Bleu toxic

BLEU TOXIC, par Christophe Léon, (Seuil, coll. Karactère(s), 2010)

http://www.christophe-leon.fr/images/bleutoxic.gif1956. Yukio est un ado japonais qui vit dans la baie de Minamata, dans un village de pêcheurs. Les poissons et les crustacés y sont très consommés, et c’est la base des revenus des habitants. Pourtant un jour, des enfants tombent malades, meurent parfois. Des dauphins s’échouent sur la plage, et des animaux domestiques meurent un peu partout. Après la venue d’experts, les villageois apprennent que ce qu’ils croyaient être un virus s’avère être une contamination par l’intermédiaire de la pêche, qui devient dès lors interdite. La petite sœur de Yukio naît à cette période, lourdement handicapée. Il faut donc que le jeune garçon apprenne à vivre avec le regard des autres vis-à-vis de sa sœur, et de leurs suspicions sur l’origine de la maladie de sa sœur. De plus, le père de Yukio, pêcheur, ne peut plus travailler. La situation de la famille est bien compliquée…

A Bhopal en Inde, vit Gaz, 14 ans. Il est né en 1984, la nuit de la catastrophe qui a frappé la ville. Ses parents sont décédés du gaz toxique qui s’est échappé de l’usine Union Carbide suite à un mauvais entretien des installations et à un non-respect des consignes de sécurité. L’adolescent a grandi seul dans les rues de la ville indienne, et a trouvé refuge dans « l’épave », surnom donné à l’usine désaffectée. Il vit de petits larcins et de la manche. Un jour, il rencontre de façon inopinée Rasheeda, une jeune fille dans la même situation que lui, et tous deux vont tenter de survivre au rude quotidien…

Voici deux nouvelles (55 pages chacune) qui évoquent la vie d’adolescents lors de catastrophes industrielles qui se sont réellement passées au XXème siècle. J’avais entendu parler de celle de Bhopal, mais je ne connaissais pas celle japonaise. Même si le sujet est loin d’être réjouissant, c’est vraiment une bonne lecture, car l’auteur relate l’événement à travers les yeux d’un ado, et cela touchera d’autant plus les jeunes lecteurs auquel Bleu toxic est destiné. Pas de récit journalistique pour raconter tout l’événement, mais au contraire du goutte à goutte : au départ, on ne sait pas ce qui se passe, pourquoi des animaux meurent près de Minamata, et puis au fil du temps et des expertises, on apprend la raison de ces morts inexpliquées. Le lecteur partage vraiment la vie de l’ado héros du récit, et apprend au fil du temps la catastrophe, et ses ravages même longtemps après. L’auteur n’écrit pas non plus de façon linéaire pour la seconde histoire, il navigue entre 1984 et 1998, lorsque Gaz est adolescent, et on apprend les dégâts de la catastrophe par petits morceaux, à travers le récit de Gaz, de ses parents, de la police… Cela sonne très juste, et on est très touchés par l’histoire de ces jeunes gens dont la vie n’est vraiment pas rose…

Bref, Bleu Toxic est vraiment bien mené, et fait écho à différentes catastrophes écologiques récentes, dont celle de Fukushima au Japon en mars dernier… Une bonne découverte !

A partir de 13 ans selon le site Ricochet.

Voir le site de l’auteur, qui écrit aussi des romans pour les adultes.

Roman sélectionné pour l’obtention de plusieurs prix, dans la catégorie 4ème/3ème ou 13/15 ans : prix Ado-Lisant 2012, prix Acrolire 2011 (cddp37) , prix Lire… Elire en Moselle ! 2011, prix des collégiens lecteurs de Gironde 2011, prix Ados en colère 2012, prix littéraire des collégiens de Haute-Savoie 2012.

Des avis sur le web : Boojum, Parolimage DaDo.

Cat street, tome 4

CAT STREET, tome 4, par Yoko Kamio (Kana, 2011)

Suite du tome 3. Suite à son apparition dans un clip diffusé dans tout le pays, Keito est assaillie pour des photos avec ses nouveaux fans. Ses amis de l’école El Liston les repoussent de façon plus ou moins cordiale. La jeune fille ne sait pas trop comment réagir face à cet élan. Dans le même temps, Keito se rapproche de Koichi, le génie en informatique. Elle rencontre sa sœur, et comprend pourquoi celui-ci vit seul. Rei lui apprend qu’il aimerait aller au Brésil, patrie du football, pour s’améliorer et gagner sa vie grâce à ce sport. S’en suit alors une déclaration… Ensemble, les 4 amis vont chercher à savoir qui est vraiment le directeur de l’école, après les rumeurs qui circulent à son encontre…

Voici un tome à mouvements ! Plusieurs « intrigues » se déroulent, et on suit volontiers les aventures de ces jeunes gens. Les amis sont un pilier central dans ce tome. Keito passe beaucoup de temps avec eux, les relations sont parfois ambiguës… Avec sa famille, c’est un peu l’inverse, sa mère découvre juste que sa fille fréquente une école active (je trouve ça un peu étrange d’ailleurs…). Bref, les amis occupe la majeure part de la vie de Keito.

Quelques défauts à ce tome : les passages où l’auteur écrit à ses lecteurs (3 bandes verticales dans l’album en général) sont vraiment mal placées dans ce tome. En effet, l’auteur fait référence à une couverture avec Momiji, amie de Keito, or sur notre couverture française, c’est encore et toujours Keito qui est représentée. L’auteur parle de la couverture japonaise (visible sur le site de cette librairie japonaise). Alors pourquoi avoir mis ce passage ? Ou alors pourquoi avoir changé la couverture ? Je ne vois pas l’intérêt de ce passage dans ce cas. Et également, les explications de certains termes sont souvent situées dans la tranche du volume et écrites en tout petit, donc doublement illisibles, à moins d’avoir une loupe et d’ouvrir à 180° le volume. Je trouve donc que l’adaptation française n’est pas super… Mais bon il n’empêche que cette série est quand même agréable, de par ses dessins…

Non mentionné sur la base Bd du CNDP, car trop récent, mais normalement à partir de 13 ans, comme les tomes précédents.

On en parle sur ces blogs : Lumière-créatriceBlog-o-noisettes (qui m’a donné envie de lire cette série !), Archessia.

Cat street, tome 3

CAT STREET, tome 3, par Yoko Kamio (Kana, 2010)

https://i0.wp.com/www.animeland.com/files/critiques/18346/cat-street_3.jpgSuite du tome 2. Par l’intermédiaire de Masa, un nouvel élève de l’école, ancien mannequin devenu maquilleur, Keito est confrontée à Nako, la fille qui avait pris sa place alors qu’elles n’avaient que 9 ans et qui depuis sont devenues rivales. Keito croit avoir trouvé en Masa un ami, mais ce dernier n’est là que pour l’espionner, au profit de Nako, qui est une star de moins en moins populaire. Mais alors pourquoi Nako veut-elle revoir Keito ? Qu’a-t-elle à lui demander ? Keito va-t-elle revenir sur le devant de la scène ?

Un troisième tome à rebondissements, avec l’arrivée de la rivale de jeunesse. Dès le début, je me suis doutée que Masa n’était pas là pour rien, et je n’ai pas été très surprise de voir la rivale de Keito apparaître. Cependant, Keito ne sait pas trop ce qu’elle veut (ou alors c’est une « bonne poire »), car elle a l’air très fragile, mais en même temps fait des choses quelque peu illogiques… Une série qui commence à bouger un peu. Il était temps, car la série compte 8 tomes seulement !

A partir de 13 ans selon le site BD du CNDP.

PS : au CDI, c’est la série coup de coeur du moment des collégiennes !

Cat street, tome 2

CAT STREET, tome 2, par Yoko Kamio (Kana, 2010)

https://i0.wp.com/www.manga-news.com/public/images/vols/cat-street-2-kana.jpgSuite du tome 1. Keito se rend à l’école alternative El Liston de façon irrégulière. Elle remarque qu’elle n’est pas la seule à être différente des autres jeunes. Elle est amoureuse d’un camarade nommé Taiyo, mais une autre fille l’a précédée et sort avec lui. Keito doit alors affronter son premier chagrin d’amour, aidée paradoxalement par sa « rivale » Hirano. Entre temps, elle retrouve Rei, un ancien camarade de l’école primaire, qui entraîne une équipe de football. C’est la suite des aventures de la jeune hikikomori, qui déprime de moins en moins et se trouve des amis qui tiennent à elle. Elle se dit qu’elle a raté plein de choses de son adolescence. C’est le temps des premières amours, qui finalement n’aboutissent pas.

J’ai trouvé ce 2ème tome particulièrement lent, trop lent à mon goût. Il manque de dynamisme, car Keito passe beaucoup de temps à se poser des questions, à observer le garçon, et encore à se poser des questions. Bref, je ne suis pas emballée par ce volume, même si pourtant sur la fin, il laisse présager la suite… En effet, Keito rencontre un jeune garçon, soi-disant ex-mannequin, qui la maquille puis la prend en photo avant de transmettre le cliché à Nako, qui l’avait dépassée alors qu’elle était star à 9 ans.

Le dessin est agréable à regarder, les personnages sont assez finement dessinés, et les décors sont bien développés. Une bonne qualité graphique, à défaut d’une histoire réellement intéressante…

Donc si j’ai l’occasion d’avoir le tome 3 entre les mains, je le tenterai, mais il va falloir que ça bouge un peu plus pour vraiment me plaire !

A partir de 13 ans d’après l@BD.

Les avis de Lumière créatrice, de Madmoizelle, et de club-shojo.

Cat street, tome 1

CAT STREET, tome 1, par Yoko Kamio (Kana, 2010)

https://i1.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/7/0/2/000714702.jpgKeito a seize ans et ne va plus à l’école depuis quelques années. Depuis ses 3 ans, elle est une star et à 9 ans, obtient le premier rôle d’une grande comédie musicale. Pourtant son rôle a été partagé avec Nako, une jeune fille du même âge que Keito va aider lorsqu’elle en aura besoin. Pourtant l’élève Nako va dépasser son maître, elle la trahit et va même être privilégiée par les producteurs de la comédie musicale, surtout lorsque Keito va perdre sa voix. Dès lors, Keito perd toute confiance en elle, quitte les feux de la rampe et ne retourne plus à l’école. Elle passe dès lors ses journées à ne rien faire. Keito a désormais 16 ans. Adolescente, elle est une hikikomori (une ado déscolarisée qui vit recluse, loin de la société). En se promenant, elle croise un jeune homme qui lui fait connaître une école originale destinée aux ados qui ne s’adaptent pas au système scolaire traditionnel. Au départ réticente, Keito se rend dans cette structure et découvre qu’elle n’est pas seule à se sentir mal dans sa peau…

Voici le premier tome d’une série prévue en 8. Le dessin est spécifique au shojo, mais le thème abordé va au-delà : il nous parle des jeunes qui sont exclus du système scolaire, de par leur parcours, leur originalité… Optimiste, Cat street montre qu’on n’est jamais seul dans une situation qu’on peut croire désespérée… Keito est un personnage attachant, c’est elle la narratrice de l’histoire et elle nous livre donc ses pensées, ses sentiments. Ce premier volume fixe l’histoire, Keito découvre juste l’école dans laquelle elle va (peut-être) reprendre confiance en elle… J’attends donc la suite pour vraiment avoir une opinion sur ce manga, et voir où il mène véritablement.

A partir de 13 ans d’après l@BD.

Les avis de Lumière CréatriceZaëlleArchessia et de Blog-o-noisettes (qui m’a donné envie de lire ce manga !)

L’orchestre des doigts, tome 2

L’ORCHESTRE DES DOIGTS, tome 2, par Osamu Yamamoto (Milan, coll. Kankô, 2007)

https://i2.wp.com/multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/2/6/8/9782745925862.jpg

Suite du tome 1. 1917, Takahashi s’habitue à travailler avec des sourds, à l’école d’Osaka. Mais il n’a pas oublié sa mission, qui est de transmettre la musique qu’il adore aux enfants qu’il a en charge. Alors il se perfectionne la langue des signes, et à force de persévérance, arrive à raconter une légende aux enfants, la légende de Zushio et Anju (qui est devenue un film dont la fiche est à consulter sur Cinémasie). Par ses mains, il arrive à faire passer la musique, et les enfants sont pris dans le tourbillon de cette histoire… Takahashi a réussi à s’intégrer… Quant à Issaku, le jeune garçon qui a appris la JSL (Langue des signes japonaise. Pour en savoir plus, allez voir de ce côté-là), il s’est fait des amis, et communique désormais avec sa mère. Avec ses amis, ils vont vivre la pénurie de riz de 1918, qui a engendré de nombreuses émeutes dans les villes du pays. L’école des sourds et aveugles est aussi touchée, et Chiyo, une jeune élève, doit partir travailler et quitter l’école. Une petite fille doit alors arriver, mais son père choisit de lui enseigner l’oralisation, méthode américaine qui semble fonctionner outre-Atlantique.

Plusieurs thématiques dans ce second tome, qui sont développées les unes après les autres. Elles ne se mélangent pas beaucoup, et il faut dire que cela aide à la compréhension. On en apprend toujours plus sur la communication des sourds avec la société, avec le passage où les parents viennent prendre des cours et se rendent compte de ce que leurs enfants voulaient leur dire mais qu’ils ne comprenaient pas… On aborde aussi l’oralisation, qui consiste à lire sur les lèvres et à s’exprimer avec sa voix. Bref, un tome encore riche d’infos et avec une pointe historique (la crise du riz, avec les riches négociants qui gardent la précieuse nourriture pour faire grimper les prix, et le gouvernement qui est obligé (après un certain temps de manifestations du peuple) d’en acheter au Vietnam)… La révolution russe est également sous-entendue dans ce tome… Bref, ça m’a plu, même si parfois cela traîne un peu en longueur, mais on reste tout de même emportés par cette histoire très touchante !

Non-répertorié sur la base BD du CNDP, à partir de 14 ans pour Manga-news. Voir l’avis de Yaneck sur ce tome et l’avis de Mr Zombi sur la série entière (4 tomes).

Gen d’Hiroshima, tome 1

GEN D’HIROSHIMA, tome 1, par Keiji Nakazawa (Vertige Graphic, 2003)

https://i0.wp.com/www.manga-news.com/public/images/series/gendhiroshima_vertige_01.jpgAvril 1945, Gen vit avec ses parents et ses frères et sœurs à Hiroshima, ville japonaise. La vie est dure, car le rationnement de nourriture est de plus en plus difficile à supporter. De plus, son père souhaite ouvertement la fin de la guerre, il est donc considéré par ses voisins comme un traître et un pacifiste, car il ne participe pas à l’effort de guerre de la nation japonaise contre les ennemis américains et britanniques. Son frère, pour que la famille soit fière de lui, s’engage dans la marine, et rencontre de futurs kamikazes. Pendant ce temps, Gen et son petit frère Shinji tentent d’aider la famille en mendiant, en aidant ceux qui en ont besoin…

Le dessin est assez daté, des années 1970, avec des personnages qui souvent dégoulinent de larmes, sont exagérément expressifs… Mais le sujet de l’histoire engendre aussi ce comportement, donc finalement le dessin n’est pas un obstacle à la compréhension, il est d’une bonne qualité.

J’ai choisi ce livre par son thème, historique, et aussi parce que je l’ai souvent vu sur des blogs et en librairie. Mon bilan est finalement grandement mitigé : 274 pages qui se lisent bien, mais qui contiennent vraiment trop de fautes d’orthographe (et des fautes basiques en plus) mais également des erreurs historiques (merci mes souvenirs de cours d’histoire au lycée et à la fac !), vraiment trop d’erreurs !! Une est d’ailleurs mentionné par l’éditeur français : Einstein n’a pas participé au projet américain « Manhattan » pour la mise en place de la bombe. Mais encore : page 207, la bombe au plutonium utilisée lors des essais de juillet 1945 se nomme « The gadget » et non pas « Dondon » (source) ; page 246, le nom de la bombe lâchée sur Hiroshima depuis l’avion Enola Gay n’est pas « grande perche », mais bien « Little boy » (source). Page 210, on fait référence à la déclaration de Potsdam, avec la participation des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la Chine, mais la Chine n’a pas participé à cette rencontre ! Il s’agit de l’URSS, avec Staline. Truman représentait les USA (Roosevelt étant décédé en avril), et Atlee était le nouveau premier ministre britannique (source 1 et source 2). Et encore, ce ne sont que les erreurs que j’ai repérées… L’auteur aurait peut-être dû se centrer sur la vie des japonais en 1945, sans placer de repères chronologiques, sans faire référence à l’histoire mondiale…

Pour ces différentes raisons, je ne pense pas que je mettrai ce manga en collège et en lycée… Vraiment dommage. Je suis déçue par ce manga, qui contient en plus un grand nombre d’insultes et de mots désagréables qui n’apportent pas grand-chose au récit, et qui auraient pu être remplacés par d’autres termes plus corrects… Est-ce dû à la traduction ??

A partir de 13 ans par le site BD du CNDP et à partir de 14 ans pour manga-news.

L’orchestre des doigts, tome 1

L’ORCHESTRE DES DOIGTS, tome 1, par Osamu Yamamoto (Milan, coll. Kankô, 2006)

https://i0.wp.com/www.manga-news.com/public/images/vols/Orchestredesdoigts_01.jpgEn 1914, Takahashi est un jeune professeur de musique, qui renonce à ses études en France. Il cherche un poste et se retrouve enseignant dans une école de sourds et d’aveugles, ces enfants étant totalement déconsidérés par la société en ce début de XXe siècle. Il a pour mission de leur faire entendre la musique, challenge d’autant plus difficile… Au départ perdu, il va finalement s’adapter à ce public, et apprendre la langue des signes pour communiquer avec eux. Il va également l’apprendre à Issaku, un jeune garçon violent car incompris de sa famille, pour qu’il puisse communiquer avec les autres. Un bon premier tome, qui montre les difficultés d’intégration des personnes sourdes et l’incompréhension des entendants. La langue des signes va permettre aux deux groupes de mieux se comprendre.

Une belle découverte grâce au top BD des blogueurs du blog de Yaneck, si je ne l’avais pas vu là, je n’aurais ouvert cette série, la couverture n’étant pas très attirante (oui, la couverture est un critère de choix, même si ce n’est pas le seul). Le titre n’est finalement pas très explicite sur le contenu au premier abord, et ce manga est une bonne façon d’aborder le sujet des personnes non-entendantes. D’ailleurs, en fin de ce premier tome, on trouve des explications sur l’abbé de l’Epée, un des précurseurs, au XVIIIe siècle, de l’enseignement spécialisé pour les sourds. Si vous voulez en savoir plus sur les sourds et la LSF (langue des signes française), visitez le portail d’information des sourds.

Les dessins de L’orchestre des doigts sont réalistes, parfois un peu trop larmoyants à mon goût. Mais globalement, ils permettent de bien entrer dans l’histoire, en attendant de lire la suite de cette série de 4 tomes.

Non-répertorié sur le site BD du CNDP, Manga-news le conseille à partir de 14 ans.

Ayako, tome 1

AYAKO, tome 1, par Osamu Tezuka (Delcourt, 2003, coll. Akata)

https://i0.wp.com/mondomix.com/blogs/media/image/image/ayako_01.jpgDans le Japon d’après-guerre contrôlé par les Etats-Unis, Jirô Tengé revient chez ses parents borgne, officiellement libéré de sa condition de prisonnier, officieusement agent secret au service des forces américaines occupantes. Il retrouve son père et sa mère, ainsi que ses frères Ichiro et Shiro, sa sœur Naoko, sa belle-sœur Sué et se découvre une nouvelle petite sœur, Ayako. Cette dernière l’intrigue, et Jirô n’en est qu’au début de ses découvertes : sa famille a bien changé…

Entre contexte politique compliqué, vie familiale et relations étranges, ce premier tome d’Ayako est le récit d’une histoire tragique, dont la petite Ayako va faire les frais bien malgré elle…

Difficile d’expliquer l’histoire sans tout dévoiler. Le contexte du Japon de l’après-guerre est bien expliqué, et finalement la grande et la petite histoire se mêlent. La situation, du pays mais aussi de la famille (où le père exerce une autorité incontestable), n’est pas simple, et ce premier tome pose les bases d’une histoire qui se continue sur deux autres volumes. C’est intriguant…

A suivre dans le tome 2 !

Le dessin est peut-être quelque peu vieillot, mais Tezuka (1928-1989) est considéré comme le maître du manga au Japon, le fondateur du manga moderne, référence incontournable pour les auteurs actuels. D’ailleurs, la série récente à succès Pluto (par Urasawa [auteur de Monster et de Happy !]) se base sur un récit de Tezuka, créateur d’Astro Boy… Il est aussi le créateur de Metropolis, L’histoire des 3 Adolf, le Roi Léo, Black Jack… Il a également donné son nom à un prix renommé décerné à un mangaka chaque année. Quelques sites pour aller plus loin : biographie sur MangaNews, Tezukainenglish, les films d’après Tezuka sur Allociné.

Non mentionné sur la base BD du CNDP, mais à partir de 16 ans d’après MangaNews.

Je ne suis pas mort

JE NE SUIS PAS MORT, par Hiroshi Motomiya (Delcourt, 2009, coll. Gingko)

C’est l’histoire de Kenzô Okada, soixante ans, licencié depuis peu et de surcroît à la veille de sa retraite. Une fois rentré chez lui de retour de l’agence pour l’emploi, il découvre que sa femme vient de le quitter, en vidant totalement son domicile, ainsi que son compte bancaire. Ni ses enfants, ni son épouse ne répondent au téléphone.
Abattu, il choisit de se pendre à un arbre, mais le destin l’empêche d’accomplir son vœu. Considérant cela comme une seconde chance, il choisit de finir sa vie dans la nature, et va se créer une nouvelle vie loin des hommes, jusqu’à ce qu’une femme, elle aussi suicidaire, décide de le rejoindre dans ce mode de vie atypique…

Le sujet de ce one-shot de 200 pages peut paraître déprimant, peu encourageant… Pourtant, on suit facilement l’histoire de cet homme mis de côté par les siens, mais qui ne va finalement pas se résigner, en choisissant de vivre en pleine nature, quitte à passer pour fou lors de ses rares sorties en ville.  Bon, il faut dire aussi que parfois l’histoire est quelque peu rapide, l’auteur passe rapidement à certains moments (par exemple lorsque la femme décide de le rejoindre), et là ça paraît assez « tiré par les cheveux », mais sinon, ça se lit bien, et ce manga qui traite de la solitude peut être une bonne approche sur la société actuelle, qui met sur le carreau les sans emplois ou les personnes âgées… L’auteur cherche aussi à montrer que la société de consommation n’apporte pas le bonheur, et qu’il faut être en accord avec sa personnalité et la nature. Pour conclure, une bonne lecture, encore une fois !!

Conseillé à partir de 13 ans, par le site BD du CNDP.