Over

OVER, par Stéphane Heurteau (Locus Solus, 2015)

Jack Quervellat est un ancien flic de la PJ bordelaise, qui vit désormais à Ouessant. Dans son ancienne vie, il vivait avec sa compagne Sylvie et leur fille de 8 ans Rachel, et fréquentait également Florence, une journaliste locale. Alors que Sylvie lui avait annoncé qu’elle le quittait suite à ses infidélités et à sa constante absence, Jack découvre les cadavres de sa femme et de sa fille dans leur maison, avant de se faire à son tour tirer dessus par un inconnu. Il se retrouve à l’hôpital, seul et défiguré, et apprend la raison des décès de ses proches. Seul avec son chat Raspoutine, il décide alors de quitter Bordeaux pour aller vivre en Bretagne, où son nom et son histoire ne seront pas connus, tout comme son visage qui a été reconstruit. Là, sa vie en solitaire s’écoule tranquillement, entre virées au café, discussions avec le facteur et parties de tarot avec les voisins… Un jour, à travers la fenêtre, il voit son voisin se faire tirer dessus… Mais pourtant celui-ci lui ouvre la porte lorsque Jack se rend chez eux… Jack a-t-il un problème ou a-t-il été témoin d’un meurtre ? Son costume d’ancien flic ressort pour mener à bien cette enquête…

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Le collège noir, tome 1

LE COLLÈGE NOIR, tome 1 : LE LIVRE DE LA LUNE , par Ulysse Malassagne (Milan, 2016, coll. Grafiteen)

college-noirDans un collège en plein milieu de la forêt, un petit groupe d’internes dont le jeune Ulysse se retrouve alors que les autres élèves rentrent chez eux pour les vacances. Surveillés par une jeune femme punk qui se désintéresse totalement d’eux, ils sont un peu livrés à eux-mêmes. Jonas, un de leurs amis, devait rentrer chez ses parents, mais se noie dans une mare peu profonde. La nuit suivant, le groupe d’amis est réveillé par l’âme de Jonas qui veut les voir une dernière fois avant de rejoindre la forêt voisine. Ses copains ne veulent pas le laisser comme cela, et le poursuivent jusqu’à une clairière où une vieille sorcière organise une drôle de cérémonie… Pour tenter de comprendre, les filles se rendent au CDI et dénichent de drôles de grimoires qui réveillent un personnage maléfique… Tout cela est vraiment bien étrange… Lire la suite

Les carnets de Cerise tome 4 : La déesse sans visage

LES CARNETS DE CERISE tome 4 : LA DEESSE SANS VISAGE, par Joris Chamblain et Aurélie Neyret (dessin) (Soleil, 2016, coll. Métamorphose)

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Suite du tome 3. Cerise part en vacances une semaine dans un manoir en bord de mer, avec sa maman. Le lieu est bien choisi, car ce manoir est aussi un endroit où résoudre des enquêtes, ce dont raffole la jeune fille. Mais cette semaine qui devait être une période de repos ne pas se passer comme c’était prévu… Ce sera aussi l’occasion de soulever des secrets bien enfouis…

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Stern tome 1 : le croque-mort, le clochard et l’assassin

STERN tome 1 : LE CROQUE-MORT, LE  CLOCHARD ET L’ASSASSIN, par Frédéric et Julien Maffre (Dargaud, 2015)

Kansas, 1863, une ville est ravagée par un groupe d’hommes armés, les femmes sont violées et tuées, les hommes tués par arme à feu, les enfants ne sont pas non plus épargnés. 19 ans après, toujours dans le Kansas, Stern, croque-mort de profession, est appelé pour chercher le corps de Charles Bening, un homme alcoolique mort dans la chambre d’un bordel. L’abus d’alcool est sans conteste la cause de la mort de l’homme, et la veuve, membre d’un mouvement anti-alcool, demande au croque-mort, malgré l’interdiction, de disséquer son mari pour en conserver les organes dans du formol et ainsi montrer les ravages de l’alcool sur l’organisme. Moyennant un gros billet, le croque-mort, discret et taiseux, s’exécute, et découvre des poumons montrant des signes d’asphyxie. Bening n’est pas mort suite à son ivresse, il aurait été tué… Stern, qui héberge provisoirement l’unique ami du défunt, va aider le shérif de la ville à retrouver l’auteur. C’est alors qu’arrive en ville le beau-frère du mort, qui est battu à mort le lendemain… Ces morts étranges cachent quelque chose, que Stern va chercher à découvrir. Lire la suite

Chicagoland

CHICAGOLAND, d’après le texte de R.J. Ellory, par Fabrice Colin (scénario) et Sacha Goerg (dessin) (Delcourt, 2015, coll. Mirages)

A la fin des années 1950, un homme est condamné à mort pour le meurtre de Carole, une jeune femme d’une vingtaine d’années. L’exécution a lieu en prison, sous les yeux de la sœur de la victime, qui souhaite voir disparaître celui qui a ôté la vie à sa sœur qu’elle considérait comme sa jumelle. Mais alors qu’il va être exécuté après s’être exprimé une dernière fois, le meurtrier a soudain un éclair, mais ne peut plus rien dire. On assiste alors à un retour en arrière avec trois témoignages, pour tenter de comprendre ce qui s’est passé : tout d’abord la sœur de la victime retrace la vie de la défunte, puis le policier qui a mené l’enquête raconte comment le meurtre a été résolu, et enfin le tueur lui-même explique sa version des faits…

Voici un album que j’ai emprunté pour son dessinateur, déjà lu dans La fille de l’eau et Le sourire de Rose, dont j’avais apprécié les traits élégants. Là, c’est toujours le cas, j’ai trouvé le dessin de Sacha Goerg encore une fois très agréable, surtout les portraits. Légèrement rétro, le trait est simple mais efficace et facilement lisible, magnifié par les couleurs claires. Cela fait une jolie ambiance vintage. L’album, scénarisé par l’auteur de romans adultes et jeunesse Fabrice Colin, est construit d’une façon qui n’est pas nouvelle : trois chapitres au total, avec un narrateur par chapitre, qui expose ce qu’il sait des faits ou des personnages. Cela commence par la sœur de la victime, qui raconte l’histoire de son point de vue, ses relations depuis son enfance avec Carole. On a ensuite le récit du point de vue de Robert, l’inspecteur en charge de l’enquête, qui va questionner l’entourage de la décédée, et qui se rend compte qu’il y a quelque chose qui cloche, que ce n’est pas la bonne personne qui a été accusée du meurtre. Enfin, le troisième narrateur, Lewis le condamné, apporte la résolution de l’énigme, en révélant le véritable meurtrier. On comprend bien au fur et à mesure qu’il n’a rien fait, et ce sont les explications déroulées par ce dernier qui vont permettre de comprendre cette erreur judiciaire. J’ai eu un peu de mal sur cette résolution du meurtre, que j’ai trouvée assez irréaliste, même si on s’en doute de plus en plus sur la fin. Cet album, au niveau du scénario, m’a surtout plu sur sa première partie, avec les deux premiers narrateurs, car j’ai trouvé la résolution du meurtre un peu tirée par les cheveux. Heureusement que le dessin et les couleurs sont agréables, car cela m’a permis d’aller jusqu’à la fin de cette lecture qui m’a laissé un goût d’inachevé difficile à expliquer. Il serait intéressant de voir si le roman de l’américain R.J Ellory dont est issu cet album est construit de la même façon…

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 15 ans.

On en parle sur les blogs : Le blog du carré jaune, ABC Polar, Mille et une frasquesLe triangle masqué, Les lectures de Marguerite, La bibliothèque du Dolmen, Chroniques de l’invisible

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Stéphie.

Un long destin de sang

UN LONG DESTIN DE SANG, intégrale, par Laurent-Frédéric Bollée (scénario) et Fabien Bedouel (dessin) (12bis, 2012)

Au coeur de la première guerre mondiale, en avril 1917, un soldat français revient dans sa tranchée et découvre ses compagnons d’armes morts, sans en comprendre la raison. C’est alors que les mortels gaz toxiques arrivent et tuent ce dernier survivant de ce régiment d’infanterie qui a juste le temps d’enfouir en terre son appareil photo, avant que les corps ne soient évacués par des inconnus portant des masques à gaz. Un an plus tard, en mars 1918, alors que Paris est bombardé par un canon allemand à longue portée, un scandale impliquant l’armée et son rôle dans la mystérieuse disparition du régiment est prêt d’éclater grâce à l’obstination d’un journaliste qui a analysé les photos retrouvées dans cette fameuse tranchée où a péri le régiment maudit. Mais ces révélations ne plaisent pas à tous, et les embûches vont être nombreuses avant de pouvoir rétablir la vérité sur ces soldats sacrifiés…

Cet album d’un peu plus de 100 pages regroupe les deux tomes parus initialement en 2010 et 2011. Je l’ai emprunté pour son scénariste, dont j’avais apprécié le travail dans Deadline. Et bien, cette fois non plus, je ne suis pas déçue : le scénario est très bien construit, à la façon d’un film. On saute d’un personnage à l’autre de façon très rapide, parfois trop, si bien qu’on ne sait plus trop où on se trouve. L’histoire commence en avril 1917, se poursuit en mars 1918, et revient ensuite à la veille. En bref, la révélation du scandale tient sur deux jours, ces deux jours de mars 1918. Les personnages sont nombreux, heureusement qu’ils sont présentés au début de l’album, à la manière d’une pièce de théâtre. Le récit est fort bien mené, servi par un dessin agréable, même si parfois je le trouve un peu trop brut et sec. Les couleurs sont assez ternes, mais cela ne contraste pas avec les propos : bien au contraire, elles parviennent à entretenir l’ambiance très noire de cette histoire. Les personnages se différencient bien les uns des autres, et on comprend facilement le rôle qu’ils jouent. Chaque caractère est suffisamment creusé pour que le lecteur se sente impliqué dans l’histoire. Au final, tous les personnages et toutes les situations présentées finissent par converger vers la résolution de l’énigme de la mort des soldats du régiment un an auparavant, et toutes les pièces du puzzle se replacent. Par son scénario sacrément efficace et son dessin réaliste et simple, j’ai passé un très agréable moment de lecture, même si certaines cases sont difficilement supportables au départ, ne dissimulant pas l’horreur de la guerre. Un long destin de sang est un album qui mérite véritablement le détour.

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Mr Zombi, Samba BD, La ronde des post-itLivre libre

Premières planches du tome 1 et du tome 2 à lire sur Izneo.

Cet album participe à la-bd-de-la-semaine-150x150, cette semaine chez Noukette.

La chute d’un ange

LA CHUTE D’UN ANGE, par Didier Daeninckx (scénario) et Mako (dessin) (Casterman, 2014)

1948, en Seine-et-Oise, deux policiers sont appelés dans un orphelinat où un jeune garçon a été retrouvé gisant au fond d’un trou. Ferdinand, l’un des deux inspecteurs, remarque qu’il a été battu, mais son collègue Pasquet minimise ce fait. Peu de temps après, à Paris, un directeur de journal est assassiné chez lui. L’enquête sur ce meurtre sordide est menée, sans établir de lien entre ces deux affaires. Ferdinand, affecté par la mort de l’enfant, va tâcher de démêler les fils de ces histoires, alors que son collègue, le commandant Pasquet, va trouver un coupable idéal : Kozor, artiste de cirque d’origine hongroise, qui va être condamné à mort suite à un procès à fort retentissement médiatique.

J’ai un avis mitigé sur cet album, pour plusieurs raisons. Tout d’abord le scénario est étrangement bâti : l’histoire s’ouvre sur la mort du jeune garçon à l’orphelinat, puis on passe sans trop de transition à l’assassinat du directeur du journal et l’enquête qui s’en suivit, sans plus aucun lien avec la première affaire. Ce n’est qu’à la toute fin que cela se relie, et cela m’a donné la mauvaise impression que c’était rajouté au dernier moment, que cela avait presque été oublié. Les explications sont assez longues, j’ai trouvé cela lassant même si cela répondait à pas mal de questions sur la mort du directeur du journal. De plus, elles sont parfois assez survolées : je n’ai pas bien compris celles sur le passé trouble du directeur de journal, qui sont simplement évoquées mais sans plus. Il y a un côté injuste dans cet album : la vie de l’homme médiatique vaut bien plus cher que celle de l’enfant orphelin et cet esprit malsain m’a un peu dérangée… Celle du contorsionniste vaut également bien peu face aux enjeux de l’Etat, qui cherche à étouffer des actions bien peu avouables. C’est donc un esprit complètement polar que l’on a là, mais je n’ai pas été conquise, d’autant plus que le dessin ne m’a pas charmée plus que cela. Le trait est classique, sympa mais sans plus. Les décors sont parfois passés à la trappe, les personnages occupant pleinement les cases. Les couleurs ajoutent encore à l’ambiance polar. Tous ces ingrédients font de cet album une lecture agréable mais pas mémorable, à cause du suspense non maintenu pendant les 80 pages et quelques impasses sur le dénouement.

Âge non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 13 ans.

On en parle sur les blogs : ABC Polar, Blog Bd Sud-Ouest, Samba BD

Premières planches à voir sur Izneo.