BD fait de société

En avant toute ! Oui, mais vers où ?

EN AVANT TOUTE ! OUI, MAIS VERS OÙ ?, par Juliette Baily (Jean-Claude Gawswitch éditeur, 2010)

Autobiographie d’une jeune adulte qui vient de fêter ses 26 ans avec sa famille et son amoureux, et qui se cherche professionnellement. Les rencontres au café avec ses meilleures amies lui font réaliser qu’elle n’a pas trop d’ambition, qu’elle n’ose pas se lancer, mais surtout qu’elle ne sait pas vraiment ce qu’elle veut faire dans sa vie… Ses parents, avec leurs questions plus ou moins franches, lui font comprendre qu’il faudrait qu’elle se case, mais elle ne trouve que des petits boulots dans lesquels elle ne se plaît pas. Alors elle se décide à faire de l’illustration, mais se rend compte que son réseau n’est pas très développé…

Voici un album choisi encore une fois au hasard dans les rayonnages de la bibliothèque. Je ne m’attendais pas à une réflexion autour du monde professionnel, mais (sans doute est-ce dû à la couverture rose) plus à une typique histoire de filles. Le propos n’est pas inintéressant, loin de là, il reflète bien le questionnement de tout jeune adulte une fois les études terminées et qu’il faut se lancer dans le grand bain de la vie professionnelle. Par contre, j’ai eu un peu de mal à m’attacher à l’héroïne que j’ai trouvée trop indécise et immature par rapport à son âge. Cela m’a donné l’impression qu’un beau jour, elle se réveillait et se rendait compte tout à coup qu’il allait lui falloir trouver un boulot et devenir enfin adulte. Bref, le personnage ne m’a pas trop plu, mais je dois reconnaître à l’auteur le mérite de raconter ses doutes et ses questions existentielles, avec parfois un trait d’humour. Concernant le trait, je dois avouer que le dessin est parfois trop simple à mon goût. Cela fait globalement assez brouillon, typiquement dans le style girly, mais ne m’a pas rendu la lecture spécialement aisée. J’ai donc un avis mitigé sur cet album, qui ne restera pas dans les annales, mais qui permet de passer un bon petit moment tout de même.

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 15 ans.

On en parle sur les blogs : La bibliothèque du dolmen, Otium, Flo sur Madmoizelle

Quelques planches extraites de l’album à voir sur le site de l’auteur, l’éditeur ayant déposé le bilan en 2014.

Aller voir le site de l’auteure.

BD humour

La tectonique des plaques

LA TECTONIQUE DES PLAQUES, par Margaux Motin (Delcourt, 2013, coll. Tapas)

Suite de J’aurais aimé être ethnologue et La théorie de la contorsion. La trentenaire Margaux Motin continue de nous raconter des extraits de sa vie, avec humour. Cette fois, il y a un grand changement dans sa vie : elle s’est séparée du père de sa fille, et doit digérer cet événement. Sa réaction : elle régresse et fait une véritable crise d’adolescence, dans laquelle sa fille se révèle parfois bien plus mature qu’elle… Elle n’oublie pas de nous raconter les moments avec ses copines, ainsi que sa rencontre avec son nouvel homme qui était au départ un de ses amis. Ses doutes, ses questions, sa vie de mère et d’amante… Tout y passe dans cet album, avec une bonne touche d’humour comme la narratrice sait le faire.

Voici le troisième tome de la vie dessinée de Margaux Motin, volumes largement autobiographiques d’une jeune femme parisienne. J’avais de bons souvenirs des deux tomes précédents, mais là je dois dire que j’ai dû m’accrocher pour parvenir à terminer l’album, car j’ai vraiment trouvé le début long et manquant de fil conducteur. L’album fait près de 200 pages, et le début m’a paru bien fouillis. L’histoire est constituée d’une suite d’événements et d’anecdotes plus ou moins longues et on ne sait pas trop où on va au départ. Certains épisodes sont redondants et j’ai parfois trouvé la situation trop exagérée lorsque l’héroïne régresse totalement en enfance ou adolescence. Elle se laisse complètement aller et on n’a parfois qu’une envie : c’est de lui dire de se bouger, de se reprendre en main et de tenir son rôle d’adulte. Bref, le personnage en lui-même ne m’a pas toujours plu. Certaines situations sont par contre craquantes, lorsqu’elle raconte la rencontre avec son nouveau mec, et les questions qui en découlent, elle qui a vécu dix ans avec un même homme auparavant. Ces passages-là ont été pour moi les plus plaisants, j’ai eu l’impression de retrouver le personnage des albums précédents. Globalement, j’ai un avis mitigé sur le scénario de cet album. Par contre, j’adore toujours autant le trait de Margaux Motin, vif et croquant d’une bien jolie manière les personnages. D’ailleurs, le dessin peut même parfois faire passer un message sans aucun texte, c’est dire s’il est expressif. Sa petite fille paraît très mignonne et craquante. Les autres personnages sont aussi très joliment dessinés, avec parfois des looks hautement improbables et complètement déroutants, mais cela ajoute une dose d’humour et de légèreté aux propos qui ne le sont pas toujours. J’ai beaucoup aimé les pages où l’auteur dessine sur une photo, je trouve cela joli, différent et original, parfois même poétique. La tectonique des plaques est donc une lecture qui n’est pas selon moi indispensable, mais qui a au moins le mérite du coup d’œil pour l’agréable trait de l’auteur.

Non mentionné sur l@BD, mais pas avant 15 ans.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Monde de papier, Au fil des lectures, Trait de plume, Exquimots, Gwordia, L’avis d’Agrippine

Plusieurs planches à voir sur le site de l’éditeur.

Aller voir du côté du blog dessiné de l’auteur.

BD humour

Les madeleines de Mady, tome 2 : Toutes les filles ne sont pas des cordons-bleus

LES MADELEINES DE MADY, tome 2 : TOUTES LES FILLES NE SONT PAS DES CORDONS-BLEUS, par Madeleine Martin (Delcourt, 2011)

Adaptation en livre des chroniques quotidiennes de Mady sur son blog. Madeleine (Mady pour ses intimes) est une jeune femme citadine, pas douée en cuisine, très complice avec ses amies, et attachée à profiter de tous les moments de la vie, avec ses amis, sa famille, son chéri et son chat. Elle nous relate en dessin et avec humour tous ces moments, ses interrogations, ses doutes…

Voici un album girly, dans la veine de Pénélope Bagieu et Margaux Motin. Le dessin est très agréable, le trait vif, dynamique et moderne. Ça, c’était le côté positif. Côté négatif maintenant : j’ai eu du mal parfois à trouver le sens de lecture, je crois que je me suis mélangée parmi les bulles, et l’absence de cases m’a fait parfois perdre le fil. J’ai peut-être pris ce genre de lecture un peu trop à la légère. Certains propos sont intéressants et prêtent à sourire, d’autres au contraire ne m’ont pas fait réagir. Cet album se lit par petites touches, mais pas en une seule fois (personnellement, cela me gonflerait 125 pages de ce style en une seule fois). Bref, sympa à petites doses, mais sans plus…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Lire par plaisir, Pause Kikine, Y’a d’la joie, La bibliothèque de Vany

Voir le blog des Madeleines de Mady.

BD humour

J’aurais adoré être ethnologue…

J’AURAIS ADORÉ ÊTRE ETHNOLOGUE… par Margaux Motin (Marabout, 2009, coll. Mara’bulles)

https://i2.wp.com/ec56229aec51f1baff1d-185c3068e22352c56024573e929788ff.r87.cf1.rackcdn.com/attachments/large/7/4/0/000765740.jpgLes aventures dessinées d’une jeune femme moderne, illustratrice de métier, mais aussi mère d’une petite fille. Fan de mode et plus particulièrement de chaussures, et adepte des sorties entre filles, elle nous raconte avec beaucoup d’humour et d’auto-dérision sa vie quotidienne, avec des situations qui sonnent très vrai…

Voici mon deuxième album de cette auteur, après La théorie de la contorsion. Je ne les ai pas lu dans l’ordre de parution, car J’aurais adoré être ethnologue est sorti un an avant l’autre album. L’esprit est léger et drôle, ça se lit sans prise de tête. Je me suis pas mal retrouvée dans cet album, lorsqu’elle relate ses relations avec sa fille et son homme, mais par contre pas du tout pour les chaussures à talon ! Le dessin est sympa et dynamique, souvent en mouvement, et l’auteur se plaît à se représenter dans différentes positions, souvent assez tordues. Il arrive aussi qu’elle saute partout pour figurer sa joie, c’est très drôle ! J’aime ce trait qui figure bien les situations cocasses, mais sait aussi être plus sage lorsque la situation s’y prête. Bref, en 128 pages, cela donne un album très agréable, qui met le sourire aux lèvres.

A partir de 15 ans selon L@BD.

On en parle sur les blogs : La revue de Colette, Lectrices and the city, Les surbookées.

BD humour

Mimi Stinguette au naturel

MIMI STINGUETTE AU NATUREL, par Myriam Rak (La boîte à bulles, coll. contre-pied), 2011

https://i0.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/9/4/0/001059940.jpgMimi Stinguette est une jeune femme glamour, décalée et rock’n’roll, un peu looseuse sur les bords, qui nous raconte à travers des réflexions le plus souvent drôles son quotidien : shopping, travail, problèmes de filles… Elle est à la fois très girly, mais aussi râleuse, gaffeuse et maladroite !

Voici une bande dessinée qui surfe sur la vague des albums girly qui sortent depuis quelques années, dans la lignée des Pénélope Bagieu et autres Margaux Motin. Là encore, il s’agit d’un album regroupant des dessins parus auparavant sur un blog (première version ici, remplacé par un autre depuis septembre 2011), rien de très original sur le principe donc. Je ne suis pas les blogs d’auteur de BD, ce qui fait que je ne connaissais pas Myriam Rak (juriste de profession), ou plutôt son personnage dessiné de Mimi Stinguette. J’ai donc découvert dans cet album de plus de 150 pages la vie d’une jeune femme active, passionnée de fringues, accro du shopping et régulièrement rattrapée par les régimes. Rien d’extraordinaire dans sa vie, mais finalement un sujet universel pour les lectrices : la vie quotidienne. En effet, cet album est principalement destiné aux jeunes femmes actives, dans la vingtaine, qui se reconnaîtront bien à travers Mimi, ses préoccupations, ses angoisses et ses joies.

Le dessin n’est vraiment pas épatant, il est très simple, parfois naïf, et ne mérite pas qu’on s’arrête dessus. De plus, même si j’avais reçu un album avec des couleurs non encore définitives, il n’empêche qu’après vérification en librairie de la nouvelle version, les couleurs ne sont pas vraiment plus belles, et cela fait presque parfois album de coloriage. Bref, passons sur cet aspect malheureux.

Par contre, et c’est bien cela qui sauve l’album, ce sont les réflexions (écrites à l’informatique, c’est dommage je trouve) qui sont intéressantes, la plupart du temps drôles, souvent bien trouvées pour faire sourire la lectrice, qui aura assez souvent le sentiment de s’être dit la même chose… Bref, c’est sympa à lire, c’est léger, voire très léger. Les réflexions de Mimi sont à la fois légères et profondes et tirent assez souvent un sourire. Pour terminer, encore un bémol : comment définit-on un album de bande dessinée ? Les aventures de Mimi Stinguette sont-elles de la BD ? Je me pose la question car il n’y a pas de cases, mais à chaque page un dessin unique, avec un titre propre. Pour moi, cela n’est pas de la BD au sens propre, mais cela s’en rapproche car cela regroupe un dessin et un texte (qui n’est pas dans une bulle, mais les bulles définissent-elles la BD). Je ne peux pas répondre plus précisément, car comme je l’ai déjà dit, je n’ai pas lu assez de BD girly pour pouvoir trancher sur la question. Mimi Stinguette au naturel, à lire donc pour passer un moment sympathique et sans prise de tête. Ca ne marquera pas (du tout) les esprits, mais ça permet tout de même de s’octroyer une petite heure de lecture somme toute agréable…

Je remercie « Les agents littéraires » de m’avoir proposé cet album, ainsi que l’éditeur « La boîte à bulles » pour me l’avoir envoyé (je ne l’aurais jamais lu et acheté sinon). Les Agents Littéraires ont pour objectif de faire connaître des livres issus d’éditeurs indépendants, qui n’ont pas forcément de couverture médiatique.

Non mentionné sur la base BD du CNDP, je dirais à partir de 15 ans.

On en parle sur les blogs : Le boudoir de LilyRose, Zhooey, l’article très remonté de Tanxx, l’article du comptoir de la BD sur la BD girly.

BD humour

La théorie de la contorsion

LA THÉORIE DE LA CONTORSION, par Margaux Motin (Marabout, coll. Mara’bulles, 2010)

000704698Margaux est une graphiste indépendante, mariée, maman d’une petite fille, et accro aux paires de chaussures. Elle raconte son quotidien, des anecdotes vécues (ou pas), de façon trash ou non, ses petits soucis, ses coups de gueules…  le tout le plus souvent avec un trait d’humour.

Voici un album a priori destiné aux filles, et qui a été acheté par mon chéri ! C’est pour moi une belle découverte, moi qui étais réticente à ces récits issus de blogs. Ce n’est pas gnangnan, c’est parfois brut de décoffrage, et c’est le plus souvent drôle ! Le dessin est beau, simple, léger. Les histoires sont assez courtes, quelques pages au maximum, et on a différents aspects de la vie de cette femme active, qui doit tout gérer en même temps, et qui y arrive très bien. Bref, pour moi, c’est un ouvrage qui positive et qui donne le sourire ! Quoi de mieux en ce printemps ensoleillé ?

Selon ce que j’ai pu lire ça et là, « La théorie de la contorsion » serait un peu doublon avec le premier volume de l’auteur, « J’aurais aimé être ethnologue », que je vais essayer de trouver pour me forger mon avis.

Voir son site perso, très sympa.

A partir de 15 ans selon l@BD, mais c’est dispensable pour moi en établissement scolaire…

On en parle sur beaucoup de blogs, dont ceux de l’Ogresse, de Perdre une plume, d’Azi-lis, de Spacitron.

BD fait de société

Cadavre exquis

CADAVRE EXQUIS, par Pénélope Bagieu, Gallimard (coll. Bayou), 2010.

https://i0.wp.com/actualitte.com/blog/sophielit/files/2010/09/Cadavre-exquis-P%C3%A9n%C3%A9lope-Bagieu.jpgZoé est une hôtesse d’accueil qui vit mal sa situation actuelle, entre son boulot qui ne l’enchante pas, son copain qui la considère comme une moins-que-rien, et son avenir qu’elle voit plus que bouché… Un jour, elle rencontre Thomas Rocher, un écrivain qu’elle ne connaît pas, elle qui n’a jamais mis les pieds dans une librairie. Grâce à lui, elle va redevenir heureuse, mais au fil du temps, elle se pose des questions à propos de « Tom » : pourquoi elle ne sort pas dans la rue avec lui, pourquoi il faut toujours laisser les rideaux de l’appartement tirés…

Je me suis laissée tenter par cet album à la bibliothèque, par sa couverture assez jolie et son titre un peu étrange. J’avais déjà entendu parler de cette auteur, connue pour son blog BD, mais je n’avais jamais été attirée… Comme quoi il ne faut jamais dire jamais… Et bien, c’est une lecture facile, pas prise de tête, mais bien agréable tout de même. La fin est bien trouvée, je trouve, car elle m’a surprise. A vrai dire je ne savais pas à quoi m’attendre, je me suis laissée porter par cet album au scénario et au dessin léger. En effet, concernant ce dernier, il n’est pas spécialement détaillé, les traits sont simplistes, mais les cases colorées, et cela correspond à l’ambiance de l’album. Bref c’est léger, mais je n’en attendais pas plus… Cela me convient !

Par contre, c’est quand même une BD de fille, je ne suis pas sûre que mon homme va apprécier cet album…

A partir de 15 ans selon le site BD du CNDP.

On en parle sur les blogs : Nota-bene*, Ame(thyst) littéraire, le rose aux joues, la bibliothèque de lilou.

Voir aussi le blog de l’auteur.