Double 6 [roman]

DOUBLE 6, par Emmanuel Trédez (Didier jeunesse, 2019, coll. Mon marque-page +)

Hadrien a disparu. Enfin, il n’est pas revenu au collège Condorcet à Paris depuis plusieurs jours et n’est pas chez sa grand-mère chez laquelle il vit habituellement. Peut-être aurait-il fugué… Deux policiers sont chargés de mener l’enquête et se rendent donc au collège pour interroger ses camarades de classe. Cette disparition va révéler qu’Hadrien était un drôle de garçon, au caractère très changeant, aux notes aussi très variables d’un jour à l’autre… Même ses amis présentent de lui des portraits différents, voire même parfois opposés… Même sa petite amie avec qui il a rompu peu de temps avant s’interroge… Mais qui est donc vraiment ce Hadrien ?

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Ma vie de Bacha Posh [roman]

MA VIE DE BACHA POSH, par Nadia Hashimi (Castelmore, 2017)

bacha.jpgObayda est une fillette qui vit avec ses parents et ses grandes soeurs à Kaboul, capitale de l’Afghanistan, quand son père, policier, est victime d’un attentat à la voiture piégée et perd sa jambe, en même temps que son emploi. Sans revenus, la famille décide de retourner à la campagne, dans le village natal du père qui entre en dépression, ne pouvant plus subvenir aux besoins de sa famille. Pour redonner un peu de bonheur à la famille, la tante paternelle d’Obayda suggère à la mère de la fillette de la transformer en garçon avant qu’elle n’aille à l’école. Elle deviendrait alors une bacha posh. C’est ainsi qu’Obayda devient Obayd, se fait un ami, Rahim, et découvre qu’il est aussi un bacha posh… Obayd découvre aussi la liberté, et bon nombre de choses qui étaient interdites chez les filles et qui sont acceptées (voire même encouragées) chez les garçons, en terme de comportement (courir, sauter, ne pas s’occuper des tâches ménagères), mais aussi de tenue vestimentaire… Lire la suite

Le prince et la couturière

LE PRINCE ET LA COUTURIÈRE, par Jen Wang (Akileos, 2018)

Le prince Sébastien est un cœur à prendre. Mais il semble peu intéressé pour se trouver une princesse à épouser. Ce sont ses parents surtout qui s’inquiètent et tentent d’organiser des rendez-vous pour que des jeunes filles rencontrent leur fils. Sébastien, lui, préfère s’habiller en robes, et quand il découvre lors d’un bal la tenue très originale d’une princesse, il demande à faire venir secrètement sa couturière. Cette dernière, Frances, déconsidérée dans l’atelier où elle travaille, accepte la proposition la proposition d’embauche pour le mystérieux envoyé qui vient la chercher à son travail. Quelques temps plus tard, elle découvre l’identité de son employeur et lui crée des robes toutes plus originales les unes que les autres… Sébastien, lors des soirées mondaines, devient Lady Cristallia. Il approche même madame Aurelia, la couturière dont Frances est totalement fan. Mais comment gérer l’identité secrète de Sébastien/Lady Cristallia et en même temps la volonté de Frances de devenir une couturière renommée ?

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Les enfants de l’envie

LES ENFANTS DE L’ENVIE, par Gabrielle Piquet (Casterman, 2010, coll. Ecritures)

1999, à Laon en Picardie. Basile est un homme trentenaire qui vit encore chez sa mère. Passionné par les Etats-Unis depuis sa plus tendre enfance, son père serait un américain qui travaillait dans la base américaine de la ville qui a fermé en 1967. Il se prénommerait Henry, mais Basile n’en sait pas plus, sa mère ne voulant plus parler de ce sujet, leur relation ayant été très furtive… C’est par sa grand-mère que Basile sait ce qu’était la ville de Laon lorsque la base américaine était encore en service. Sa passion pour le pays de son père est née là, et Basile a un seul sujet de prédilection dans ses peintures : les rues de New-York. Un jour, le maire de la ville lui demande s’il veut participer à une exposition d’art sur les Etats-Unis, car une commémoration va bientôt se passer et des vétérans de la base américaine de Laon sont invités. Malgré la réserve de son meilleur ami, Basile accepte et rêve de retrouver son père parmi les américains en visite…

Les enfants de l’envie fait partie de la très bonne collection « écritures » chez Casterman, et j’ai rarement été déçue par cette collection, c’est la raison pour laquelle je me suis lancée dans cette lecture dont le dessin de la couverture me plaisait pas mal. J’ai été un peu décontenancée par le dessin à l’intérieur : le trait est très fin, et donne un dessin à l’apparence très dépouillé. Aucune couleur n’est utilisée, sauf les aplats de noir pour distinguer le héros de l’histoire (ou plutôt ses cheveux et sa veste) parmi la foule de personnages. Le trait est au départ assez déroutant, surtout pour suivre le fil de l’histoire car il n’y a pas de gaufrier, et donc le sens de lecture n’est pas si simple au départ, certains dessins se chevauchant même. Le style est réellement original, je n’avais jamais rencontré ce style-là auparavant, et cela ne m’a pas empêchée d’être vraiment immergée dans l’histoire. Le dessin est parfois un peu plat, du fait de l’absence de nuances dans les couleurs et de son côté un peu « brut », mais au final il donne un côté touchant et sensible au récit. L’auteur parvient très bien à signifier la folie dans ses dessins, en partant un peu en vrille, avec un trait pas toujours net. Certains traits sont en effets moins maîtrisés que d’autres, c’est un souhait de l’auteur pour entrer dans la tête de ses personnages, ou pour éviter un récit trop linéaire. J’ai trouvé ce procédé extra, totalement en adéquation avec l’histoire. J’ai été conquise par ce dessin si délicat et qui interprète bien les pensées des personnages. Au niveau du scénario, le côté quelque peu fataliste du héros (qui ne voit pas sa vie autre part qu’à Laon alors qu’il est réellement talentueux) m’a un peu gênée, j’ai eu pitié de cet homme qui a presque toujours vécu dans sa petite ville et qui vit dans ses souvenirs et ses espoirs, ou plutôt dans les souvenirs de sa grand-mère. L’histoire telle que la raconte Gabrielle Piquet est très touchante et sensible. Cette impression est peut-être renforcée par le trait simple mais empli de poésie. Cela me donne envie de me renseigner sur d’autres œuvres de cette jeune auteure, qui choisit un parti-pris original dans l’interprétation dessinée de l’histoire, qui est basée sur des faits réels (la base américaine de Laon a réellement existé, dans les dates indiquées par l’auteur : voir cet article et des photos sur ce site). J’ai vraiment passé un bon moment de lecture, et même si je pressentais un peu la chute, certains passages m’interrogeant sur leur présence dans le récit, j’ai complètement adhéré à cette histoire au final assez triste… A essayer !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Carnets de sel, Cchez Canel, Dédicaces & vide-grenier, Le rose et le noir

Le site de Gabrielle Piquet, avec quelques planches issues de cet album.

Les aventures de Poussin 1er, tome 1

LES AVENTURES DE POUSSIN 1ER, tome 1 : CUI SUIS-JE ?, par Eric-Emmanuel Schmitt (scénario) et Janry (dessin) (Dupuis, 2013)

Tribulations d’un petit poussin qui se pose des questions fondamentales sur la vie, la mort… Curieux et déterminé à trouver des réponses à ses questions existentielles, il va s’adresser aux autres animaux, même à ceux qui sont, dans l’ordre des choses, ses prédateurs. Grâce à ses mots et à son culot, il parvient à se sortir des situations les plus compliquées, face à un renard déterminé à le manger ou un ver de terre persuasif…

Voici un album pris au hasard à la bibliothèque, encore un… J’ai vu les noms des auteurs, bien mis en évidence sur la couverture, et je me suis laissée tenter, sans trop savoir de quoi il retournait vraiment. Mon avis est plus que mitigé : quelques planches mettent le sourire aux lèvres, des répliques sont bien trouvées, mais d’autres m’ont laissée totalement de marbre. J’ai trouvé parfois le comique de répétition un peu lourd (surtout sur la fin), et un humour parfois scato (sur la fin) qui me plaît bien moyennement. Sinon, il  y a quelques réflexions philosophiques bien trouvées, mais le tout est assez inégal et j’ai eu l’impression que ça n’avançait pas beaucoup dans le propos parfois. Il y a parfois quelques petites références intéressantes et qui prêtent à sourire (je pense par exemple aux titres des titres des livres à repérer dans les cases) Au niveau du scénario, je ne pourrais comparer avec d’autres écrits d’E.E. Schmitt, car (honte à moi) je crois n’en avoir jamais lu, mais c’est en tout cas la première fois que je le vois intervenir sur une bande dessinée… Par contre, en ce qui concerne le dessin, le trait ne m’est pas inconnu, puisqu’il s’agit de Janry, qui dessinait pendant un temps Spirou et le petit Spirou. C’est un trait simple, rempli d’humour et qui arrive à faire ressentir des émotions au visage du poussin (ce qui n’est pas gagné d’avance dans la réalité !). Bref, un dessin adapté au propos, mais un peu trop simple à mon goût avec pas de décors ou presque. Cela donne un album assez épuré, surtout lorsque des cases ne sont pas marquées d’un bord, et où le dessin paraît presque perdu sur la page… L’album se lit, certes, mais je n’ai pas eu de plaisir à lire cet album.  Bref, c’est un volume largement dispensable, et donc je n’irai probablement pas voir les tomes 2 et 3, pas encore sortis mais annoncés à la fin de l’album, car j’ai d’autres albums bien plus intéressants et importants qui m’attendent…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : D’une berge à l’autre, La coupe et les lèvres, Littérature maçonnique, Bulles et onomatopées

Premières planches à voir sur Izneo.

Portugal

PORTUGAL, par Cyril Pedrosa (Dupuis, coll. Aire libre, 2011)

Trentenaire, Simon Muchat est un auteur de bandes dessinées qui n’a plus d’envie, plus de motivation pour écrire. D’ailleurs, il n’a plus envie de grand-chose. Il est invité à participer à un festival de bandes dessinées au Portugal, s’y rend mais sans grande conviction. En rentrant en France, toujours aussi peu motivé, sa petite amie qui avait des projets de couple pour eux le quitte, lasse de son comportement. Un peu déprimé, seul, il va se faire un peu violence pour se rendre au mariage de sa cousine qu’il n’a pas vu depuis des années, revoir ses oncles et tantes ainsi que son père qui vient de se séparer de son épouse. Il va partager avec eux des moments particuliers, où chacun va se révéler. Au fil des rencontres et des dialogues, Simon s’interroge sur le Portugal, le pays d’origine de son père. Il sait qu’il a des cousins là-bas, mais ne parle pas la langue. Il se rappelle sa grand-mère et son accent, ainsi que quelques rares autres souvenirs. Alors il décide de se rendre directement sur place, pour retracer l’histoire de la famille Muchat. Il retrouve là-bas des cousins mais aussi et surtout ses racines…

Voici un album qui fait partie du top BD des blogueurs, plutôt dans le haut du classement. Son épaisseur (et son prix surtout) m’avaient un peu dissuadée en librairie, mais j’ai eu l’occasion de l’emprunter en bibliothèque dernièrement et je ne le regrette pas. J’ai beaucoup aimé l’ambiance de cet album, dues principalement aux couleurs. Le dessin est très joli aussi, très aérien, sorte de crayonné pas terminé, comme capturé sur le vif (comme dans Trois ombres, un autre de ses albums, paru en 2007). Bref, ça se lit assez bien, et on est transporté avec Simon, en Bourgogne d’abord puis au Portugal. Il y a pas mal de détours dans l’album : je veux dire pas là que le récit se développe parfois pour ensuite revenir au fil conducteur. J’ai eu parfois du mal à m’y retrouver là-dedans car j’ai lu l’album en plusieurs fois, ce qui a été finalement assez compliqué. On est dans la tête du héros (d’ailleurs l’histoire est racontée à la première personne du singulier), et donc il y a parfois des moments un peu fantastiques, oniriques, par exemple lorsqu’il est complètement démotivé et perdu et a tendance à couler. On comprend bien qu’il a un vide quelque part, du fait de ne pas connaître véritablement l’histoire de sa famille. Cette quête des origines est un beau sujet, que Cyril Pedrosa illustre très bien. On comprend pourquoi cet album a reçu le prix FNAC à Angoulême en 2011 et pourquoi tant de chroniques sont si positives sur les blogs.

J’ai trouvé cette lecture agréable, mais il m’a manqué un je-ne-sais-quoi pour être totalement séduite. Peut-être aurait-il fallu que je le lise en une seule fois, pour que je m’immerge totalement dans cette histoire ?

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisible, Un amour de BD, Calokilit, Pause Kikine, journal d’une lectrice

Consulter le blog de Cyril Pedrosa.

Premières pages à lire sur Izneo.

La page blanche

LA PAGE BLANCHE, par Pénélope Bagieu et Boulet (Delcourt, 2012, coll. Mirages)

https://i1.wp.com/ec56229aec51f1baff1d-185c3068e22352c56024573e929788ff.r87.cf1.rackcdn.com/attachments/large/5/0/3/001071503.jpgUne jeune femme se réveille sur un banc, ne sachant plus qui elle est, et ce qu’elle fait là. Les indices dans son sac à main lui indiquent, outre son prénom Eloïse, son adresse. Enfin ce qu’elle croit être son adresse. Car elle a des doutes, d’autant plus qu’elle a peu de points communs avec la Eloïse d’avant : ses goûts sont diamétralement opposés. Elle va donc partir à la recherche de son identité, de ses souvenirs oubliés. Ce qu’elle va découvrir va l’étonner, car la Eloïse d’avant n’avait pas vraiment d’amis, de famille ni de vie sociale…

Voici un album que je voulais lire depuis sa sortie l’an dernier, mais je n’osais pas l’acheter de peur d’être déçue… Je viens récemment de me réinscrire dans une bibliothèque, et lorsque j’ai vu cet album, je n’ai pas hésité ! C’est un bel objet, d’environ 200 pages, avec sa couverture dans les teintes de rose. J’ai lu cet album presque d’une traite, tellement il est bien mené, car on se pose des questions en même temps qu’Eloïse, sur sa mémoire, son amnésie et sa cause… J’ai beaucoup aimé les digressions, lorsqu’on entre dans l’esprit de l’héroïne qui imagine la suite (par exemple lorsqu’elle va ouvrir la porte de son appartement, elle imagine plusieurs scénarios, très divers et variés, et c’est très drôle !). Le trait de Pénélope Bagieu est reconnaissable facilement, simple mais efficace, pas trop girly non plus. Les couleurs, agréables car pas trop vives, sont très présentes, et donnent du dynamisme à cette histoire qui tient globalement la route. La fin de l’histoire est inattendue, et jusqu’aux dernières pages, on ne sait pas trop comment ça va se terminer. J’ai dû la relire deux fois pour bien comprendre, car je ne m’attendais pas à ça. A vrai dire, je ne sais pas trop à quoi je m’attendais… Mais finalement, cette fin ouverte, qui ne répond pas à toutes les questions du lecteur, permet de s’imaginer toutes les suites qu’on veut. Finalement, elle est fine et bien trouvée, cette fin…

La page blanche est un album agréable, à ne pas manquer pour qui veut une histoire légère mais pas trop, et avec un minimum de réflexion. Et il n’est pas réservé qu’aux filles !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Zeblug, Délice au réglisse, Les lectures de Marion, La soupe de l’espace, A la lisière du monde, Nota bene, Capocapesdoc

Le blog de Pénélope Bagieu est toujours accessible . Et celui de Boulet, c’est ici !

Voir l’interview filmée des deux auteurs : 

Animation Flash