La révolution dans la peau [roman]

LA RÉVOLUTION DANS LA PEAU, par Serge Rubin (Talents hauts, 2016, coll. livres et égaux +)

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Juillet 1789, à Basse-Terre, en Guadeloupe. Lucile, fille de planteur de canne à sucre, vit dans l’aisance, et est fiancé avec son voisin et ami d’enfance, Pierre Grandpré. Elle profite du système de l’esclavage très répandu dans l’île, qui compte 10000 blancs pour 90000 esclaves noirs. Elle ne considère pas les esclaves comme des êtres humains, et se moque même lorsque l’un d’entre eux est fouetté ou battu. Il n’y a que pour sa nourrice, Rose, qui l’a élevé, qu’elle a un peu de considération. Une fois mariée, Lucile doit obéir à son mari, lui aussi planteur et pro-esclavage. Alors quand on annonce qu’en métropole, une loi va abolir l’esclavage, les planteurs guadeloupéens se regroupent et décident d’envoyer un émissaire à Paris pour faire pression sur les députés de leur camp. Pierre est choisi, et Lucile insiste pour l’accompagner à la capitale, elle qui n’est jamais sortie de son île. Volontairement, elle omet de lui annoncer sa grossesse, mais c’est juste avant le départ que Rose lui donne un courrier qui va bouleverser son existence : Lucile, blanche de peau, est en réalité la fille de sa nourrice noire… Mais quelle sera la couleur de la peau de son enfant ? Et comment son mari, raciste convaincu, va-t-il réagir ?

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Atar Gull, ou le destin d’un esclave modèle

ATAR GULL OU LE DESTIN D’UN ESCLAVE MODÈLE, par Fabien Nury (scénario) et Brüno (dessin) (Dargaud, 2011, coll. long courrier), d’après une nouvelle d’Eugène Sue.

Atar Gull est le fils du chef de la tribu des Petits Namaquas. Capturé par la tribu ennemie et vendu à un négociant nantais avec les autres membres de la tribu, le jeune homme marqué sur les joues du signe du chef est emmené en bateau en Jamaïque. Mais le voyage ne va pas se dérouler comme prévu. Le brick du capitaine Benoît est attaqué par un navire pirate. A sa tête, un homme odieux, Brulart, qui s’empare de la précieuse cargaison, et la revend en Jamaïque, après avoir livré les marins français à la tribu (anthropophage) d’Atar Gull. Arrivé de l’autre côté de l’Atlantique, Atar Gull est acheté par Tom Will, un riche exploitant, qui va vite faire confiance à son esclave, alors que celui-ci nourrit pourtant une haine féroce mais invisible aux blancs. Atar Gull construit sa vie, a un fils, mais lorsqu’il découvre que son père, chef de la tribu en Afrique, a été pendu par son maître Will parce qu’il ne lui était plus d’aucune utilité, l’esclave modèle met en oeuvre son plan machiavélique, pour tout détruire autour de Tom Will : sa famille, ses biens, son histoire…

Voici un album que j’ai emprunté pour son scénariste. Je n’étais pas fan du tout du dessin, et une fois la lecture terminée, je ne suis toujours pas convaincue par ce trait simple, presque naïf et enfantin. J’ai trouvé qu’il n’allait pas trop avec le propos grave et sérieux de l’album. Les couleurs ne sont pas spécialement agréables, je les ai trouvées très artificielles. La lecture de l’album n’a pas été laborieuse, mais je n’ai pas eu d’affinité spéciale avec le dessin. Bref, passons au scénario. Il est dommage de ne pas savoir dès la couverture qu’il s’agit d’une adaptation d’un roman d’Eugène Sue, écrivain français du XIXème siècle. On ne le sait qu’en ouvrant l’album, lors de la page de titre. Sinon l’histoire se lit assez bien, mais il est vrai qu’elle part tout de même dans pas mal de sens différents, sans forcément creuser. Le personnage du capitaine Benoît n’apporte pas grand chose à l’histoire si ce n’est que ça présente le commerce triangulaire, celui de sa femme (présente sur une page) encore moins… J’aurais voulu en savoir plus, que la thématique de la traite négrière soit plus développée. Dans la seconde partie, les personnages sont presque tous des monstres, le côté obscur de l’homme est très présent, et finalement je n’ai pas pu avoir de pitié ni pour Atar Gull arraché à sa terre d’origine, ni pour Tom Will déchu de toute humanité. C’est affreux de monstruosité, d’un côté comme de l’autre, même si l’un s’en rend compte et l’autre non, du moins au départ. Cet album demeure cependant un album fort mais avec un goût de trop peu, tellement les pistes sont nombreuses à ne pas avoir été assez explorées à mon goût…Peut-être que les auteurs de l’album ont été limités en terme de nombre de pages, et donc qu’ils n’ont pu aller au bout de leurs idées… C’est bien dommage… On pourra au moins se replier sur la version originale, datant de 1831 et ayant fait scandale lors de sa parution (à télécharger à partir du lien à la fin de l’article).

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Le grenier à livres de Choco, D’une berge à l’autre, le blog BD de Madmoizelle, Liratouva, Croq’livres

Extrait à lire sur Izneo.

Voir le site du dessinateur Bruno.

Le roman original d’Eugène Sue (1831) est à télécharger gratuitement en PDF sur le site ebooksgratuits.