L’été en pente douce

L’ETE EN PENTE DOUCE, par Pierre Pelot (scénario) et Jean-Christophe Chauzy (dessin) (Fluide Glacial, 2017)

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Quelque part dans une petite commune perdue dans la campagne, Fane hérite de façon inattendue de la maison familiale. Il n’avait pas gardé de lien avec sa mère, et a même appris ses obsèques par hasard dans le journal. Il se rend à la sépulture accompagné de sa nouvelle conquête, Lilas, jeune fille plantureuse et naïve, qu’il a sauvé des coups de son mac… Le voici donc dans la maison de son enfance, cohabitant avec son frère aîné Mo qui est devenu simplet suite à un accident de jeunesse. Les querelles avec les voisins ne cessent pas avec le changement d’habitants : le garage Voke à proximité, cherche toujours à racheter le terrain de Fane, qui refuse obstinément… Lire la suite

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Au bout du fleuve

AU BOUT DU FLEUVE, par Jean-Denis Pendanx (Futuropolis, 2017)

au bou du fleuve

Kemi est un jeune garçon qui vit au Bénin. Orphelin de mère depuis plusieurs années, il vivait avec son père et son frère jumeau Yao, mais son père est mort en transportant de l’essence frelatée. Son frère disparaît alors, et après avoir lui aussi tenté de transporter de l’essence illégale, Kemi va tout faire pour retrouver son frère, le seul membre de sa famille qui lui reste. D’autant plus que les croyances sont fortes et que  selon le rite vodun, perdre son jumeau, c’est perdre la moitié de son âme… Alors le voici qui quitte Cotonou pour le Nigéria voisin, et plus particulièrement le dangereux delta du fleuve Niger, occupé par de grandes entreprises pétrolières mais aussi par les trafics en tout genre… Lire la suite

Little sister [roman]

LITTLE SISTER, par Benoît Séverac (Syros, 2016)

little-sisterLéna a 16 ans. Avec ses parents, elle a quitté sa région natale de Toulouse pour une autre ville de France, et ils ont changé d’identité. Cela fait quatre ans qu’elle n’a plus vu son frère Ivan, quatre ans que ce dernier les a quittés et est devenu djihadiste en Syrie. D’ailleurs, c’est là-bas qu’il a commis un horrible crime envers un journaliste français, et c’est depuis ce jour-là que Léna et ses parents ont été obligés de changer de nom et de déménager… La jeune fille vit du mieux qu’elle peut cette situation, et parvient à convaincre ses parents de la laisser partir quelques jours en Catalogne, à Cadaquès, chez son oncle et sa tante paternels. Elle omet volontairement de leur annoncer la vraie raison de ce voyage : Théo, l’ancien meilleur ami d’Ivan, a été contacté par Ivan, et ce dernier souhaite voir Léna à Cadaquès. Théo et Léna se rendent donc dans cette cité balnéaire, mais la rencontre avec Ivan ne va pas se passer comme prévu… Lire la suite

La lune est blanche

LA LUNE EST BLANCHE, par Emmanuel et François Lepage (Futuropolis, 2014)

Emmanuel Lepage repart en expédition dans l’Antarctique. Cette fois, la proposition lui est faite avec son frère François, photographe. Il s’agira d’atteindre le continent et de convoyer jusqu’à la station Concordia, à 1200 kms au coeur du continent froid et hostile. Avant cela, il y a les aléas du départ, l’embarquement sur le bateau, la rencontre avec les hivernants… Les deux frères consignent tout cela dans leur carnet de voyage.

Cet album est énorme, en taille et en poids, avec près de 250 pages en grand format, complété avec des photos et notes personnelles à la fin. Cet album fat parfois référence à l’expédition précédente d’Emmanuel Lepage, qui s’est matérialisée dans « Voyage aux îles de la désolation« . Personnellement, j’ai préféré ce premier volume, car j’ai eu l’impression qu’il y avait plus de contact avec les autres personnes, plus de portraits retracés. J’ai aussi eu une sensation de lenteur avec cette lune est blanche. L’histoire y est plus personnelle, les personnages rencontrés sont moins présentés, et il se passe aussi moins de choses (les 13 jours à traverser l’Antarctique, de la base Dumont d’Urville à Concordia, sont assez répétitifs). Il y a aussi pas mal de développements historiques au début de l’album, avec les premiers découvreurs et explorateurs de cette terre du bout du monde. Personnellement, j’ai trouvé cela très intéressant, même si cela retarde le démarrage de l’histoire des frères Lepage. J’ai plus considéré cet album comme une introspection de l’auteur Emmanuel, entrecoupé de courriers de François le photographe à sa femme restée en Europe. Il n’empêche que cet album retrace un sacré voyage, qui n’est pas donné à tout le monde. Graphiquement, il est magnifique : les photos se mêlent agréablement au dessin somptueux, à tel point que parfois on a du mal à distinguer les dessins des photos. Les tons sont très polaires, avec bien peu de couleurs sauf le bleu du ciel, immensément et intensément bleu. Les quatre autres couleurs utilisées sont le blanc, le noir et le gris, avec quelques touches de sépia et de marron selon les moments. Cet album contient en plus de magnifiques doubles pages. J’en retiens une incroyable impression de voyage dans ce climat extrêmement rude (avec jusqu’à -70°C à Concordia, on n’a pas à se plaindre à la moindre petite gelée !) et de formidables défis humains relevés malgré les difficultés. Sacré coup de chapeau aux auteurs, qui parviennent à faire un album très intéressant avec une histoire où finalement il n’y a pas tant d’action que cela, en tout cas pas toutes les deux pages. C’est pour moi un incontournable de la production récente.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisible, Un amour de BD, le blog de Véronique D., BlogBrother, Les fanas de livres,  …

Premières planches à lire sur Digibidi.

Cet album a reçu le prix France Info de la bd d’actualité et de reportage 2015.

Interview des deux frères à l’occasion de la sortie de cet album au festival de St Malo, par un amour de BD.