L’épouvantable peur d’Epiphanie Frayeur

L’ÉPOUVANTABLE PEUR D’ÉPIPHANIE FRAYEUR, par Séverine Gauthier (scénario) et Clément Lefèvre (dessin) (Soleil, 2016, coll. Métamorphose)

Epiphanie est une fillette de 8 ans très peureuse : depuis sa naissance, elle a peur de son ombre, qui prend de plus en plus d’ampleur et l’empêche de pouvoir vivre. Alors Epiphanie décide de combattre sa peur, et tente de trouver un moyen de vaincre ce qui lui gâche la vie. Pour cela, elle va traverser une forêt sombre, rencontrer des personnages étranges qui ont perdu leur sérieux ou n’ont plus les pieds sur terre… au sens propre ! Elle va tenter de nombreuses techniques toutes plus farfelues les unes que les autres pour reprendre le contrôle sur cette masse sombre… Lire la suite

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L’anniversaire de Kim Jong-Il

L’ANNIVERSAIRE DE KIM JONG-IL, par Aurélien Ducoudray (scénario) et Mélanie Allag (dessin) (Delcourt, 2016, coll. Mirages)

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Jun Sang a 8 ans et est très fier de son pays. Il vit en Corée du Nord, et participe avec les autres enfants de son âge à la propagande du pays le plus fermé du monde. Jun Sang est d’autant plus fier que le 8 février, jour de l’anniversaire du dirigeant, c’est aussi son anniversaire. Alors même si ce n’est pas lui qui n’est pas mis en avant, le jeune garçon est tout de même particulièrement fier d’être là parmi le peuple. Mais lorsque ses parents, supportant de moins en moins le régime, décide de fuir vers la Chine, il les suit avec sa soeur aînée, mais la famille est capturée et envoyée dans un camp de travail… Lire la suite

Nora

NORA, par Léa Mazé (Les éditions de la Gouttière, 2015)

Nora a sept ans en 1975, lorsque ses parents déménagent. Mais pour se simplifier la corvée des cartons, les parents décident de confier leur fille à son oncle Lucien, un agriculteur veuf, pour que celle-ci puisse passer de vraies vacances à la campagne. Bougonne, la fillette ne veut pas rester là, et dit à peine bonjour à son oncle et au-revoir à ses parents. C’est la chatte de la ferme, Minette, qui va permettre à la fillette de s’ouvrir à la vie à la ferme. Et c’est aussi depuis les branches d’un grand arbre que Nora observe les alentours, dont les longues heures que passe une vieille dame célibataire sur un banc. Nora se demande pourquoi cette personne âgée n’a pas d’amoureux, et questionne son oncle sur de grandes questions philosophiques….

Voici un bien joli album dans un petit format facile à prendre en main, que j’ai emprunté parmi les nouveautés de la bibliothèque, après avoir lu de nombreuses critiques enthousiastes sur les blogs. Et bien, je fais moi aussi partie des lecteurs conquis. J’ai dévoré cet album, dont les agréables dessins sont dans les tons sépias. Les traits crayonnés donnent parfois des portraits pas toujours réalistes (les formes du nez de Nora et de son oncle sont assez irréalistes), mais cela passe complètement dans le récit, et lui donne un petit côté hors du temps. Je crois qu’il s’agit du premier album de cette jeune auteure, et il faut avouer qu’elle a un sacré talent pour créer un univers intimiste et agréable. Le dessin est très joli, très fin, tout en poésie et en douceur. Les passages fantastiques sont dans les tons bleus froids, pour les distinguer du réel. Cet aspect passe très bien dans l’histoire, et ajoute de la poésie. Vous l’aurez certainement compris, cet album est une véritable petite pépite que l’on savoure en prenant son temps. Au niveau du scénario, j’ai beaucoup aimé les questions quasi philosophiques de Nora sur l’existence, la naissance, la vie, la mort, l’amour. Elles sont touchantes de naïveté et de fraîcheur, au point de désarçonner son oncle qui ne sait quoi répondre, entre imaginaire et réalisme. D’ailleurs, ses réponses suscitent parfois le sourire, tellement elles sont tordues… Voici donc là une bien jolie découverte, que je mettrai très certainement sur la liste des acquisitions pour les élèves. En effet, j’ai très envie de faire partager cet album à d’autres !

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Au milieu des livres, Mille et une frasques, Livresse des mots, La bibliothèque de Noukette, D’une berge à l’autre, Des vertes et des pas mûres, Temps de livres, Promenades et méditations

Premières planches à voir sur Digibidi.

Cet album participe à , cette semaine chez Yaneck.

Little Tulip

LITTLE TULIP, par Jerome Charyn (scénario) et François Boucq (dessin) (Le Lombard, 2014, coll. Signé)

1970, à New-York, Paul est un tatoueur talentueux réputé, qui collabore aussi parfois avec la police pour établir des portraits-robots à partir des dépositions des témoins. En ce moment, un tueur déguisé en père Noël viole et assassine des jeunes femmes dans des ruelles de la ville, mais sans témoin, impossible pour Paul d’établir le portrait du tueur. Paul a un talent inné pour le dessin, d’ailleurs c’est ce qui l’a sauvé dans sa jeunesse, alors qu’il vivait avec ses parents artistes à Moscou, et qu’ils ont été arrêtés et envoyés au goulag. Séparé de sa famille à l’âge de sept ans, Paul (alors nommé Pavel) va connaître l’enfer du goulag, avec la main-mise des gardiens sur les enfants, mais aussi les gangs et la violence incessante. Seul son don pour le dessin pourra le faire sortir de cette situation, en le mettant sous la protection d’un chef de gang, où il découvre un mode de vie bien cruel.

Voici une des nouveautés de ma bibliothèque que j’ai choisie car j’avais repéré cet album dans la dernière sélection officielle à Angoulême. Sa couverture est particulière avec ce torse et son tatouage imposant mêlant une rose, des barbelés et une tête de mort à l’intérieur d’une tête de loup. J’ai donc sauté sur l’occasion quand j’ai vu cet album parmi les derniers arrivés. Pour tout dire, je ne connaissais pas du tout ces auteurs, mais j’ai lu quelque part sur Internet qu’ils ont déjà collaboré il y a 25 ans pour un album qui avait fait date. Moi pour le coup, je découvre complètement, donc je n’ai pas d’éléments de comparaison. Finalement, j’ai beaucoup aimé le trait de François Boucq (grand prix à Angoulême en 1998), dessin très détaillé surtout au niveau des portraits. Il est certes assez classique avec ses couleurs un peu pâles, mais très expressif. Les nombreux tatouages sont magnifiques, et c’est un sacré tour de main que d’en avoir reproduit autant. Réaliste comme il faut, le dessin est vraiment très agréable à l’œil. Il sert un scénario complexe de l’américain Jerome Charyn, très bien construit, alternant de façon très fluide entre les années 1950 en Sibérie et les années 1970 à New-York. C’est noir, cruel, sanglant, violent, mais c’est sacrément bien fait, entre enquête américaine et survie au goulag. Cet album fait très masculin au premier abord, mais je dois dire que j’ai été touchée par l’histoire de Paul/Pavel qui s’est forgé dans un univers de violence. La fin de l’album, sans la dévoiler, est un peu facile à mon goût, mais elle passe quand même, car le reste de l’album tient sacrément la route. Ce que je retiendrai surtout de cet album fort, ce sont le scénario tout de même bien construit aux multiples détails ainsi que le dessin ultra précis, presque chirurgical parfois. Maintenant, je vais aller voir si la bibliothèque a d’autres albums de ces auteurs…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Un amour de BD, Vu des yeux d’OliBD, Mille et une frasques, Samba BD, La bibliothèque du Dolmen, Depuis le cadre de ma fenêtre

Premières planches à lire sur Izneo.

Interview de François Boucq à lire sur un amour de BD.

Portrait du dessinateur français à lire sur Libération.

C’est ma septième participation à la bd de la semaine, cette semaine chez Noukette.

Swimming poule mouillée

SWIMMING POULE MOUILLÉE, par Guillaume Long (La joie de lire, 2014, coll. Somnambule)

Robin est un petit garçon timide qui n’aime pas aller à la piscine. Rêveur, il s’imagine tout un monde avec ses petits personnages de plastique, et repousse le plus loin possible le moment du coucher, qui le rapproche du lendemain fatidique. Alors que le moment si redouté arrive, il fait tout pour être en retard, mais sa mère veille. Arrivé sur les lieux, Robin doit affronter avec ses camarades le maître nageur sans pitié qui les appelle de tous les noms de poisson possibles et imaginables… C’est un véritable calvaire pour le jeune garçon.

J’ai emprunté cet album grâce à son titre avec son jeu de mots qui m’a fait sourire, sans savoir qu’il s’agissait d’une réédition d’un album paru initialement en 2004. Je connaissais l’auteur pour son blog culinaire et ses livres sur le même sujet (A boire et à manger). Même si je n’ai pas suivi de cours de natation à l’école primaire, j’ai beaucoup aimé cet album, plein de petites références à l’enfance et aux peurs de cet âge. J’ai aimé les jeux de mots et autres surnoms débiles donnés aux enfants (‘bande d’anchois à pizza », « tous à l’eau les bulots », « crevette » et autre « asticot »…). Le scénario est bien construit, même si peu développé (l’album n’ayant qu’une petite trentaine de planches). Il y a une certaine nostalgie dans cet album qui fait souvent sourire, l’enfant se faisant une montagne de moments au final dérisoires aux yeux d’un adulte. J’ai aussi aimé le dessin de Guillaume Long, parfois un peu léger mais agréable et réaliste. Je ne sais pas s’il s’agit d’une autobiographie, mais en tout cas, cet album est une jolie petite lecture.

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Livresse, Les lectures de Kalistina

Quelques planches sur le site de l’éditeur suisse.

C’est ma sixième participation à la bd de la semaine cette semaine chez Stephie

Loulou ne veut pas grandir

LOULOU NE VEUT PAS GRANDIR, par Vincent Henry et Stéphanie Bellat (La boîte à bulles, 2014, coll. La malle aux images)

Loulou est une petite fille qui ne veut pas grandir, alors quand elle fête en famille son cinquième anniversaire, elle éclate en sanglots. Au départ, sa maman ne comprend pas pourquoi, mais lorsqu’elle saisit le malaise de sa fille, elle va trouver de nombreux arguments pour que cette dernière accepte de devenir plus grande irrémédiablement…

Voici un album jeunesse à mettre entre les mains des tout petits lecteurs. L’histoire est très simple et parlera aux enfants du même âge que l’héroïne. Facile à comprendre, le scénario est aussi très pédagogique, prenant le temps de se dérouler, pour amener l’héroïne à accepter le temps qui passe. Cet album de 72 pages est constitué de deux épisodes de la vie de Loulou, le premier qui donne le titre à l’album porte sur la vie et le temps qui s’écoule, et le second porte sur le mensonge, avec une situation inédite : ce sont les parents qui mentent et la petite fille qui veut la vérité coûte que coûte. J’ai trouvé cet épisode plus drôle que le premier, peut-être parce que la situation m’a plus parlé. Le dessin est le même pour les deux épisodes : le trait est rond, l’écriture cursive est facile à lire pour les jeunes lecteurs, les cases sont arrondies, de forme douce et les couleurs utilisées sont vives mais pas flashy pour autant. Pas moralisateur et avec de bonnes touches d’humour pour dédramatiser ou désamorcer les situations, cet album permet aux plus jeunes d’aborder la bande dessinée et des thématiques qui les touchent. Alors oui, certes du point de vue d’un adulte, le scénario paraît un peu trop facile, par exemple dans la résolution des problèmes ou des conflits, mais ce n’est pas bien grave, car au moins c’est un album qui positive, et puis le lectorat visé est bien les enfants et non pas les plus grands. Il n’y a donc pas de raison que cet album ne termine pas dans les mains des enfants !

A partir de 5 ans selon l@BD.

On en parle (peu) sur les blogs : Chroniques de l’invisible

Premières planches sur Digibidi.

La petite famille

LA PETITE FAMILLE, par Loïc Dauvillier (scénario), Marc Lizano (dessin) et Jean-Jacques Rouger (couleurs) (les éditions de la gouttière, 2013)

Un jeune garçon et sa soeur viennent passer quelques jours de vacances chez leurs grands-parents à la campagne. Tout se passe bien, la grand-mère est gentille avec eux, mais le grand-père est ronchon… Un jour il les emmène à la pêche, et les enfants vont découvrir un grand-père différent, qui profite du temps avec ses petits-enfants. Ils découvrent aussi son passé de footballeur. Le petit garçon devient alors complètement fan de son grand-père, jusqu’à ce que des problèmes de santé surgissent. C’est lors de vacances au bord de la mer que la famille apprend le décès du grand-père. Pas facile de gérer ses émotions dans ces moments-là… Les enfants découvrent la mort et la peine, et culpabilisent d’avoir « usé » leur grand-père en courant avec lui lors des parties de foot…

Voici un album avec une histoire toute simple, racontée du point de vue du petit fils pour la voix off. A vrai dire, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais je pensais avoir dans les mains quelque chose de plus palpitant, même si au final cette histoire de relation filiale reste agréable. Elle parlera facilement aux jeunes lecteurs, et permet d’aborder en douceur le thème du deuil. La voix off du petit garçon semble presque nous parler et ressemble à tous les questionnements des enfants de son âge, qui croient que leurs proches sont immortels. Le dessin est quant à lui aisément abordable, avec des planches constituées de cases avec des gros plans sur les personnages et peu de décors et d’autres qui au contraire développent les décors, avec des cases plus grandes. A l’origine publié en trois tomes (il y a à peu près dix ans et chez un autre éditeur), il est agréable de lire ce triptyque d’une seule traite : le début parle de la famille en général et du lien qui unit les êtres, alors que la seconde partie aborde la mort du grand père suite aux problèmes de santé. Cet album qui ne paie pas spécialement de mine constitue une approche intéressante et touchante pour parle du deuil aux enfants. Ce n’est pas un album mémorable pour moi, mais il comporte tout de même un charme certain… Le sujet n’est pas si fréquent que cela en BD jeunesse.

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Littérature a blog, Twenty three peonies, La bibliothèque de Noukette, Délivrer des livres, Takalirsa, Chez Canel

Premières planches sur Digibidi.