Un maillot pour l’Algérie

UN MAILLOT POUR L’ALGÉRIE, par Kris et Bertrand Galic (scénario), Javi Rey (dessin) (Dupuis, 2016, coll. Aire libre)

maillotEn 1945, alors que la France fête l’armistice qui vient d’être signée, en Algérie, on manifeste contre la présence des colonisateurs français. Le jeune Rachid et ses amis vivent ces moments sans trop se rendre compte de ce qui se passe. Très doués au football, ils sont repérés par des agents français, et en 1958, alors que la guerre d’indépendance de l’Algérie a commencé depuis 4 ans, ils jouent dans des clubs français et s’apprêtent à jouer sous le maillot français lors de la coupe du monde. Mais deux mois avant la date, contactés par le FLN en France, les joueurs algériens les plus doués quittent la métropole, désertent, pour créer la première équipe nationale d’Algérie… Ils vont s’entraîner tous ensemble en Tunisie, puis partir en tournée en Europe de l’est puis en Russie. Leur objectif est d’obtenir la paix par le sport, et de faire accepter l’Algérie en tant que pays… Lire la suite

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Louca tome 3 : si seulement

LOUCA, tome 3 : SI SEULEMENT, par Bruno Dequier (Dupuis, 2014)

Suite du tome 2. Louca doit jouer dans l’équipe de foot du lycée le dernier match de la saison, face à l’équipe d’un autre lycée menée par Hugo. Le fantôme Nathan quant à lui a réussi à sortir de l’enceinte de l’école, et retourne chez ses parents, mais il découvre un appartement vide et son père qui le quitte en voiture, sans qu’il ne comprenne les raisons de ce départ. Nathan n’étant plus avec lui, mais occupé à enquêter sur sa propre mort, Louca redevient aux yeux de tous l’ado très maladroit qui ne maîtrise pas du tout les règles du foot. Alors la première mi-temps du match est catastrophique pour son équipe qui se fait écraser par l’adversaire… Heureusement que Nathan revient à son secours lors de la 2ème mi-temps… Mais les ennuis ne sont pas terminés…

J’ai eu l’occasion récemment de lire le troisième tome de cette série jeunesse, presque juste après le 2. Je crois que je n’aurais peut-être pas dû, car je suis de plus en plus déçue par cette série. Tout d’abord, les tomes sont de plus en plus courts : on était à 80 pages sur le volume 1, 68 sur le 2 et là on n’est plus qu’à 56 pages…  L’histoire avance de moins en moins vite, en tout cas on n’a pas assez de réponses par tome. Au contraire, les questions s’accumulent et j’ai l’impression qu’il va y avoir bien trop de tomes dans cette série. Le scénario prend des chemins de plus en plus compliqués, pour au final avancer de moins en moins. Il y a pas mal de flash-backs, pour expliquer le comportement froid d’Hugo et aussi la mort encore inexpliquée de Nathan, mais à chaque fois le scénariste choisit de ne lever qu’une part du mystère. Bien sûr, il y a quelques scènes de football tout de même, qui m’ont fait penser au dessin animé « Olive et Tom », avec un cadrage manga marqué (cases coupées en biais, impression de vitesse dessinée, mais où les terrains font aussi 3,5 km de long…). Il y a aussi quelques scènes drôles (lorsque par exemple le fantôme aide le héros à faire des figures improbables devant le but), mais également des éléments qui ne sont pas du tout crédibles (par exemple lorsque Louca demande à Julie d’aller chercher chez lui un ballon pendant le match). Je trouve le héros de moins en moins attachant, car il ne cherche pas à s’améliorer, que ce soit en foot ou dans sa relation avec Julie, il se complaît presque dans sa maladresse. Bref, je suis de moins en moins convaincue par cette série… J’ai la mauvaise impression d’être menée en bateau (le prochain tome est prévu pour début 2015, alors qu’au départ j’avais lu que ce serait une trilogie). Seul le dessin (entrecoupé parfois de cases de style manga ou enfantin) reste agréable, sans évolution majeure depuis les autres tomes, en alternant aussi les cadrages et la taille des cases, mais ça ne sauve pas mon avis plus que mitigé sur cet album…

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Capocapesdoc, Livralire, Le suricate

Premières planches à lire sur Izneo.

Louca, tome 2 : face à face

LOUCA, tome 2 : FACE À FACE, par Bruno Dequier (Dupuis, 2013)

Suite du tome 1. Louca est toujours amoureux de Julie, sans pour autant lui avouer ses sentiments. Nathan, le fantôme d’un élève footballeur décédé mystérieusement, l’aide à s’améliorer au football, et Louca est devenu une pièce maîtresse de l’équipe du lycée. Mais le classement de l’équipe n’est pas bon, et le directeur menace d’arrêter l’équipe si celle-ci perd le dernier match de l’année. Pendant ce temps-là, Louca va observer d’une façon qu’il croit discrète l’équipe adverse à l’entraînement, mais cela ne va pas se passer du tout comme prévu : Hugo, un adversaire que Nathan connaissait, va provoquer Louca en duel…

Je ne suis pas restée sur mon impression globalement négative du tome 1, et lorsque j’ai trouvé la suite des aventures de l’ado footeux en bibliothèque, je l’ai emprunté pour me faire un avis. Et bien, j’ai trouvé ce volume beaucoup moins misogyne que le premier, les quelques références aux filles étant bien moins machos que dans le premier album. L’histoire n’avance pas spécialement, on n’a même pas en intégralité le match ultime que doit jouer l’équipe pour éviter la dissolution. De nouvelles pistes sont lancées, avec dès le début de l’album plusieurs planches qui se passent quelques années avant l’histoire de Louca : on y parle de Nathan, du moment de sa mort du point de vue de l’entraîneur. Ce point de vue fait qu’on ne sait pas ce qui a tué le jeune footballeur, ni pourquoi il est devenu un fantôme… Bref, pas de réponses dans ce tome, mais encore plus de questions pour aller lire le tome 3 (je trouve ça un peu moyen de la part de l’éditeur de faire un tome intermédiaire où pas grand-chose ne se passe…!). Louca est pourtantun ado touchant, manquant complètement de confiance en lui, et complètement gaffeur. Les situations qu’il vit sont souvent drôles pour nous lecteurs, mais pas du tout pour lui : une sorte de Gaston Lagaffe moderne. Le dessin quant à lui est agréable, clair, simple. Quelques cases font penser au style manga, avec des yeux exorbités, des décors simplifiés au maximum pour signifier l’action. L’humour est présent dans les dessins à travers les petits dessins presque pixelisés qui sont souvent drôles. Il y a pas mal de cases où on a des portraits resserrés, là encore comme dans les BD japonaises. Quand on sait que l’auteur est issu du monde de l’animation, on comprend aussi ces choix, qui franchement, passent très bien et donnent un récit fluide. Il y a pas mal de scènes de foot, qui réjouiront les lecteurs et l’histoire d’amour (impossible ?) entre Julie et Louca plaira certainement aux lectrices. C’est donc un album agréable qui plaira aux collégiens, sans nul doute, même s’ils n’ont pas lu le premier tome : il faut noter qu’un résumé simple permet de se raccrocher sans problème à ce tome. L’histoire n’avance pas beaucoup, c’est bien dommage, on va donc avoir besoin du tome 3…

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Mr Zombi’s place, Blog-o-noisettes, Un thé à la bibliothèque, Foot champagne

Premières planches à lire sur Izneo.

Louca, tome 1 : coup d’envoi

LOUCA, tome 1 : COUP D’ENVOI, par Bruno Dequier (Dupuis, 2013)

Louca est un ado assez malchanceux : il est maladroit, paresseux et amoureux de Julie mais incapable de le lui dire. Son petit frère a fait de lui son grand héros, mais Louca se rend bien compte qu’il n’est pas bon pour grand-chose. Même au foot, il n’est pas doué. Il aimerait changer les choses, mais ne sait pas vraiment comment faire. Un jour  (ou plutôt une nuit), il rencontre un fantôme dans son lycée. Il s’agit du beau et intelligent Nathan, l’ancien capitaine de l’équipe du lycée. Celui-ci n’est visible que de Louca, et il va l’aider à s’améliorer. Ce coach va, entre autres, lui apprendre le foot pour pouvoir plaire aux filles…

 J’avais découvert cet album l’hiver dernier dans une preview chez un de mes libraires BD, et comme mon budget bandes dessinées s’est rétréci depuis un certain temps, j’ai abandonné l’idée de l’acheter. Mais par chance, ma bibliothèque l’a depuis peu et j’ai donc pu emprunter cet album à la couverture attractive. Globalement, j’ai passé un bon moment de lecture, même s’il y a des petites choses qui m’ont dérangée. Vous verrez cela plus bas, commençons d’abord par les points positifs. L’histoire est sympathique et originale : un ado malchanceux tel Gaston Lagaffe va être aidé par un fantôme pour intégrer l’équipe de foot du lycée, et ainsi pouvoir épater sa belle dont il est éperdument amoureux. Le dessin est très agréable, dynamique. Il faut dire que le scénariste-dessinateur est issu du monde de l’animation, ce qui fait qu’il arrive vraiment bien à faire bouger sur le papier ses personnages. Les dialogues sont enlevés et plein d’humour, il n’y a pas un moment de pause dans le récit. Le personnage de Lucas, anti-héros par excellence, est attachant, et les situations dans lesquelles il se trouve pris font souvent rire ou sourire. L’auteur met plein d’informations dans ce premier tome, et cela donne envie de connaître la suite : en effet, pourquoi Nathan est-il devenu un fantôme ? Pourquoi Louca est-il le seul à le voir ? Louca va-t-il réussir à séduire la belle Julie ? Cerise sur le gâteau : les couleurs sont très agréables, et semblables à celle d’un bon dessin animé. Bref, cet album contient beaucoup d’aspects positifs, mais ma chronique n’est pas finie, car il y a des éléments qui m’ont dérangée…

En effet, il y a pour moi un gros point négatif qui m’interroge sur le fait de mettre cet album à disposition ou non des collégiens : ce sont certains préjugés et raccourcis faciles, misogynes parfois. Au collège, on essaie d’inculquer aux élèves des valeurs de respect et d’égalité entre les garçons et les filles (ce qui n’est pas gagné), et cet album-là a parfois une fâcheuse tendance à voir les filles sous un angle bien particulier qui ne me plaît pas du tout. Je m’explique à travers deux scènes : p. 46 et 48, Nathan le fantôme se rend compte que les filles ont terminé leur entraînement de volley-ball (ben oui ça doit être un sport de fille, alors que le foot c’est un sport de garçon… Déjà ça commence mal! ^^) et donc comme personne ne peut le voir, il va se rendre dans les douches avec elles, et en ressortir un peu plus tard tout baveux d’envie… Deuxième extrait de l’histoire qui m’a fait horreur : p. 66 et 67, Nathan, encore une fois, joue de son statut d’invisibilité pour regarder sous les jupes des filles, car ce qui l’intéresse, ce sont les poitrines et les fesses des filles, que le dessinateur n’a pas omis de dessiner en trois cases sur un tiers de la page ! Bref, cet album (que j’ai bien apprécié et dont j’ai pourtant trouvé bon nombre de points positifs) ne prône pas spécialement l’égalité entre les sexes et a quelques relents de misogynie qui me font m’interroger sur l’achat ou pas pour les collégiens… J’aimerais bien savoir si j’ai été la seule à voir cet aspect-là ou pas (je tiens à préciser que je ne suis pas militante féministe, mais que pour moi l’égalité est importante tout de même). N’hésitez pas à partager votre avis en commentaire.

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Blog-o-noisettes, Mister Emma, La virgule enchantée, Des livres & dix filles, A saute-livres

Le début de l’album est à lire sur Iznéo.

La page Facebook de la série.

Cet album participe au challenge « à la découverte des prénoms », lancé par Capocapesdoc.

La bande annonce de l’album :