Romans jeunesse

Des cailloux à ma fenêtre [roman]

DES CAILLOUX À MA FENÊTRE, par Jessie Magana (Talents hauts, 2016, coll. Les héroïques)

cailloux fenetre

Marie est une adolescente qui vit sur l’île de Sein. En juin 1940, le général De Gaulle lance son fameux appel depuis Londres, et 128 hommes de l’île partent en Angleterre le rejoindre. Marie reste sur l’île avec sa mère, son frère aîné étant prisonnier sur le continent. Les hommes sont presque tous partis, il ne reste plus que les femmes, les enfants et les vieillards. Marie n’en peut plus d’attendre. Avec son amie Yvette, elle va accepter de mener des missions pour la résistance sur le continent. Au départ, les risques sont infimes, mais au fil du danger, les dangers encourus sont de plus en plus grands… Mais c’est aussi la rencontre avec Paul, breton originaire du Conquet et qui fait partie du même réseau de résistants… Pendant ce temps-là, Jean, un jeune Sénan qui fait partie du groupe d’hommes partis, attend à Londres d’être envoyé sur un bateau chasseur de sous-marins… Lire la suite « Des cailloux à ma fenêtre [roman] »

BD aventure, BD historique

Les trois grognards, tome 1

06LES TROIS GROGNARDS, tome 1 : L’ARMÉE DE LA LUNE, par Régis Hautière (scénario) et Frederik Salsedo (dessin) (Casterman, 2016)

trois grognardsEn 1805, Honoré, ancien lieutenant ayant combattu aux côtés de Toussaint Louverture à Saint Domingue, parvient à s’échapper du fort de Joux, réputé hyper sécurisé. Cependant, il est rattrapé près d’un port. Plutôt que de le renvoyer en prison, on lui propose une mission : accéder et transmettre les plans d’attaque de Napoléon contre l’Angleterre. Mais pour cela, il faut qu’il réintègre l’armée dont il a été déchu, mais en qualité de simple soldat. Là, il est victime de racisme de la part d’autres soldats, mais il rencontre aussi un jeune maladroit, Félicien, et une grosse brute, Kémeneur. Les voilà aux prises avec une affaire d’espionnage qui les dépasse ? Qui veut déjouer les plans de l’empereur ?  Lire la suite « Les trois grognards, tome 1 »

BD aventure, BD historique

La guerre des Lulus tome 4 : 1917, la déchirure

LA GUERRE DES LULUS, tome 4 : 1917, LA DECHIRURE, par Régis Hautière et Hardoc (Casterman, 2016)

Suite du tome 3. Quelques temps après les avoir laissés, on retrouve des Lulus qui ont bien grandi. La guerre dure depuis 3 ans et ils désespèrent de pouvoir un jour rentrer, le conflit s’enlise et on n’en voit pas le bout… Par un concours de circonstance, le groupe d’amis se retrouve en Belgique, le pays de Luce…  Ils vont aussi y rencontrer des « locaux »…

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BD fait de société

La différence invisible

LA DIFFÉRENCE INVISIBLE, par Julie Dauchez (scénario) et Mademoiselle Caroline (dessin) (Delcourt, 2016, coll. Mirages)

la-diff-invisible

Marguerite a la vingtaine, un petit ami, un emploi de bureau dans une entreprise. Sa petite vie est parfaitement réglée, il faut dire que Marguerite aime son train-train et déteste tout imprévu : son trajet est parfaitement réglé, tout comme son emploi du temps quasi-minuté. La jeune femme déjeune toujours seule et ne prend pas de pause avec ses collègues, elle ne saisit pas le second degré et passe pour être particulière, voire même bizarre aux yeux de ses collègues. Elle a aussi des difficultés avec la vie en société : elle déteste les week-end imprévus ou loin de chez elle, ainsi que les soirées avec les amis de son mec, amis qui ne lui adressent même plus la parole. En même temps, elle ne sait pas quoi leur dire… Un jour, à force de se demander pourquoi elle n’est pas comme les autres, elle tombe sur un article sur internet qui lui fait découvrir le syndrome d’Asperger, une forme d’autisme. C’est la révélation pour la jeune femme, qui va alors, à force de persuasion et de persévérance, passer des tests et être diagnostiquée Asperger, « aspie » pour les intimes….

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Romans jeunesse

Ma fugue chez moi [roman]

MA FUGUE CHEZ MOI, par Coline Pierré (Rouergue, 2016, coll. DoAdo)

fugueAnouk est en troisième et a perdu sa meilleure amie Marina, qui s’est trouvée d’autres amis. Anouk ne fait pas partie d’une bande de copains et n’est pas assez branchée, elle qui n’aime pas les vêtements à la mode et apprend à jouer du banjo… Alors lorsque son ex-meilleure amie l’humilie un jeudi après-midi de décembre, et que sa mère, climatologue en Norvège annonce qu’elle ne sera pas là (une fois de plus) pour les fêtes de Noël, la jeune fille décide de fuir… Oui, mais où ? Dehors, il fait trop froid et Anouk n’a vraiment nul part où aller… Alors, après quelques heures de réflexion, elle décide de fuguer, et de se cacher dans son grenier, là où personne ne monte jamais… De là-haut, elle va observer les réactions, profiter des moments où son père et sa sœur sont sortis pour refaire son stock de nourriture et aménager au mieux sa cachette… Lire la suite « Ma fugue chez moi [roman] »

BD historique, BD jeunesse

Jules B, l’histoire d’un Juste

JULES B, L’HISTOIRE D’UN JUSTE, par Armelle Modéré (Des ronds dans l’O, 2016)

jules-bJules est un cordonnier célibataire qui supporte très difficilement sa solitude depuis que sa femme l’a quitté pour un autre. L’armée allemande empêche l’artisan de se fournir en cuir et en clous, et il ne peut donc plus travailler. Bref, rien ne va pour cet homme (ou plutôt ce cochon) qui a tendance à noyer sa détresse dans l’alcool. Un jour, il découvre une voiture accidentée sur le bord de la route. Son conducteur et sa passagère sont morts, mais trois enfants (ou plutôt des chatons) sont bien vivants, cachés dans le coffre. Jules les recueille mais comprend qu’ils sont juifs. Malgré les risques encourus, et face à la lâcheté de ses voisins et de ceux qu’il croyait être ses amis, il va tout de même essayer de sauver les trois orphelins, d’abord en les ramenant à Paris, puis en les sauvant d’une rafle annoncée… Lire la suite « Jules B, l’histoire d’un Juste »

BD fait de société, BD historique

L’essai

L’ESSAI, par Nicolas Debon (Dargaud, 2015)

1903, Fortuné Henry est un anarchiste utopiste, qui arrive dans les Ardennes françaises, près de la frontière belge. Grâce à un terrain qu’il a acquis avec ses économies, il compte construire une colonie d’un autre genre, qu’il baptise « l’essai ». Au départ seul, il aménage la clairière réputée infertile pour y cultiver de quoi survivre, y construit une première hutte, qu’il améliore progressivement pour construire une maison plus solide… Le rude hiver n’arrête pas la volonté de l’homme qui est pris au départ pour un illuminé, mais est ensuite rejoint par d’autres anarchistes, des célibataires et même des familles… Son modèle original fait parler de lui au-delà du village voisin, et même jusqu’à la capitale…

J’avais déjà beaucoup aimé Le Tour des géants, une production précédente de cet auteur sur le premier tour de France à passer dans les Pyrénées au début du 20ème siècle. Lorsque j’ai vu le nom de l’auteur sur cet album en bibliothèque, je me suis empressée de le réserver, et je dois dire que même si le sujet est complètement différent, j’ai beaucoup aimé comment ce fait historique est traité. La période historique reste la même, le début du 20ème siècle. L’album relate la création de la colonie du point de vue de son fondateur, et on apprend réellement pas mal de choses sur la création concrète de cet endroit atypique, mais aussi sur l’idéologie anarchiste de ce début de siècle et sur les espoirs de création d’une nouvelle forme de société. C’est instructif sans pour autant être didactique. Le dessin de Nicolas Debon est très agréable, pas forcément toujours très détaillé surtout au niveau des expressions faciales parfois un peu figées, mais les paysages et les couleurs sont magnifiques, dans des teintes de saison : du blanc et du gris pour l’hiver, des couleurs moins ternes pour les autres saisons. L’auteur a un trait particulier qui peut ne pas plaire à tous les lecteurs, mais personnellement j’adhère à ce style qui pourrait paraître un peu passé ou désuet, mais qui, je trouve, est complètement en adéquation avec la période du récit. L’essai est donc un album bien intéressant, une oeuvre joliment dessinée, et en plus une bonne leçon d’histoire sans pour autant être didactique (même dans les pages documentaires qui clôturent l’album avec de nombreuses photos d’époque). Une bien jolie découverte pour moi ! Je vais continuer à suivre attentivement les sorties de cet auteur !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Un amour de BD, Miss Alfie croqueuse de livres, Mic-Mélo littéraire, La ronde des post-it

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Jacques.

Consulter aussi le blog de l’auteur.

BD fait de société, BD humour

Les beaux étés, tome 1 : cap au sud !

LES BEAUX ÉTÉS, tome 1 : CAP AU SUD !, par Zidrou (scénario) et Jordi Lafebre (Dargaud, 2015)

Retour sur l’été 1973, avec une famille belge qui part avec quelques jours de retard en vacances dans le sud de la France avec ses quatre enfants. Le voyage se déroule sur plusieurs jours dans une 4L bien remplie. Les arrêts sont nombreux, pour remplir le réservoir, pour déjeuner ou encore pour profiter de jolis petits coins au bord de l’eau, où la joyeuse famille passe d’agréables moments. Le retour au plat (et pluvieux) pays  va cependant se faire plus vite que prévu, mais cela n’entame pas la bonne humeur apparente…

Voici un album que j’ai dévoré d’une seule traite, j’ai retrouvé avec plaisir les scénarios de Zidrou et le trait de l’espagnol Jordi Lafebre, les auteurs du magnifique et émouvant Lydie il y a quelques années. Là, on n’est plus dans le même registre, du moins au premier abord : l’histoire de ce récit de vacances (souvenirs autobiographiques ?) est très réaliste et parfois drôle, magnifiée par une mise en couleurs très lumineuse et quelquefois vintage. Le style 1970 est aussi respecté dans les tenues et les lunettes, j’ai beaucoup aimé ces clins d’œil ; même si je ne suis pas de cette génération-là, cela m’a fait penser aux photos jaunies dans les albums de mes parents. Quelques répliques sont savoureuses et les personnages des enfants ne sont pas étrangers à cela. Chacun d’entre eux a son petit moment avec lequel on en apprend plus sur lui. La plus craquante, je trouve, est Paulette, la petite dernière avec ses erreurs de prononciation. L’histoire prend par moments une tournure un peu plus grave, avec les problèmes de couple des parents qui font tout pour les cacher aux enfants, le temps de leurs dernières vacances ensemble… Mais cela ne constitue pas le fil directeur de l’histoire, et on sent que la famille est mise en avant sur les problèmes conjugaux. L’histoire est souvent pleine de gaieté et de bonne humeur, avec parfois des clichés, mais qui sont bien exploités pour faire rire le lecteur (j’ai aimé ceux sur la Belgique, ses frites et sa drache [très forte ondée belgo-belge]). Le trait magnifique de Jordi Lafebre sait donner vie à des personnages touchants, que j’aurai grand plaisir à retrouver dans le tome suivant qui se déroulera en 1969. Voici un album coup de cœur dont j’attends désormais très impatiemment la suite !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : La bibliothèque de Noukette, D’une berge à l’autre, SambaBD, Promenades et méditations, Les jardins d’Hélène, Un amour de BD, Des livres des livres, Blog brother

Premières planches à lire sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Noukette.

BD polar

La chute d’un ange

LA CHUTE D’UN ANGE, par Didier Daeninckx (scénario) et Mako (dessin) (Casterman, 2014)

1948, en Seine-et-Oise, deux policiers sont appelés dans un orphelinat où un jeune garçon a été retrouvé gisant au fond d’un trou. Ferdinand, l’un des deux inspecteurs, remarque qu’il a été battu, mais son collègue Pasquet minimise ce fait. Peu de temps après, à Paris, un directeur de journal est assassiné chez lui. L’enquête sur ce meurtre sordide est menée, sans établir de lien entre ces deux affaires. Ferdinand, affecté par la mort de l’enfant, va tâcher de démêler les fils de ces histoires, alors que son collègue, le commandant Pasquet, va trouver un coupable idéal : Kozor, artiste de cirque d’origine hongroise, qui va être condamné à mort suite à un procès à fort retentissement médiatique.

J’ai un avis mitigé sur cet album, pour plusieurs raisons. Tout d’abord le scénario est étrangement bâti : l’histoire s’ouvre sur la mort du jeune garçon à l’orphelinat, puis on passe sans trop de transition à l’assassinat du directeur du journal et l’enquête qui s’en suivit, sans plus aucun lien avec la première affaire. Ce n’est qu’à la toute fin que cela se relie, et cela m’a donné la mauvaise impression que c’était rajouté au dernier moment, que cela avait presque été oublié. Les explications sont assez longues, j’ai trouvé cela lassant même si cela répondait à pas mal de questions sur la mort du directeur du journal. De plus, elles sont parfois assez survolées : je n’ai pas bien compris celles sur le passé trouble du directeur de journal, qui sont simplement évoquées mais sans plus. Il y a un côté injuste dans cet album : la vie de l’homme médiatique vaut bien plus cher que celle de l’enfant orphelin et cet esprit malsain m’a un peu dérangée… Celle du contorsionniste vaut également bien peu face aux enjeux de l’Etat, qui cherche à étouffer des actions bien peu avouables. C’est donc un esprit complètement polar que l’on a là, mais je n’ai pas été conquise, d’autant plus que le dessin ne m’a pas charmée plus que cela. Le trait est classique, sympa mais sans plus. Les décors sont parfois passés à la trappe, les personnages occupant pleinement les cases. Les couleurs ajoutent encore à l’ambiance polar. Tous ces ingrédients font de cet album une lecture agréable mais pas mémorable, à cause du suspense non maintenu pendant les 80 pages et quelques impasses sur le dénouement.

Âge non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 13 ans.

On en parle sur les blogs : ABC Polar, Blog Bd Sud-Ouest, Samba BD

Premières planches à voir sur Izneo.

BD fait de société, BD historique

Le captivé

LE CAPTIVÉ, par Christophe Dabitch (scénario) et Christian Durieux (dessin) (Futuropolis, 2014)

1880, Albert Dadas est un cas à part à l’hôpital Saint-André de Bordeaux. Il est atteint depuis son adolescence d’une drôle de maladie encore indéfinie, qui le fait fuguer de façon intempestive sans qu’il ne puisse se contrôler, comme pris en otage par son idée de voyager. Pris d’une envie furieuse de marcher, il se rend parfois très loin, jusqu’à Moscou, Constantinople ou Alger, mais amnésique, il ne sait jamais où il atterrit, à un tel point qu’il est parfois emprisonné, maltraité, hospitalisé ou alors au contraire aidé par des compatriotes français pour rentrer chez lui. Son cas particulier va devenir l’objet d’étude de Philippe Tissié, interne en médecine qui va tenter l’hypnose pour libérer Albert de son absence de volonté qui le rend captif de toute nouvelle idée qu’il a en tête et l’empêche de mener une vie sociale normale…

J’ai été très agréablement surprise par cet album, dont j’aime beaucoup la couverture. Tout d’abord les dessins sont magnifiques, très précis et délicats, j’aime vraiment beaucoup ce style-là. Les jeux de gris sont aussi très jolis, donnant de la profondeur au dessin. C’est un vrai régal que de lire les 110 pages de cet album. L’histoire racontée par Christophe Dabitch est réelle, et il est intéressant de suivre le parcours de cet homme atypique à travers les témoignages de ceux qui l’ont côtoyé : son médecin Philippe Tissié, mais aussi d’autres médecins de Bordeaux ou d’ailleurs, comme le docteur Pitres qui dirigeait le docteur Tissié, un médecin de Limoges ou encore le consul de France à Alger… Ainsi, cela permet de reconstituer le puzzle de la vie de cet homme hors du commun et très sportif, capable de marcher des kilomètres sans s’arrêter. Le récit est construit en variant les points de vue, ce qui ne ralentit pas le rythme. Bien sûr, la relation entre le docteur Tissié et Albert occupe la majeure partie de l’histoire, mais je n’ai pas trouvé le récit longuet, car les lieux et les situations sont variés. L’album est déjà intéressant en soi, et en bonus il se complète par un intéressant dossier documentaire bien fourni, documents d’époque à l’appui, qui permet d’en savoir plus sur le parcours d’Albert Dadas et la fin de sa vie. Pour une fois qu’un tel dossier ne fait pas de redondance avec le propos dessiné, ça fait du bien ! Un thème original et un dessin magnifique, voilà un album à ne pas rater !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chez Canel, SambaBD, Une autre histoire, Depuis le cadre de ma fenêtre, Blog BD Sud-Ouest, Cynthia et ses contes défaits

Premières planches à voir sur Digibidi.

C’est ma deuxième participation à la bd de la semaine(cette semaine chez Yaneck).