BD jeunesse

Waluk

WALUK, par Ana Miralles (dessin, couleurs) et Emilio Ruiz (scénario) (Delcourt jeunesse, 2011)

Histoire d’un ours polaire, Waluk, qui doit se débrouiller seul après avoir été abandonné par sa mère. Jeune et sans expérience, il se nourrit d’algues et d’œufs de canard, car il ne sait pas chasser le phoque. Ses rencontres avec ses congénères sont violentes, et un jour par hasard, il est amené à rencontrer Esquimo un vieil ours, qui va lui enseigner ses connaissances pour qu’il puissent survivre dans le grand nord. Ainsi Waluk va apprendre à chasser, va découvrir les humains et leurs déchets qu’ils laissent dans une décharge, va réaliser que le climat est modifié par l’arrivée des humains. Il va aussi aider son ami lorsqu’il en aura besoin, et va poursuivre son rêve de devenir comme Nanook, l’ours polaire le plus célèbre.

Waluk est un album étrange. Tout d’abord son format à l’italienne est assez déroutant au départ, ne serait-ce que pour tenir l’album. Mais le plus étrange se trouve à l’intérieur : il y a, je trouve, vraiment beaucoup de texte pour de la littérature jeunesse, et j’ai parfois eu l’impression de lire un documentaire sur les ours, car il y a une forte volonté de faire du didactique. J’ai trouvé qu’on apprenait plein (trop ?) de choses sur les ours : leur nourriture, leur vie quotidienne, leur mode de chasse… Bref, j’ai trouvé ça too much. En plus, les onomatopées des bruits ne sont pas réalistes, pas très bien reproduits, trop grossiers : « bof bof » pour courir après un renard, « miam miam » lorsqu’il mange… Le dessin est assez simple, il tend parfois vers l’humoristique (surtout au début de l’album, avec des drôles de positions de l’ourson), il est joli mais sans plus. Les couleurs sont majoritairement du bleu et du blanc, comme on pouvait s’y attendre. Waluk est un album gentillet, qui peut tout de même être une première sensibilisation au grand nord et à la protection des animaux pour de jeunes lecteurs, mais je pense qu’il existe d’autres livres (et films) mieux faits que celui-là… Même si les intentions des auteurs sont plus que louables pour défendre la protection des animaux et la de la planète, je n’ai pas accroché à cet album… Dommage pour moi…

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Lire et merveilles, Méli mélo de livres, La bibliothèque de Noukette, Le grenier à livres

Romans jeunesse

Bleu toxic

BLEU TOXIC, par Christophe Léon, (Seuil, coll. Karactère(s), 2010)

http://www.christophe-leon.fr/images/bleutoxic.gif1956. Yukio est un ado japonais qui vit dans la baie de Minamata, dans un village de pêcheurs. Les poissons et les crustacés y sont très consommés, et c’est la base des revenus des habitants. Pourtant un jour, des enfants tombent malades, meurent parfois. Des dauphins s’échouent sur la plage, et des animaux domestiques meurent un peu partout. Après la venue d’experts, les villageois apprennent que ce qu’ils croyaient être un virus s’avère être une contamination par l’intermédiaire de la pêche, qui devient dès lors interdite. La petite sœur de Yukio naît à cette période, lourdement handicapée. Il faut donc que le jeune garçon apprenne à vivre avec le regard des autres vis-à-vis de sa sœur, et de leurs suspicions sur l’origine de la maladie de sa sœur. De plus, le père de Yukio, pêcheur, ne peut plus travailler. La situation de la famille est bien compliquée…

A Bhopal en Inde, vit Gaz, 14 ans. Il est né en 1984, la nuit de la catastrophe qui a frappé la ville. Ses parents sont décédés du gaz toxique qui s’est échappé de l’usine Union Carbide suite à un mauvais entretien des installations et à un non-respect des consignes de sécurité. L’adolescent a grandi seul dans les rues de la ville indienne, et a trouvé refuge dans « l’épave », surnom donné à l’usine désaffectée. Il vit de petits larcins et de la manche. Un jour, il rencontre de façon inopinée Rasheeda, une jeune fille dans la même situation que lui, et tous deux vont tenter de survivre au rude quotidien…

Voici deux nouvelles (55 pages chacune) qui évoquent la vie d’adolescents lors de catastrophes industrielles qui se sont réellement passées au XXème siècle. J’avais entendu parler de celle de Bhopal, mais je ne connaissais pas celle japonaise. Même si le sujet est loin d’être réjouissant, c’est vraiment une bonne lecture, car l’auteur relate l’événement à travers les yeux d’un ado, et cela touchera d’autant plus les jeunes lecteurs auquel Bleu toxic est destiné. Pas de récit journalistique pour raconter tout l’événement, mais au contraire du goutte à goutte : au départ, on ne sait pas ce qui se passe, pourquoi des animaux meurent près de Minamata, et puis au fil du temps et des expertises, on apprend la raison de ces morts inexpliquées. Le lecteur partage vraiment la vie de l’ado héros du récit, et apprend au fil du temps la catastrophe, et ses ravages même longtemps après. L’auteur n’écrit pas non plus de façon linéaire pour la seconde histoire, il navigue entre 1984 et 1998, lorsque Gaz est adolescent, et on apprend les dégâts de la catastrophe par petits morceaux, à travers le récit de Gaz, de ses parents, de la police… Cela sonne très juste, et on est très touchés par l’histoire de ces jeunes gens dont la vie n’est vraiment pas rose…

Bref, Bleu Toxic est vraiment bien mené, et fait écho à différentes catastrophes écologiques récentes, dont celle de Fukushima au Japon en mars dernier… Une bonne découverte !

A partir de 13 ans selon le site Ricochet.

Voir le site de l’auteur, qui écrit aussi des romans pour les adultes.

Roman sélectionné pour l’obtention de plusieurs prix, dans la catégorie 4ème/3ème ou 13/15 ans : prix Ado-Lisant 2012, prix Acrolire 2011 (cddp37) , prix Lire… Elire en Moselle ! 2011, prix des collégiens lecteurs de Gironde 2011, prix Ados en colère 2012, prix littéraire des collégiens de Haute-Savoie 2012.

Des avis sur le web : Boojum, Parolimage DaDo.