Comme un frère [roman]

COMME UN FRÈRE, par Françoise Jay (Bayard, 2016)

comme un frèreLorenzo a dix-huit ans et six soeurs avec lesquelles il s’entend bien. Apprenti menuisier, il est le seul homme de la famille depuis que son père est décédé accidentellement. Gaspard, un an de plus, est quant à lui en études supérieures de maths, plus par volonté paternelle que par réelle volonté personnelle. Les deux jeunes hommes se rencontrent dans une chambre d’hôpital où ils sont voisins, Lorenzo suite à un vol de scooter qui a mal tourné, Gaspard suite à une tentative de suicide en sautant d’un immeuble… Au départ muet, Gaspard va s’ouvrir, et les deux vont se découvrir une amitié très forte. Leur projet en commun de théâtre, l’un en tant que décorateur, l’autre en tant que comédien, va naître dans cette chambre, puis perdurer ensuite une fois leur séjour terminé… Lire la suite

Premières vendanges

PREMIÈRES VENDANGES, par Wandrille (scénario) et Anne-Lise Nalin (dessin et couleurs) (Delcourt, 2014)

Quelque part en Bourgogne, dans la commune de Mercurey, trois copines, Inès, Laetitia et Caroline, se retrouvent pour deux semaines de vendanges. Au programme, travail dans les vignes, découverte du bizutage mais aussi soirées arrosées et rencontres amicales ou plus si affinités.. C’est pour les trois jeunes femmes une sorte de rite initiatique, qui va faire se révéler la vraie nature de chacune… Lire la suite

En avant toute ! Oui, mais vers où ?

EN AVANT TOUTE ! OUI, MAIS VERS OÙ ?, par Juliette Baily (Jean-Claude Gawswitch éditeur, 2010)

Autobiographie d’une jeune adulte qui vient de fêter ses 26 ans avec sa famille et son amoureux, et qui se cherche professionnellement. Les rencontres au café avec ses meilleures amies lui font réaliser qu’elle n’a pas trop d’ambition, qu’elle n’ose pas se lancer, mais surtout qu’elle ne sait pas vraiment ce qu’elle veut faire dans sa vie… Ses parents, avec leurs questions plus ou moins franches, lui font comprendre qu’il faudrait qu’elle se case, mais elle ne trouve que des petits boulots dans lesquels elle ne se plaît pas. Alors elle se décide à faire de l’illustration, mais se rend compte que son réseau n’est pas très développé…

Voici un album choisi encore une fois au hasard dans les rayonnages de la bibliothèque. Je ne m’attendais pas à une réflexion autour du monde professionnel, mais (sans doute est-ce dû à la couverture rose) plus à une typique histoire de filles. Le propos n’est pas inintéressant, loin de là, il reflète bien le questionnement de tout jeune adulte une fois les études terminées et qu’il faut se lancer dans le grand bain de la vie professionnelle. Par contre, j’ai eu un peu de mal à m’attacher à l’héroïne que j’ai trouvée trop indécise et immature par rapport à son âge. Cela m’a donné l’impression qu’un beau jour, elle se réveillait et se rendait compte tout à coup qu’il allait lui falloir trouver un boulot et devenir enfin adulte. Bref, le personnage ne m’a pas trop plu, mais je dois reconnaître à l’auteur le mérite de raconter ses doutes et ses questions existentielles, avec parfois un trait d’humour. Concernant le trait, je dois avouer que le dessin est parfois trop simple à mon goût. Cela fait globalement assez brouillon, typiquement dans le style girly, mais ne m’a pas rendu la lecture spécialement aisée. J’ai donc un avis mitigé sur cet album, qui ne restera pas dans les annales, mais qui permet de passer un bon petit moment tout de même.

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 15 ans.

On en parle sur les blogs : La bibliothèque du dolmen, Otium, Flo sur Madmoizelle

Quelques planches extraites de l’album à voir sur le site de l’auteur, l’éditeur ayant déposé le bilan en 2014.

Aller voir le site de l’auteure.

Elisa

ELISA, par Nathalie Ferlut (Delcourt, 2010, coll. Mirages)

Fin des années 1980, Elisa vient de décrocher son bac, entourée de ses meilleurs amis, Daniel et Rachel. Rachel part pour ses études à Paris, tandis que Daniel reste dans leur petite ville de province pour travailler dans une boutique de disques. Elisa quant à elle poussée par sa mère, se retrouve dans une école de commerce qui ne lui plaît pas, mais n’ose affronter l’avis maternel. Le trio qui était inséparable au temps du lycée se sépare pendant une année universitaire, les liens se détendent, mais aux grandes vacances suivantes, Rachel revient et les relations reprennent timidement. Mais lorsque cette dernière meurt dans un accident de voiture, Elisa perd pied : elle part vivre sur Paris, en marginale, pendant plusieurs mois et sans donner de nouvelles à personne, puis revient et décide de vivre au gré des relations. En boîte, lors de la dernière soirée avec Rachel, elle avait « rencontré » Antoine, un homme plus âgé qu’elle, et le retrouve à son retour de la capitale. Une drôle de relation, entre amitié et amour, va se tisser entre eux deux, mais ce n’est pas du goût de tout le monde…

Encore un album choisi au hasard à la bibliothèque, comme souvent depuis quelques temps. L’album compte un peu plus de 100 pages et se lit agréablement. Je ne connaissais pas l’auteure avant, et je dois dire que son trait est très joli. Les portraits en peinture sont magnifiques, il suffit de voir la couverture pour s’en donner une idée. Son trait rend les personnages vivants, on les imagine bien prendre vie. L’auteur maîtrise bien ses personnages et on ne peut pas les confondre. C’est donc du tout bon au niveau du dessin, j’adhère. Au niveau du scénario, je suis un peu déçue car d’après la 4ème de couverture, il y aurait un lien avec la chute du mur de Berlin, mais peu de références à cet événement historique dans l’album, juste un peu sur la fin, mais sans forcément de lien clair avec notre héroïne.. Par contre, l’histoire se situe bien dans les années 1980, on voit bien qu’il ne s’agit pas d’une histoire actuelle avec les posters par exemple, et cet écart chronologique est intéressant, car il met une certaine atmosphère nostalgique dans l’histoire. Même si le scénario ne me marquera pas bien longtemps je pense, j’ai passé un bon moment de lecture avec cette jeune adulte qui se cherche, qui ne sait pas ce qu’elle fera « lorsqu’elle sera grande », et qui peut penser quelque chose et son contraire dans la même seconde ou presque. Son indécision signifie peut-être sa peur de grandir, mais elle est aussi indécise dans sa vie amoureuse : elle entretient une relation d’amour-amitié avec Daniel, l’ex de Rachel, et on ne sait pas non plus la nature précise de sa relation avec Antoine… Une jeune fille qui se cherche, pour une histoire au final intéressante mais pas inoubliable…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Le blog BD de Madmoizelle, Echappées Saxaoul, Tamaculture, Blog Bd Sud-Ouest

Interview de l’auteure à lire sur Bodoi.

Un petit goût de noisette

UN PETIT GOÛT DE NOISETTE, par Vanyda (Dargaud, 2014)

Récits entrecroisés de vie quotidienne de jeunes adultes à la recherche de l’amour, de préférence avec un grand A, tels des écureuils à  la recherche de la plus belle noisette. D’Eléonore qui aime les hommes plus âgés qu’elle à Barnabé qui tente différentes techniques de drague comme apporter un colis à sa jolie voisine d’en face, en passant par Manon qui revient à Barcelone retrouver un de ses amis rencontrés par Erasmus et qui se rappelle les nombreux moments passés à profiter de la vie… Il y a aussi Benoît, étudiant lecteur à l’hôpital qui flashe sur l’infirmière du service pédiatrique, Aymeric, en couple mais qui se laisserait tenter par une aventure avec Luna, et Christophe le dragueur invétéré qui ne choisit que des filles déjà casées… A travers des récits de différentes longueurs, les chemins de ces personnages se croisent, provisoirement ou non…

Moi qui gardais un souvenir plus que mitigé des albums de Vanyda (Celle que je ne suis pas, L’immeuble d’en face), je me suis laissée tenter par cet album qui venait d’arriver en bibliothèque. J’ai profité d’une surveillance de bac pour le lire, en me disant que ce ne serait pas grave si je le lisais en plusieurs parties (il fallait quand même surveiller les élèves, donc impossible de lire les 200 pages en une seule fois !!). J’ai trouvé une très jolie ambiance dans cet album choral, car j’ai été conquise par les couleurs distillées subtilement, avec une couleur par histoire. Ces touches colorées réalisées à l’aquarelle répandent une ambiance particulière, poétique, très douce, et donnent une sacrée pertinence aux propos. Je crois que c’est vraiment ce que je retiendrai de cet album, parce que sinon, certains récits trop courts ne m’ont pas permis de m’attacher réellement aux personnages. Heureusement que certaines histoires sont plus développées et qu’on peut tracer le parcours de ces adultes-là, et en découvrir un peu plus sur eux. L’auteur parvient à rendre compte des comportement humains, avec des aspirations différentes selon les personnalités. Au départ, je n’avais pas saisi que des personnages pouvaient réapparaître dans d’autres « chapitres », mais je trouve que cela est un véritable plus, que ça donne du liant à cet album qui ne serait sinon qu’une suite de nouvelles. Au niveau des dessins, j’ai été quelque peu déçue au début en voyant les premiers héros qui ressemblent à eux des séries précédentes. Ce sentiment de copier-coller s’est estompé ensuite, et je dois dire que le trait souple est agréable à voir, l’auteur accentuant sur les portraits des personnages et variant ses cadrages pour plus de dynamisme. On arrive sans problème à distinguer les personnages et c’est bien agréable. Quelques planches de décors sont particulièrement jolies (Barcelone par exemple). Bref, cela donne un joli livre, sentimental (ce qui ne fait pas de mal parfois) et qui me réconcilie un peu avec cette auteur que j’avais mise de côté depuis un certain temps… Cela me donnerait presque envie d’attendre ses prochains livres…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : D’une berge à l’autre, Sans connivence, Twenty three peoniesLivresse des motsBlog-o-noisettes, La bibliothèque de Noukette

Aller voir du côté du site de Vanyda.

Premières planches à lire sur Izneo.

Ma vie d’adulte

MA VIE D’ADULTE, par Isabelle Bauthian (scénario) et Michel-Yves Schmitt (dessin) (La boîte à bulles, 2012, coll. champ livre)

Lisa a 29 ans et est vendeuse en librairie. En couple depuis quelques mois avec Paul un jeune homme bien dans sa tête, elle se prend à rêver de grandir, de gagner en stabilité pour faire un joli bout de chemin avec son amoureux. Elle décide alors de se prendre en main et de se trouver un vrai métier, et plus seulement un job précaire comme auparavant. Mais le chemin vers le marché du travail n’est pas simple, et Lisa va découvrir les difficultés de se trouver un vrai travail en tant qu’attachée de presse : aucun faux pas ne sera toléré par ses employeurs et ses collègues. Pas facile de rentrer dans la vie d’adulte…

Voici un petit album très actuel. Court (80 pages), il permet d’aborder un sujet très contemporain : les jeunes adultes qui ne grandissent pas, ne veulent pas devenir comme papa et maman, et qui ont peur du futur… L’entrée dans le monde du travail d’Elsa est intéressant, cela montre à quel point c’est parfois impitoyable, par exemples les commentaires de ses collègues féminines sur un collègue masculin sans même le connaître. J’a aussi bien aimé les passages où Elsa travaille vite et bien, et donc n’a plus rien à faire sur son poste de travail qu’à traîner sur internet, cela me rappelle certains souvenirs plus ou moins personnels… J’ai apprécié le scénario simple mais crédible, qui sonne juste. Par contre le dessin est presque simpliste, les couleurs unies, sans dégradé. Je n’ai parfois pas aimé les têtes des personnages, ils ont des yeux vides constitués d’une bulle blanche, cela donne l’impression qu’ils n’ont pas d’émotion. L’album se lit vite car il est peu épais, mais il y a tout de même pas mal de texte. On suit avec plaisir la vie de Lisa quand on est ou qu’on connaît des gens qui sont dans la même situation que Lisa. Un album pas indispensable, mais intéressant tout de même.

 A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Du côté des livres, Les jardins d’Hélène, Les coups de cœur de Géraldine

Premières planches à voir sur Digibidi.

Le quartier de la lumière

LE QUARTIER DE LA LUMIÈRE, par Inio Asano (Kana, 2007, coll. Made In)

Le même auteur que le superbe Solanin, mais pour un manga moins inoubliable. Le réalisme n’a pas été complètement choisi par l’auteur, car le surnaturel fait partie de l’histoire. Par exemple, sur la couverture, on peut voir une ville, avec ses bâtiments et ses routes, et dans le ciel un autocar qui vole !!

L’histoire raconte la vie d’une résidence située à flanc de colline, dans le quartier de la lumière, où l’ensoleillement est exceptionnel. Les habitants ont des joies et des problèmes. Un adolescent, Tasuku, se fait payer pour organiser le suicide des gens. Des jeunes filles, Nishiyama et Azuma, ont peur de devenir adultes ; Satoshi et Hoïchi tentent de vivre du mieux qu’ils peuvent, avec leur petite Momoko…

Cette chronique de société en noir et blanc m’a paru assez décousue : difficile de trouver une trame tout au long des 212 pages. Le dessin est moins détaillé que pour Solanin, mais il n’en reste pas moins beau pour autant. Pour tout dire, ça se lit, mais sans plus, ça ne laisse pas un souvenir impérissable.

Conseillé par le site BD du CNDP à partir de 15 ans.

Le même auteur que le superbe Solanin (voir article précédent), mais pour un manga moins inoubliable. Le réalisme n’a pas été complètement choisi par l’auteur, car le surnaturel fait partie de l’histoire. Par exemple, sur la couverture, on peut voir une ville, avec ses bâtiments et ses routes, et dans le ciel un autocar qui vole !!

L’histoire raconte la vie d’une résidence située à flanc de colline, dans le quartier de la lumière, où l’ensoleillement est exceptionnel. Les habitants ont des joies et des problèmes. Un adolescent, Tasuku, se fait payer pour organiser le suicide des gens. Des jeunes filles, Nishiyama et Azuma, ont peur de devenir adultes ; Satoshi et Hoïchi tentent de vivre du mieux qu’ils peuvent, avec leur petite Momoko…

Cette chronique de société en noir et blanc m’a paru assez décousue : difficile de trouver une trame tout au long des 212 pages. Le dessin est moins détaillé que pour Solanin, mais il n’en reste pas moins beau pour autant. Pour tout dire, ça se lit, mais sans plus, ça ne laisse pas un souvenir impérissable.

Conseillé par le site BD du CNDP à partir de 15 ans.