Brise glace [roman]

BRISE GLACE, par Jean-Philippe Blondel (Actes sud junior, 2011, coll. Romans ado)

Aurélien entre en 1ère Littéraire dans un nouveau lycée. C’est la troisième fois en trois ans qu’il change d’établissement : la première fois, ses parents déménageaient, la deuxième, c’était pour son entrée en classe de 2nde, et là, c’est pour choisir la filière L. Autant dire qu’il n’est pas facile pour lui de se faire des amis. Mais cela l’arrange, car il ne cherche pas à s’en faire. Non, son but, c’est de se rendre le plus invisible possible, à se faire oublier de tous. Pourtant un jour, Thibaud, un garçon de sa classe, lui adresse la parole et cherche à devenir son ami. Il l’invite à une soirée chez lui, puis à une soirée slam dans un bar. Thibaud cherche à lui faire raconter son histoire, mais cela fait quatre ans qu’Aurélien se sent emprisonné avec ses souvenirs, ce qui s’est passé il y a quatre ans l’a changé à tout jamais…

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Le complexe du papillon [roman]

LE COMPLEXE DU PAPILLON, par Annelise Heurtier (Casterman, 2016)

Mathilde est une adolescente qui vit en Dordogne avec ses parents qui élèvent des canards. Avec sa meilleure amie Louison, elle adore passer du temps à grignoter, parler et rire. Mathilde est aussi sportive : elle fait aussi partie d’un club d’athlétisme et aime courir. Mais lorsqu’à la rentrée, Mathilde découvre le changement physique de Cézanne, une de ses camarades auparavant insignifiante et là si belle, transformée telle une chenille en un magnifique papillon, Mathilde réalise que son corps n’est pas comme cela. Pour parvenir à séduire Jim, elle va alors tout faire pour atteindre un corps parfait, comme celui de Cézanne ou de mannequins qu’on peut voir dans les magazines… Elle entame un régime, mais le dissimule aux yeux de tous sauf de Louison…

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Un thé pour Yumiko

UN THÉ POUR YUMIKO, par Fumio Obata (Gallimard, 2014, coll. Bayou)

Yumiko est une jeune femme japonaise qui vit depuis quelques années à Londres, ville qu’elle apprécie beaucoup. Elle partage sa vie avec son ami britannique Mark et s’éclate dans son travail. Un jour, son frère l’appelle du Japon et l’informe du décès de son père. Yumiko prend alors seule l’avion pour se rendre aux obsèques de son père ; c’est l’occasion pour elle de retrouver sa famille et de se rendre compte du décalage culturel entre son pays d’origine et son pays d’adoption. Elle en profite aussi pour retrouver ses racines et rendre visite à sa mère qui l’a toujours poussée à croire en ses rêves.

Voici un album qui était passé sur des blogs de lecteurs il y a quelques temps, et que j’avais noté. Dernièrement, il faisait partie des nouveautés à la bibliothèque, et je me suis donc laissée tenter par cette histoire mêlant deux cultures. Tout d’abord, je dois dire que j’ai beaucoup aimé le trait de l’auteur ainsi que la méthode de l’aquarelle qui confère à ce récit une agréable touche poétique et légère. Le trait est simple, sans superflu, parfois presque naïf, et il passe très bien dans cette histoire réaliste. J’ai aimé que le dessinateur ne représente pas la famille de Yumiko avec des traits typiquement japonais, car cela universalise le récit.. L’histoire se lit facilement, les pages se tournant presque parfois trop vite (il y a assez peu de textes et beaucoup de choses passent par l’image). Le récit est pourtant lent, il faut dire qu’il ne se passe pas énormément de choses dans cette histoire, sans pour autant que le lecteur s’ennuie. La relation de Yumiko avec sa famille n’est pas facile, et on la suit sans déplaisir dans son introspection et son retour aux sources. Un thé pour Yumiko est une histoire toute sensible sur la famille ainsi que le deuil tel qu’il peut se vivre au Japon. L’histoire comporte beaucoup de non-dits, et on sent l’héroïne entre deux cultures, n’étant plus vraiment japonaise sans pour autant être complètement européenne. C’est un point de vue intéressant, mais je suis restée un peu sur ma faim tout de même, il m’a manqué un petit quelque chose que je ne saurais décrire. Peut-être est-ce la fin un peu abrupte, où Yumiko se dit en revenant à Londres que rien n’a changé et reprend le cours de sa vie… Il n’en reste pas moins que cet album est une jolie histoire poétique avec de magnifiques dessins aux tons pastels, même si ce n’est pas pour moi un coup de cœur.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Au milieu des livres, Le blog du petit carré jaune, Le blog de Yuko, Chroniques de l’invisiblePause lecture avec Kikine, Littérature a blog, Chez Clarabel

Premières planches à voir sur Izneo.

Aller voir le site (en anglais) de l’auteur, qui vit comme son héroïne en Grande-Bretagne.

Septembre en t’attendant

SEPTEMBRE EN T’ATTENDANT, par Alissa Torres (scénario) et Sungyoon Choi (dessin) (Casterman, 2009, coll. Ecritures)

Autobiographie dessinée d’Alissa Torres, une jeune femme américaine qui en 1998 tombe amoureuse puis épouse Eddie Torres, jeune agent de change d’origine colombienne. Le jeune couple commence alors sa vie à New-York, et la fin de l’année 2001 s’annonce bien, la jeune femme étant enceinte de leur premier enfant, prévu pour la fin septembre. Lui commence un nouveau travail le 10 septembre dans une entreprise située dans une des deux tours du World Trade Center, mais ne survivra pas aux attentats meurtriers qui ont frappé les bâtiments new-yorkais. Alissa doit alors apprendre à survivre à la mort de celui qu’elle aimait. Elle nous raconte les multiples procédures administratives, les barrières auxquelles elle s’est heurtée, les incompréhensions auxquelles elle a dû faire face, ainsi que ses questionnements…

Cet album est je crois le premier que je lis sur le 11 septembre 2001, date que l’on peut considérer comme celle du véritable changement de siècle et d’entrée de plein pied dans le 21ème siècle. L’histoire se lit assez facilement, même si on ne connaît pas toutes les procédures américaines, et même si les différentes associations citées tout au long de l’album sont moins connues de notre côté de l’Atlantique. Alissa Torres veut ainsi montrer le long et difficile chemin qu’elle a dû parcourir pour faire son deuil, alors que les autorités et les associations d’aide aux familles des victimes l’ont au final assez peu aidé d’un point de vue psychologique. L’auteur dénonce le système trop compliqué, le manque de considération envers les familles et les incohérences qui ont jalonné son parcours. Le récit, qui veut montrer l’envers du décor, est globalement fluide, même s’il m’a certainement manqué des éléments de culture américaine pour comprendre complètement l’histoire. C’est vraiment une autre face de l’histoire qui nous est racontée là, une vision très personnelle du drame qui a frappé l’Amérique ce matin de septembre. Ce qui est exposé n’est pas toujours politiquement correct, l’auteur dénonçant aussi bien les instances officielles, les médias que les associations d’aide, avec parfois une touche d’ironie non dissimulée. C’est donc une oeuvre intéressante de ce point de vue, même si assez égocentrique. Le dessin en noir et blanc, réalisé par une dessinatrice américaine d’origine sud-coréenne (et publiant dans le New-York Times) est travaillé et assez fin, alternant les cases strictes et les planches plus libres. Il ne comprend que quelques touches de bleu pâle, et cela rend le récit un peu plus vivant que s’il n’était qu’en noir et en blanc. Cependant, j’ai trouvé dommage que le nom de la dessinatrice soit oublié sur la couverture, car le dessin est aussi important que le scénario. Le chapitrage chronologique permet de se repérer dans cette année qui a suivi le 11 septembre, et heureusement qu’il y a ce découpage, car le récit est dense (plus de 200 pages) et part parfois dans de nombreuses directions, nous perdant quelquefois dans les multiples pistes exposées. J’ai eu un peu de mal à suivre l’histoire, mais surtout à être vraiment touchée par l’histoire de cette femme parfois butée, même si certains passages sont particulièrement troublants. La fin est heureuse, pleine d’espoir malgré la perte du mari. Les photos du disparu recouvrent une double page en fin d’album, et cela rend l’histoire encore plus réelle, même si ce n’est qu’un exemple parmi d’autres des victimes du terrorisme. Septembre en t’attendant est un album intéressant (comme souvent dans cette collection), mais qui n’est pas forcément facile à comprendre quand on le lit avec des yeux d’européens. Je fais peut-être ma difficile, mais pour le coup, un dossier sur le sujet en fin d’ouvrage n’aurait, je pense, pas été superflu, pour aller au-delà de la simple histoire personnelle.

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chez Clarabel, La bibliothèque du dolmen, Le grenier à livres, Chez Canel

C’est ma quatrième participation à  la bd de la semaine, cette semaine chez Noukette.

La petite famille

LA PETITE FAMILLE, par Loïc Dauvillier (scénario), Marc Lizano (dessin) et Jean-Jacques Rouger (couleurs) (les éditions de la gouttière, 2013)

Un jeune garçon et sa soeur viennent passer quelques jours de vacances chez leurs grands-parents à la campagne. Tout se passe bien, la grand-mère est gentille avec eux, mais le grand-père est ronchon… Un jour il les emmène à la pêche, et les enfants vont découvrir un grand-père différent, qui profite du temps avec ses petits-enfants. Ils découvrent aussi son passé de footballeur. Le petit garçon devient alors complètement fan de son grand-père, jusqu’à ce que des problèmes de santé surgissent. C’est lors de vacances au bord de la mer que la famille apprend le décès du grand-père. Pas facile de gérer ses émotions dans ces moments-là… Les enfants découvrent la mort et la peine, et culpabilisent d’avoir « usé » leur grand-père en courant avec lui lors des parties de foot…

Voici un album avec une histoire toute simple, racontée du point de vue du petit fils pour la voix off. A vrai dire, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais je pensais avoir dans les mains quelque chose de plus palpitant, même si au final cette histoire de relation filiale reste agréable. Elle parlera facilement aux jeunes lecteurs, et permet d’aborder en douceur le thème du deuil. La voix off du petit garçon semble presque nous parler et ressemble à tous les questionnements des enfants de son âge, qui croient que leurs proches sont immortels. Le dessin est quant à lui aisément abordable, avec des planches constituées de cases avec des gros plans sur les personnages et peu de décors et d’autres qui au contraire développent les décors, avec des cases plus grandes. A l’origine publié en trois tomes (il y a à peu près dix ans et chez un autre éditeur), il est agréable de lire ce triptyque d’une seule traite : le début parle de la famille en général et du lien qui unit les êtres, alors que la seconde partie aborde la mort du grand père suite aux problèmes de santé. Cet album qui ne paie pas spécialement de mine constitue une approche intéressante et touchante pour parle du deuil aux enfants. Ce n’est pas un album mémorable pour moi, mais il comporte tout de même un charme certain… Le sujet n’est pas si fréquent que cela en BD jeunesse.

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Littérature a blog, Twenty three peonies, La bibliothèque de Noukette, Délivrer des livres, Takalirsa, Chez Canel

Premières planches sur Digibidi.

Sept jours à l’envers

SEPT JOURS A L’ENVERS, par Thomas Gornet (Rouergue, 2013, coll. DoAdo)

On est dimanche. Un ado, collégien, se retrouve avec ses parents dans un parc. L’ambiance n’est pas au beau fixe, ils se parlent peu. Il faut dire que depuis le dimanche précédent et la mort accidentelle d’un membre de sa famille, l’ambiance est plus que morose. Alors l’ado va faire le récit antéchronologique de la semaine écoulée, remonter le temps sur les 7 jours précédents jusqu’à revenir à l’accident fatal… Avec ses mots, il va raconter l’annonce du décès, l’organisation de la sépulture, les réactions de ses parents, ses souvenirs d’avec le disparu…

Voici un court roman de 71 pages sur le thème de la mort d’un proche. Le sujet n’est pas drôle du tout, mais l’auteur aborde ce difficile thème de façon sensible. L’originalité réside dans la forme du texte, qui est raconté à l’envers, donc les émotions montent au fur et à mesure qu’on se rapproche du jour fatidique. Je pense qu’une fois le récit lu, il faudrait reprendre les chapitres dans l’ordre chronologique, pour voir si les impressions sont les mêmes. Les indices sur qui est décédé sont distillés tout au long du récit, et même si on commence à s’en douter à partir d’un moment, ce n’est qu’à la dernière page qu’on sait qui est le décédé vis à vis du narrateur. On n’a pas de détails sur ce qui s’est passé, mais c’est vraiment le ressenti des proches qui est la trame de ce roman bien écrit. Les mots employés par le narrateur sonnent très justes et pourraient être prononcés par un jeune de cet âge-là. De par son sujet peu réjouissant, je ne suis pas sûre que ce roman emballe les élèves, mais moi personnellement, j’ai bien aimé, et j’espère pouvoir convaincre quelques élèves de l’emprunter !

Non mentionné sur Ricochet, mais certains sites le conseillent à partir de 12 ans.

On en parle sur les blogs : Radicale, La soupe de l’espace, Les riches heures de Fantasia, Le bateau livre, Melaine books, Plumosaure

Aller voir du côté du blog de l’auteur.

Poil au nez

POIL AU NEZ, par Cécile Chartre (Rouergue, coll. DoAdo, 2010)

https://i1.wp.com/multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/9/9/9/9782812600999.jpgAngel a 16 ans et est lycéen. Il est entouré d’une bande d’amis, qui décident de se pointer chez lui le 31 décembre 2009 à 11h18, en prévision de la soirée de la Saint-Sylvestre. Pour Angel, ce n’est vraiment pas le jour, car cela fait 10 ans jour pour jour que son père est décédé et lui a laissé une boîte fermée en guise d’héritage. Il lui a demandé de n’ouvrir ce colis que « le 1er janvier 2010 à zéro heure, zéro minute ». Angel pensait donc profiter du 31 décembre pour se rappeler des bons moments avec son père, écouter ses compositions, et passer de bons moments avec sa mère, pour peut-être réussir à terminer son deuil.

Voici un court roman, de 89 pages, sur le thème de la mort. Pas très réjouissant ? Et bien, finalement ce roman n’est pas triste. Angel est le narrateur du récit et s’adresse toujours à son père. Certains moments sont graves, lorsqu’il raconte la perte difficile de son père, la vie sans lui. Certains autres sont joyeux : les bons moments avec les amis, la sortie dans la rue et à la boulangerie de Pyjaman (Angel déguisé en super-héros). Les instants du présent et les souvenirs du passé sont mélangés, sans pour autant les confondre. Il y a aussi une touche d’amour : Angel est amoureux de Prune depuis le collège, mais elle non. Angel doit donc vivre avec ce refus. C’est donc la vie d’un ado orphelin de père que nous suivons sur un moment très court, tout l’action se déroulant sur moins de 24 heures. J’ai bien aimé le récit, lorsque le fils se rappelle les moments avec ses parents réunis, lorsqu’il dévoile ses sentiments… Ce n’est que dans les dernières pages qu’on apprend finalement ce que contenait la précieuse boîte laissée par le père. Sur le coup, j’ai été un peu déçue… Heureusement qu’on sait que le décédé avait de l’humour, car sinon, ça tomberait bien à plat comme histoire. Alors après, je me dis que c’est une bonne fin, légère et finalement probable… En plus, ça explique clairement le titre, assez intrigant… 

A partir de 13 ans selon Ricochet.

Le début du roman est à lire sur le site de l’éditeur.

Lire les avis sur les blogs de Marie, Petitbout2bib, livresjeunesse, et sur le site Encres-vagabondes.