ait traversé la mer, et la petite Bul est initiée à la religion avec cette version-là. Un soir, alors qu’ils devaient assister à une fête traditionnelle, père et fille sont contraints d’aller dépecer sur une plage une sirène tueuse et la fillette trouve dans la panse de l’animal des reliques qui ressemblent fort à celles de Jésameth… Comment dès lors peut-elle croire ce qui fonde sa religion ? Alors lorsqu’elle révèle qu’elle ne croit pas en la religion officielle, les autorités l’emprisonnent, elle et son père. Heureusement que le grand-père est très imaginatif et va tout faire pour sauver sa famille.

J’ai passé un bon moment de lecture dépaysante avec la pétillante fillette et son père qui découvrent un objet qui les dépassent et va à l’encontre du monde dans lequel ils vivent. On n’a pas beaucoup de précisions sur ce monde, sauf qu’il repose pour beaucoup sur son fondateur mythique, Jésameth, et que les autorités religieuses ont beaucoup de pouvoirs sur la population. On ne sait pas pourquoi Alim, Bul et le grand-père font partie des hors-castes, ni quelles sont véritablement les autres castes. Mais il ne s’agit là que d’un premier tome, dans une série qui en comportera quatre, il faut donc laisser le temps au scénariste de dérouler son histoire. J’ai aimé ce récit du scénariste du Singe de Hartlepool et des Vieux fourneaux, dans un registre encore différent, mais toujours avec une touche d’humour. Les personnages principaux sont attachants et simples, un peu dépassés par ce qui leur arrive. Ils semblent bien normaux, face à ceux qui gouvernent et placent Jésameth au dessus de tout. Alim et sa fille vont en effet à contre-courant de la pensée exigée dans l’empire, et ce côté anticonformiste, même s’il n’est pas forcément voulu par nos deux héros, m’a bien plu. Le dessin tout en finesse de Virginie Augustin, dont je découvre le magnifique travail, est aussi sûrement pour beaucoup dans mon avis positif sur cet album. Les portraits d’Alim et de Bul sont très réussis, même si parfois les sentiments ont un peu de mal à passer sur le visage du tanneur (j’ai trouvé quelquefois qu’il avait peu d’expression faciale). Les paysages sont magnifiques, plein de détails et les couleurs chaudes et lumineuses donnent vraiment une jolie ambiance orientale à cet album dynamique et agréable. Une jolie découverte que je compte bien poursuivre avec les tomes suivants.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Blog-o-livre, Chroniques de l’invisible, Nanook world, Ben Dis

Kililana song, seconde partie

KILILANA SONG, seconde partie, par Benjamin Flao (Futuropolis, 2013)

Suite et fin du tome 1. Naïm se retrouve sur un bateau avec un vieil homme qui prétend être le gardien de la sépulture d’un géant légendaire qui va être perturbé par de futures constructions immobilières. Sauf que dans le bateau dans lequel le jeune garçon se trouvait, il y avait de la drogue destinée à un européen, et que le vieil homme pioche dedans sans se soucier des conséquences. Naïm comprend que cela va poser problème, mais ne peut rien faire. Il continue d’écouter les légendes que raconte le vieil homme…

Je suis beaucoup plus enthousiaste sur ce tome que sur le premier ! Le scénario est beaucoup plus clair même s’il se densifie, tout se relie dans ce volume, et on comprend les liens entre les différents personnages, j’ai même enfin compris le titre du diptyque, ce qui n’est pas désagréable ! L’histoire dans ce volume-là est beaucoup plus fluide, et je n’ai pas eu de mal à lire cet album, contrairement au tome précédent où je m’y suis reprise à plusieurs fois. Autant dans la première partie, Naïm semblait insouciant, autant dans cette seconde partie, il devient craintif des esprits et des fantômes. Son comportement est tout autre, il découvre quelque chose qui le dépasse et grandit. J’ai aimé ce changement d’attitude chez le garçon, on s’attache à ce héros ordinaire, qui va être confronté à quelque chose d’extraordinaire. Le dessin arrive particulièrement bien à rendre compte de la violence de la mer lors des tempêtes. Benjamin Flao retrace magnifiquement une ambiance africaine et parvient à nous faire voyager avec son diptyque. Les couleurs lumineuses, les pleines pages et les nombreux portraits relatent une vision de l’Afrique, qui à la fois donne envie mais aussi fait peur (trafics, terrorisme, violence, escroqueries, corruption…). Certains personnages sont en effet peu fréquentables et la violence n’est jamais vraiment loin d’eux. L’album est dense au niveau du scénario et du dessin, ce n’est donc pas un album que l’on lit à la légère, car il y a plein de détails à observer et à retenir (contrairement à certaines personnes qui croient que la BD est un art de 2nde catégorie…).  Kililana Song est une bien jolie histoire qui ne peut laisser indifférent, oscillant entre dénonciation de l’industrialisation grandissante des terrains préservés et atmosphère fantastique (avec les esprits et les croyances africaines). On peut avoir l’impression que le scénario part dans plusieurs directions, ce qui n’est pas faux, mais livre un récit dans lequel chacun pourra retenir ce qui l’intéresse le plus. Cela peut donc permettre de viser un public large. L’épilogue est particulièrement long et apporte pas mal d’informations intéressantes, et le mot tout à la fin de l’histoire nous rappelle que même si l’histoire est inventée, certains passages ne sont pas bien loin de la réalité. C’est donc une BD engagée qui se cache sous un album aux faux airs d’hommage aux enfants aventuriers du style Tom Sawyer. Je ne suis pas mécontente du tout d’avoir lu ce diptyque !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Sin City, Les coups de cœur de Géraldine, La bibliothèque de Noukette, Samba BD, Livresse des mots, Chroniques de l’invisible

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album a reçu le Grand Prix RTL de la BD 2013.

La vieille ville de Lamu est inscrite sur la liste du patrimoine mondiale de l’Unesco.

Consulter le site Save Lamu (en anglais) qui vise à préserver l’archipel.

Kililana song, première partie

KILILANA SONG, première partie, par Benjamin Flao (Futuropolis, 2012)

Naïm est un petit garçon de 11 ans qui vit dans l’archipel de Lamu, au large du Kenya, dans l’océan indien. Il n’aime pas l’école coranique, où Hassan son frère (ou plutôt fils de sa tante) veut l’envoyer de force. Alors il parvient à échapper aux poursuites d’Hassan, qui le suit partout dans l’archipel. Naïm gagne un peu d’argent en fournissant du Qat, la drogue locale, à un vieil homme, et préfère se promener dans les ruelles seul ou avec ses amis. Il connaît tous les coins et les recoins de l’île, et est particulièrement débrouillard, surtout lorsqu’il s’agit d’échapper à Hassan. Le jeune garçon est observateur et écoute tout ce qui se dit, même les histoires sur les djinns et autres croyances locales. Il sert aussi parfois de guide pour des touristes européens. De leur côté, des européens vivent aussi sur l’île et chercheraient à acheter des terrains…

J’ai attendu que la bibliothèque acquiert les deux tomes de cette histoire pour pouvoir enfin les lire. Après avoir lu le premier tome uniquement, mon avis est mitigé, mais c’est plus à cause du scénario qu’en raison des dessins… Kililana Song est un joli album comme Futuro sait si bien les faire. L’objet en lui-même est de qualité : la couverture et les pages sont soignées. Les dessins de Benjamin Flao sont magnifiques. Il utilise la technique de l’aquarelle d’une manière très maîtrisée, alternant les paysages lumineux en pleine page et les cases plus traditionnelles. Il y a certaines pages qui comportent beaucoup de texte, et je dois avouer au départ que j’ai eu des difficultés à lire les bulles : l’écriture manuscrite est particulière et originale. Il y a quelques fautes d’orthographe qui dénotent et c’est un peu dommage, mais c’est un détail comparé aux magnifiques paysages et portraits que nous trace Benjamin Flao. C’est vraiment très joli, et les couleurs renforcent encore cette impression. C’est grâce à un album comme celui-là qu’on peut dire que la BD est un véritable art… Par contre, comme je l’ai annoncé plus haut, c’est au niveau du scénario que ça coince : il se développe très lentement, trop lentement pour moi. Il n’y a pas de fil conducteur clair pendant un long moment, et ce n’est que vers la fin de l’album qu’on commence à voir un lien entre Naïm et les hommes blancs qui vivent eux aussi sur l’île… Les deux histoires restent parallèles trop longtemps à mon goût. Bref, un scénario un peu trop étiré en longueur, mais qui est sauvé par les magnifiques dessins de l’auteur qui nous offre de sublimes cartes postales d’une région éloignée. Des paysages idéaux pour partir en vacances depuis son fauteuil, même si la situation en Afrique est loin d’être réjouissante… Un album à savourer, avant de se lancer sans hésiter vers le second tome.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle(beaucoup) sur les blogs : Mille et une frasques, Chroniques de l’invisible, La bibliothèque de Noukette, La tanière du champi, Suivez mon regard, D’une berge à l’autre, Sin City

Le début de l’album à voir sur Izneo, même si ce ne sont pas les plus belles planches…

Cet album a obtenu le prix Ouest-France Quai des Bulles en 2012.

Consulter le blog de Benjamin Flao.

Dans les glaces

DANS LES GLACES, par Simon Schwartz (Sarbacane, 2013)

Récit romancé de la vie de Matthew Henson, le premier homme à avoir atteint le pôle Nord en 1909, alors qu’il faisait partie de l’équipe de l’explorateur Robert Peary. Mais du fait de sa peau noir, son exploit est passé inaperçu, au profit de l’explorateur blanc au caractère peu supportable. Timide, n’osant s’imposer face aux autres, Matthew Henson a subi depuis tout petit le racisme de la population blanche, et les explorateurs Robert Peary et Frederick Cook n’ont pas eu un comportement différent envers celui qui les a pourtant aidé à atteindre leur but suprême… La gloire en Amérique ne sera pas pour Matthew, mais par contre, il sera très reconnu chez les inuits, qui voient en lui l’incarnation d’un esprit traditionnel…

Voici un très bon album d’aventures, qui raconte de façon peut-être un peu lisse comment un homme noir a atteint le pôle nord au début du XXème siècle, sans être reconnu à la hauteur de son exploit. Le dessin est particulier, les visages ronds, et je peux comprendre qu’on n’y accroche pas, car les traits sont parfois grossiers, exagérés et irréalistes, mais c’est vraiment le trait du dessinateur allemand qui est comme ça. Je l’avais déjà repéré dans De l’autre côté, et il y a vraiment le même style très particulier. Dans les glaces est colorisé de façon particulière, toujours dans les tons bleus et gris, et ces couleurs froides n’ont pas tendance à réchauffer l’ambiance de l’album, mais sont complètement en adéquation avec le propos. Dans cet album, il y a un fort côté historique véridique, mais l’auteur prend le soin d’annoncer dès le début qu’il a pris quelques libertés avec le récit original de Matthew Henson. Son scénario est fluide et tout à fait plausible, mais on se rend compte des écarts avec la réalité en lisant la chronologie à la fin de l’oeuvre (ultra-détaillée et fort instructive pour apporter des compléments). Je suis un peu déçue tout de même par les différences avec la réalité, car Simon Schwartz a même été jusqu’à changer la mort de certains personnages. Certains sont présents dans l’album, alors qu’ils étaient en réalité morts. Cela ne me dérange pas qu’on modifie des petites choses, mais de là à faire grandir un enfant qui est mort enfant, je trouve ça un peu fort. il y a trop de changements par rapport à la réalité pour considérer cet album comme une véritable biographie. Et puis il y a aussi un côté mystique, avec les croyances des peuples du nord, qui voient en Matthew Henson l’incarnation d’un esprit. Cela est très étrange au départ, et puis finalement tout se relie sur la fin. L’auteur montre bien les croyances inuits, leur mythologie si particulière. Bref, un scénario original sur plus de 150 pages, portant sur un sujet méconnu du grand public, et servi par un dessin particulier mais attachant. A essayer !

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Un dernier livre, Une autre histoire, Les buveurs d’encre, Maxoe

Cet ouvrage a obtenu le prix Max et Moritz 2012 de la meilleure BD de l’année en Allemagne (sous le titre original de Packeis).