Ne dites jamais jamais [roman]

NE DITES JAMAIS JAMAIS, par Nathalie Stragier (Syros, 2017)

ne dites jamais jamaisSuite et fin des aventures de Pénélope « la fille du futur » (liens vers le tome 1 et le tome 2), cette fois à son époque en 2188, suite à une mauvaise manipulation d’un « médiéval » qui s’est téléporté dans le futur. Pour rappel, en 2187, les hommes n’existent plus, et on enseigne qu’ils étaient auparavant le mal incarné. Voici donc nos héros de 2020 transportés 167 ans plus tard, avec l’espoir d’y passer peu de temps sans se faire repérer, pour pouvoir tous rentrer au « Moyen-Âge », en 2020. Mais les plans vont être contrariés, Pénélope, repérée, va choisir de passer chez elle et expliquer ce qui s’est passé à sa mère. Pendant ce temps, Andréa tente de comprendre où elle a atterri, et essayer maladroitement de s’insérer dans cette société féminine, qui vit dans une méconnaissance flagrante du Moyen-Âge. La recherche du « médiéval » et le retour au XXIe siècle vont s’avérer plus compliqués que prévue…

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Ne retournez jamais chez une fille du passé [roman]

NE RETOURNEZ JAMAIS CHEZ UNE FILLE DU PASSÉ, par Nathalie Stragier (Syros, 2016)

Suite du tome 1 de la série « la fille du futur ». On retrouve Pénélope, la fille de 2187, qui décide de revenir dans le passé, en 2020 exactement, pour voir si son amie Andréa va bien, un an après son premier voyage temporel. Mais finalement, Pénélope ne va pas pouvoir repartir, car elle réalise qu’elle est tombée amoureuse de Pierrick, le frère d’Andréa, et que c’était la véritable raison de son second séjour. La jeune fille décide donc de s’intégrer au Moyen-Âge, mais cela ne va se faire si facilement… Et puis comment faire comprendre à Pierrick qu’elle reste pour lui, mais qu’elle est bel et bien amoureuse de lui ? Pas facile pour Pénélope de comprendre les sentiments au début du XXIe siècle ! Et pour compliquer le tout, les deux amies découvrent que le virus qui déciment les hommes peut encore surgir, alors elles vont tout faire pour empêcher la disparition des hommes…

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Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous [roman]

NE RAMENEZ JAMAIS UNE FILLE DU FUTUR CHEZ VOUS, par Nathalie Stragier (Syros, 2016)

fille futur

Nous sommes en 2019. Andrea vit avec son père et ses frères, Pierrick l’aîné adepte de boxe thaï, et Tiago, le benjamin bavard et plein de bonne volonté. Elle est en classe de seconde, et remarque parfois  devant le lycée des groupes d’adolescentes habillées étrangement. Un jour, elle remarque une jeune fille apeurée, seule. C’est Pénélope, qui en réalité, vient du futur, de 2187, et qui pour son examen de lycée, est venue avec sa classe dans le passé, dans ce qu’on lui enseigne comme étant le Moyen-Âge… C’est pour cela d’ailleurs qu’elle et son groupe étaient habillées de cette façon, pour soi-disant se fondre dans la masse. Mais Pénélope ne peut plus repartir, alors Andrea lui propose de l’héberger, en prétextant aux yeux de tous qu’elle est une réfugiée politique… Mais Yoan, un garçon de sa classe, n’est pas dupe… Alors que son meilleur ami Mathias planifie leurs vacances en Europe, Andrea va s’occuper de sa nouvelle amie qu’elle croit sincèrement, malgré l’étrangeté de la situation…

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Ces jours qui disparaissent

CES JOURS QUI DISPARAISSENT,  par Timothé Le Boucher (Glénat, 2017, coll. 1000 feuilles)

ces jours qui disparaissentLubin est acrobate avec des amis dans une troupe qui prépare un spectacle. Il fait une mauvaise chute mais se relève dans la foulée. La journée se termine normalement, et le lendemain, Lubin se lève et arrive au travail avec Léandre, un de ses amis. Mais il découvre qu’il a en réalité 24 heures de retard, il ne s’est pas rendu au travail le lundi. Lubin se rend compte qu’il se passe des choses étranges lors de ses périodes de sommeil, il décide alors de filmer ces moments-là et réalise qu’un autre lui prend possession de son corps en alternance. Alors les deux se mettent à communiquer par vidéos interposées… et découvrent qu’ils ont des caractères et des modes de vie bien opposés. Cela remet en question le couple de Lubin et Gabrielle, tandis que le second Lubin rencontre Tamara…Au fil du temps, les absences du vrai Lubin se font de plus en plus longues, après un jour sur deux, c’est un jour sur trois, puis un jour sur quatre qu’il réapparaît auprès de ses proches, dont Tamara qui a été larguée par le second Lubin…

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Céleste ma planète [roman]

CÉLESTE MA PLANÈTE, par Timothée de Fombelle (Gallimard jeunesse, 2016, coll. Folio junior)

célesteDans un monde du futur, alors que les tours font plusieurs centaines d’étages et que toutes les activités sont en hauteur, un jeune garçon vit seul, loin de sa mère pour qui le travail est une priorité, et qui lui remplit le frigo chaque semaine à distance. Sérieux, le garçon ne profite pas de la situation, il est habitué à la solitude, seulement entrecoupée de moments avec son seul ami et son père laveur de carreaux… Un jour à l’école au 115ème étage, il se retrouve à côté d’une nouvelle élève prénommée Céleste. Mais l’après-midi, la jeune fille a disparu, mais notre héros qui vient de tomber amoureux de l’inconnue décide de partir à sa recherche… Il s’avère que la disparue a une mystérieuse maladie… Lire la suite

Un amour de marmelade

UN AMOUR DE MARMELADE, par Olivier Supiot (Glénat, 2011, coll. Mille feuilles)

A Lutétia, ville dévastée, vit un drôle de personnage tout vert, surnommé Marmelade par la presse. Il s’agit en fait du génial professeur Cazaviel qui a vu une de ses expériences mal tourner : une mutation l’a transformé en une étrange gélatine verdâtre qui se déforme et se reforme à volonté. Au départ déboussolé par son nouvel état, le professeur va devoir prouver qu’il n’est pas à l’origine de l’enlèvement de sa femme adorée, la belle Mathilde, alors que tout l’accuse… Mais comment se défendre lorsqu’on a une apparence inhumaine ? Aidé par Blanche une femme-fantôme qui passe à travers les murs, Marmelade va essayer de prouver son innocence et de retrouver Mathilde…

Un amour de marmelade est une histoire étrange, avec un héros vraiment bizarre, tout vert, sans forme réelle. Au fil de l’histoire, on découvre ce personnage, ses propriétés extraordinaires et les raisons de sa transformation, jusqu’à la fin réellement inattendue et qui nous prend à contrepied. Les dessins d’Olivier Supiot sont magnifiques, particulièrement les portraits de Mathilde, la femme disparue du professeur Cazaviel. Mais sinon les traits des autres personnages sont assez ronds avec Marmelade et Blanche Noyant, la jeune femme qui passe à travers les murs. Les couleurs sont parfois très vives, avec du jaune et du rouge. J’ai eu quelquefois la sensation d’un esprit « Fantômette » chez Blanche Noyant, même si mes souvenirs de ce personnage remontent à loin. Le dessin est donc globalement agréable. Concernant le scénario, il est complètement décalé : l’histoire, totalement fantastique, se passe dans un Paris/Lutétia uchronique, revu et (très) corrigé. Les premières planches nous présentent la ville dévastée, en utilisant des couleurs dans les tons jaunes et marrons qui donnent une ambiance de peur à la ville. J’aime beaucoup le trait de l’auteur, et sa technique qui donne un joli aspect et de la profondeur au dessin. Il y a aussi pas mal de références à des peintures célèbres dans une double page, ce qui détonne assez du reste de l’album. Un amour de marmelade a un scénario auquel j’ai eu du mal à accrocher, peut-être car manquant de liant et un peu bancal par moments. Je n’ai pas été happée par l’histoire, certainement trop déstabilisée et peu habituée par cet univers vraiment original, mais j’ai cependant envie de continuer les œuvres de cet auteur angevin que je découvre sur le tard depuis la patrouille des invisibles.

Non mentionné sur l@BD.

On en parle sur les blogs : Des galipettes entre les lignes, Le blog des boggans, Bedea Jacta Est, Antre de livres

Premières planches sur le site de l’éditeur.

Les cobayes

LES COBAYES, par Tonino Benacquista (scénario) et Nicolas Barral (dessin) (Dargaud, 2014)

De nos jours, deux hommes et une femme sont choisis parmi de nombreux prétendants pour tester un nouveau médicament du laboratoire Scott-Dumaz contre une rémunération intéressante. Ce nouvel antidépresseur va être testé sur eux pendant deux semaines qui vont bouleverser leur vie. Ils vont assez mal supporter les essais et le fait d’être isolés du monde extérieur. Leur comportement va changer à cause d’effets secondaires inattendus…

Cet album sorti au tout début 2014 n’a pas forcément fait beaucoup de bruit, personnellement je ne l’avais pas vu beaucoup sur les blogs ou même en librairie. Pourtant, ce one-shot est très intéressant. Au départ, la situation est très commune, même si on sent bien qu’il y a tout de même quelque chose qui cloche chez ces trois cobayes qui mentent tous plus ou moins pour gagner les 3500 euros nécessaires à leur survie. En effet, l’un est atteint de troubles sévères de la mémoire qui lui ont fait perdre son travail, une autre est arrivée en France pour entrer à l’école des beaux-arts sans jamais dépasser le stade des sélections, le dernier enfin a une vie sexuelle très pauvre à cause de problèmes physiques. Les essais se déroulent normalement, en milieu fermé, avec de nombreuses observations effectuées par les chercheurs. Ce n’est que sur la fin des tests et lors du retour à la vie normale que cela va dégénérer, et que la situation va mal tourner pour le laboratoire. J’ai aimé lire cette histoire bien menée avec des rebondissements. Le scénario fait à la fois peur et sourire, et j’ai beaucoup aimé cette plongée dans ce futur peut-être pas si lointain que cela. La fin est surprenante et loin d’être fermée, peut-être un peu déroutante. Le dessin de Nicolas Barral est sympa, dans le sens où on ne peut confondre les personnages. Les portraits sont réalistes, même si parfois un peu figés. Cependant, le découpage est dynamique, et on tourne facilement les 96 pages de l’album, happés par le dessin et l’histoire. Les couleurs sont peut-être un peu ternes et les décors parfois un peu trop absents à mon goût, mais sinon, cet album constitue une bonne réflexion sur la médecine, les industries pharmaceutiques et leurs possibles dérives…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Sin CityBédépolar, Flynn SFFF, Objectif BD, Blog BD Sud-Ouest

Premières planches à voir sur le site de l’éditeur.

L’entrevue

L’ENTREVUE, par Manuele Fior (Futuropolis, 2013)

Dans un monde qui semble proche du nôtre, Raniero, psychiatre de profession, est en voiture à discuter avec un de ses amis au téléphone lorsqu’il a un accident suite à une drôle de vision : des triangles dessinés dans le ciel nocturne provoquent son inattention et son accident. Par hasard, au travail, il rencontre et tombe amoureux de Dora, une de ses patientes qui prétend avoir vu le même vaisseau spatial triangulaire que lui, et pouvoir communiquer par télépathie avec ses occupants. Raniero est troublé, à la fois par la rencontre avec la jeune fille et par leur vision commune. Cela complique encore un peu plus la vie de Raniero, dont la femme est sur le point de le quitter. Tous deux se font violemment agresser dans leur maison, par des hommes cagoulés. Raniero se lance dans cette histoire d’amour originale, à une époque où existe une charte sociale qui prône l’amour libre…

Il y a quelques années maintenant, j’avais lu Cinq mille kilomètres par seconde de ce même auteur, et même si je n’en garde pas un souvenir extraordinaire, je me suis lancée dans la lecture de son nouvel opus de plus de 170 pages, bien que n’étant pas très enthousiaste à la vue de la couverture sombre. Je ne savais pas à quoi m’attendre en lisant cet album, je ne me suis pas rendue compte tout de suite qu’il s’agissait de science-fiction, car aucune indication de temps ou de lieu n’est mentionnée et ce récit paraît au départ tout à fait actuel. Puis au fil du récit, il y a des éléments qui font douter du réalisme de l’histoire : on parle de « la nouvelle convention », puis Raniero parle de son père qui a vécu la fin du XXème siècle… Cela m’a fait douter mais j’ai tenu bon, sans être plus convaincue que cela par le scénario. J’ai été déçue sur la fin avec les explications données rétrospectivement sur l’histoire, car même si ça aide à comprendre, c’est aussi d’une certaine façon une redondance désagréable. Bref, je n’ai pas été convaincue par le scénario, même si certains passages sont certes agréables. Le dessin est quant à lui assez particulier : je n’ai pas aimé les portraits de Dora avec son nez en patate. Le personnage de Raniero est correct, mais je n’ai pas spécialement accroché au dessin. Fior n’utilise dans cet album que des teintes de gris, du blanc et du noir : son trait est charbonneux et rend l’histoire encore plus sombre et triste. Je suis sûrement passée à côté d’éléments importants, mais je dois dire que j’ai dû me forcer à terminer cette histoire de science-fiction déstabilisante… Un album peut-être trop étrange pour moi…

Non mentionné sur l@BD, mais certainement pas avant 15 ans.

On en parle sur les blogs : Sin City, Liratouva, Marie Rameau, White pages, Chroniques de ColimassonBlog BD de Madmoizelle

Premières planches à voir sur Izneo.

Consulter le site de l’auteur, en italien.

Trailer à voir sur Youtube :

Les derniers jours d’un immortel

LES DERNIERS JOURS D’UN IMMORTEL, par Fabien Vehlmann (scénario) et Gwen de Bonneval (dessin), (Futuropolis, 2010)

Dans un monde futuriste, à une époque inconnue, la mort n’existe plus ou presque. Les différentes civilisations cohabitent ensemble avec plus ou moins de succès. Elijah travaille à la police philosophique pour l’Union, pour améliorer les relations entre les civilisations en utilisant la diplomatie face à des espèces souvent très différentes. Mais comme on fait souvent appel à lui et qu’il ne peut s’occuper de tout, il a accepté d’avoir des échos, sortes de clones qui effectuent sa mission. Cependant, en contrepartie de sa démultiplication, Elijah oublie certains de ses souvenirs, alors il limite l’utilisation de ses échos. Philosophe, il essaie d’arranger tout le monde, ne haussant jamais la voix, tentant toujours de comprendre le comportement de l’autre. Mais lorsqu’une mission compliquée va lui être confiée (tenter de faire s’entendre deux espèces d’une même planète qui ne peuvent pas communiquer), il va falloir qu’Elijah use de toute la diplomatie possible pour éviter qu’une guerre éclate au sein de l’Union, qui mettrait en péril toute la communauté.

Voici un album complètement fou que je n’aurais certainement pas lu si je ne l’avais pas vu sur des blogs de lecteurs, avec des avis plus que positifs. La couverture est très épurée et ne donne pas d’indices sur l’histoire, les couleurs froides ne donnent pas spécialement envie d’ouvrir cet album de 150 pages. Pourtant, j’ai passé un très bon moment de lecture, moi qui ne suis pas une adepte de la science-fiction. L’histoire est simple à comprendre, même pour qui n’est pas un habitué du genre. C’est un autre monde, mais c’est expliqué vraiment simplement, il n’y a pas de concepts étranges, à condition bien sûr d’accepter ce monde totalement éloigné du nôtre, avec ses concepts propres. Le fait que le personnage soit dédoublé avec des échos n’est pas dérangeant, puisqu’il ne s’agit que d’une seule et même personne, on n’est donc pas décontenancé de le savoir à plusieurs endroits en même temps… C’est difficile à expliquer dans un article de blog, mais ceux qui ont lu l’album comprendront sûrement ce que je veux dire. Ce dédoublement (ou plus) de personnalité ne choque pas du tout, et je me suis même dit que ce serait bien pratique dans la réalité, pour éviter certains moments désagréables par exemple ! Il y a plein de réflexions complètement actuelles sur l’amour, la mort, le rapport à l’autre, la mémoire, la sexualité… Ce dialogue parfois philosophique est bien intéressant pour intéresser et captiver le lecteur, car ce n’est pas une simple histoire futuriste déconnectée de notre réalité du XXIe siècle,  Il y a une ambiance vraiment particulière dans cet album, une ambiance douce même lorsque la situation entre les peuples est tendue. Sans doute cette impression est due au dessin et aux couleurs froides utilisées : quelques nuances de gris et du noir et blanc uniquement. Le trait quant à lui est simple et épuré, avec peu de décors et des personnages aux traits fluides. Bien agréable, totalement en adéquation avec le propos futuriste, j’ai beaucoup aimé, et cela a aussi aidé à ma lecture.

Bien sûr, je pense être passée à côté de certaines choses, par exemple je ne me suis rendue compte qu’au bout d’un moment que les personnages étaient habillés différemment lorsqu’ils étaient dehors, qu’ils avaient comme une combinaison ultra-couvrante, mais je n’ai pas bien compris à quoi ça servait. Cela ne m’a pas empêché de passer un excellent moment, dépaysant je dirais même, avec cet album dont je n’attendais rien au début, mais qui a su me conquérir, alors que pourtant, la S-F et moi, ça fait 2 !! C’est un album que je conseillerai volontiers à d’autres non-lecteurs de science-fiction, c’est dire…

Non répertorié sur l@BD, mais je dirais à partir de 15 ans.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisible, La bibliothèque de Noukette, MicMélo littéraire, La tanière du champi, Imaginelf

Cet album a fait partie de la sélection à Angoulême en 2011 et a reçu le prix du meilleur album de BD de science-fiction au festival des Utopiales de Nantes en 2010.

Consulter le blog de Fabien Vehlmann.

Premières planches à voir sur Digibidi.