Les années douces, tome 2

LES ANNÉES DOUCES, tome 2, par Jirô Taniguchi et Hiromi Kawakami (Casterman, coll. Ecritures, 2011)

https://i0.wp.com/static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/0/3/0/9782203034266FS.gifSuite du tome 1. Tsukiko et le maître se rencontrent toujours, souvent le soir, mais plus forcément dans le café habituel. Leur rituel est bien établi, chacun paie ses consommations et le maître ne sert jamais Tsukiko. Maintenant, ils se retrouvent dans des lieux en extérieur. Il l’emmène dans un pachinko, sorte de salon de jeu, il l’invite dans une île quasi-déserte, où son épouse est enterrée. C’est là dans cet univers confiné qu’apparaissent véritablement les premiers rapprochements entre les deux personnes. Comme pour le tome 1, l’histoire se passe extrêmement lentement, trop pour moi. Mais au moins ça change du premier volume, car les lieux sont différents et on ne parle pas toujours de nourriture (c’est vraiment ce qui m’avait déplu dans le tome 1). On en découvre plus sur l’histoire du maître et de sa femme (qui avait l’air assez spéciale dans son genre !), et cela répond aux questionnements qui avaient pu apparaître depuis le début de l’histoire. Un chapitre précipite les choses, lorsque les deux adultes se rapprochent de plus en plus… Cela contraste avec la lenteur des chapitres précédents, et c’est assez surprenant.

L’histoire se déroule sur plusieurs années, 3 ans exactement, et on ne l’apprend qu’à la fin, avec le cadeau que le maître laisse à Tsukiko, son cartable. La fin est assez triste, mais en même temps, on s’y attendait un peu. Par contre, je n’ai pas trop compris les tout derniers chapitres, avec le personnage imaginaire dessiné étrangement (est-ce du fantastique avec ce retour à l’enfance ?), mais c’est peut-être que je n’en pouvais plus de cet album que je ne me voyais pas lâcher avant la fin, par respect pour les dessins toujours aussi travaillés… Pour conclure, si vous voulez découvrir les oeuvres de Taniguchi, ne commencez pas par cette histoire…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs: SambaBD, Bibliosouppes, Vent d’est, vent d’ouest.

Quelques planches à voir sur le site de l’éditeur.

Les années douces, tome 1

LES ANNÉES DOUCES, tome 1, par Jirô Taniguchi et Hiromi Kawakami (Casterman, coll. Ecritures, 2010)

https://i0.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/9/4/7/000696947.jpgTsukiko Omachi est une jeune femme trentenaire célibataire, qui travaille dans un bureau. Un jour, par hasard, dans un bar, elle retrouve son ancien prof de japonais du lycée, Harutsuna Matsumoto. Leurs rencontres dans ce même bar deviennent de plus en plus fréquentes, sans pour autant qu’ils ne se donnent de véritables rendez-vous. C’est l’occasion pour la presque quarantenaire et le retraité (qu’elle appelle « le maître ») de parler de choses et d’autres, et d’apprendre à se connaître, autour des mets japonais et du fameux saké…

Voici un album que j’ai choisi pour son auteur que j’apprécie particulièrement, Jirô Taniguchi. Ses dessins sont toujours aussi magnifiques et travaillés, mais cette fois, j’ai vraiment eu du mal avec cet album, où il adapte un roman de son compatriote Kawakami (couverture ci-dessous de l’édition française, chez Philippe Picquier). En effet, il y a peu, voire pas d’action du tout, il ne se passe vraiment pas grand-chose, sauf un peu sur la fin du tome, avec la rencontre entre Tsukiko avec un ancien camarade de classe lors de la fête des cerisiers, mais on sent bien que la femme ne pense qu’au maître… Des sentiments naissent chez Tsukiko sans qu’on sache vraiment de quoi il s’agit. En tout cas, ces sentiments affectifs ont l’air d’être à sens unique… Je n’ai pas accroché à l’histoire, dont les différents chapitres (un par rencontre entre le maître et Tsukiko) se passent souvent devant un repas typiquement japonais (ce qui m’a fait penser au Gourmet solitaire, de Taniguchi, que je n’avais pas chroniqué tellement je n’avais pas aimé). Bref, entendre parler d’oden, d’algues, de brochettes au sel… ne m’a pas emballé plus que ça, et j’ai eu des difficultés à terminer la lecture de cet album, tant le fil conducteur de l’histoire est mince et l’action lente. De plus, ma culture japonaise est trop mince pour pouvoir comprendre les références japonaises (des auteurs, des citations, des textes) citées par le maître. Bref, un album qui restera flou pour moi, et qui malgré les dessins toujours aussi agréables à regarder, ne m’a pas plu… Déçue…

Biographie et bibliographie de la romancière sur le site de l’éditeur français de ses romans.

A partir de 15 ans selon le site BD du CNDP.

On en parle sur les blogs : Au panda rêveur, Lecturissime, Bibliosouppes.

Bleu toxic

BLEU TOXIC, par Christophe Léon, (Seuil, coll. Karactère(s), 2010)

http://www.christophe-leon.fr/images/bleutoxic.gif1956. Yukio est un ado japonais qui vit dans la baie de Minamata, dans un village de pêcheurs. Les poissons et les crustacés y sont très consommés, et c’est la base des revenus des habitants. Pourtant un jour, des enfants tombent malades, meurent parfois. Des dauphins s’échouent sur la plage, et des animaux domestiques meurent un peu partout. Après la venue d’experts, les villageois apprennent que ce qu’ils croyaient être un virus s’avère être une contamination par l’intermédiaire de la pêche, qui devient dès lors interdite. La petite sœur de Yukio naît à cette période, lourdement handicapée. Il faut donc que le jeune garçon apprenne à vivre avec le regard des autres vis-à-vis de sa sœur, et de leurs suspicions sur l’origine de la maladie de sa sœur. De plus, le père de Yukio, pêcheur, ne peut plus travailler. La situation de la famille est bien compliquée…

A Bhopal en Inde, vit Gaz, 14 ans. Il est né en 1984, la nuit de la catastrophe qui a frappé la ville. Ses parents sont décédés du gaz toxique qui s’est échappé de l’usine Union Carbide suite à un mauvais entretien des installations et à un non-respect des consignes de sécurité. L’adolescent a grandi seul dans les rues de la ville indienne, et a trouvé refuge dans « l’épave », surnom donné à l’usine désaffectée. Il vit de petits larcins et de la manche. Un jour, il rencontre de façon inopinée Rasheeda, une jeune fille dans la même situation que lui, et tous deux vont tenter de survivre au rude quotidien…

Voici deux nouvelles (55 pages chacune) qui évoquent la vie d’adolescents lors de catastrophes industrielles qui se sont réellement passées au XXème siècle. J’avais entendu parler de celle de Bhopal, mais je ne connaissais pas celle japonaise. Même si le sujet est loin d’être réjouissant, c’est vraiment une bonne lecture, car l’auteur relate l’événement à travers les yeux d’un ado, et cela touchera d’autant plus les jeunes lecteurs auquel Bleu toxic est destiné. Pas de récit journalistique pour raconter tout l’événement, mais au contraire du goutte à goutte : au départ, on ne sait pas ce qui se passe, pourquoi des animaux meurent près de Minamata, et puis au fil du temps et des expertises, on apprend la raison de ces morts inexpliquées. Le lecteur partage vraiment la vie de l’ado héros du récit, et apprend au fil du temps la catastrophe, et ses ravages même longtemps après. L’auteur n’écrit pas non plus de façon linéaire pour la seconde histoire, il navigue entre 1984 et 1998, lorsque Gaz est adolescent, et on apprend les dégâts de la catastrophe par petits morceaux, à travers le récit de Gaz, de ses parents, de la police… Cela sonne très juste, et on est très touchés par l’histoire de ces jeunes gens dont la vie n’est vraiment pas rose…

Bref, Bleu Toxic est vraiment bien mené, et fait écho à différentes catastrophes écologiques récentes, dont celle de Fukushima au Japon en mars dernier… Une bonne découverte !

A partir de 13 ans selon le site Ricochet.

Voir le site de l’auteur, qui écrit aussi des romans pour les adultes.

Roman sélectionné pour l’obtention de plusieurs prix, dans la catégorie 4ème/3ème ou 13/15 ans : prix Ado-Lisant 2012, prix Acrolire 2011 (cddp37) , prix Lire… Elire en Moselle ! 2011, prix des collégiens lecteurs de Gironde 2011, prix Ados en colère 2012, prix littéraire des collégiens de Haute-Savoie 2012.

Des avis sur le web : Boojum, Parolimage DaDo.

Cat street, tome 4

CAT STREET, tome 4, par Yoko Kamio (Kana, 2011)

Suite du tome 3. Suite à son apparition dans un clip diffusé dans tout le pays, Keito est assaillie pour des photos avec ses nouveaux fans. Ses amis de l’école El Liston les repoussent de façon plus ou moins cordiale. La jeune fille ne sait pas trop comment réagir face à cet élan. Dans le même temps, Keito se rapproche de Koichi, le génie en informatique. Elle rencontre sa sœur, et comprend pourquoi celui-ci vit seul. Rei lui apprend qu’il aimerait aller au Brésil, patrie du football, pour s’améliorer et gagner sa vie grâce à ce sport. S’en suit alors une déclaration… Ensemble, les 4 amis vont chercher à savoir qui est vraiment le directeur de l’école, après les rumeurs qui circulent à son encontre…

Voici un tome à mouvements ! Plusieurs « intrigues » se déroulent, et on suit volontiers les aventures de ces jeunes gens. Les amis sont un pilier central dans ce tome. Keito passe beaucoup de temps avec eux, les relations sont parfois ambiguës… Avec sa famille, c’est un peu l’inverse, sa mère découvre juste que sa fille fréquente une école active (je trouve ça un peu étrange d’ailleurs…). Bref, les amis occupe la majeure part de la vie de Keito.

Quelques défauts à ce tome : les passages où l’auteur écrit à ses lecteurs (3 bandes verticales dans l’album en général) sont vraiment mal placées dans ce tome. En effet, l’auteur fait référence à une couverture avec Momiji, amie de Keito, or sur notre couverture française, c’est encore et toujours Keito qui est représentée. L’auteur parle de la couverture japonaise (visible sur le site de cette librairie japonaise). Alors pourquoi avoir mis ce passage ? Ou alors pourquoi avoir changé la couverture ? Je ne vois pas l’intérêt de ce passage dans ce cas. Et également, les explications de certains termes sont souvent situées dans la tranche du volume et écrites en tout petit, donc doublement illisibles, à moins d’avoir une loupe et d’ouvrir à 180° le volume. Je trouve donc que l’adaptation française n’est pas super… Mais bon il n’empêche que cette série est quand même agréable, de par ses dessins…

Non mentionné sur la base Bd du CNDP, car trop récent, mais normalement à partir de 13 ans, comme les tomes précédents.

On en parle sur ces blogs : Lumière-créatriceBlog-o-noisettes (qui m’a donné envie de lire cette série !), Archessia.

Cat street, tome 3

CAT STREET, tome 3, par Yoko Kamio (Kana, 2010)

https://i0.wp.com/www.animeland.com/files/critiques/18346/cat-street_3.jpgSuite du tome 2. Par l’intermédiaire de Masa, un nouvel élève de l’école, ancien mannequin devenu maquilleur, Keito est confrontée à Nako, la fille qui avait pris sa place alors qu’elles n’avaient que 9 ans et qui depuis sont devenues rivales. Keito croit avoir trouvé en Masa un ami, mais ce dernier n’est là que pour l’espionner, au profit de Nako, qui est une star de moins en moins populaire. Mais alors pourquoi Nako veut-elle revoir Keito ? Qu’a-t-elle à lui demander ? Keito va-t-elle revenir sur le devant de la scène ?

Un troisième tome à rebondissements, avec l’arrivée de la rivale de jeunesse. Dès le début, je me suis doutée que Masa n’était pas là pour rien, et je n’ai pas été très surprise de voir la rivale de Keito apparaître. Cependant, Keito ne sait pas trop ce qu’elle veut (ou alors c’est une « bonne poire »), car elle a l’air très fragile, mais en même temps fait des choses quelque peu illogiques… Une série qui commence à bouger un peu. Il était temps, car la série compte 8 tomes seulement !

A partir de 13 ans selon le site BD du CNDP.

PS : au CDI, c’est la série coup de coeur du moment des collégiennes !

Cat street, tome 2

CAT STREET, tome 2, par Yoko Kamio (Kana, 2010)

https://i0.wp.com/www.manga-news.com/public/images/vols/cat-street-2-kana.jpgSuite du tome 1. Keito se rend à l’école alternative El Liston de façon irrégulière. Elle remarque qu’elle n’est pas la seule à être différente des autres jeunes. Elle est amoureuse d’un camarade nommé Taiyo, mais une autre fille l’a précédée et sort avec lui. Keito doit alors affronter son premier chagrin d’amour, aidée paradoxalement par sa « rivale » Hirano. Entre temps, elle retrouve Rei, un ancien camarade de l’école primaire, qui entraîne une équipe de football. C’est la suite des aventures de la jeune hikikomori, qui déprime de moins en moins et se trouve des amis qui tiennent à elle. Elle se dit qu’elle a raté plein de choses de son adolescence. C’est le temps des premières amours, qui finalement n’aboutissent pas.

J’ai trouvé ce 2ème tome particulièrement lent, trop lent à mon goût. Il manque de dynamisme, car Keito passe beaucoup de temps à se poser des questions, à observer le garçon, et encore à se poser des questions. Bref, je ne suis pas emballée par ce volume, même si pourtant sur la fin, il laisse présager la suite… En effet, Keito rencontre un jeune garçon, soi-disant ex-mannequin, qui la maquille puis la prend en photo avant de transmettre le cliché à Nako, qui l’avait dépassée alors qu’elle était star à 9 ans.

Le dessin est agréable à regarder, les personnages sont assez finement dessinés, et les décors sont bien développés. Une bonne qualité graphique, à défaut d’une histoire réellement intéressante…

Donc si j’ai l’occasion d’avoir le tome 3 entre les mains, je le tenterai, mais il va falloir que ça bouge un peu plus pour vraiment me plaire !

A partir de 13 ans d’après l@BD.

Les avis de Lumière créatrice, de Madmoizelle, et de club-shojo.

Cat street, tome 1

CAT STREET, tome 1, par Yoko Kamio (Kana, 2010)

https://i1.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/7/0/2/000714702.jpgKeito a seize ans et ne va plus à l’école depuis quelques années. Depuis ses 3 ans, elle est une star et à 9 ans, obtient le premier rôle d’une grande comédie musicale. Pourtant son rôle a été partagé avec Nako, une jeune fille du même âge que Keito va aider lorsqu’elle en aura besoin. Pourtant l’élève Nako va dépasser son maître, elle la trahit et va même être privilégiée par les producteurs de la comédie musicale, surtout lorsque Keito va perdre sa voix. Dès lors, Keito perd toute confiance en elle, quitte les feux de la rampe et ne retourne plus à l’école. Elle passe dès lors ses journées à ne rien faire. Keito a désormais 16 ans. Adolescente, elle est une hikikomori (une ado déscolarisée qui vit recluse, loin de la société). En se promenant, elle croise un jeune homme qui lui fait connaître une école originale destinée aux ados qui ne s’adaptent pas au système scolaire traditionnel. Au départ réticente, Keito se rend dans cette structure et découvre qu’elle n’est pas seule à se sentir mal dans sa peau…

Voici le premier tome d’une série prévue en 8. Le dessin est spécifique au shojo, mais le thème abordé va au-delà : il nous parle des jeunes qui sont exclus du système scolaire, de par leur parcours, leur originalité… Optimiste, Cat street montre qu’on n’est jamais seul dans une situation qu’on peut croire désespérée… Keito est un personnage attachant, c’est elle la narratrice de l’histoire et elle nous livre donc ses pensées, ses sentiments. Ce premier volume fixe l’histoire, Keito découvre juste l’école dans laquelle elle va (peut-être) reprendre confiance en elle… J’attends donc la suite pour vraiment avoir une opinion sur ce manga, et voir où il mène véritablement.

A partir de 13 ans d’après l@BD.

Les avis de Lumière CréatriceZaëlleArchessia et de Blog-o-noisettes (qui m’a donné envie de lire ce manga !)