Fake fake fake [roman]

FAKE FAKE FAKE, par Zoë Beck (Milan, 2016, coll. Macadam)

fake fake fake

Edvard est un adolescent allemand qui est obnubilé par une peste, Constance, et harcelé par un garçon de sa classe, Henk. Il ne se met jamais en avant, tellement maladroit et peu sûr de lui, mais il lui arrive toujours de sacrés misères. Il ne s’aime pas, d’autant plus que la puberté n’a pas commencé pour lui, donc il n’a pas d' »atouts » pour séduire la jeune fille qui l’ignore royalement. C’est alors qu’il lui vient l’idée de se créer un faux profil sur Facebook : il devient Jason, ado américain venu passer son année en Allemagne, et à qui tout réussit. Constance accroche à l’hameçon, au-delà des espérances d’Edvard… Et lorsque cela s’emballe, Edvard va tenter de juguler la vague virtuelle, mais l’engrenage est déjà enclenché… Lire la suite

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15 jours sans réseau [roman]

15 JOURS SANS RÉSEAU, par Sophie Rigal-Goulard (Rageot, 2017)

15jours sans réseau

Emilie, Parisienne de 12 ans, vient juste de se créer des comptes sur les réseaux sociaux lorsque ses parents lui dévoilent la prochaine destination des vacances d’été : ce sera la Creuse, dans un endroit où aucune connexion internet ou téléphone ne passe. Les parents ont inscrit la famille à un stage pour se passer d’écran pendant deux semaines : au programme, plus de tablette, de téléphone, d’ordinateur… et des activités pour passer du temps ensemble, et se redécouvrir. Mais pour Emilie et son frère Ambroise, 15 ans et grand joueur en réseau, cela n’est absolument pas envisageable. Pour le petit frère Lucien, c’est une autre histoire, il est ravi que tout le monde, y compris ses parents se détache des appareils… La désintox va être compliquée pour la famille !

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#Famous [roman]

#FAMOUS, par Jilly Gagnon (Hugo Roman, 2017, coll. New Way)

Rachel est une adolescente américaine qui a peu d’amis. Fan de théâtre, elle n’a pas les mêmes centres d’intérêts que ses camarades. A sa meilleure amie Mo’, elle dit tout, même son béguin pour un garçon sportif qui est dans le même cours d’écriture qu’elle. Lui, c’est Kyle, à qui tout semble sourire : beau gosse, apprécié des autres lycéens, amoureux de sa chérie Emma, Kyle est à l’opposé de Rachel. Un jour, Rachel est servie au fast-food par Kyle qui y travaille en tant que boulot étudiant. La jeune fille le prend en photo discrètement et poste le cliché sur son compte Twitter, qui compte très peu d’abonnés. Mais très vite, la photo devient virale sur le réseau social. Kyle gagne un nombre impressionnant d’abonnés, tandis que Rachel va subir les foudres des twittos qui ne la connaissent même pas. Le harcèlement se poursuit, jusqu’à ce que Kyle soit invité à un talk-show, qui lui propose même de tourner plusieurs épisodes… Lire la suite

La vie compliquée de Léa Olivier, tome 2 : rumeurs

LA VIE COMPLIQUÉE DE LÉA OLIVIER, tome 2 : RUMEURS, par Alcante (scénario) et Ludowick Borecki  (dessin) (Kennes éditions, 2015), d’après le roman de Catherine Girard-Audet.

Suite du tome 1. Léa vit toujours à Montréal, et se fait de nouveaux amis, parmi lesquels Eloi et Alex. Mais elle pense toujours à son ex petit-ami Thomas, resté dans son village à 400 kms de là. Même s’ils ont rompu, elle reste toujours attachée à lui, alors que sa meilleure amie Marilou, elle aussi à la campagne, lui conseille de ne plus parler avec Thomas, même virtuellement. Alors pour oublier Thomas, Léa sort avec Alex sans en être amoureuse, et par la même occasion, rend Eloi jaloux, alors que ce dernier est toujours là pour elle quand elle en a besoin. En parallèle, Marilou lui raconte les rumeurs sur les amours qui agitent les adolescents du village, et Léa lui raconte comment les filles de sa classe tentent de lui pourrir la vie, lors des cours d’anglais, mais aussi dans les couloirs…

J’ai emprunté cet album, car je gardais un bon souvenir du premier, avec son vocabulaire typiquement québécois, ses représentations de Montréal… Et bien là, ce n’est pas la même chose, l’album tourne autour des amours de Léa et Marilou. Parfois on se croit en plein épisode des Feux de l’amour ! C’est guimauve à souhait, l’héroïne et son amie ne savent pas trop où donner de la tête, entre tous les garçons disponibles (ou pas), les rumeurs sur les uns ou les autres, les couples qui se font et se défont autour d’elles. J’ai trouvé ça lourd au bout d’un certain temps, car la seule et unique préoccupation des deux filles est les garçons, et elles se posent toujours des questions futiles, qui m’ont énervée sur la fin de l’album. Le scénario est assez redondant, même si des événements viennent ponctuer la vie de deux jeunes (nouvel an, anniversaire…). Les conversations entre Léa et Marilou ont lieu par sms ou tchat (on a les bulles de couleurs différentes pour distinguer qui parle, et la mise en forme fait penser à un certain téléphone à la pomme), et on a droit à toutes leurs conversations, qui parfois sont vraiment « gnangnan » et d’un niveau intellectuel au ras des pâquerettes. Cela risque de bien parler aux ados à qui cet album est destiné, même si les phrases ne semblent pas avoir été prononcées par des ados. Moi je me suis sentie (vraiment) trop vieille, pour le coup…Le vocabulaire québécois utilisé (et traduit dans un lexique en fin d’album) est moins compréhensible que dans le premier, mais cela a beaucoup de charme dans un scénario qui l’est beaucoup moins. A part cela, le dessin est agréable, le trait clair et les couleurs réalistes. C’est typiquement du jeunesse, tout à fait lisible. Comme je l’ai dit plus haut, ici, peu de grandes cases avec des décors québécois, mais le dessinateur fait plus des portraits et des gros plans. Ses personnages sont facilement différentiables, même s’ils sont nombreux. Rien de plus à dire sur le trait, qui n’est pas exceptionnel, mais pas hideux non plus. J’ai bien aimé les petits clins d’œil que les auteurs font pour ancrer cette histoire dans le réel : l’affiche d’Obama sur les murs de la salle du journal de l’école, le concert de Justin Bieber, les paroles de musique actuelle (Adele par exemple)… Cela sonne très moderne et réaliste.

Globalement, j’ai un avis mitigé sur cet album, vraiment trop sentimental à mon goût, mais sachant que je ne fais pas partie du public cible, je pense que cela plaira plus aux jeunes lectrices…

Non mentionné sur l@BD, mais le tome 1 était à partir de 13 ans. Ricochet le conseille à partir de 10 ans.

On en parle sur les blogs : A touch of blue marine, Taste for troubles, Les books addict

Premières planches à voir sur Izneo.

Je voudr@is que tu…

JE VOUDR@IS QUE TU…, par Frank Andriat (Grasset Jeunesse, 2013, coll. Lampe de poche)

Salomé a 14 ans et adore chatter sur Internet. Avec ses amis Philippe, Saïd et Florine, ils se retrouvent souvent pour discuter sur ce site en ligne dont elle a fixé les règles : pas d’insultes, une grammaire impeccable… Sur ce « chat d’or », se retrouvent aussi d’autres personnes, amies d’amis via le réseau social Lifebook… Ainsi, la bande d’amis fait la connaissance de Coralie, une ado de leur âge habitant à Rennes qui viendra bientôt dans leur collège de Concarneau lorsqu’elle aura déménagé, mais aussi Michaël, un jeune de 16 ans qui habite à Tours et que Salomé trouvé très séduisant d’après les photos qu’il poste sur le Net… Mais sur Internet, il est facile de cacher des vérités, chacun peut se créer un personnage comme il le souhaite, et Salomé se fait un film avec le beau Michaël sur sa moto, tandis qu’elle comprend de moins en moins Coralie qui ne cache rien de sa vie privée et intime à ses nouveaux amis du Net… Pourtant, Salomé est au courant des risques qui existent sur le Net, par ses parents qui la mettent souvent en garde, mais elle est suffisamment mature pour en mesurer les risques.

Voici un roman dans l’air du temps. Très actuel, le récit est mené par une ado qu’on sent mature et consciente des dangers d’Internet. On ne sait pas vraiment qui se cache derrière les deux inconnus Michaël et Coralie, et le récit est bien écrit pour qu’on se mette à la place de Salomé. La narratrice nous décrit aussi ses journées au collège, avec l’horrible prof de français qui dénigre tout ce qui est actuel. Ce sont des passages qui sonnent très justes, tout le monde ou presque ayant eu des profs de cet acabit. Salomé fait aussi des réflexions très pertinentes sur la littérature et Internet, cela permet de sortir de l’histoire de base et incite le lecteur à se questionner sur les bons usages d’internet et sur le mensonge, sans pour autant être véritablement moralisateur. J’ai vraiment eu parfois l’impression de lire le journal intime d’une ado d’aujourd’hui, et même si certains passages sont forts en vocabulaire (en même temps s’il n’y avait pas de vocabulaire familier ou de grossièretés, cela ne semblerait pas crédible dans la bouche d’un ado) ou en émotion, j’ai bien aimé ce roman qui montre que sur Internet on peut se créer un personnage, se cacher derrière son écran, monter n’importe quel mensonge. Rassurez-vous, pas de vieux pervers caché derrière le Michaël, mais une fin très touchante et originale. Le livre alterne les chapitres issus du chat (avec la présentation associée de type Msn), et d’autres issus du journal de Salomé, avec la date du jour. Très sympa à lire et avec des rebondissements surprenants, j’espère que ce petit roman de 144 pages plaira aussi aux élèves, même si je ne le proposerai pas aux plus jeunes, qui risqueraient d’être choqués pour certains…

A partir de 10 ans selon Ricochet.

On en parle sur les blogs : Mélusine Doc, Les chroniques de Madoka, Les petits livres de Lizouzou, Sophie lit

Voir le site de l’écrivain belge Frank Andriat.