Au revoir là-haut

AU REVOIR LÀ-HAUT, par Pierre Lemaître (scénario) et Christian de Metter (dessin) (Rue de Sèvres, 2015) d’après le roman de Pierre Lemaître (Prix Goncourt 2013).

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Albert et Edouard ont vécu la Grande Guerre, dans les tranchées. Rescapés, blessés physiquement ou psychologiquement, les deux hommes retournent à la vie civile, mais comprennent que la société ne veut pas entendre parler du conflit qui a duré quatre longues années. Les morts sont mis en avant à travers les nombreux monuments aux morts qui s’érigent, mais les survivants dont ils font partie sont oubliés, mis de côté, exclus. Edouard, issu d’une grande famille de banquiers connue du tout-Paris, préfère être annoncé mort plutôt que de rentrer dans sa famille en tant que gueule cassée. Sa sœur quant à elle se marie avec un lieutenant à l’ambition démesurée, qui monte peu de temps après la fin du conflit une affaire de cercueils pas chers, mais cela tourne au vinaigre… De leur côté, Albert, le survivant psychologiquement fragile et Edouard, le survivant défiguré devenu muer mais très intelligent et artiste, vont quant à eux monter une arnaque gigantesque en proposant aux communes de France des monuments aux morts qu’ils ne livreront jamais…

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La différence invisible

LA DIFFÉRENCE INVISIBLE, par Julie Dauchez (scénario) et Mademoiselle Caroline (dessin) (Delcourt, 2016, coll. Mirages)

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Marguerite a la vingtaine, un petit ami, un emploi de bureau dans une entreprise. Sa petite vie est parfaitement réglée, il faut dire que Marguerite aime son train-train et déteste tout imprévu : son trajet est parfaitement réglé, tout comme son emploi du temps quasi-minuté. La jeune femme déjeune toujours seule et ne prend pas de pause avec ses collègues, elle ne saisit pas le second degré et passe pour être particulière, voire même bizarre aux yeux de ses collègues. Elle a aussi des difficultés avec la vie en société : elle déteste les week-end imprévus ou loin de chez elle, ainsi que les soirées avec les amis de son mec, amis qui ne lui adressent même plus la parole. En même temps, elle ne sait pas quoi leur dire… Un jour, à force de se demander pourquoi elle n’est pas comme les autres, elle tombe sur un article sur internet qui lui fait découvrir le syndrome d’Asperger, une forme d’autisme. C’est la révélation pour la jeune femme, qui va alors, à force de persuasion et de persévérance, passer des tests et être diagnostiquée Asperger, « aspie » pour les intimes….

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Les chevaux du vent, première partie

LES CHEVAUX DU VENT, première partie, par Christian Lax (scénario) et Jean-Claude Fournier (dessin) (Dupuis, 2008, coll. Aire libre)

1850, Kazi, un jeune enfant népalais sourd-muet, est envoyé dans un monastère bouddhiste loin de sa famille. La décision est lourde de conséquences pour la famille, qui ne va pas revoir l’enfant pendant de longues années. Ses deux autres fils grandissent, tout en restant rivaux pour le cœur de la belle Mina. Toujours pris de remords, le père ne se remet pas du départ de son petit dernier, et quinze ans après son départ, il décide d’aller le voir en entreprenant un long voyage à travers les montagnes. Mais la situation a changé, et la zone est interdite. Alors pour contourner l’interdit, le père décide de s’engager chez l’ennemi, le colon britannique, qui recrute des cartographes pour tracer les cartes des régions nouvellement conquises. Ayant réussi les tests, le père choisit de cartographier la zone où se trouve le monastère de son fils. Considéré comme un traître aux yeux de son ethnie, il se fait le plus discret possible et effectue le travail demandé par les britanniques, mais ne se rend pas compte qu’il est suivi…

Je continue ma découverte du travail de Christian Lax, qui est présent cette fois uniquement sur le scénario. J’ai beaucoup aimé ce voyage au Népal, vraiment dépaysant. J’ai aimé les références historiques, avec l’histoire coloniale britannique qui commence juste dans cette zone du monde. L’histoire familiale est aussi intéressante. Le personnage du père est touchant, alors que ceux des enfants sont plutôt égoïstes, se souciant peu de leur petit frère sourd-muet envoyé dans un monastère. La mère quant à elle n’a pas spécialement son mot à dire là-dedans, elle subit la situation de rivalité entre ses deux grands fils, et voit sa famille se déchirer sans pouvoir agir. Les personnages sont bien décrits, en tout cas suffisamment pour qu’on s’attache à eux. On en apprend aussi sur l’esprit très différent de la culture népalaise traditionnelle. L’histoire est donc très instructive sur ce pays d’Asie. Par contre, j’ai été globalement peu fan du trait, que je n’ai trouvé pas très moderne. Mais au fil des pages, j’ai pris l’habitude du dessin, et je me suis dit que cela était peut-être lié aux couleurs, qui paraissent assez granuleuses. J’ai eu cependant un peu de mal à me repérer au départ parmi les personnages, qui se ressemblaient un peu trop. Ce tome 1 des chevaux du vent constitue donc un bon album, à poursuivre rapidement par la lecture du second et dernier volume. En effet, ce premier volume se termine en plein milieu d’un rebondissement… C’est assez frustrant je trouve…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Sin City, Le grenier à livres, Blog BD Sud-Ouest

Quelques planches à voir sur BDGest.

Aller voir le site du dessinateur.

Aux heures impaires

AUX HEURES IMPAIRES, par Eric Liberge (Futuropolis / Musée du Louvre éditions, 2008)

Bastien est un jeune homme sourd qui attend pour un rendez-vous pour un stage dans une salle du musée du Louvre, un sandwich à la main. Un gardien lui indique qu’il est interdit d’introduire de la nourriture dans le lieu, mais leur conversation est difficile, puisque le jeune homme ne communique pas oralement mais uniquement par écrit. Pensant à un canular, le gardien lui demande de quitter les lieux, et Bastien, furieux, tombe nez à nez avec un gardien âgé, d’origine asiatique, qui se présente sous le nom de Fu Zhi Ha. Ce dernier aussi est sourd, et communique facilement avec lui grâce à la langue des signes. Il lui propose un stage, dans un endroit habituellement inexploré. La nuit, il garde les œuvres, mais surtout il les écoute et les anime, en utilisant des instruments de musique pendant d’étranges rites…

Voici un album commandé par le musée du Louvre, dans sa désormais célèbre série où le musée est mis en scène par des auteurs de BD très différents. Là, je ne connaissais pas l’auteur, je découvre donc son trait et son approche du célèbre lieu culturel parisien. L’angle d’approche est original : un jeune homme sourd et rebelle initié par un vieil homme aux œuvres d’art qui prennent vie lors de rituels plus ou moins étranges. Une fois cet aspect fantastique intégré, l’histoire passe bien. On est aidé par le dessin parfois très vaporeux, où les œuvres se superposent dans un ballet fantastique. Le trait est très fin, et offre un album graphiquement très joli. Pour moi, c’est une nouvelle découverte d’un auteur C’est plus au niveau du scénario que j’ai eu plus de difficultés : à certains moments, l’histoire est complètement folle, elle part complètement en vrille sur la fin, au point que j’ai eu parfois du mal à voir où l’auteur voulait en venir. Les rapports humains sont un peu trop survolés à mon goût. Bref, un album vraiment original, peut-être un peu trop pour moi. J’aurais aimé en savoir plus sur les œuvres d’art reprises par l’auteur, qu’elles soient toutes citées en fin d’ouvrage. L’angle du handicap est intéressant, puisqu’on a en fin d’album des explications sur l’adaptation du musée aux malentendants, mais l’aspect des œuvres passe un peu trop au second plan à mon goût… Mes attentes n’ont pas été comblées, mais cet album reste tout de même intéressant par son approche originale.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Doucettement, L’appétit vient en lisant, Carnets de sel, Avis de Vicklay, La culture se partage

Premières planches sur Digibidi.

Aller voir le site de l’auteur, avec de nombreux liens vers des planches originales.

Ce n’est pas toi que j’attendais

CE N’EST PAS TOI QUE J’ATTENDAIS, par Fabien Toulmé (Delcourt, 2014, coll. Encrages)

Fabien Toulmé est l’heureux papa de Louise, et vit avec son épouse Patricia au Brésil, le pays de cette dernière. La joie s’annonce encore plus grande lorsque la nouvelle tombe : la famille va s’agrandir avec l’arrivée d’un nouveau bébé. Tout se déroule pour le mieux, depuis les premiers examens médicaux au Brésil jusqu’à leur arrivée en France, en banlieue parisienne. Le papa est angoissé par l’éventualité de la trisomie chez son enfant, mais à chaque fois les professionnels de santé des deux côtés de l’Atlantique le rassurent à ce sujet. Alors les futurs parents choisissent le prénom, ce sera Julia. Mais lorsque l’enfant naît, le papa a toujours la sensation que quelque chose ne va pas chez sa fille, bien que les infirmières ne semblent rien voir. Quelques temps plus tard, la santé du bébé n’étant pas très bonne, le diagnostic tombe : sa malformation cardiaque est due à la trisomie 21. Le ciel leur tombe sur la tête, le choc est très rude pour le papa, qui a du mal à faire connaissance avec cet enfant qu’il n’attendait pas…

Difficile de faire un article sur cet album encensé sur tous les blogs et au-delà. Que dire de plus sinon que moi aussi j’ai été emportée par ce témoignage finalement tendre et empli d’amour d’un père pour cette petite fille bien différente de celle qu’il avait imaginée… Pourtant, le chemin pour en arriver là ne fut pas simple, depuis les questionnements et le déni des premières semaines, jusqu’à l’acceptation et la rencontre avec cet enfant différent.

L’auteur ne s’apitoie pas sur son sort (sauf lors d’un moment), et on a toute une palette de sentiments, depuis les pleurs et la détresse des premiers jours jusqu’aux moments de joie avec son bébé. Il y a des moments très touchants, par exemple lorsqu’il répond aux questions de sa fille aînée sur sa petite sœur. Les photos qui clôturent l’album rajoutent une couche d’émotion, comme un épilogue sous forme de déclaration d’amour à sa fille. Il y aussi des moments où l’auteur manie également l’humour, comme pour dédramatiser la situation, et cette alternance permet d’éviter l’écueil d’un récit plombant. Par contre, comme c’est un récit d’un point de vue exclusivement masculin, on n’a pas ou peu la vision de sa femme, dont on n’a pas l’impression qu’elle se pose une multitude de questions comme son mari. Je n’ai pas souvenir de dialogues uniquement entre eux, où ils expriment leurs sentiments vis-à-vis du handicap de leur fille. Mais le point de vue uniquement de l’homme est tout de même intéressant, car le ressenti n’est certainement pas le même que celui de la maman.C’est sûr que parfois, ses propos ne versent pas dans le politiquement correct, quand on a parfois l’impression qu’il ne reconnaît pas voire même rejette sa fille. Cela peut choquer, c’est vrai, mais en même temps, lorsqu’on n’est pas dans la même situation que lui, difficile de le juger. Il faut reconnaître à l’auteur le courage qu’il a eu de retranscrire ses impressions, même lorsque celles-ci ne sont pas normalement attendues.Quant au dessin, il est agréable, réaliste, doux, usant de la couleur de façon parcimonieuse avec une teinte par chapitre. J’ai beaucoup aimé ce choix qui permet d’entrer dans l’histoire sans être parasité par les couleurs multiples.

Bref, aucun regret d’avoir acheté cet album qui aborde de façon très juste et touchante le sujet du handicap pourtant souvent abordé en cases et en bulles. Un bien joli coup de cœur en ce début d’année…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : La bibliothèque de Noukette, D’une berge à l’autre, Sous les galets, Tête de lecture, Laurie lit, Livresse des mots, Les jardins d’Hélène, Mille et une frasques, Chroniques de l’invisible, Enna lit Enna vit

Aller voir du côté du blog de l’auteur.

Premières planches sur Izneo.

L’écureuil du Vél d’Hiv

L’ÉCUREUIL DU VÉL D’HIV, par Christian Lax (Futuropolis, 2012)

1940, à Paris. Sam et Eddie Ancelin sont deux frères. Sam est coureur cycliste, pistard spécialiste au Vélodrome d’Hiver (surnommé « Vél d’hiv »), tandis qu’Eddie, handicapé d’un bras, n’arrive pas à s’affirmer vis-à-vis de son père qui ne voit qu’à travers les yeux de Sam, qui remporte toutes les courses cyclistes. Le père, médecin, est accro au jeu et fréquente des hauts-dignitaires nazis lors de soirées poker qui lui coûtent cher…  Eddie rêve de percer dans le journalisme, et parvient à publier certains de ses papiers dans des journaux parisiens contrôlés par la censure. Signant « l’écureuil » en hommage au surnom de son frère, il parvient à publier des articles de plus en plus incisifs envers le pouvoir en place et ses alliés. De plus en plus menacé, il est contraint de passer dans le journalisme clandestin, puis en zone libre. Sam quant à lui court au Vél d’Hiv lorsqu’il n’est pas réquisitionné en mai 1940 comme lieu de regroupement des femmes fuyant le nazisme, comme lieu de réunion de la légion des volontaires français pro-hitlériens en juillet 1941 ou encore lors de la rafle de plus de 12000 juifs en juillet 1942. Le temple du sport parisien est parfois utilisé pour d’autres buts que celui de départ, mais les courses cyclistes ont toujours lieu pendant la guerre, même si l’enjeu politique est bien plus présent qu’auparavant…

Voici l’album qui clôture la trilogie de Christian Lax autour du cyclisme, après les très beaux L’aigle sans orteils et Pain d’alouette tome 1 et tome 2. Il s’agit là d’une autre époque, celle de l’Occupation, et les personnages sont encore différents. La grande histoire se mêle à la petite. La famille Ancelin n’est pas très unie : le père a clairement une préférence pour son fils aîné et il fricote avec l’occupant. Les fils, eux, sont dès le départ plutôt du côté de la résistance, et la mère oeuvre dans une association de charité pour les enfants juifs. Le cyclisme occupe une bonne place dans leur vie, mais ce n’est pas la majeure partie de cet album. Christian Lax parvient à distiller des informations sur le cyclisme à l’époque, mais les lecteurs qui ne s’intéressent pas au sport ne seront pas pour autant inondés d’informations. Le côté historique est aussi présent, avec par exemple les usages autres que sportifs du stade : lieu de réunions politiques et surtout lieu de rafles d’ennemis du régime en place. Le narrateur est extérieur aux personnages, c’est une sorte de voix-off, qui parle en utilisant parfois le futur. C’est le seul bémol que j’ai envers cet album, car cette narration ne m’a pas rendu les nombreux personnages très proches. J’ai eu du mal à m’intéresser à eux au départ. Puis Christian Lax explorant plusieurs pistes en parallèle qui s’entremêlent parfois (le sport, l’histoire, la famille), on trouve forcément une piste ou une autre qui nous intéresse plus et on ne peut que s’intéresser à cet album, pas transcendant, certes, mais riche d’informations. C’est un bel hommage rendu à un lieu depuis disparu et principalement connoté comme lieu de rafle. On oublie souvent qu’il y a eu de nombreux spectacles sportifs dans ce lieu, et Lax sait utiliser ce lieu mythique pour retracer quelque chose de bien plus large. Le dessin est intéressant, les couleurs travaillées pour nous immerger dans cette période sombre. Les scènes de cyclisme sont bien représentées, et on entendrait presque le public s’exprimer lors des victoires de Sam Ancelin, c’est dire si l’auteur parvient à faire une histoire réaliste ! J’ai beaucoup aimé cette histoire vraiment très riche, je crois être passée à côté de certaines choses, mais je suis contente d’en avoir appris plus sur cette période historique…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Un amour de BD, Sulli raconte sa BDPromenades et méditations, Miss Alfie croqueuse de livres, Chroniques de l’invisible

Quelques planches sur le site de l’éditeur.

Mon grand petit frère

MON GRAND PETIT FRÈRE, par Brigitte Peskine (Bayard jeunesse, 2001, coll. Les romans de je bouquine)

Vincent a douze ans, et son frère Xavier treize. Tous deux s’entendent bien, mais Vincent est toujours considéré comme le petit. Leur mère est institutrice et leur père informaticien. La famille part camper tous ensemble pendant les vacances d’avril en Ardèche, et Xavier tombe malade alors qu’ils ont planté leur tente sur l’île du lac noir, sans aucun moyen de joindre les secours. Après une nuit difficile lors de laquelle Xavier est tombé dans le coma suite à la méningite, toute la famille est rapatriée sur la terre ferme, et Xavier hospitalisé d’urgence. La méningite se confirme, elle a endommagé son cerveau et elle aura des conséquences : le jeune garçon devient handicapé mental, il va devoir tout réapprendre, comme un jeune enfant. Alors que son frère est toujours à l’hôpital à Lyon, Vincent est envoyé chez sa grand-mère à Paris et ne comprend pas qu’il soit écarté de la situation, surtout qu’il n’a pas grand-chose à partager avec sa grand-mère qu’il fréquente peu. Mais celle-ci va s’avérer compréhensive, et venir s’installer avec eux, une fois Xavier rentré à la maison. Mais les tensions se multiplient : le père fuit dès qu’il le peut à son travail, la mère a pris un congé pour s’occuper de Xavier et s’en veut d’avoir emmené sa famille camper loin de tout, Vincent a l’impression d’être oublié de tous et ne veut surtout pas que la situation de son frère soit connue au collège… Il en arrive même à se fâcher avec son meilleur ami pour ne plus qu’il vienne à la maison, il a tellement honte de la situation…

Voici un roman qui fait partie de la sélection du défi lecture (en interne) pour les 6èmes. Ma collègue l’avait lu, on l’avait placé dans la sélection, mais moi je ne l’avais pas encore lu (vu que je peux de moins en moins lire des livres qui me sont imposés, cela a traîné dans le temps). Et bien, j’ai bien accroché à ce petit roman de 100 pages, vite lu, dont le thème du handicap est central, mais qui aborde aussi le sujet des liens familiaux (entre la mère et la grand-mère par exemple, ou entre Xavier et Vincent). Des sujets toujours d’actualité dans ce roman, malgré quelques petites choses un peu dépassées (on y parle du minitel par exemple). Le narrateur est Vincent, mais il utilise parfois du vocabulaire qui n’est pas de son âge (le mot « pérégrinations » est même expliqué en note de bas de page), et du passé simple qu’on n’entend pas dans les cours de récré… Mis à part ce bémol dans la rédaction, je trouve que l’auteur a su décrire, avec l’œil d’un ado, la situation bouleversée de la famille, qui aurait plus tendance à se dissoudre qu’à se souder dans les moments difficiles, et la nouvelle place que Vincent doit trouver, en tant que grand frère dorénavant. Ce roman plaît pas mal aux élèves qui l’ont lu : je me souviens d’un élève qui a dit devant ses camarades qu’il avait beaucoup aimé ce livre, car il l’avait fait réfléchir sur sa relation avec son frère, car même s’ils se disputaient, il ne saurait pas quoi faire s’il n’était pas là. J’ai trouvé ça très touchant que ce roman l’ait fait réfléchir sur sa propre vie. Bref, un roman jeunesse sans prétention mais intéressant.

A partir de 10 ans selon Ricochet.

On en parle sur les blogs : Envolire, Petites lectures, Cervelinette

C’est un roman qui a dû fonctionner, car il a été réédité depuis (en 2009 et 2010) avec des couvertures différentes.