BD adaptation, BD aventure, BD humour

Hérakles, tome 1

HÉRAKLES, tome 1, par Edouard Cour (Akileos, 2012)

Héraklès est un demi-dieu, fils de Zeus et de l’humaine Alcmène. Il doit accomplir ses douze travaux : tuer le lion de Némée, vaincre l’hydre de Lerne, capturer la biche de Cérynie, capturer le sanglier du mont Erymanthe, nettoyer les écuries du roi Augias, tuer les oiseaux du lcas Stymphale, dompter le taureau géant de Crète, capturer les juments carnivores du roi Diomède… Il n’a normalement pas le droit de se faire aider, mais parfois il transgresse les règles pour atteindre son but… De toute façon, il s’en moque, il est un demi-dieu…

Et encore une BD que je n’aurais jamais lue si elle n’avait pas fait partie du top BD des blogueurs de Yaneck ! J’avoue que je ne l’avais jamais vue en librairie auparavant, alors lorsque j’ai pu l’acheter en occasion dans une librairie nantaise, je n’ai pas hésité. Le top étant normalement gage de qualité, je ne risquais pas grand-chose… Et bien oui, encore une fois, c’est une bonne pioche ! Ce n’est pas l’album du siècle, mais le point de vue proposé est intéressant, et surtout très original. Il s’agit d’une réinterprétation parfois complètement barrée et déjantée du mythe d’Heraklès/Hercule et de ses douze travaux. L’auteur ne réexplique pas l’histoire (dont on connaît au moins les grandes lignes), mais il interprète en dessin les moments importants. Les dialogues d’Heraklès ne jouent pas dans le politiquement correct, et c’est bien cela qui est drôle ! L’auteur s’amuse aussi avec le vocabulaire anachronique, et on en vient à se demander si l’histoire d’Heraklès ne se passerait pas de nos jours parfois, tellement le vocabulaire utilisé sonne moderne. Le dessin est particulier, un peu rebutant pour moi au départ : il est très sec et anguleux. Les traits étaient trop droits pour moi, ne m’impliquaient pas dans l’histoire, mais finalement je me suis un peu accrochée au début, et après il fut dur de lâcher cet album. Les couleurs sont engageantes et variées, ce qui fait un album agréable à parcourir, sans idéaliser l’antiquité grecque. Le personnage d’Heraklès est énorme (n’est pas demi-dieu qui veut !), un véritable surhomme accomplissant des exploits inespérés. Il est loin de l’image qu’on peut se faire du physique du dieu ou du demi-dieu : il est massif, assez brutal et ne s’encombre pas des détails de ses actions. C’est cet aspect-là qui rend ce personnage à la fois rebutant et attachant. C’est vraiment un personnage hors normes, et cette réinterprétation toute particulière d’Edouard Cour mérite largement qu’on s’y arrête. En ce qui me concerne, je ne crois pas qu’une seconde lecture sera inutile, car je n’ai sans doute pas tout saisi… Un dernier regret : les travaux d’Heraklès ne sont pas tous dans cet album, il me faudra poursuivre avec le tome 2 sorti récemment…

A noter enfin qu’il s’agit de la première BD éditée pour Edouard Cour, dont il va falloir désormais suivre le parcours de près…

Non mentionné sur l@BD, mais je dirais à partir de 13 ans.

On en parle sur les blogs : Un amour de BD, Chroniques de l’invisible, D’une berge à l’autre, Sin City, Blog BD sud-ouest

Premières planches à voir sur Digibidi.

Aller du côté du site de l’auteur.

BD historique

Rébétiko (la mauvaise herbe)

REBETIKO (LA MAUVAISE HERBE), par David Prudhomme (Futuropolis, 2009)

Octobre https://i0.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/3/2/9/000642329.jpg1936, à Athènes. Stavros est un jeune homme qui passe son temps à fumer du haschich ou à jouer du bouzouki avec ses amis rebètes. La dictature du général Metaxas s’installe et réduit les libertés, en condamnant l’amollissement de la société supposée décadente. Le dictateur veut enlever toute influence turque de la Grèce, et donc s’attaque aux joueurs de rebetiko, une musique qui mêle influences grecques et turques en un chant hypnotique. Stavros et ses amis musiciens vont donc vivre des moments difficiles, poursuivis par la police, mais vont continuer à jouer et danser le rébétiko dans les cafés. Ils rencontrent un producteur américain qui leur propose d’enregistrer un disque pour les Etats-Unis, mais ils refusent.

Voici un album que j’ai choisi pour son auteur, David Prudhomme que j’avais déjà lu dans La Marie en plastique. A vrai dire, je n’ai pas beaucoup aimé cet album, car j’ai eu du mal à voir la ligne directrice de l’histoire, et son intérêt réel. En fait, je crois qu’il m’a manqué la musique du rébétiko dans cet album, car malgré les paroles (nombreuses dans les cases par moment), je n’ai pas entendu de musique en lisant cet album. C’est bien dommage, car cette musique prônant la liberté a pourtant l’air intéressante.

Je n’ai pas été attirée par le dessin, que j’ai trouvé assez simple (pas simpliste), mais qui ne distingue pas assez les différents personnages. J’ai eu du mal à rentrer dans cette histoire, que j’ai dû lire en plusieurs fois. Je ne suis donc pas très convaincue par cet album qui a pourtant été primé plusieurs fois (voir ci-dessous), et ce n’est pas dû au thème. C’est vraiment l’interprétation de l’auteur qui ne m’a pas accrochée, je suis déçue…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : l’avis mitigé de Yaneck sur Chroniques de l’invisible, l’avis enthousiaste de Manu Larcenet sur son blog, Enna lit, Liratouva.

David Prudhomme a réalisé un blog sur les « images, à côtés, essais, repentirs et musiques d’une bande dessinée sur le rebetiko ». Les 10 premières planches à voir sur le site de France 2. Pour mieux découvrir le rébétiko, visiter un blog consacré à cette musique (avec de nombreuses vidéos), et lire cet article d’un site consacré à la Grèce.

A noter enfin que l’album a été récompensé à Angoulême en 2010 par le « Fauve – Prix regards sur le monde », à St Malo en 2009 avec le prix Coup de coeur au festival Quai des Bulles, et à Monaco en 2010 par le prix de la meilleure BD adaptable au cinéma et à la télévision.