Irena, tome 2

IRENA, tome 2 : LES JUSTES, par Jean-David Morvan, Séverine Tréfouël (scénario), David Evrard (dessin) et Walter (couleurs) (Glénat, 2017, coll. Tchô !)

Suite du tome 1. Irena sauve de plus en plus d’enfants en parvenant à les faire sortir du ghetto en utilisant divers stratagèmes. Son réseau se développe parmi la population de Varsovie : sa mère, sa meilleure amie, un prêtre, ses collègues du centre social, un concierge au tribunal, un médecin, un conducteur de tram… Nombreux sont les enfants, petits surtout, à être extraits de cet enfer sains et saufs. Mais un maître-chanteur parmi les occupants nazis exige le retour d’enfants dans le ghetto, alors Irena trouve un moyen de faire illusion, tout en gardant à l’esprit de sauver un maximum d’enfants. Elle est contactée par Zegota, organisation clandestine dirigée par une certaine Zofia, qui va financer les opérations en réunissant les deux réseaux. On demande à Irena de diriger le commissariat à l’enfance, ce qu’elle accepte avec joie. Mais en octobre 1943, la jeune femme est arrêtée, son appartement perquisitionné, et elle est soumise à des interrogatoires par des bourreaux qui n’hésitent pas à frapper et torturer… Mais Irena ne cède pas à la terreur…

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Max et les poissons [roman]

MAX ET LES POISSONS, par Sophie Adriansen (Nathan, 2015, coll. Nathanpoche)

max et les poissonsMax a 7 ans. Bon élève, il attend impatiemment son anniversaire en juillet. Il a demandé un poisson rouge. On lui a collé une étoile jaune sur sa veste, il la trouve jolie mais ne comprend pas à quoi elle sert, ni pourquoi certains de ses camarades se moquent de lui. Le jour de son anniversaire, il est emmené avec sa famille dans un vélodrome, puis dans une ville près de Paris, Drancy, dans un quartier en construction… Personne ne lui explique ce qui se passe… Et son poisson qui l’attend chez lui…

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Kersten tome 2 : au nom de l’humanité

KERSTEN MEDECIN D’HIMMLER, TOME 2 : AU NOM DE L’HUMANITE, par Patrice Perna et Fabien Bedouel (Glénat, 2015)

kersten 2

Suite et fin du tome 1. Kersten est toujours le médecin particulier d’Himmler, proche collaborateur d’Hitler. En parallèle, il utilise les informations délivrées par son patient pour sauver des personnes de la mort à laquelle ils étaient promis. Alors que le chef de la Gestapo pressentait que Kersten n’était pas net, il est assassiné et replacé par un autre homme encore pire, plus dangereux et sournois. Dans le même temps, Himmler devient de plus en plus dépendant des massages de son médecin, et lui dévoile plus ou moins involontairement des informations importantes sur les opposants au régime nazi… Lire la suite

Irena, tome 1 : le ghetto

IRENA, tome 1 : LE GHETTO, par Jean-David Morvan, Severine Tréfouël (scénario), David Evrard (dessin) et Walter (couleurs) (Glénat, 2017, coll. Tchô !)

En 1940, alors que l’armée nazie a envahi la Pologne, les juifs de Varsovie ont été parqués dans le ghetto. Cet espace au coeur de la ville est particulièrement surveillé, les accès sont contrôlés par des gardes et des barrières, et ceux qui tentent de s’en échapper sont abattus sans sommation. Personne ne vient, sauf des membres du département d’aide sociale, financés par les occupants, qui transportent dans leur camion un peu de vivres, de médicaments et de vêtements pour soutenir les habitants désoeuvrés. Parmi ces membres des services sociaux, il y a Irena Sendlerowa, une jeune femme adorée des enfants, connue de tous, et dont le mari est prisonnier. Courageuse, elle tient tête aux gardiens, qui n’aiment pas ceux qui viennent aider ceux qu’ils considèrent comme des « sous-hommes ». Un jour, alors qu’elle est présente aux côtés des habitants, Irena est appelée au chevet d’une femme mourante qui lui demande de sortir son enfant de cet enfer. Dès lors, après de nombreuses hésitations, aidée d’un collègue, Irena décide de sortir clandestinement des orphelins du ghetto, mais elle risque gros, très gros… Lire la suite

Kersten tome 1

KERSTEN MEDECIN D’HIMMLER, tome 1 : PACTE AVEC LE MAL, par Patrice Perna (scénario) et Fabien Bedouel (dessin) (Glénat, 2015)

L’histoire commence en 1945 en Suède, à Stockholm. Le docteur Kersten demande l’asile ainsi que des papiers. Mais tout cela lui est refusé par le nouveau ministre des affaires étrangères. L’homme repart, dépité et incompris. Retour en 1939 : le docteur Kersten, finlandais mais ayant un diplôme allemand, est le seul à pouvoir soulager avec ses mains Himmler, un des proches collaborateurs d’Hitler. Au fil des séances avec le haut-dignitaire nazi, il en devient le confident. Lorsqu’il apprend la déportation de la population hollandaise, il va tout faire pour l’empêcher ce désastre. Himmler l’apprécie tellement qu’il lui fait entièrement confiance et accède positivement à ses demandes, en allant voir le Führer même si besoin, ou en faisant libérer un des amis du médecin, emprisonné de façon arbitraire. En même temps, Kersten donne des infos aux anglais en parallèle, et malgré sa répulsion de plus en plus grande pour Himmler, doit risquer sa vie à chaque instant.

Cet album traite de la seconde guerre mondiale sous un angle que je trouve inédit, et est inspirée d’une histoire vraie. J’ai beaucoup aimé ce volume, car l’histoire est bien écrite et bien menée. En effet, au départ on ne sait quoi penser de cet homme qui côtoie les nazis, mais plus les planches défilent et plus on comprend qu’il est pris dans une grosse machine qui le dépasse, lorsqu’il doit suivre Himmler en Yougoslavie ou lors que le dirigeant nazi quitte Berlin, en obligeant son médecin à le suivre. Sentant la pression de plus en plus forte exercée par Himmler qui pourrait très vite devenir menaçant et dangereux, Kersten ne veut plus jouer un double jeu et se voit donc pris au piège. Ce volume se termine en 1941, mais on sait dès le départ que Kersten survit à la guerre, donc on espère seulement lire la suite pour voir comment il va se sortir de cette situation. Graphiquement parlant, j’ai eu au départ un peu de difficultés avec le dessin, un peu étrange, avec un trait fin pas forcément très assuré. Puis finalement, cela convient bien à l’histoire, servie par des couleurs ternes, qui aide à créer une ambiance du genre « chape de plomb » (l’auteur est le même que dans « Un long destin de sang« ). A noter aussi qu’il y a pas mal de portraits en gros plan dans de petites cases, ce qui accentue le côté sombre ettragique de l’histoire. Le scénario quant à lui est très bien écrit, utilisant bon nombre de mots de vocabulaire « d’époque » (les tournures de phrases des nazis et leur peu de considération des autres peuples par exemple). Le découpage de l’histoire est dynamique et m’a permis de bien accrocher à cet album au sujet peu réjouissant. Happée par cette histoire, j’espère maintenant pouvoir lire la suite rapidement…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Samba BD, Chroniques de l’invisibleCases d’histoire, Les 8 plumes, Bar à BD

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Noukette.

A l’ombre de la gloire

À L’OMBRE DE LA GLOIRE, par Denis Lapière (scénario) et Aude Samama (Futuropolis, 2012)

Biographies des destins croisés de Mireille Balin et Victor Perez. Elle est née à Monte Carlo dans une famille aisée et a vécu à Paris avant de voir sa carrière cinématographique se lancer, pour devenir l’incarnation de la femme fatale du cinéma de l’entre-deux-guerres. Lui est né en Tunisie dans une famille juive pauvre, et décide d’arrêter l’école pour se lancer dans la boxe. Il gravit les échelons de sa discipline et devient même le plus jeune champion du monde dans sa catégorie… Mireille et Victor se croisèrent et devinrent amants, mais Mireille dans sa quête de célébrité laissera tomber le jeune homme lorsqu’il ne parviendra pas à retrouver son niveau de champion. La seconde guerre mondiale les verra prendre des chemins diamétralement opposés : elle fréquente les galas de bienfaisance à l’ambassade d’Allemagne à Paris et tombe follement amoureuse d’un officier autrichien de la Wehrmacht, tandis que lui refuse de rentrer en Tunisie avec son frère, vivant à Paris, puis dénoncé, il est déporté à Auschwitz et meurt lors d’une « marche de la mort » en 1945…

Voici un album qui oscille entre plusieurs genres : la biographie, le récit sportif, l’histoire d’amour… Les deux récits sur Victor Perez et Mireille Balin sont habilement mêlés de façon chronologique : au départ, on a leur enfance, leurs débuts dans leurs domaines respectifs, puis leur rencontre manquée alors qu’elle commençait à être reconnue et que lui était commis dans un magasin de chaussures chic. Ensuite, une bonne part de l’album est sur leur temps ensemble, alors qu’ils sont au sommet de leur gloire, mais leurs chemins se séparent lorsque Victor perd son statut de champion du monde, elle ne fréquentant que des hommes de la bonne société. C’est une histoire somme toute assez banale, mais au final bien triste qui nous est proposée là, les destins des deux héros se finissant bien mal. Le récit nous est raconté par une voix off, dans les cartouches, ce qui ne nous rapproche pas forcément des deux personnages, mais permet d’apporter des compléments intéressants sur leur psychologie. C’est un peu le regret que j’ai à la lecture de l’album, cette impression de ne pas avoir été touchée, impliquée dans l’histoire. L’histoire est trop effleurée à mon goût, c’est bien dommage car l’aspect graphique de cet album vaut le coup. Il s’agit là de peintures plus que de dessins, et c’est vraiment splendide à regarder. On voit tout le travail effectué pour représenter artistiquement cette histoire, et il y a quelques grandes planches particulièrement jolies. Bien sûr, cette technique implique l’absence de détails précis, mais cela n’est pas dérangeant car cela confère une ambiance particulière à l’album et le style d’Aude Samama, que je trouve très agréable, porte joliment cette histoire, que j’aurais aimée plus détaillée (mais j’ai trouvé les réponses à mes questions en faisant ensuite mes recherches biographiques sur Internet…!). Un album tout de même intéressant, à découvrir autour de deux personnages plus ou moins oubliés de nos jours…

Non mentionné sur l@BD.

On en parle sur les blogs : Salon littéraire, Le bibliophare, Les sentiers de l’imaginaire, BDdog

Premières planches à voir sur Digibidi.

Interview des deux auteurs à lire sur SambaBD.

L’envolée sauvage, cycle 2, tome 4 : La boîte aux souvenirs

L’ENVOLÉE SAUVAGE (cycle 2), tome 4 : LA BOÎTE AUX SOUVENIRS, par Laurent Galandon et Hamo (Bamboo, 2012, coll. Grand Angle)

Suite du tome 3. Deux petites filles juives Ada et Lucja sont obligées de fuir encore et toujours. Elles ont quitté Berthe chez qui elles vivaient pour être envoyées en train vers la zone libre, dans une colonie d’enfants juifs dirigée par monsieur et madame Zilbermann. La vie se déroule paisiblement, Ada raconte des histoires aux plus petits, mais nous sommes en 1942 et l’armée allemande envahit alors aussi la zone libre. L’arrestation des adultes et des enfants ne va être que la première étape pour les deux fillettes : aidée de Gabor, le cuisinier d’origine rom, elles vont tenter de s’échapper vers la Suisse avec un groupe d’enfants. Rattrapée peu avant la frontière par l’ennemi, Ada va être déportée à Auschwitz, découvrir que de nombreux juifs y sont assassinés, retrouver pendant un temps madame Zilbermann, et revenir affaiblie mais vivante des camps de la mort… Elle ne désespère pas de retrouver sa jeune sœur, mais cela lui semble bien compliqué…

Avec ce tome, c’est la fin d’un second cycle sur les déportations d’enfants juifs pendant la seconde guerre mondiale. Les héroïnes sont Ada et Lucja mais c’est aussi l’occasion de rencontrer nombre d’enfants juifs séparés eux aussi de leurs familles. Le tome est riche et dense : il se passe plein de choses dans cet album, et tout n’est pas forcément expliqué clairement. Le scénario n’est pas assez fouillé à mon goût, beaucoup d’événements sont simplement évoqués sans pouvoir expliciter, et c’est bien dommage. Je ne suis pas certaine que les plus jeunes lecteurs comprennent lorsqu’Ada est déportée à Auschwitz (on le reconnaît avec la porte du camp, surmontée de la phrase « Arbeit macht frei ») et tout ce qu’elle vit là-bas (le tatouage de son numéro, son travail sur les lieux de stockage des objets des déportés…). Mais comme la narration se fait sur un temps extrêmement long (entre 1942 et la libération), il est donc difficile de développer tout cela sur 48 pages. C’est en tout cas une histoire très touchante et qui plaira sans nul doute aux jeunes lecteurs. Personnellement, j’ai beaucoup aimé les passages où Ada raconte des histoires : le dessin est sans couleurs, sorte de crayonné pas terminé mais magnifique, et sous couvert de fiction, Ada dit aux enfants juifs qu’il ne leur faut pas oublier leurs racines, leur histoire. C’est une évocation touchante et émouvante de ce qu’ont pu vivre des enfants pendant et après la guerre. Malgré quelques passages trop légers à mon goût, l’album se lit très bien : dessins et scénario sont compréhensibles et réalistes, les couleurs sont elles aussi travaillées pour reproduire l’ambiance de l’époque. A noter enfin que ce cycle se relie au premier (dont le héros était Simon) sur la fin de l’histoire. Vraiment, c’est une série de qualité à faire lire aux collégiens !

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Vive les bêtises, A propos de livres, Delcyfaro, BDaBD

Premières planches à lire sur le site de l’éditeur.