L’épouvantable peur d’Epiphanie Frayeur

L’ÉPOUVANTABLE PEUR D’ÉPIPHANIE FRAYEUR, par Séverine Gauthier (scénario) et Clément Lefèvre (dessin) (Soleil, 2016, coll. Métamorphose)

Epiphanie est une fillette de 8 ans très peureuse : depuis sa naissance, elle a peur de son ombre, qui prend de plus en plus d’ampleur et l’empêche de pouvoir vivre. Alors Epiphanie décide de combattre sa peur, et tente de trouver un moyen de vaincre ce qui lui gâche la vie. Pour cela, elle va traverser une forêt sombre, rencontrer des personnages étranges qui ont perdu leur sérieux ou n’ont plus les pieds sur terre… au sens propre ! Elle va tenter de nombreuses techniques toutes plus farfelues les unes que les autres pour reprendre le contrôle sur cette masse sombre… Lire la suite

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Le roman de Renart, tome 1 : Ysengrin

LE ROMAN DE RENART, tome 1 : YSENGRIN, par Bruno Heitz (Gallimard jeunesse, 2007, coll. Fétiche)

Recueil de quatre histoires mettant en scène le célèbre goupil Renart et son cousin le loup Ysengrin : « les anguilles », « les moines », « les bacons », « la pêche ». Le loup est crédule et se fait avoir à chaque fois par le renart, qui meurt souvent de faim et doit nourrir sa famille : sa femme et ses deux enfants.

Encore une BD jeunesse, pour changer… ! Moi qui n’aime pas lire par obligation, mais uniquement par plaisir (ce qui fait que des livres peuvent traîner très longtemps près de mon mon lit sans que j’y touche, jusqu’au jour où j’ai soudain envie de les lire), j’ai dû m’obliger à lire cet album dernièrement car je devais absolument le rendre (la fin de l’année scolaire approche…). Et bien, cet album s’est lu vite, mais j’ai passé un bon moment tout de même. Je connais l’histoire du roman de Renart écrite au XIIIème siècle et qui est étudiée en 5ème, mais je ne connaissais pas cette adaptation. J’avais lu il y a quelques temps une autre adaptation en BD, par Jean-Marc Mathis et Thierry Martin chez Delcourt (tome 1 et tome 2 sur ce blog). Le trait de Bruno Heitz est très naïf, dans cette histoire il fait très jeunesse, et correspond assez au récit. Il n’est pas poétique comme la version chez Delcourt, plus travaillée à mon goût. Il est simple et efficace, même si le loup et le renard n’ont pas une tête d’animal très ressemblante, c’est assez étrange (et encore plus avec les épouses de Renart et Ysengrin, qui ont les cheveux longs et des têtes d’animaux.)… Egalement, le texte est écrit très gros pour un album, avec des lettres bien trop espacées pour moi. Mais ce n’est qu’une histoire de goût, là encore… Impression mitigée donc, je crois que je préfère la version de chez Delcourt.

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisible, Benzine.

Premières pages à lire sur Izneo.

Une séquence pédagogique utilisant l’album est sur le site académique d’Aix-Marseille.

Elmer

ELMER, par Gerry Alanguilan (éditions çà et là, 2010, coll. longues distances)

https://i1.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/1/2/5/000820125.jpg2003, Jake est un dépressif, qui est jaloux du succès de son frère acteur, et surveille sa soeur May, qui veut épouser un homme. Particularité de Jake et sa famille : ce sont des poulets, qui depuis 1979 ont les mêmes droits que les hommes. Alors que leur père Elmer vient de mourir, Jake retrouve son journal et comprend comment les poulets, qui sont devenus conscients et doués de parole, ont dû lutter pour se faire accepter par les hommes, au prix souvent de leur vie, et comment les descendants de ces pionniers peuvent désormais vivre en sécurité. Au départ, lorsque les hommes découvrent que les poulets parlent, c’est un massacre : tous les poulets sont tués par les hommes méfiants. Un homme va sauver trois poulets, les parents de Jake et son oncle, mais celui-ci, animé de vengeance, ne survivra pas longtemps. Grâce à leur protecteur, les deux poulets survivants vont pouvoir apprendre à lire, à écrire… Avec les écrits de son père, Jake retrace donc l’histoire des poulets…

Encore un album emprunté pour cette fois la couverture originale et intrigante : un portrait en couleurs d’un poulet, sur fond de documents du passé (photos et journal intime). Je ne savais pas que je tenais entre mes mains la première BD des Philippines traduite en français (ça c’est écrit dans la préface si je me rappelle bien). L’histoire est au départ un peu déjantée : les poulets sont doués de conscience et de parole, et sont considérés à l’égal de l’homme. En retraçant l’histoire des poulets, Gerry Alanguilan traite de racisme, de ségrégation, de dialogue entre les espèces, puis enfin de paix. Bref, sans être moralisateur, il arrive à faire passer un beau message dans cet album original. Le dessin est très détaillé, très travaillé, en noir et blanc. Certaines scènes sont vraiment violentes (lorsque les poulets sont massacrés), c’est impressionnant. C’est un peu dans la veine de Blacksad (les personnages sont des animaux), mais avec un fort message subliminal de tolérance. Je ne suis pas fan des poulets, et pourtant je garde un bon souvenir de cet album, intéressant et original.

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Liratouva, Maison Usher, Return the pages, Blog-o-livre, article de Télérama.

Cet album a obtenu le prix Quai des Bulles 2011.

Lire (en anglais) le blog de l’auteur philippin, encreur de comics.

Le roman de Renart, tome 2 : le puits

LE ROMAN DE RENART, tome 2 : LE PUITS, par Jean-Marc Mathis (scénario) et Thierry Martin (dessin) (Delcourt, coll. jeunesse, 2008)

https://i2.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/7/5/6/000785756.jpgSuite du tome 1. Renart poursuit ses aventures dans la forêt, où il joue de mauvais tours aux autres animaux : il entraîne son oncle Ysengrin dans un puits, en lui promettant monts et merveilles, il prétend guérir les enfants du moineau Drouineau, mais en réalité s’en sert de repas… Il profite de la crédulité de l’ours Brun pour qu’il se fasse taper par le forestier… Renart est de tous les mauvais coups, il, est tellement détesté des autres animaux que beaucoup se plaignent de lui auprès du roi…

Voici le second tome de l’adaptation en BD du roman de Renart, ce récit du Moyen-Âge très connu. On a ici plusieurs petites histoires mettant en scène Renart et un autre animal (oiseau, loup, ours, chien), pour symboliser la critique de la société. Ces courtes histoires critiquent la société des puissants et les crédules. C’est très fin, avec toujours une pointe d’humour. A chaque fois, Renart se sort de situations parfois périlleuses, grâce à sa ruse ou parfois à la chance. C’est bien fait, le dessin est clair et pas chargé, et les couleurs sont belles, dans les tons pastels. Un seul regret : l’album est trop court (32 pages seulement, car il est dans une collection « jeunesse »)… Mais il existe un troisième tome, intitulé Le jugement de Renart.

A partir de 7 ans selon le site l@BD, site BD du CNDP.

On en parle sur le web : Lucien (sur les lectures de Marie), Cacahuète (sur Mamemoir), BDsélection.

L’album a été récompensé par les bibliothécaires jeunesse de la ville de Grenoble en 2008. (source : Delcourt).

Le roman de Renart, tome 1 : les jambons d’Ysengrin

LE ROMAN DE RENART, tome 1 : LES JAMBONS D’YSENGRIN, par Jean-Marc Mathis (scénario) et Thierry Martin (dessin) (Delcourt, coll. jeunesse, 2007)

https://i0.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/8/0/5/000786805.jpgRenart est un goupil (nom médiéval pour désigner le renard) qui vit dans une tour dans la forêt, avec sa famille. Il est malin et rusé, et va attraper son oncle Ysengrin le loup quelque peu crédule, son autre oncle Primaut, mais va trouver plus malicieux que lui en la personne du chat Tibert…

Voici une adaptation en bande dessinée d’un poème médiéval très connu pour être satirique. Le dessin est clair, enfantin mais pas trop, et va totalement dans l’ambiance originale moyen-âgeuse. Pourtant, la modernité n’est pas oubliée : les cases ne sont pas très remplies, le trait est vif et dynamique. Les couleurs sont majoritairement marron, vert, gris. Seul le goupil (orange) ressort bien et guide l’histoire. C’est vraiment bien fait, et c’est un bonne occasion de se replonger dans ce récit traditionnel. Chacune des petites histoires est racontée sur 3 à 4 pages et l’album est vraiment trop court à mon goût (32 pages). Heureusement que le tome 2 m’attend pour bientôt !!

A partir de 7 ans selon l@BD.

Des avis sur les blogs de Margotte et de Li-An.

Voir aussi le blog du dessinateur Thierry Martin. Biographie et autres récits de Jean-Marc Mathis sur le site de référence de la littérature de jeunesse, Ricochet-jeunes, qui risque de disparaître bientôt… ;(

Un peu avant la fortune

UN PEU AVANT LA FORTUNE, par Philippe Dupuy, Charles Berbérian et Jean-Claude Denis (coll. Aire Libre, Dupuis, 2008)

Nous suivons les aventures d’Etienne, homme à la dérive au chômage, qui vient de perdre son job de détective privé et sa compagne dans le même temps. Lorsqu’il se rend compte qu’il vient de gagner une grosse somme au Loto, il commence à se poser des questions existentielles et voit la malchance s’abattre sur lui : accident de voiture, perte du portefeuille avec le fameux ticket, incendie de son appartement, cauchemars morbides… Avant de toucher réellement son argent, il va vivre quelques jours riches en émotion… avant de finir par se dire que la fortune finalement n’est pas si importante que cela…

Un nouvel opus en couleur du duo Dupuy-Berbérian, rempli de poésie. Cette BD pourrait se définir comme un conte philosophique contemporain, où la possibilité de l’argent facile révèle les vraies relations humaines entre les gens.

Le dessin est un peu moins bien que pour Monsieur Jean, mais l’esprit du duo reste. Le thème est original et actuel. Le proverbe « l’argent ne fait pas le bonheur » peut faire partie de cet album, qui utilise également des ressorts comiques. A la fois drôle et bien fait, cet album est conseillé à partir de 15 ans par l@BD.