Bergères guerrières, tome 1

BERGERES GUERRIERES, tome 1 : LA RELÈVE, par Jonathan Garnier (scénario) et Amélie Fléchais (dessin), (Glénat, 2017, coll. Tchô !)

Dans un monde lointain, vit une drôle de communauté : cela fait dix ans que les hommes en âge de se battre sont partis à la guerre,  à la limite du territoire, mais depuis, nul ne sait ce qu’ils sont devenus. Alors les femmes qui sont restées dans le village avec les enfants et les vieillards, se sont organisées et ont monté un groupe pour se défendre, qu’elles ont baptisé les « bergères guerrières ». Molly qui vit avec sa maman va pouvoir commencer son initiation pour faire partie de ce groupe qu’elle admire. Cela va nécessiter du temps et du courage pour affronter les épreuves que les instructrices préparent… Mais heureusement que Molly a des ami.e.s sur qui compter !

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Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ?

POURQUOI Y A-T-IL DES INÉGALITÉS ENTRE LES HOMMES ET LES FEMMES ?, par Dorothée Werner (scénario) et Soledad Bravi (dessin) (Rue de Sèvres, 2018)

005341878.jpgChronologie dessinée avec humour par Soledad Bravi, pour montrer les inégalités entre hommes et femmes, depuis les origines jusqu’à aujourd’hui… Lire la suite

Écumes

ÉCUMES, par Ingrid Chabbert (scénario) et Carole Maurel (dessin) (Steinkis, 2017)

ecumesDeux femmes amoureuses attendent impatiemment l’arrivée d’un enfant. Quand celui-ci arrive, c’est le bonheur, mais la grossesse s’avère bien compliquée, et lorsque le bébé paraît, il s’avère qu’il est déjà décédé… Commence alors pour les deux femmes une période difficile de deuil de cet enfant tant espéré,  pour dépasser l’écume dans lesquelles elles sont plongées bien malgré elles…

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Facteur pour femmes

FACTEUR POUR FEMMES, par Didier Quella-Guyot (scénario) et Sébastien Morice (dessin et couleurs) (Bamboo, 2015, coll. Grand Angle)

Pendant la guerre de 1914, quelque part sur une île en Bretagne, alors que tous les hommes sont mobilisés pour partir au front, les femmes restent seules à vivre sur cet îlot perdu avec les enfants et les hommes âgés. En réalité, il reste un seul homme en âge de combattre mais qui n’a pas été mobilisé : c’est Maël, qui a un pied-bot. Les femmes lui confient alors le rôle essentiel du facteur, qui amène les lettres des soldats, maris et fils… Maël devient indispensable à la petite communauté, tellement incontournable qu’il devient aussi le confident, mais également parfois l’amant de certaines îliennes…  Lire la suite

Culottées tome 2

CULOTTÉES tome 2, des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent, par Pénélope Bagieu (Gallimard BD, 2017)
Suite du tome 1, avec de nouvelles biographies de femmes aux parcours hors du commun, un peu partout dans le monde, de l’Inde à la France, de l’Afghanistan aux Etats-Unis, dans des domaines aussi variés que la vulcanologie, la musique et le chant, le bien-être animal, le droit, le banditisme, le journalisme, l’utopisme réaliste… Ainsi, on passe de Katia Krafft aux Shaggs, de Sonita Alizadeh à Betty Davis, de Thérèse Clerc à Phulann Devi, de Mae Jemison à Cheryl Bridges… Lire la suite

Culottées tome 1

CULOTTEES tome 1 : des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent, par Pénélope Bagieu  (Gallimard, 2016)

culotteesAlbum de courtes biographies de femmes aux destins hors du commun. On retrouve toutes les époques, tous les continents et toutes sortes de destins : impératrice en Chine, travailleuse sociale africaine prix Nobel de la paix 2011, femme à barbe au XIXe siècle, reine africaine au XVIIe siècle, gynécologue grecque antique, guerrière chamane au XIXe,  nageuse australienne au XXe siècle, gardienne de phare américaine, créatrice finlandaise de trolls après la guerre … Les histoires racontent le plus souvent la vie complète de la femme, ou parfois juste un événement particulier, mais à chaque fois, cela montre des femmes qui font voler en éclats les préjugés sur leur sexe, à une époque où elles étaient considérées inférieures, incapables ou encore soumises aux hommes… Lire la suite

Papeete 1914, tome 1 : Rouge Tahiti

PAPEETE 1914, tome 1 : ROUGE TAHITI, par Didier Quella-Guyot (scénario) et Sébastien Morice (dessin) (Emmanuel Proust média, 2011)

En 1914, à Tahiti, loin de la métropole, on se soucie bien peu de la guerre qui menace en Europe. La vie suit son cours à Papeete, entre métropolitains et vahinés. Arrive par bateau Simon, un jeune homme venu de Paris pour des motifs qu’il ne dévoile pas au départ. Seul son carnet de notes est la preuve qu’il recherche quelqu’un. Simon découvre le mode de vie à la tahitienne, avec les vahinés qui jouent de leur corps pour séduire les hommes, des métropolitains qui tiennent les commerces, un peintre exilé pour les couleurs de la Polynésie (mais pas que…), un missionnaire très sévère sur les mœurs locales… C’est alors que la guerre bien lointaine se rapproche avec deux croiseurs allemands qui menacent l’île, et le gouverneur décide de réarmer l’île, mais cela prend du temps et les militaires sont peu nombreux… En parallèle, une première vahiné est découverte morte, tombée depuis un chemin qu’elle connaissait pourtant parfaitement… Ce décès sur l’île paradisiaque, en plus du siège et du bombardement par les navires allemands, va secouer l’île, surtout lorsqu’une seconde vahiné disparaît de la même manière…

Voici un album au sujet que j’ai trouvé très original, et dont je n’avais jamais entendu parler avant : la première guerre mondiale dans les îles polynésiennes. Ici, pas de tranchées, mais une attaque de la ville de Papeete par deux navires allemands. Il est important de préciser qu’il s’agit d’un fait historique réel, comme il est expliqué dans le dossier documentaire à la fin de ce premier volume. Car oui, il s’agit d’un diptyque, et je ne vois pas trop pourquoi l’histoire n’a pas été publiée en un seul et même volume, tellement la fin de ce tome est en plein milieu de l’action… Bref, mis à part ce point de détail frustrant, j’ai beaucoup aimé ce premier tome, grâce à l’aspect historique bien développé. On a plusieurs personnages importants, même si on suit principalement Simon le parisien qui a atterri sur l’île et n’a pas l’air très déterminé à résoudre l’énigme pour laquelle il est venu, plus préoccupé par sa relation amoureuse avec la belle Mareta. Dans cet album, l’événement historique côtoie l’histoire d’amour, et le tout se lit plutôt bien, avec un scénario assez dense et détaillé. Le dessin est agréable, très ligne claire, et servi par des couleurs paradisiaques qui donnent envie de se rendre sur place. Les décors sont magnifiques et les personnages sont bien représentés, avec nombre de détails. L’album est graphiquement très joli, on passe un agréable moment : déjà dès la couverture, on est séduit par l’aspect graphique. Par contre, dernière chose, j’ai eu des difficultés avec certaines typographies manuscrites : lorsque Simon écrit dans son journal, il a une écriture assez illisible, qui nécessite de se pencher véritablement sur les caractères. Cela a ralenti ma lecture, et ne l’a pas rendu toujours agréable… Mais il n’en reste pas moins que cet album mérite qu’on s’y attarde grandement…Alors bon voyage !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisibleLes livres de CamilleBlog BD Sud-ouest, Le blog de Véronique D., Acoram

Premières planches à voir sur Digibidi.

Visiter le blog du scénariste (jusqu’en 2013), et celui du dessinateur, tous deux également auteurs de Facteur pour femmes (lu mais pas (encore ?) chroniqué sur ce blog)

Retour sur le bombardement de Papeete sur le site officiel de la ville tahitienne.

Cet album participe à , cette semaine chez Jacques (un amour de BD).

Oui ! 101 questions à se poser avant de se marier

OUI ! 101 QUESTIONS A SE POSER AVANT DE SE MARIER, par Margaux Motin et Pacco (Delcourt, 2015, coll. Tapas)

Recueil de 101 questions à poser aux futurs mariés et mariées pour être sûr de bien choisir son promis avant de s’engager… Choix de son conjoint, aléas de la vie de couple, enfants, animaux de compagnie, amis des mariés, organisation du jour J… De nombreuses thématiques sont abordées avec humour dans cet ouvrage, dont la question la plus importante « voulez-vous l’épouser ? »

J’aime bien ce que fait Margaux Motin (J’aurais adoré être ethnologue, La théorie de la contorsion), même si j’avais été moins conquise par ma dernière lecture (La tectonique des plaques). J’aime bien son trait léger et réaliste, et ses personnages un peu déjantés. Au contraire, je n’avais jamais lu de livre de son compagnon Pacco. Quand j’ai vu cet album arriver parmi les nouveautés à la bibliothèque, je n’ai pas hésité une seconde. Mon homme a été le premier à le lire, ou plutôt à le feuilleter. En effet, pas d’histoire à l’intérieur de cet album carré, mais une succession de doubles pages toujours construites de la même façon, alternant les questions bleues pour les hommes et roses pour les femmes : à gauche une question est posée et développée à travers un court texte en dessous, et à gauche un dessin de Pacco ou Margaux Motin (selon que la question s’adresse à l’homme ou à la femme) est en lien plus ou moins direct avec le thème abordé dans la question. J’aime beaucoup le trait de Margaux Motin, même si les filles filiformes se ressemblent toutes et ont un look très apprêté. Je trouve ce trait très élégant et aérien. Le trait de Pacco est pas mal non plus, un peu différent mais pas tant que cela au premier coup d’oeil. Il est un peu moins dynamique, mais correspond quand même bien à l’ambiance de cet album. Il est facile de se retrouver dans les questions, peut-être parce que je fais partie de la tranche d’âge cible de cet album, et que de nombreux amis autour de nous se marient… A noter enfin que l’album est aussi un bel objet, avec une couverture épaisse et rembourrée. Ce n’est pas l’album du siècle, loin de là, car il sera oublié d’ici quelques temps, mais il permet de passer un agréable moment de lecture tout de même. Ce serait plutôt un bel objet à offrir à de futurs mariés. Hasard ou pas d’ailleurs, j’étais en train de lire cet album quand une amie m’a appelée pour m’annoncer son mariage l’automne prochain… 🙂

Non mentionné sur l@BD, mais je dirais à partir de 15 ans.

On en parle sur les blogs : Pissenlit de lune, My pretty books, 110 livres

Quelques planches à voir sur le site de l’éditeur.

Lien vers le site de Margaux Motin et celui de Pacco.

Accords sensibles

ACCORDS SENSIBLES, par Régis Hautière (scénario) et Antonio Lapone (dessin) (Glénat, 2011, coll Treize étrange)

Dans les années 1960, un homme tombe amoureux d’une femme qu’il a rencontrée dans un café. Celle-ci ayant oublié ses gants au comptoir, il lui court après pour lui rendre, mais dans la précipitation oublie de les prendre avec lui. C’est le début d’un quiproquo presque improbable qui va lui faire peut-être rater la rencontre de sa vie. De son côté, son ami musicien Lester, la quarantaine, vient de se séparer de la jeune canadienne Anna, qui va quitter Bruxelles pour rentrer outre-Atlantique. C’est sans compter sur Gordon, qui tombe amoureux d’elle et veut l’empêcher de partir. Mais il ne sait pas, en se confiant à Audrey la colocataire d’Anna, que cette dernière l’aime en secret…

Voici un album emprunté sur le seul nom du scénariste Régis Hautière. Je n’ai même pas lu le résumé sur le site de la bibliothèque, je l’ai réservé sans savoir de quoi il en retournait. J’ai donc ouvert cet album de format moyen et de 120 planches environ (sas compter le riche cahier graphique en fin d’album) sans aucun a priori. Il s’agit en fait de récits croisés, avec un chapitre par personnage. Les relations entre eux sont compliquées, parfois par incompréhension ou par manque de chance. Le récit n’est pas larmoyant ni fataliste, il raconte juste avec pudeur comment les rencontres font et défont les relations, comment parfois le hasard peut bien ou mal faire les choses… Il y a un côté nostalgique dans cet album, mais peut-être cela est-il dû à la musique qui est présente tout au long de l’album : le jazz, très en vogue dans les années 1950. Un certain nombre de paroles de chanson sont citées dans les bulles, il manque juste la version audio pour agrémenter la lecture. Cela donne un cachet rétro à cette histoire, alors que sans, elle pourrait aisément se dérouler à notre époque. Le dessin d’Antonio Lapone contribue lui aussi à cette ambiance : il est vraiment particulier, très connoté années 50. Un trait agréable et original, mais j’ai eu quelques difficultés tout de même à rentrer dans l’histoire au départ, surprise par ce trait très graphique et alourdissant parfois les cases. Les couleurs sont étudiées, avec une par chapitre, déclinée ensuite. Cela donne pour moi une assez bonne découverte, originale, bien scénarisée et au dessin hors du commun, même si cet album ne fait quand même pas partie de mes coups de cœur.

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Au milieu des livres (ancien blog)Littexpress, Bulles picardes, Le blog de Guy Dehousse

Premières planches à retrouver sur Digibidi.

Aller voir l’original blog du dessinateur, où on retrouve son trait si particulier, ainsi que le blog du scénariste.

L’île aux femmes

L’ÎLE AUX FEMMES, par Zanzim (Glénat, 2015)

1915, Céleste, un aviateur adulé par les femmes, se voit confier une mission avec son avion, mais il échoue et se retrouve comme Robinson Crusoé sur son île, échoué au milieu de nulle part et sans aucun moyen de contacter le monde extérieur. Alors il va survivre, en bâtissant sa cabane, en pêchant de façon rudimentaire, en lisant aussi les lettres du courrier qu’il était chargé de ramener du front vers les épouses des soldats à l’arrière. Désespéré au point de lancer une bouteille à la mer, et frappé parfois de bouffées délirantes, il se rêve des femmes qui lui manquent. Un jour par hasard, en chassant, il tombe dans un trou et atterrit près d’une cascade où se baignent plusieurs femmes. Intrus, il est immédiatement capturé et emmené au village sans être ménagé. Après un débat âpre entre toutes les membres du groupe, il est conduit en prison où il rencontre un autre homme qui lui apprend la situation : ils sont sur une île où les femmes dominent, et les hommes ne sont là que pour être des reproducteurs… Ce qui paraît être un rêve pour Céleste le Don Juan va s’avérer être un cauchemar, surtout qu’il va s’approprier les poèmes dans les courriers des soldats et s’enfoncer dans le mensonge…

Voici un album fantastique très bien construit. Autant le dire tout de suite, j’ai beaucoup aimé. Tout d’abord le trait est à la fois simple et travaillé (déjà repéré dans Ma vie posthume tome 1 et tome 2), avec de nombreux portraits et formes féminines. On sent que le dessinateur a pris plaisir à dessiner les courbes des nombreuses (jeunes) femmes en petites tenues. Je ne sais pas si on peut dire que cet album est féministe, mais c’est en tout cas un pari réussi mêlant poésie et humour parfois grinçant. Le scénario, avec cette inversion des rôles, est vraiment original : la situation de Céleste pourrait être un rêve pour de nombreux hommes, mais on en vient presque à plaindre ce pauvre homme pour ce qu’il va subir… Obligé de mentir pour pouvoir prendre la place de l’homme reproducteur de l’île pour toutes ces amazones, il trouve son inspiration parmi les courriers qu’il devait convoyer avec son avion, et ces situations cocasses ponctuent l’histoire. Dans cet album au dessin particulier pas toujours ultra-réaliste (mais ce côté parfois désuet et plein de charme passe très bien), un certain nombre de dialogues sont remplacés par des onomatopées, et cela permet de lire différemment l’histoire. Bref, un album très sympa, à la fin très originale, vraiment inattendue, avec les parallèles des personnages. On se fait bien mener en bateau, et j’ai aimé cela ! C’est un album à lire, si ce n’est pas déjà fait !

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 15 ans.

On en parle sur les blogs : D’une berge à l’autre, Oncle Fumetti, Le blog de Krol, La ronde des post-it, Temps de livres, Mille et une frasques

Premières planches à lire sur Izneo.