Envole-moi [roman]

ENVOLE-MOI, par Annelise Heurtier (Casterman, 2017)

envole moiSwann, ado bien dans peau, musicien et charmeur, cherche à réunir 250 € pour s’offrir la Gibson de ses rêves. Il participe à un vide-grenier et tombe sous le charme de la vendeuse d’en face, Joanna, qui s’avère être en fauteuil roulant depuis un accident. Swann n’en a rien à faire, il est fou amoureux de sa belle. D’ailleurs, Joanna a appris à passer outre le regard des autres. Mais lorsqu’elle apprend que sa cousine avec qui elle partage la passion de la danse a été acceptée à l’Opéra de Paris, la réalité lui revient en pleine face : malgré toute sa bonne volonté, il y a des choses que Joanna ne pourra plus faire. Swann va alors tenter de préparer une surprise à sa chérie, en lui trouvant un stage de danse pour personnes handicapées physiques… Mais ce n’est pas chose si facile… Lire la suite

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Le vieux sur la falaise [roman]

LE VIEUX SUR LA FALAISE, par Nathalie Le Gendre (Oskar jeunesse, 2016, coll. Polar)

Antoine vient de déménager : il a quitté Paris avec ses parents et sa sœur Malou pour rejoindre la Bretagne, là où la famille vient de reprendre un camping en bord de mer. Mais comme à Paris, il se retrouve seul la plupart du temps à s’occuper de sa petite sœur qui est sourde. Il est jaloux de cette sœur qui prend toute la place dans le cœur de ses parents. Mais un matin, alors qu’il doit veiller sur elle, Malou s’en va sur la place et est en danger quand la marée monte. Elle est sauvée in extremis par Yvan, un vieux pêcheur à la mauvaise réputation, car accusé d’avoir tué sa femme et sa fille des années plus tôt lors d’une sortie en mer. Le lendemain, la fillette veut remercier son sauveur, mais va se retrouver en mer… Lorsqu’Antoine se rend compte de la disparition de sa sœur, il va tout mettre en oeuvre pour retrouver sa sœur et l’enlever des griffes du mystérieux pêcheur, qui a lui aussi disparu et qui cache en réalité un lourd secret…

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Nos cœurs tordus [roman]

NOS CŒURS TORDUS, par Séverine Vidal et Manu Causse (Bayard jeunesse, 2017)

Vlad, handicapé depuis sa naissance, se déplace difficilement, mais est toujours optimiste et de bonne humeur. Il a une excellente relation avec ses parents, et est passionné de cinéma. En cette rentrée, il intègre un nouveau dispositif Ulis dans un collège. Il y rencontre des élèves à profils divers et variés : des élèves de sa classe, mais pas uniquement. Il tombe sous le charme de Lou, qui sort avec Morgan. Il parvient à devenir très ami avec la jeune fille, mais espère plus… La participation du groupe d’amis à un concours autour du cinéma va peut-être permettre à l’adolescent à la répartie inégalée de séduire Lou… Lire la suite

Au revoir là-haut

AU REVOIR LÀ-HAUT, par Pierre Lemaître (scénario) et Christian de Metter (dessin) (Rue de Sèvres, 2015) d’après le roman de Pierre Lemaître (Prix Goncourt 2013).

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Albert et Edouard ont vécu la Grande Guerre, dans les tranchées. Rescapés, blessés physiquement ou psychologiquement, les deux hommes retournent à la vie civile, mais comprennent que la société ne veut pas entendre parler du conflit qui a duré quatre longues années. Les morts sont mis en avant à travers les nombreux monuments aux morts qui s’érigent, mais les survivants dont ils font partie sont oubliés, mis de côté, exclus. Edouard, issu d’une grande famille de banquiers connue du tout-Paris, préfère être annoncé mort plutôt que de rentrer dans sa famille en tant que gueule cassée. Sa sœur quant à elle se marie avec un lieutenant à l’ambition démesurée, qui monte peu de temps après la fin du conflit une affaire de cercueils pas chers, mais cela tourne au vinaigre… De leur côté, Albert, le survivant psychologiquement fragile et Edouard, le survivant défiguré devenu muer mais très intelligent et artiste, vont quant à eux monter une arnaque gigantesque en proposant aux communes de France des monuments aux morts qu’ils ne livreront jamais…

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La différence invisible

LA DIFFÉRENCE INVISIBLE, par Julie Dauchez (scénario) et Mademoiselle Caroline (dessin) (Delcourt, 2016, coll. Mirages)

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Marguerite a la vingtaine, un petit ami, un emploi de bureau dans une entreprise. Sa petite vie est parfaitement réglée, il faut dire que Marguerite aime son train-train et déteste tout imprévu : son trajet est parfaitement réglé, tout comme son emploi du temps quasi-minuté. La jeune femme déjeune toujours seule et ne prend pas de pause avec ses collègues, elle ne saisit pas le second degré et passe pour être particulière, voire même bizarre aux yeux de ses collègues. Elle a aussi des difficultés avec la vie en société : elle déteste les week-end imprévus ou loin de chez elle, ainsi que les soirées avec les amis de son mec, amis qui ne lui adressent même plus la parole. En même temps, elle ne sait pas quoi leur dire… Un jour, à force de se demander pourquoi elle n’est pas comme les autres, elle tombe sur un article sur internet qui lui fait découvrir le syndrome d’Asperger, une forme d’autisme. C’est la révélation pour la jeune femme, qui va alors, à force de persuasion et de persévérance, passer des tests et être diagnostiquée Asperger, « aspie » pour les intimes….

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Les chevaux du vent, première partie

LES CHEVAUX DU VENT, première partie, par Christian Lax (scénario) et Jean-Claude Fournier (dessin) (Dupuis, 2008, coll. Aire libre)

1850, Kazi, un jeune enfant népalais sourd-muet, est envoyé dans un monastère bouddhiste loin de sa famille. La décision est lourde de conséquences pour la famille, qui ne va pas revoir l’enfant pendant de longues années. Ses deux autres fils grandissent, tout en restant rivaux pour le cœur de la belle Mina. Toujours pris de remords, le père ne se remet pas du départ de son petit dernier, et quinze ans après son départ, il décide d’aller le voir en entreprenant un long voyage à travers les montagnes. Mais la situation a changé, et la zone est interdite. Alors pour contourner l’interdit, le père décide de s’engager chez l’ennemi, le colon britannique, qui recrute des cartographes pour tracer les cartes des régions nouvellement conquises. Ayant réussi les tests, le père choisit de cartographier la zone où se trouve le monastère de son fils. Considéré comme un traître aux yeux de son ethnie, il se fait le plus discret possible et effectue le travail demandé par les britanniques, mais ne se rend pas compte qu’il est suivi…

Je continue ma découverte du travail de Christian Lax, qui est présent cette fois uniquement sur le scénario. J’ai beaucoup aimé ce voyage au Népal, vraiment dépaysant. J’ai aimé les références historiques, avec l’histoire coloniale britannique qui commence juste dans cette zone du monde. L’histoire familiale est aussi intéressante. Le personnage du père est touchant, alors que ceux des enfants sont plutôt égoïstes, se souciant peu de leur petit frère sourd-muet envoyé dans un monastère. La mère quant à elle n’a pas spécialement son mot à dire là-dedans, elle subit la situation de rivalité entre ses deux grands fils, et voit sa famille se déchirer sans pouvoir agir. Les personnages sont bien décrits, en tout cas suffisamment pour qu’on s’attache à eux. On en apprend aussi sur l’esprit très différent de la culture népalaise traditionnelle. L’histoire est donc très instructive sur ce pays d’Asie. Par contre, j’ai été globalement peu fan du trait, que je n’ai trouvé pas très moderne. Mais au fil des pages, j’ai pris l’habitude du dessin, et je me suis dit que cela était peut-être lié aux couleurs, qui paraissent assez granuleuses. J’ai eu cependant un peu de mal à me repérer au départ parmi les personnages, qui se ressemblaient un peu trop. Ce tome 1 des chevaux du vent constitue donc un bon album, à poursuivre rapidement par la lecture du second et dernier volume. En effet, ce premier volume se termine en plein milieu d’un rebondissement… C’est assez frustrant je trouve…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Sin City, Le grenier à livres, Blog BD Sud-Ouest

Quelques planches à voir sur BDGest.

Aller voir le site du dessinateur.

Aux heures impaires

AUX HEURES IMPAIRES, par Eric Liberge (Futuropolis / Musée du Louvre éditions, 2008)

Bastien est un jeune homme sourd qui attend pour un rendez-vous pour un stage dans une salle du musée du Louvre, un sandwich à la main. Un gardien lui indique qu’il est interdit d’introduire de la nourriture dans le lieu, mais leur conversation est difficile, puisque le jeune homme ne communique pas oralement mais uniquement par écrit. Pensant à un canular, le gardien lui demande de quitter les lieux, et Bastien, furieux, tombe nez à nez avec un gardien âgé, d’origine asiatique, qui se présente sous le nom de Fu Zhi Ha. Ce dernier aussi est sourd, et communique facilement avec lui grâce à la langue des signes. Il lui propose un stage, dans un endroit habituellement inexploré. La nuit, il garde les œuvres, mais surtout il les écoute et les anime, en utilisant des instruments de musique pendant d’étranges rites…

Voici un album commandé par le musée du Louvre, dans sa désormais célèbre série où le musée est mis en scène par des auteurs de BD très différents. Là, je ne connaissais pas l’auteur, je découvre donc son trait et son approche du célèbre lieu culturel parisien. L’angle d’approche est original : un jeune homme sourd et rebelle initié par un vieil homme aux œuvres d’art qui prennent vie lors de rituels plus ou moins étranges. Une fois cet aspect fantastique intégré, l’histoire passe bien. On est aidé par le dessin parfois très vaporeux, où les œuvres se superposent dans un ballet fantastique. Le trait est très fin, et offre un album graphiquement très joli. Pour moi, c’est une nouvelle découverte d’un auteur C’est plus au niveau du scénario que j’ai eu plus de difficultés : à certains moments, l’histoire est complètement folle, elle part complètement en vrille sur la fin, au point que j’ai eu parfois du mal à voir où l’auteur voulait en venir. Les rapports humains sont un peu trop survolés à mon goût. Bref, un album vraiment original, peut-être un peu trop pour moi. J’aurais aimé en savoir plus sur les œuvres d’art reprises par l’auteur, qu’elles soient toutes citées en fin d’ouvrage. L’angle du handicap est intéressant, puisqu’on a en fin d’album des explications sur l’adaptation du musée aux malentendants, mais l’aspect des œuvres passe un peu trop au second plan à mon goût… Mes attentes n’ont pas été comblées, mais cet album reste tout de même intéressant par son approche originale.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Doucettement, L’appétit vient en lisant, Carnets de sel, Avis de Vicklay, La culture se partage

Premières planches sur Digibidi.

Aller voir le site de l’auteur, avec de nombreux liens vers des planches originales.