Le prince et la couturière

LE PRINCE ET LA COUTURIÈRE, par Jen Wang (Akileos, 2018)

Le prince Sébastien est un cœur à prendre. Mais il semble peu intéressé pour se trouver une princesse à épouser. Ce sont ses parents surtout qui s’inquiètent et tentent d’organiser des rendez-vous pour que des jeunes filles rencontrent leur fils. Sébastien, lui, préfère s’habiller en robes, et quand il découvre lors d’un bal la tenue très originale d’une princesse, il demande à faire venir secrètement sa couturière. Cette dernière, Frances, déconsidérée dans l’atelier où elle travaille, accepte la proposition la proposition d’embauche pour le mystérieux envoyé qui vient la chercher à son travail. Quelques temps plus tard, elle découvre l’identité de son employeur et lui crée des robes toutes plus originales les unes que les autres… Sébastien, lors des soirées mondaines, devient Lady Cristallia. Il approche même madame Aurelia, la couturière dont Frances est totalement fan. Mais comment gérer l’identité secrète de Sébastien/Lady Cristallia et en même temps la volonté de Frances de devenir une couturière renommée ?

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Mentir aux étoiles [roman]

MENTIR AUX ÉTOILES, par Alexandre Chardin (Casterman jeunesse, 2018)

mentirLéon est un garçon qui à l’école primaire avait une auxiliaire de vie scolaire (AVS). Arrivé au collège, il décide qu’il pourra se débrouiller seul en classe. Pourtant sa mère n’est pas convaincue, mais le père de Léon choisit de lui laisser un peu d’air et de lui faire confiance. Mais l’entrée en sixième n’est pas facile pour le jeune garçon : il est plutôt du genre rêveur et ses réactions ne sont pas comme les autres, d’autant plus qu’il parle aux animaux… Heureusement qu’une élève de 3e, Salomé, l’aide et l’encourage pour affronter les problèmes qu’il peut rencontrer… Mais personne d’autre ne semble la voir…

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Paris est tout petit [roman]

PARIS EST TOUT PETIT, par Maïté Bernard (Syros, 2018)

parisInès a 17 ans et vit en banlieue parisienne. Elle est inscrite en terminale L dans un lycée où elle suit aussi des cours pour les concours d’entrée à Sciences Po, avec ses amis Bahia et Sekou. Orpheline de père et fille d’une femme de ménage d’origine algérienne, la vie n’est pas toujours aisée, mais les deux femmes s’entendent très bien. C’est d’ailleurs sa mère qui a poussé Inès à s’inscrire dans ce lycée éloigné du domicile pour assister aux cours pour Sciences Po. C’est par elle aussi qu’Inès décroche un job de femme de ménage chez les De Brissac qui vivent dans le 7e arrondissement de Paris. Là, c’est le coup de foudre presque instantané avec Gabin, le fils aîné de la famille, 19 ans et aussi en terminale. Les deux jeunes gens issus de mondes opposés vont se découvrir, Gabin partager ses coups de coeur culturels et son amour pour sa ville avec Inès. Mais la Ville-Lumière est frappée par les attentats terroristes au Bataclan, au Stade de France et aux terrasses des cafés… La mère de Gabin meurt au Bataclan, et Gabin perd pied… Que peut faire Inès pour l’aider ?

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La différence invisible

LA DIFFÉRENCE INVISIBLE, par Julie Dauchez (scénario) et Mademoiselle Caroline (dessin) (Delcourt, 2016, coll. Mirages)

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Marguerite a la vingtaine, un petit ami, un emploi de bureau dans une entreprise. Sa petite vie est parfaitement réglée, il faut dire que Marguerite aime son train-train et déteste tout imprévu : son trajet est parfaitement réglé, tout comme son emploi du temps quasi-minuté. La jeune femme déjeune toujours seule et ne prend pas de pause avec ses collègues, elle ne saisit pas le second degré et passe pour être particulière, voire même bizarre aux yeux de ses collègues. Elle a aussi des difficultés avec la vie en société : elle déteste les week-end imprévus ou loin de chez elle, ainsi que les soirées avec les amis de son mec, amis qui ne lui adressent même plus la parole. En même temps, elle ne sait pas quoi leur dire… Un jour, à force de se demander pourquoi elle n’est pas comme les autres, elle tombe sur un article sur internet qui lui fait découvrir le syndrome d’Asperger, une forme d’autisme. C’est la révélation pour la jeune femme, qui va alors, à force de persuasion et de persévérance, passer des tests et être diagnostiquée Asperger, « aspie » pour les intimes….

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Irmina

IRMINA, par Barbara Yelin (Actes Sud / l’an 2, 2014)

Au milieu des années 1930, Irmina est une jeune femme qui veut être indépendante. Allemande originaire de Stuttgart, elle part en Angleterre suivre des cours dans une école internationale de secrétariat, aidée financièrement par ses parents. Là, elle rencontre un beau jour Howard, un jeune homme talentueux britannique, originaire de l’île caribéenne de la Barbade. Fascinée par le jeune étudiant noir, Irmina découvre à ses côtés Oxford, la ville où son ami poursuit ses études. Cette rencontre est aussi l’occasion pour elle de côtoyer un jeune homme différent qui rencontre fréquemment des situations de racisme lié à sa couleur de peau. Pour Irmina, c’est différent, c’est la situation politique en Allemagne qui pose question aux Anglais. Hitler a en effet gagné le pouvoir depuis 1933, et les relations diplomatiques se tendent de plus en plus. Irmina subit ces désagréments, en n’étant plus la bienvenue partout en Angleterre. Elle perd son logement à cause de ses origines, et l’argent que ses parents lui envoyaient ne lui parvient plus. N’ayant plus de nouvelles d’Howard, son seul ami en Angleterre, elle décide de rentrer dans son pays natal, persuadée qu’elle pourra retraverser la Manche facilement. Embauchée au ministère de la guerre, on lui fait espérer un poste à l’ambassade allemande à Londres, mais il n’en sera rien. L’emprise d’Hitler sur le peuple allemand va bloquer les relations diplomatiques, et le poste promis tarde à arriver. Pour se protéger et garder son confort, la jeune femme qui se voulait indépendante va mettre de côté ses ambitions et  fréquenter des jeunes hommes faisant partie des SS. Parmi eux, Gregor qui tombe amoureux d’elle. Ils se marient et ont un fils, mais la vie rêvée d’Irmina est bien lointaine…

Voici un gros pavé de 270 pages que j’ai acheté à Angoulême en janvier dernier. Si j’avais attendu un peu au stand de l’éditeur, j’aurais pu le faire dédicacer, mais ce jour-là, je n’ai pas pris le temps de revenir faire signer l’album de cette auteur allemande. J’ai dévoré cette histoire qui suit le parcours d’une jeune femme qui se veut indépendante, alors que les circonstances vont aller contre son destin et qu’elle va devoir revoir ses ambitions pour conserver un mode de vie. La grande et la petite histoire se mêlent de façon habile, et dès le début de l’histoire on entrevoit l’accumulation d’éléments qui aboutiront à la guerre. Irmina est souvent attachante, parfois naïve, parfois agaçante, mais on peut comprendre qu’en ces temps troublés, elle cherchait parfois plus à survivre, quitte à mettre de côté son indépendance. Le scénario est bien construit, de façon chronologique, et donc on n’est pas perdus. Le dessin de l’auteur allemande est très joli, très agréable, appuyé par des couleurs dans les tons gris, bleus, marrons, qui ajoutent encore de la consistance au récit, basé sur l’histoire de la grand-mère de l’auteure. J’ai beaucoup aimé les portraits qu’elle trace, ainsi que les pleines pages qui sont réellement magnifiques à admirer. La fin du récit est bouleversante, lorsqu’Irmina se rend compte que sa vie aurait pu être différente, s’il n’y avait pas eu la guerre, si les circonstances avaient été différentes, si elles avait fait d’autres choix… Il y a un côté doux-amer qui ressort de cet roman graphique, qui fait aussi réfléchir sur sa propre vie et ses choix. Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé cette fresque historique qui mêle l’histoire d’Irmina, allemande lambda prise dans un tourbillon plus grande qu’elle, et l’histoire officielle. Irmina est mon coup de cœur du moment !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : La soupe de l’espace, A chacun sa vérité, Lettres exprès, Le goût des livres, Livresse des mots

Quelques planches sur le site de l’éditeur allemand.

Prix Artémisia 2015, récompensant un album réalisé par une femme.

C’est ma neuvième participation à la bd de la semaine, cette semaine chez Noukette

Coeur de pierre

CŒUR DE PIERRE, par Séverine Gauthier (scénario) et Jérémie Almanza (Delcourt jeunesse, 2013)

Une petite fille au cœur d’artichaut tombe follement amoureuse d’un petit garçon au cœur de pierre auquel on n’a jamais appris à aimer. Il ne comprend pas ce que veut la petite fille et lorsque celle-ci lui offre une feuille de son cœur, il la déchire en petits morceaux. Mais la petite fille s’obstine et continue de lui offrir son cœur, et le garçon au cœur de pierre lui brise le cœur en déchirant les nouvelles feuilles… La petite fille a le cœur en lambeaux, jusqu’à ce qu’elle rencontre un garçon au cœur d’or, qui ramasse les morceaux et les recolle avant de les offrir à sa belle… De son côté, le garçon au cœur de pierre ne comprend pas ce qui se passe…

Après avoir vu cet album sur de nombreux blogs, je me suis décidée à le réserver en bibliothèque. C’est la même scénariste que pour Mon arbre et Garance. J’ai gardé l’album à la maison et ai un peu tardé à le lire. Par contre, une fois entamé, impossible de le refermer avant la fin. Il faut dire que l’histoire étant écrite en rime uniquement, je me suis prise au jeu de la lecture sans trop m’en rendre compte. Cela contribue au côté poétique de l’histoire, qui est triste mais jolie, entre ces enfants aux cœurs différents. Il n’y a pas de bulles, mais que du texte en off, qui se lit très rapidement (un peu trop même). Les jeux de mots sont bien trouvés, entre les cœurs d’artichaut, de pierre et d’or. Cela montre aussi l’importance de l’éducation pour faire du cœur de son enfant le meilleur possible. Les dessins sont extrêmement fins et précis, sans pour autant être réalistes : par exemple les personnages ont une grosse tête sur un petit corps, des objets comme le banc tiennent debout par on ne sait quelle magie… Cela m’a fait penser à du Tim Burton, un univers très particulier et onirique. Il y a assez peu de décors, l’histoire se concentre sur les trois personnages principaux. Les couleurs sont riches, toutes en nuances : des couleurs claires pour la petite fille, foncées pour le petit garçon. C’est donc facile de les distinguer, et on voit le gros travail fait au niveau des coloris. Un album aussi joli à lire qu’à regarder, à lire et relire, tellement son ambiance est particulière…

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Les jardins d’Hélène, IDDBD, Une tasse de culture, Mille et une frasques, Depuis le cadre de ma fenêtre, Des livres des livres !White pages

Aller voir du côté du blog de Séverine Gauthier.

Interview des deux auteurs à lire sur BDGest.

Où le regard ne porte pas, tome 1

OÙ LE REGARD NE PORTE PAS, tome 1, par Georges Abolin (scénario) et Olivier Pont (scénario et dessin) (Dargaud, 2004, coll. Long courrier)

En 1906, une famille londonienne s’installe dans une petite ville italienne de bord de mer, Barellito. L’acclimatation n’est pas facile, car les nouveaux arrivants sont vus comme des étrangers, et surtout le père veut créer son entreprise de pêche avec un bateau à vapeur, mal vu par les pêcheurs italiens qui n’utilisent que la voile. Seul un homme leur adresse la parole, parce que lui aussi n’est pas natif de Barellito, et qu’il est aussi considéré comme étranger par les habitants. Pour le fils William, l’acclimatation est plus facile : il découvre une région où les paysages sont magnifiques, le soleil toujours là, et se fait des amis très précieux : Paolo, Nino et Lisa qui a des pouvoirs étranges… Leur particularité : ils sont tous les quatre nés le même jour. Mais le paradis est de courte durée, car les villageois font tout pour que le projet d’installation tourne à l’échec : personne ne parle à la famille, le bateau à vapeur est incendié…

Voici un diptyque, encore une fois. Je l’ai choisi pour la couverture très épurée, que je trouve très jolie, et son titre, pas spécialement évocateur, donc intrigant. A vrai dire, j’ai beaucoup aimé cette lecture. L’histoire prend bien le temps de se développer sur 92 pages. Malgré les malheurs, cet album sent le soleil méditerranéen. Les couleurs sont très belles, très claires. Il y parfois des pages bien plus foncées, hors du contexte de l’histoire originale, peut-être à une autre époque, avec des personnages non mentionnés auparavant. Je n’ai pas spécialement compris ce que ça faisait là, mais cela laisse supposer un développement plus profond de cette partie de l’histoire dans le second tome. Un petit bémol sur le dessin, parfois assez imprécis, avec des mouvements impossibles à faire (surtout au niveau des jambes), mais bon, ce n’est pas bien grave, car le scénario est vraiment bien construit pour passer un bon moment de lecture avec ces enfants… Il laisse plusieurs questions sur le lien qui unit les enfants et les pages foncées intercalées dans l’histoire, et c’est justement ce qui motive à lire la suite !!

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Les lectures de Pasdel, Une pause livre, Les carabistouilles de Marie, Chroniques de l’invisible (ancien blog)

Le début de l’histoire à voir sur Izneo.