Une histoire du sexe

UNE HISTOIRE DU SEXE, la première histoire de la sexualité en bande dessinée, par Philippe Brenot (scénario) et Laetitia Coryn (dessin) (Les Arènes BD, 2017)

coryn.jpgHistoire de la sexualité des hommes de la préhistoire à nos jours, avec un chapitrage par période, et une couleur assortie. On commence par les premiers hommes il y a 2 millions d’années, puis Babylone, les Egyptiens, les Grecs, les Romains, puis on passe directement au Moyen-Âge, en continuant par la Renaissance, les Lumières, puis on termine avec l’époque contemporaine (XIXe, XXe et XXIe siècles)… Tout y passe : les mœurs de chaque époque, les considérations envers les hommes et les femmes, les pratiques plus ou moins défendues par les contemporains, la place de la religion, l’amour, le désir, le plaisir, la passion… Un véritable panorama de la sexualité à travers les siècles…

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Écumes

ÉCUMES, par Ingrid Chabbert (scénario) et Carole Maurel (dessin) (Steinkis, 2017)

ecumesDeux femmes amoureuses attendent impatiemment l’arrivée d’un enfant. Quand celui-ci arrive, c’est le bonheur, mais la grossesse s’avère bien compliquée, et lorsque le bébé paraît, il s’avère qu’il est déjà décédé… Commence alors pour les deux femmes une période difficile de deuil de cet enfant tant espéré,  pour dépasser l’écume dans lesquelles elles sont plongées bien malgré elles…

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Macaron citron [roman]

MACARON CITRON, par Claire Mazard (Editions du chemin, 2012)

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Colline est une jeune lycéenne en classe de seconde. Un jour, au lycée, une animation est proposée : les élèves de première viennent présenter leur passion ou leur sujet favori aux autres élèves. Colline s’inscrit à un atelier et est subjuguée par l’élève qui se présente face au groupe. C’est Sara, passionnée de la mer d’Aral. C’est le coup de foudre pour Colline, mais comment lui avouer ? Cet événement dans sa vie sentimentale va la décider à confier à sa famille son homosexualité. Ses parents sont compréhensifs et la soutiennent, même si la jeune fille vit mal de ne pas oser aborder Sara. Alors quand cette dernière se rapproche d’elle, Colline reprend goût à la vie… Lire la suite

Au revoir là-haut

AU REVOIR LÀ-HAUT, par Pierre Lemaître (scénario) et Christian de Metter (dessin) (Rue de Sèvres, 2015) d’après le roman de Pierre Lemaître (Prix Goncourt 2013).

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Albert et Edouard ont vécu la Grande Guerre, dans les tranchées. Rescapés, blessés physiquement ou psychologiquement, les deux hommes retournent à la vie civile, mais comprennent que la société ne veut pas entendre parler du conflit qui a duré quatre longues années. Les morts sont mis en avant à travers les nombreux monuments aux morts qui s’érigent, mais les survivants dont ils font partie sont oubliés, mis de côté, exclus. Edouard, issu d’une grande famille de banquiers connue du tout-Paris, préfère être annoncé mort plutôt que de rentrer dans sa famille en tant que gueule cassée. Sa sœur quant à elle se marie avec un lieutenant à l’ambition démesurée, qui monte peu de temps après la fin du conflit une affaire de cercueils pas chers, mais cela tourne au vinaigre… De leur côté, Albert, le survivant psychologiquement fragile et Edouard, le survivant défiguré devenu muer mais très intelligent et artiste, vont quant à eux monter une arnaque gigantesque en proposant aux communes de France des monuments aux morts qu’ils ne livreront jamais…

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A copier 100 fois [roman]

À COPIER 100 FOIS, par Antoine Dole (Sarbacane, 2012)

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Un adolescent de treize ans se fait harceler à l’école : il est insulté de tous les noms d’oiseaux, frappé, humilié… sans que personne ne réagisse. Les adultes ne voient rien ou alors ne disent rien. N’ayant aucun vrai ami, l’ado, 20qui hésite sur son orientation sexuelle, ne sait comment se sortir de cette situation. D’autant plus que la relation avec son père est très tendue, car l’adulte souhaite que son fils se défende seul et ne se laisse pas faire… Alors pour ne pas décevoir son père, l’ado ment face à ce père qui lui donne ce qu’il croit être de bons conseils… Heureusement que dans cette vie terne, il y a Sarah qui tente de le défendre face aux autres, et qui va lui permettre de parler à son père…

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Dieu n’aime pas papa

DIEU N’AIME PAS PAPA, par Davy Mourier (scénario) et Camille Moog (dessin) (Delcourt, 2016)

dieu-papaTao est un petit garçon qui vit seul avec sa mère. Il aimerait bien savoir pourquoi à la maison, il ne faut plus parler de son papa, pourquoi sa mère est toujours de mauvaise humeur et lui interdit de faire beaucoup de choses. Tao vit en effet avec sa maman très croyante et pratiquante, et ils vont à la messe tous les dimanches. Le garçon se rend également à la catéchèse tous les mercredis avec d’autres enfants chez le curé de la paroisse, et dessine souvent dans ses cahiers des épisodes de la Bible. La prière fait aussi souvent partie de son quotidien. Tao sait depuis quelques temps que son père est parti, qu’il a quitté la maison pour vivre avec un autre homme, mais sa mère ne veut pas qu’il en parle, car, dit-elle, c’est humiliant. Alors quand à la catéchèse, on parle de passages du texte sacré où il est question d’adultère, Tao interroge l’homme d’église, et cherche à comprendre la réaction des adultes… Mais le jeune garçon se pose beaucoup de questions, entre bien et mal, se demande ce qui ne va pas, et si son papa va revenir un jour… Lire la suite

La fille de l’eau

LA FILLE DE L’EAU, par Sacha Goerg (Dargaud, 2012)

Damien est un adolescent qui s’est perdu alors qu’il faisait du pédalo sur un lac, et a atterri dans une grande maison contemporaine, perchée sur une falaise donnant sur ce lac. Là vivent une mère et son fils Mattew, qui sans lui poser trop de questions aident Damien, en attendant qu’il puisse repartir. En réalité, Damien n’est pas arrivé là par hasard comme il le prétend. Il cherche à rencontrer la femme de son père, qui vient de décéder. Damien n’est pas non plus qui il affirme être : il est en réalité une fille, Judith, que son père, sculpteur et artiste, avait abandonnée pour sa nouvelle femme. Damien/Judith va donc s’immiscer dans la vie de cette autre famille qu’il ne connaît pas et faire connaissance, entre autres, avec son demi-frère… Son père lui apparaît dans certains moments, sous la forme d’une boule d’eau ou je ne sais quoi, et la raison secrète du passage de Damien/Judith dans la maison va être révélée aux autres membres de la villa…

J’ai acheté cet album cet été dans une librairie BD de Bruxelles, sur les conseils enthousiastes d’une jeune libraire qui me l’a bien vendu. La couverture de cet album est très jolie et donne déjà le ton de cette histoire. Je me suis laissée convaincre par cet achat, car je ne connaissais pas l’auteur et puis l’histoire me paraissait intéressante. Une fois ma lecture faite, je ne sais pas quoi penser de cet album si particulier. L’aquarelle et l’encre de Chine ont un rendu très agréable, et confèrent une ambiance particulière, un peu onirique, parfois hors du temps à cet album. Cela est accentué par l’absence totale de cases dans cet album, ce qui allège considérablement le visuel. Les dessins sont agréables, même si le trait de Sacha Goerg est un peu particulier au début. C’est plus au niveau du scénario que j’ai des doutes, je ne sais trop quoi penser de cette histoire dont le synopsis est pourtant intéressant. De nombreuses thématiques sont abordées dans l’histoire : l’homosexualité du fils, l’art contemporain, le deuil familial, la quête du père et de sa propre identité… Pourtant, j’ai eu du mal à croire à l’histoire. Les personnages sont assez bizarres : Damien/Judith est accueilli trop facilement par la dernière épouse de son père, qui lui pose vraiment trop peu de questions sur sa situation. La relation entre le fils (demi-frère de notre héros) et la mère est très distendue. La mort du père est assez peu abordée, alors que j’ai cru comprendre qu’il était décédé peu de temps auparavant. Les amis de la mère qui arrivent à un moment sont aussi bizarres, avec la femme qui fait de drôles de propositions au fils. Il y a donc une ambiance étrange dans cet album, c’est difficile à expliquer et cela mériterait une seconde lecture pour mieux s’imprégner de l’esprit particulier de cette histoire, pas simple à comprendre mais pas inintéressante pour autant. Même si je pense ne pas avoir tout saisi, c’est une expérience à essayer tout de même.

Non mentionné sur l@BD, mais je dirais pas avant 15 ans.

On en parle sur les blogs : Chroniques d’Asteline, Maxoe, SambaBDVu des yeux doliBD, Hop BD, Adepte du livre

Premières planches à voir sur le site de l’éditeur.

Aller voir du côté du blog de l’auteur.

Interview de l’auteur, un des fondateurs de la maison d’édition belge indépendante L’employé du moi, à lire sur Samba BD.

Muchacho tome 2

MUCHACHO, tome 2, par Emmanuel Lepage (Dupuis, 2006, coll. Aire libre)

Suite et fin du tome 1. Après avoir vu la vraie vie dans un village du Nicaragua, Gabriel le séminariste doute de plus en plus de sa vocation de prêtre et remet en cause tout ce qu’on lui a appris : il prend fait et cause pour les paysans du villages, opposants au régime, qui deviennent ses amis. Mais lorsque les militaires massacrent une partie du village, c’est le début de la fuite dans la forêt et les montagnes. Pour Gabriel, ce sera aussi la découverte de lui-même au cœur d’un univers hostile. La survie dans la jungle n’est pas facile, mais il est aidé par ses compagnons. Cependant, lorsque cela se sait qu’il est le fils d’un des dirigeants de la junte, le comportement de certains camarades change. La fuite du groupe de révolutionnaires, poursuivis par les militaires dans la jungle hostile, s’avère être une course sans but, sans espoir de sauver sa peau.

Après avoir bien aimé le premier tome, sans avoir tout compris de l’histoire du Nicaragua dans les années 1970, j’ai poursuivi avec le deuxième volume. Il y a un parallèle impressionnant entre les deux couvertures : dans la première, Gabriel est dans sa tenue de prêtre, avec la croix en arrière plan, alors que dans ce second tome, malgré la même position, il est avec une chemise militaire ouverte, a une balafre sur le visage, porte un collier avec une croix en pendentif, et en arrière plan des branches pour représenter la jungle amazonienne, sur un fond rouge sang pour la violence des militaires. On voit aussi que son visage s’est durci, qu’il a vieilli, fait moins naïf et candide que dans le premier tome. Cela démontre le changement qui s’est produit chez Gabriel, qui change complètement, découvre les autres et lui-même, troquant crayons et peinture pour des armes. Il va découvrir aussi l’amour avec un homme, un combattant comme lui, un anglais acquis à la cause nicaraguayenne, et cela va remettre en cause toutes ses idées. Ses sentiments prennent le pas sur ses idées, et il va grandir d’un coup, entrer de façon brutale dans un monde d’adultes. L’histoire globalement est assez violente, par exemple lorsque les militaires investissent le village et se mettent à la poursuite des révolutionnaires. La nature hostile n’apaise pas du tout l’histoire. Par contre, les couleurs sont magnifiques, très travaillées, avec beaucoup de détails. Le vert est omniprésent et constitue la majeure partie de l’album qui se déroule dans la jungle. Il y a aussi d’autres planches à majorité bleu ou jaune, réellement de toute beauté. Cela donne une ambiance particulière à cet album. Le dessin est très détaillé, avec des changements de cadrage pour donner une dynamique au récit et montrer tout le talent et la maîtrise graphique et scénaristique de l’auteur. Muchacho est une histoire complexe et riche, qu’il faudrait relire pour en saisir toutes les subtilités. J’ai passé un bon moment avec cette histoire d’hommes engagés qui se battent pour leurs idées, sur une histoire nicaraguayenne méconnue des européens que nous sommes…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Livrons-nous, PhylactèresAltersexualité, Climaginaire, Underground society

Quelques planches à voir sur Izneo.

Cet album fait partie du challenge « Les ignorants » de Kikine.

En Italie, il n’y a que des vrais hommes

EN ITALIE, IL N’Y A QUE DES VRAIS HOMMES : un roman graphique sur le confinement des homosexuels à l’époque du fascisme, par Luca de Santis et Sara Colaone (Dargaud, 2010)

De nos jours, deux journalistes rencontrent Ninella, un vieil homme qui va leur raconter ce qui lui est arrivé avant la seconde guerre mondiale. Alors que le fascisme connaissait son apogée en Italie et que des lois anti-homosexuels avaient été proclamées, Ninella et d’autres jeunes hommes ont été envoyés sur une île regroupant les « déviés », sans véritable preuve ni procès. Là, pendant près de deux ans, le petit groupe va vivre confiné. Il leur est impossible de se regrouper, de se déplacer sans gardien, de vivre normalement. C’est une mise à l’écart de la société, car aucun contact n’est autorisé avec la famille restée au village. Un jour arrive Mimi, un jeune garçon terrorisé. Alors que Ninella veut l’aider, le jeune homme est violenté par certains membres du groupe. Ninella se retrouve impliqué… Les journalistes décident d’amener le vieil homme sur l’île où il a été confiné, mais le récit du vieil homme va aussi faire écho à leurs histoires personnelles..

Voici un album sur un sujet méconnu : le traitement des homosexuels sous le régime fasciste en Italie d’avant-guerre. Dès le titre, on connaît l’opinion officielle du régime, car le titre est une phrase prononcée par Mussolini lors d’un de ses discours d’avant-guerre. La mise à l’écart des homosexuels a commencé en 1938, et l’histoire de Ninella permet d’aborder cet aspect longtemps ignoré. En effet, ce n’est que dans les années 1980 que des recherches universitaires ont commencé à être menées et que certaines victimes se sont mises à témoigner. D’ailleurs, on a une interview d’une victime de cette déportation en fin d’album, et les auteurs s’en sont largement inspiré pour créer le personnage de Ninella et ses propos. Heureusement que l’interview est en fin d’album car selon moi, elle dévoilerait trop le scénario. C’est un peu comme la préface qui à mon goût dévoile trop d’éléments de l’histoire, et ne laisse pas pleinement la place à la découverte de l’histoire dessinée. Au niveau du dessin, comme on peut le voir sur la couverture, il est un peu particulier : les portraits des protagonistes font assez durs, car les traits sont vifs et les visages ne sont pas ronds. Cela donne un côté aride au récit, et ce procédé est accentué par les couleurs utilisées : uniquement du noir, blanc et du ocre, comme dans des photos jaunies. Cela donne un côté rétro à l’album, et plonge le lecteur en pleine période fasciste. J’ai eu parfois un peu de mal à distinguer les personnages, mais sinon, cet album est très instructif sur comment un régime politique extrémiste considère certains de ses membres. Ce n’est pas un sujet réjouissant, mais c’est un album utile pour ne pas oublier les atrocités qui se sont passées pendant une période noire…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : In cold blog, Les lectures de Cachou, Bibliothèque la Régence, Le jardin de Natiora, Hop BD

Interview des deux auteurs à lire sur le blog Clair de plume.

Quelques planches à voir sur le site de l’éditeur (cliquer sur la flèche à droite de la couverture).

 

Les gens normaux

LES GENS NORMAUX, paroles lesbiennes, gay, bi, trans, par Hubert (scénario) et un collectif d’auteurs (dessin) (Casterman / BD Boum, 2013, coll. Ecritures)

Recueil de témoignages de personnes homosexuelles, interviewées par le scénariste Hubert, qui a ensuite retranscrit ses rencontres pour des dessinateurs aussi variés que Cyril Pedrosa, Simon Hureau, Alexis Dormal, Zanzim… Les parcours des interviewés sont très différents, et abordent de nombreux moments d’une vie : l’enfance, l’adolescence, la vie adulte, la vie professionnelle et la vie privée. De multiples thématiques sont abordées : l’adoption, le mariage, le sida, l’orientation sexuelle, la normalité, le regard des autres… Les histoires ne sont pas redondantes, et permettent de balayer une large palette de questions d’actualité.

Cet album a été initié par le festival BD Boum de Blois, qui a demandé à Hubert de scénariser tout l’album. Celui-ci s’est appuyé sur le centre LGBT de Tours pour rencontrer des personnes différentes qui acceptent de témoigner sur ce sujet. Pas facile de résumer l’histoire, car de nombreux thèmes sont abordés, et les témoignages mettent tous en avant la difficulté d’exister dans un monde qui n’accepte pas toujours l’homosexualité. J’ai apprécié que les témoignages proviennent de provinciaux, car cela rend les propos plus proches de la vraie vie, loin de certains clichés. C’est un album très dans l’air du temps, avec des interviews réalisées en 2012, avant et pendant l’élection présidentielle, alors que le sujet du mariage homosexuel était présenté par un candidat devenu depuis président. Bref, cet album est très intéressant pour se questionner sur sa vision de l’homosexualité et de la normalité. De plus, les nouvelles sont entrecoupées d’interventions de sociologues ou d’historiens qui apportent une analyse réflexive aux propos dessinés. Tout cela est très instructif, tout comme l’annexe en toute fin d’album qui présente le statut légal de l’homosexualité dans le monde, par pays.   Les histoires du recueil sont fortes et ne peuvent qu’inciter à réfléchir. Certaines sont particulièrement touchantes, et ce que je retiens de cet album quelques jours après sa lecture, c’est qu’il parle surtout d’amour… Au niveau du dessin, les dessinateurs choisis sont très différents, et interprètent chacun à leur façon les entretiens réalisés avec Hubert. Au départ, j’avais choisi cet album car il y a plusieurs dessinateurs dont je connaissais le travail. J’ai reconnu leur trait sans problème, et j’ai aussi aimé découvrir d’autres auteurs que je ne connaissais pas. Chacun a une approche particulière, une sensibilité qui lui est propre pour illustrer le propos. Bref, un album à lire et à faire lire autour de soi, pour s’interroger sur ce qu’est réellement la norme dans une société (et rabattre le caquet à  Christine B. et ceux qui pensent comme elle…).

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Samba BD, le blog BD de Madmoizelle, Everitouthèque, le blog BD de Manuel Picaud

Quelques planches à voir sur le site de l’éditeur et sur le blog de Merwan, auteur d’une nouvelle.

Chronique radio à réécouter sur Le Mouv’.