Papeete 1914, tome 2 : Bleu horizon

PAPEETE 1914, tome 2 : BLEU HORIZON, par Didier Quella-Guyot (scénario) et Sébastien Morice (dessin) (Emmanuel Proust média, 2012)

Suite et fin du tome 1. L’enquête se poursuit sur l’île de Tahiti, où des morts suspectes surviennent en même temps que la guerre mondiale se rapproche avec le bombardement de Papeete par un navire allemand.  Simon Combaud fait face à une communauté polynésienne soudée, et va devoir mener l’enquête seul ou presque…

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Goupil ou face

GOUPIL OU FACE, par Lou Lubie (Vraoum, 2016)

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Autobiographie d’une jeune femme prénommée Lou, qui a tout pour réussir, amour, amis, famille, travail…, mais n’y arrive pas pleinement. Elle déprime sans en comprendre les raisons et a ensuite des périodes d’euphorie et de motivation Au fil du temps, et après consultation de nombreux spécialistes, parmi lesquels des psychologues et des psychiatres, elle découvre qu’elle est bipolaire, plus précisément cyclothymique : son tempérament, représenté sous la forme d’un renard, varie du tout au tout très rapidement, de façon parfois incontrôlée. Il va falloir que Lou apprenne à vivre avec, et si possible à domestiquer ce renard pour qu’il prenne moins d’emprise sur sa vie. Elle nous raconte ce combat dans ce roman graphique. Lire la suite

Love story à l’iranienne

LOVE STORY A L’IRANIENNE, par Jane Deuxard (scénario) et Deloupy (dessin) (Delcourt, 2016, coll. Mirages)

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Comment se passe la vie des jeunes gens en Iran, sous le régime des mollahs ? Comment faire pour se rencontrer, flirter, tomber amoureux… quand la société ne le permet pas ? Un couple de journalistes français, sous couvert de pseudonyme, s’est rendu de nombreuses fois sur place pour rencontrer des témoins, et nous apporter un éclairage étonnant sur la vie amoureuse des jeunes Iraniens au 21e siècle… Lire la suite

Helena, tome 1

HELENA tome 1, par Jim (scénario) et Lounis Chabane (dessin) (Bamboo, 2014, coll. grand angle)

helena-1Simon doit se marier, mais est en retard pour la cérémonie. Sur le parvis de la mairie, il croise par hasard Héléna, la fille dont il a longtemps été amoureux dans sa jeunesse, sans jamais avoir osé le lui avouer à cause de sa timidité maladive. Sur un coup de tête, en ce jour pourtant si important, il abandonne sa promise, alors enceinte. Il se lance dès lors à la recherche de la belle blonde, et maladroitement, lui propose de passer trois heures par semaine avec lui, en échange d’une belle somme d’argent… Mais l’amour s’achète-t-il ? Comment va réagir Héléna ? Lire la suite

Irmina

IRMINA, par Barbara Yelin (Actes Sud / l’an 2, 2014)

Au milieu des années 1930, Irmina est une jeune femme qui veut être indépendante. Allemande originaire de Stuttgart, elle part en Angleterre suivre des cours dans une école internationale de secrétariat, aidée financièrement par ses parents. Là, elle rencontre un beau jour Howard, un jeune homme talentueux britannique, originaire de l’île caribéenne de la Barbade. Fascinée par le jeune étudiant noir, Irmina découvre à ses côtés Oxford, la ville où son ami poursuit ses études. Cette rencontre est aussi l’occasion pour elle de côtoyer un jeune homme différent qui rencontre fréquemment des situations de racisme lié à sa couleur de peau. Pour Irmina, c’est différent, c’est la situation politique en Allemagne qui pose question aux Anglais. Hitler a en effet gagné le pouvoir depuis 1933, et les relations diplomatiques se tendent de plus en plus. Irmina subit ces désagréments, en n’étant plus la bienvenue partout en Angleterre. Elle perd son logement à cause de ses origines, et l’argent que ses parents lui envoyaient ne lui parvient plus. N’ayant plus de nouvelles d’Howard, son seul ami en Angleterre, elle décide de rentrer dans son pays natal, persuadée qu’elle pourra retraverser la Manche facilement. Embauchée au ministère de la guerre, on lui fait espérer un poste à l’ambassade allemande à Londres, mais il n’en sera rien. L’emprise d’Hitler sur le peuple allemand va bloquer les relations diplomatiques, et le poste promis tarde à arriver. Pour se protéger et garder son confort, la jeune femme qui se voulait indépendante va mettre de côté ses ambitions et  fréquenter des jeunes hommes faisant partie des SS. Parmi eux, Gregor qui tombe amoureux d’elle. Ils se marient et ont un fils, mais la vie rêvée d’Irmina est bien lointaine…

Voici un gros pavé de 270 pages que j’ai acheté à Angoulême en janvier dernier. Si j’avais attendu un peu au stand de l’éditeur, j’aurais pu le faire dédicacer, mais ce jour-là, je n’ai pas pris le temps de revenir faire signer l’album de cette auteur allemande. J’ai dévoré cette histoire qui suit le parcours d’une jeune femme qui se veut indépendante, alors que les circonstances vont aller contre son destin et qu’elle va devoir revoir ses ambitions pour conserver un mode de vie. La grande et la petite histoire se mêlent de façon habile, et dès le début de l’histoire on entrevoit l’accumulation d’éléments qui aboutiront à la guerre. Irmina est souvent attachante, parfois naïve, parfois agaçante, mais on peut comprendre qu’en ces temps troublés, elle cherchait parfois plus à survivre, quitte à mettre de côté son indépendance. Le scénario est bien construit, de façon chronologique, et donc on n’est pas perdus. Le dessin de l’auteur allemande est très joli, très agréable, appuyé par des couleurs dans les tons gris, bleus, marrons, qui ajoutent encore de la consistance au récit, basé sur l’histoire de la grand-mère de l’auteure. J’ai beaucoup aimé les portraits qu’elle trace, ainsi que les pleines pages qui sont réellement magnifiques à admirer. La fin du récit est bouleversante, lorsqu’Irmina se rend compte que sa vie aurait pu être différente, s’il n’y avait pas eu la guerre, si les circonstances avaient été différentes, si elles avait fait d’autres choix… Il y a un côté doux-amer qui ressort de cet roman graphique, qui fait aussi réfléchir sur sa propre vie et ses choix. Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé cette fresque historique qui mêle l’histoire d’Irmina, allemande lambda prise dans un tourbillon plus grande qu’elle, et l’histoire officielle. Irmina est mon coup de cœur du moment !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : La soupe de l’espace, A chacun sa vérité, Lettres exprès, Le goût des livres, Livresse des mots

Quelques planches sur le site de l’éditeur allemand.

Prix Artémisia 2015, récompensant un album réalisé par une femme.

C’est ma neuvième participation à la bd de la semaine, cette semaine chez Noukette

La femme accident, première partie

LA FEMME ACCIDENT, première partie, par Denis Lapière et Olivier Grenson (Dupuis, 2008, coll. Aire libre)

Julie, une jeune femme brune et pleine de caractère, est en prison pour on ne sait quelle raison. La seule joie qu’elle a est le moment où elle peut retrouver son fils Mathias, un petit bonhomme de 5 ou 6 ans, élevé par sa tante. La jeune femme culpabilise de ne pas pouvoir élever son fils correctement, et se rappelle son passé, son amour de jeunesse, fusionnel et destructeur, avec Théo, son avortement, ses difficultés familiales…

Voici la première partie d’un diptyque intéressant dont l’héroïne est présente à chaque page, Julie, jeune femme déterminée et au parcours tourmenté. Née de père inconnu, elle ne connaît pas ses racines, n’a jamais vraiment été acceptée par sa mère et son beau-père. Elle est donc à la recherche d’une figure paternelle, qu’elle trouve en son grand-père, mais vite elle se rend compte de l’attraction qu’elle exerce envers les garçons. Le scénario de Denis Lapière (lu dans Le tour de valse) est intéressant et bien construit, ne donnant pas toutes les pièces du puzzle, laissant planer le doute suffisamment pour qu’on veuille bien continuer la lecture. On se doute bien qu’il y a un lien entre le passé et le présent, d’autant plus que les aller-retours temporels sont repris dans la construction, mais on ne sait pas dans ce tome-là la raison précise de la présence de l’héroïne en prison. Son parcours n’a pas été rectiligne, mais plutôt chaotique, et même si elle ne se plaint pas beaucoup de son vécu, on s’attache tout de même à elle. Ce sera donc avec plaisir que je lirai le tome 2, d’autant plus que le trait d’Olivier Grenson est bien agréable, particulièrement ses portraits. Certaines planches sont vraiment de toute beauté. Je poursuivrai donc volontiers à découvrir Julie.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : L’appétit vient en lisant, Samba BD

Voir le site du dessinateur, et le blog du scénariste (plus mis à jour).

Fatale

FATALE, par Doug Headline (scénario) et Max Cabanes (dessin) (Dupuis, 2014, coll. Aire libre), d’après le roman de Jean-Patrick Manchette.

Une jeune femme veuve qui se fait appeler Aimée Joubert arrive à Bléville, petite ville portuaire sans histoire. Elle vient de quitter une autre ville, où elle portait un autre patronyme, et dans laquelle elle a tué de sang-froid un chasseur. A Bléville, seule, elle vit dans son appartement, et au fil du temps, parvient à s’insérer dans la bonne société des notables de la ville. Elle observe les faits et gestes de chacun, prend des notes et attend le moment où la crise va éclater parmi cette micro-société. Elle pourra alors en profiter pour les faire chanter et leur extorquer leur argent, surtout qu’elle est prête à tout pour atteindre son objectif…

Fatale, album noir, adapté d’un roman des années 1970 que je ne connais pas, est une bande dessinée épaisse de la bonne collection « Aire libre » : 136 pages sur une femme qui cherche à profiter de la situation. Je dois avouer que s’il n’avait pas fait partie de la prochaine sélection polar à Angoulême, je ne l’aurais pas emprunté, la couverture trop noire ne m’aurait pas donné envie. Je n’ai pas été spécialement emballée par cette histoire qui démarre lentement : on suit la jeune femme qui se fait appeler Aimée Joubert, sans qu’on en sache trop sur sa vie et les raisons de sa venue dans la ville. C’est une situation assez intrigante, qui au départ a fait que j’avais envie de savoir, et donc de continuer à lire cet album. Mais une fois cette question posée, l’intrigue n’avance pas assez. Le rythme de l’histoire est lent, il n’y a vraiment que sur la fin que cela s’accélère vraiment. Cette fin d’ailleurs est troublante, avec les retournements de situation, le carnage et la violence présente à chaque page. Le dessin est agréable, un peu classique mais pas trop : j’aime bien les portraits des personnages, avec des traits souvent secs, qui donnent du caractère aux personnages. Les couleurs sont un élément de plus pour mettre une ambiance particulière, tendue, dans cette histoire, mais cela n’est pas parvenu à combler les aspects désagréables. En effet, une chose m’a fortement perturbée dans ma lecture : ce sont les cartouches descriptifs qui font redondance avec le dessin. Peut-être que cela est dû au fait que c’est une adaptation d’un roman, mais j’ai trouvé ça particulièrement désagréable. Pour moi, cela est inutile, n’apportant rien de plus à l’histoire. Fatale est clairement un album noir qui me laisse une drôle d’impression : je ne le décrirais pas comme inintéressant, mais pour autant ce n’est pas le meilleur polar que j’ai pu lire, même si ce n’est pas mon genre de prédilection…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Du noir du polar, Un polar-collectif, Marie rameau, Bédépolar, Quand le tigre lit

Premières planches à lire sur Digibidi.