15 jours sans réseau [roman]

15 JOURS SANS RÉSEAU, par Sophie Rigal-Goulard (Rageot, 2017)

15jours sans réseau

Emilie, Parisienne de 12 ans, vient juste de se créer des comptes sur les réseaux sociaux lorsque ses parents lui dévoilent la prochaine destination des vacances d’été : ce sera la Creuse, dans un endroit où aucune connexion internet ou téléphone ne passe. Les parents ont inscrit la famille à un stage pour se passer d’écran pendant deux semaines : au programme, plus de tablette, de téléphone, d’ordinateur… et des activités pour passer du temps ensemble, et se redécouvrir. Mais pour Emilie et son frère Ambroise, 15 ans et grand joueur en réseau, cela n’est absolument pas envisageable. Pour le petit frère Lucien, c’est une autre histoire, il est ravi que tout le monde, y compris ses parents se détache des appareils… La désintox va être compliquée pour la famille !

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Paci, tome 3 : Rwanda

PACI, tome 3 : RWANDA, par Vincent Perriot (texte et dessin) et Isabelle Merlet (couleurs) (Dargaud, 2015)

Suite et fin des aventures de Pacifique, l’homme qui tente de se ranger des trafics de drogue, sans pour autant complètement sortir du milieu. Ce 3ème et dernier épisode est plus axé sur sa relation avec sa petite amie, à laquelle il n’a jamais avoué ses activités illégales, mais qui se doute qu’il y a quelque chose de louche là-dessous. Leur relation n’est pas toujours au beau fixe, ils passent peu de temps ensemble… mais Paci, quelle que soit la situation, garde toujours son calme, alors qu’un jeune homme fougueux, Jérôme, entre en concurrence avec lui pour le transport de la fameuse marchandise… Paci décide alors de faire imploser le réseau du chef de gang.

Voici la fin d’un triptyque au thème intéressant, mais au dessin tremblant que j’ai trouvé toujours un peu étrange et perturbant, et ce tout au long de ma lecture. La relation au temps est représentée graphiquement (par exemple les feux des voitures étirés sur toute la case pour signifier la vitesse lors d’une course), et je crois que j’ai été perturbée par de tels éléments. C’est vraiment le dessin qui m’a le plus freinée dans cette lecture. Les couleurs quant à elles restent agréables, dans des tons bleus, marrons, orangé. Au niveau du scénario, il est bien construit, avec cette fin très violente et inattendue. Le sentiment de violence est parfois très développé, avec quelques scènes particulièrement frappantes, où tout le monde meurt ou presque, alors que le piège se referme sur cette lutte des clans. La fin est étrange, je crois que je n’ai pas tout compris, il faudrait que je relise les 3 épisodes à la suite. En effet, comme j’avais pu le regretter pour le tome 2, il n’y a toujours pas de rappel de l’histoire en début d’album et c’est bien dommage. Il n’en reste pas moins que Paci est un bon polar sur fond de guerre des gangs et de volonté de rédemption… Le personnage principal est attachant malgré un passé peu recommandable, et on croit jusqu’à la fin ou presque qu’il peut se sortir de cette situation bien mal partie… Un sujet intéressant à rapprocher de certains films américains sur le même sujet.

A partir de 15 ans selon l@BD.

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Premières planches à lire sur Izneo.

Cet album fait partie de la sélection officielle à Angoulême, 43ème édition.

Cet album participe à la-bd-de-la-semaine-150x150, cette semaine chez Noukette.

Paci, tome 2 : Calais

PACI, tome 2 : CALAIS, par Vincent Perriot (scénario et dessin) et Isabelle Merlet (couleurs) (Dargaud, 2014)

Suite du tome 1. Paci, le dealer qui voulait se ranger après sa sortie de prison, est sur un ferry de retour d’Angleterre, alors que son amie Miguy l’attend à Calais. Il a une mission à remplir de la part d’un de ses patrons qui règne sur le trafic de produits illicites dans le nord de la France tout en dirigeant officiellement une boîte de nuit. En effet, il importe des petits parapluies pour les verres de cocktail, qui contiennent en réalité une forte dose de produit : cocaïne, GHB, ectasy. Une jeune femme, barmaid dans le ferry, s’occupe du transit des parapluies, et Paci est chargé par son boss, ex-mari de la jeune femme; de la suivre pour savoir où elle stocke la drogue. Mais Paci qui souhaite se ranger, ne va pas faire comme convenu…

J’avais un avis mitigé sur le tome 1, principalement à cause du dessin, et lorsque le tome 2 est arrivé en bibliothèque, je lui ai laissé une chance et je l’ai emprunté. Ce volume-là se lit aussi bien que le précédent, même si le dessin est toujours pareil, parfois très étrange au niveau des angles de vue choisis qui allongent exagérément le dessin. Le trait est vraiment particulier, tremblotant presque, et j’ai eu un peu de mal à me remettre dedans. Cela est passé après quelques pages, heureusement. Les couleurs sont agréables, soignées et atténuent le caractère parfois étrange du dessin. Heureusement que le scénario tient la route, car le dessin est peu engageant, selon moi. L’histoire a quant à elle du rythme, avec pas mal de sous-entendus : on se doute bien vite qu’il y a quelque chose avec les parapluies dans le ferry par exemple, vu l’insistance qu’il a à demander un parapluie avec son cocktail… Le personnage de Paci est très discret, peu bavard, ce qui fait qu’on n’a pas forcément les réponses à toutes les questions. Parfois, c’est même un peu trop silencieux car des pistes sont lancées sans pour autant les développer, par exemple sur le père de Paci dont il est question à un moment. Egalement, le couple qu’il forme avec Miguy est un peu bizarre : elle ne lui pose pas de questions alors qu’il la laisse seule la plupart du temps et il ne s’intéresse presque pas à elle et ses activités. Peut-être que la suite de l’histoire nous en dira plus à ce sujet. J’ai aussi deux autres regrets sur ce tome-là : tout d’abord, il n’y a aucun rappel ni résumé de l’histoire du tome 1 en préface, ce qui est un peu dommage quand on a lu le premier tome à sa sortie, et puis la fin de ce second volume est vraiment coupée en plein milieu d’une scène, ce qui fait qu’on n’a plus qu’à lire dans la foulée le tome 3, sorti en début d’année… Pourvu que la bibliothèque l’achète rapidement…

A partir de 15 ans selon l@BD.

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Premières planches à voir sur Izneo.

Perico, tome 1

PERICO, tome 1, par Régis Hautière (scénario) et Philippe Berthet (dessin) (Dargaud, 2014, coll. Ligne noire)

1958, à Cuba. Un homme part à l’aéroport, mais tombe dans un piège tendu par son chauffeur et d’autres hommes au bord de la route. Dans le pays, Batista est encore au pouvoir, mais est de plus en plus menacé par Castro et ses hommes. Les Etats-Unis ont encore une forte emprise sur l’île. Joaquin est un serveur sans histoire dans un casino fréquenté par la bonne société américaine de l’île, tandis que son frère Carlos, castriste, est considéré comme un terroriste par le régime en place. Joaquin est chargé par Carlos de surveiller la venue d’un homme au casino, mais aussi par son patron d’occuper Elena, une chanteuse qui servirait de monnaie d’échange pour un trafiquant… Mais cela tourne mal et Joaquin se retrouve avec une valise de billets confiée par son frère. Il persuade la naïve Elena de le suivre pour échapper à cette situation et les deux jeunes gens s’enfuient à Miami… Ils ignorent qu’ils vont être poursuivis quelle que soit leur destination…

Je n’ai compris le sens du titre qu’une fois l’album lu, en faisant l’article pour le blog. En effet, dès le début, il est indiqué que Perico signifie Perruche en espagnol, mais surtout que la signification du mot en argot cubain est cocaïne. Là, tout de suite, on comprend mieux la raison de ce titre. Cet album, premier volume d’un diptyque qui se conclura à la fin de septembre, se lit facilement (presque trop rapidement), même si l’histoire n’est pas simple. Le héros est un jeune garçon au départ naïf et innocent, qui va être mêlé à une affaire qui le dépasse et va bouleverser le cours de sa vie. Les sphères politiques et mafieuses sont mêlées à l’affaire, dans ce contexte troublé de crise à Cuba. On ne peut donc que s’attacher à ce héros pris dans une histoire bien plus grande que lui et dont il ne saisit pas les tenants et les aboutissants. Le scénario de Régis Hautière (La guerre des Lulus, Abélard, De briques et de sang…) est complexe, car il y a un bon nombre de personnages, mais ce qui est surtout regrettable, c’est que cette histoire sorte en deux volumes (ce premier fait 64 pages) et non pas en un seul : c’est frustrant de ne pas savoir la fin de l’histoire (surtout avec la fin ouverte du premier volume qui laisse présager une sacrée chasse à l’home), et ce premier tome n’est pas forcément bien clair. Je pense que le second tome permettra de répondre à mes questions, mais là, pour l’instant, je suis un peu déçue du format choisi par l’éditeur. Sinon, à propos du dessin, il est agréable et épuré, avec des détails mais sans excès. Il est peut-être un peu sec et lisse, mais ça passe quand même. Je ne connaissais pas le trait de Philippe Berthet, mais il n’est pas désagréable, loin de là. Certains personnages sont certes un peu caricaturés (l’américain blond aux yeux bleus rencontré à Miami par exemple), mais le dessin contribue à fluidifier l’histoire. Il y a certaines cases vraiment magnifiques, comme par exemple celles avec les voitures américaines ou les pin up, qui nous plongent dans une toute autre époque, aux Etats-Unis du milieu du 20ème siècle. Cela est grandement facilité par les couleurs soignées utilisées, qui donnent un aspect old-school à cet album pourtant sorti en février 2014… Vous l’aurez compris, malgré mes quelques réserves, je pense lire la suite de ce polar, même si je ne suis pas complètement convaincue par ce premier volume…

A partir de 13 ans selon l@BD.

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Premières planches à lire sur Izneo.

Paci, tome 1 : Bacalan

PACI, tome 1 : BACALAN, par Vincent Perriot (scénario et dessin) et Valérie Merlet (couleurs) (Dargaud, 2014)

Pacifique est un jeune homme qui vient de sortir de prison et vit sous le régime de la conditionnelle. Il travaille sur un chantier et ne veut plus replonger. Il était en prison pour avoir convoyé de la drogue à grande vitesse, ce qu’on appelle communément le « go fast », et lorsque son ancien patron l’appelle pour lui proposer de recommencer, Paci raccroche. L’homme mystérieux et solitaire préfère essayer de refaire sa vie honnêtement et s’éloigner du milieu. Alors lorsqu’il est accusé de complicité de vol de matériel de chantier avec son collègue alors qu’il n’a rien fait, Paci entre dans une fureur noire et oblige son collègue à rendre le matériel volé. Mais d’autres enjeux se cachent derrière ce larcin, et la situation de Pacifique semble inextricable… D’autres trafiquants veulent le talent de conducteur de Paci, mais comme ce dernier n’a pas l’air de vouloir reprendre les livraisons, l’éliminer serait le meilleur moyen pour ne pas le voir passer « à l’ennemi »…

Voici le premier tome d’une trilogie au sujet original : la vie d’un homme ancien conducteur de go fast, qui veut se ranger après une période de prison. Mais cela ne s’avère pas simple lorsqu’on est un très bon conducteur. Paci ne peut donc pas se ranger comme il l’aurait souhaité, et les sollicitations sont nombreuses. Cela donne un scénario sans temps mort, dynamique et intéressant. L’auteur prend le temps de présenter les personnages, en distillant les informations au coup par coup. Il développe son scénario à un rythme agréable.  Par contre, au niveau du dessin, je suis moins fan. C’est une question de goût, mais j’ai moyennement accroché au trait de Vincent Perriot, trop en longueur. Pour moi, il a une drôle de façon de représenter la vitesse ou les feux d’une voiture, ou encore les coups donnés. Par contre, les personnages sont pas mal, on les reconnaît sans peine. Le trait est vraiment original, un peu hésitant parfois, mais pas désagréable pour autant : j’ai eu une drôle d’impression en lisant les 80 pages de ce premier volume. Mon avis reste mitigé sur le dessin. Ce premier tome fait se poser des questions, et c’est donc sans nul doute grâce au scénario que je lirai la suite, pour connaître la suite des aventures de cet homme.

A partir de 15 ans selon l@BD.

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Consulter le blog du dessinateur-scénariste.

Le début de l’album, à lire sur Izneo.

Mexicana, tome 1

MEXICANA, tome 1, par Mars et Matz (scénario) et Mezzomo (dessin) (Glénat, 2013)

Nous sommes dans le sud des Etats-Unis, près de la frontière avec le Mexique. Emmet Gardner est un garde-frontière, qui en voulant aider son fils Kyle, découvre qu’il trempe dans des affaires louches. Le fils avoue à son père que suite à une relation amoureuse avec une mexicaine, il est piégé par un gang mafieux mexicain spécialisé dans le trafic de drogue : il doit assassiner un dealer ou sinon ce sera lui qui se fera tuer. Le fils ne demande pas d’aide à son père, mais ce dernier prend les devants, en abattant l’homme que son fils aurait dû tuer. Le lendemain, lorsqu’il prend son service, Emmet apprend que le mort était un infiltré de la brigade des stupéfiants. De plus, son fils a disparu… Emmet se met en tête de le retrouver et pour cela traverse le Rio Grande. En se rendant au Mexique, il espère bien en savoir plus sur ce Angel Moreno, le chef du gang. Mais rien ne va se passer comme prévu, et sitôt arrivé, Emmet est kidnappé par des hommes de Moreno…

Voici un polar écrit et dessiné par des auteurs que je ne connaissais pas. Sur la couverture, une étiquette indique qu’il s’agit du même scénariste que pour « Le tueur », mais ça ne m’aide pas plus que ça. Je me souviens juste avoir vu plein d’affiches pour cet album lors du dernier festival d’Angoulême, mais sinon, ça ne me dit rien. Bref, je commence la lecture sans a priori, avec un esprit neutre. Les dessins sont agréables mais sans plus, parfois ils manquent un peu de détails, mais surtout je suis un peu dérangée par les contours marqués, je trouve ces traits noirs trop présents et cela a tendance à foncer les cases. Mais rien de bien grave non plus. Les décors ne sont pas tous précis, on sent quelques approximations dans certaines cases. Les couleurs choisies correspondent à une ambiance d’été, sous la chaleur écrasante du sud des Etats-Unis. Ambiance pas désagréable donc. Le scénario est quant à lui assez simple à comprendre, le père se fait justicier pour sauver son fils, mais c’est finalement lui qui va être pris au piège. J’ai bien aimé le scénario, classique, mais prenant tout de même. Ce qui m’a dérangé dans cet album, c’est surtout sa fin, qui n’en est pas une. Cet album est en effet le premier d’une trilogie, et comme pour des épisodes d’une série télé, le suspense est maintenu jusqu’à la dernière case, pour nous inciter à lire la suite… Bref, il va falloir attendre le tome 2 en mars !

A partir de 15 ans selon l@BD.

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Les premières pages à voir sur BDGest.

Album lu dans le cadre de , opération organisée par le site . Merci aussi aux éditions .

Ces années blanches

CES ANNÉES BLANCHES, par Julie Jacob-Cœur (Thierry Magnier, 2011)

https://i0.wp.com/ec56229aec51f1baff1d-185c3068e22352c56024573e929788ff.r87.cf1.rackcdn.com/attachments/large/9/4/8/001951948.jpgMarie raconte sa vie d’ado, dans une famille ravagée par sa grande soeur Rose, qui rencontre pas mal de problèmes. Elle pourrit tellement l’ambiance de la famille, que Marie fuit la maison familiale dès qu’elle le peut. Il faut dire que Rose a commencé à déraper à 14 ans, en profitant un peu trop de ses vacances au bord de la mer, en franchissant la ligne blanche, et en devenant progressivement héroïnomane. Marie ne se rappelle plus trop comment c’était avant, avant les violences, les disputes et les insultes. Heureusement que Marie a des activités à côté : le volley, les amis… Mais la vie familiale revient toujours, avec son lot de malheurs et la jeune fille supporte de moins en moins que la vie de famille tourne autour de son aînée…

Voici un roman qui a atterri dans mes mains un peu par hasard, en rangeant les rayonnages du CDI avant les vacances. La couverture m’avait frappée, je l’avais trouvée très sympa, un peu psychédélique… Mais malheureusement, je n’ai pas réussi à accrocher à cette histoire, pourtant assez courte (140 pages). Le style ne m’a pas trop plu, je n’ai pas réussi à m’imaginer les scènes décrites. Le mot « drogue » est prononcé tard (vers la page 100), et je me suis longtemps demandée ce qu’avait la soeur pour qu’elle soit violente : une schizophrénie, une addiction à l’alcool, ou autre chose encore… Bref, le contexte réel est arrivé trop tard pour moi, pour vraiment pouvoir m’intéresser à la vie de Marie et de sa famille. Le récit est haché, décousu, et pour en rajouter une couche, moi aussi je l’ai lu en décousu… Bref, pas des conditions de lecture satisfaisantes non plus. Il m’a manqué des indications pour comprendre parfois qui parlait (par exemple lors d’une scène où la mère a déménagé, le dialogue n’était pas assez clair pour moi), et les changements de situation n’étaient pas clairs non plus, parfois c’était « embrouillant ». On a souvent le point de vue de Marie dans les courts chapitres, sauf parfois avec des lettres, écrites (en italique) par d’autres personnages de l’histoire qui s’adressent à Marie. Le principal (et seul ?) point positif de ce roman, c’est l’angle de vue choisi par l’auteur : raconter comment la famille vit la situation difficile d’un de ses membres, et comment ce dernier peut tout détruire par ses actes et ses paroles. Ca fait tout de même réfléchir, mais ce n’est pas un coup de coeur, loin de là…

A partir de 12 ans selon Ricochet, mais je trouve ça un peu jeune tout de même.

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