Yeghvala la belle sorcière

YEGHVALA LA BELLE SORCIÈRE, par Catherine Gendrin et Nathalie Novi (Didier jeunesse, 2012, coll. grands contes)

Yeghvala est une tzigane née sorcière. La nuit suivant sa naissance, au milieu d’une forêt des Carpates, elle est intégrée au cercle des sorcières du monde, et chacune des sorcières fait un voeu : Yeghvala sera d’une beauté inégalée grâce à ses cheveux qu’elle ne coupera pas, elle aura un solide appétit, celui qui l’aime voudra la tuer, elle saura soigner par les plantes… Une fois grande, Yeghvala tombe amoureuse de Zlato le forgeron, qui n’est pas intéressé par elle. Avec ses potions et ses incantations de sorcière, elle parvient à ses fins et épouse le jeune homme. Plusieurs années passent, Yeghvala et Zlato ont cinq enfants et la jeune mère est toujours plus belle. Zlato s’interroge et va consulter Mara, une sorcière voyante, qui lui conseille de surveiller ce que fait sa femme les nuits de pleine lune et si c’est une sorcière toujours jeune et belle, lui indique de la brûler pour la sauver, elle et sa famille… Les présages des sorcières à la naissance de Yeghvala se mettent en oeuvre…

C’est un superbe album jeunesse sur le thème de l’amour qui peut durer quelles que soient les épreuves. J’ai beaucoup aimé les illustrations, avec des couleurs magnifiques, sur une page ou en double page. Il y a pas mal de texte, mais au niveau de la mise en page, il s’accorde complètement avec les illustrations : les portraits de Yeghvala et Zlato sont particulièrement réussis. On s’immerge complètement dans cette histoire qui comporte beaucoup de magie au départ (et un certain nombre de noms de sorcières des différentes régions du monde : les Erinyes, la Ghoule, les Ménades, les Moires…). L’histoire d’amour entre les jeunes gens est certes artificielle (c’est la jeune femme qui lance un sortilège pour que Zlato tombe amoureux d’elle) mais on n’a plus l’impression ensuite que le sort agit, et plus que Zlato aime sa femme de sa propre volonté. C’est donc un joli album, riche en textes et en illustrations, qui se lit avec plaisir. Quelques légers bémols cependant : dans le conte, on parle d’un vase en cristal dans lequel est placé la rose, mais l’illustration en face du texte montre une rose sous une cloche en verre. De plus, le comportement de Zlato envers sa femme est parfois sacrément violent : « il la prend fermement, lui ligote les poignets puis les jambes », et sur la fin « elle se débat, se tord, supplie ». C’est assez particulier comme relation à l’autre, n’est-ce pas ? Enfin, je trouve parfois Yeghvala égoïste : dans la seconde partie du livre, elle profite de la bonté et de l’argent du vieil homme qui l’épouse, et elle le vole sur la fin de l’histoire. Mais globalement, j’ai tout de même un avis positif sur cet album.

Non mentionné sur Ricochet, mais cet album fait partie de la sélection Education nationale – niveau collège, et de la sélection CM2/6ème du prix des incorruptibles.

On en parle sur les blogs : Capocapesdoc, Ma cabane à livres, Enna lit, Les lectures de Liyah

2/10

Le puits

Le puits, par Nadine Robert, Brigitte Henry et Christopher Duquet (La pastèque, 2012, coll. Pamplemousse)

Un ours trouve un vieux puits sur un petit chemin dans un petit bois. Pour savoir ce qu’il y a dedans, il décide de mettre un caillou dans le seau du puits. Le lendemain, en remontant le seau, il trouve des pommes, avec lesquelles il va faire une tarte. Il retente sa chance le lendemain avec une branche, et récolte le lendemain des pivoines…. Le puits serait-il magique ? Que va-t-il trouver chaque matin dans le seau ?

Voici un album jeunesse cartonné que j’ai choisi pour son éditeur, La Pastèque, qui édite bon nombre de BD, dont les aventures du fameux Paul. Cet album québécois est original : tel un roman-photo (hormis les bulles, absentes), il est composé de photographies mettant en scène un ours en laine et divers objets qu’il récolte dans son seau. Les cadrages sont toujours différents : gros plan, plongée, contre-plongée… Les objets présentés font très réels (fleurs, plumes, œufs). J’ai beaucoup apprécié que ce soit des photos, pour montrer la réalité (et non pas comme certains albums ou imagiers pour les tout-petits qui ajoutent par exemple des yeux et un sourire aux objets). Le livre est d’un format assez grand, et est épais (40 pages) : difficile pour les petits de le tenir en main, mais facile de tourner les pages une fois assis ! Le texte est écrit assez gros, avec certains mots plus gros encore, peut-être pour que les parents accentuent ces mots-là lors de la lecture, je ne sais pas. En tout cas, le puits est une jolie histoire, un peu rétro, avec une jolie fin poétique mais quelque peu irréaliste pour nous les grands (!)

A partir de 2 ans selon Ricochet.

On en parle sur les blogs : Les petits bouquins, Librairie Tire-lire, La cause littéraire, Le blogre.

Consulter le site de l’éditeur.

Busô Renkin, tome 1

BUSÔ RENKIN, tome 1 : UNE NOUVELLE VIE, par Nobuhiro Watsuki (Glénat, coll. Shônen manga, 2006)

https://i2.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/9/4/7/000245947.jpgKazuki Mutô est un lycéen sans histoire. Interne, il croit avoir vécu un mauvais rêve : une fille inconnue se faisait attaquer par un monstre. Finalement ce n’était pas un rêve mais la réalité. D’ailleurs son cœur a été remplacé, car il vient de mourir dans le combat. Pour sauver sa jeune sœur, il va se retrouver à combattre des homoncules, des parasites qui dévorent les humains et à utiliser le Renkin (l’alchimie). Pour cela, il va se faire aider de Tokiko, une jeune fille soldat Renkin, qui va lui servir de guide et l’éveiller à ses capacités de lutte contre ces créatures malfaisantes grâce à sa lance conçue pour tuer ses ennemis, le Busô Renkin

Voici un shonen, pour changer de mes lectures de manga habituelles. C’est le premier tome d’une série de 10 volumes (ce qui est court pour un manga), qui mêle la réalité (un ado comme un autre) et le fantastique (les mangeurs d’humains et les pouvoirs). Comme le genre l’indique, il y a des combats dans ce volume, mais ils n’occupent finalement pas la majorité des pages comme j’aurais pu le penser au départ. Ca se lit assez bien, c’est assez entraînant, même si je pense ne pas avoir tout compris. J’ai aussi remarqué que le vocabulaire utilisé par le traducteur n’était pas toujours au top : il y a plusieurs passages de langage familier [ce qui ne réhaussera pas le niveau de nos jeunes élèves lecteurs]. Cet usage n’est pas forcément nécessaire et donne l’impression que la traduction est bâclée à certains moments… Globalement, un avis assez positif sur cette série qui respecte les codes du shonen (avec des touches d’humour, un peu d’amour qui flotte entre les pages, et des pages de combats où le décor est remplacé par des lignes), mais avec quelques réserves. Busô Renkin ne marquera pas les mémoires (il y a quelques ressemblances avec FullMetal Alchemist (tome 1 chroniqué ici), série à succès qui utilise aussi le thème de l’alchimie) ; cependant c’est une série (adaptée en anime depuis) qui plaît assez aux élèves, qui en réclament la suite…

Non mentionné sur la base BD du CNDP, et à partir de 12 ans selon Manga-news.

On en parle sur les blogs et sur le net : MangaverseKrineinManga-sanctuaryle blog de Matt,

Un site perso a été ouvert, consacré totalement à la série (il n’est plus mis à jour).

A comme Association, tome 1 : la pâle lumière des ténèbres

A COMME ASSOCIATION, tome 1 : LA PÂLE LUMIÈRE DES TÉNÈBRES, par Erik L’Homme (Gallimard jeunesse / Rageot, 2010)

https://i1.wp.com/multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/2/8/6/9782070634682.jpgJasper est un lycéen de 15 ans. Il a quelque chose que ses camarades n’ont pas : il fait de la magie et a été recruté en tant qu’agent stagiaire par l’Association, une organisation secrète qui doit assurer la pacifique cohabitation entre les humains (ou Normaux) et les vampires, trolls, loups-garous et autres créatures étranges (ce sont les Anormaux). Sa première mission est de rencontrer un vampire qui ne doit pas se faire repérer par les normaux et de le rappeler à l’ordre. Ce vampire est étrange, et Jasper devine qu’il est drogué. L’Association va donc l’envoyer sur la piste de la drogue destinée aux vampires. Le jeune garçon va découvrir des choses qui vont le dépasser, et sa bonne pratique de la magie va lui être nécessaire pour affronter le mal…

Voici un roman fantastique que j’ai lu pour plusieurs raisons : il n’était pas bien épais (150 pages environ) et puis j’en avais entendu parler sur des blogs et des listes de diffusion. Enfin, le fait qu’une série soir écrite par deux auteurs de façon simultanée mais avec deux points de vue (chacun a son héros) m’a intriguée… Pourtant, je ne suis pas amatrice du tout de fantastique, de vampires, de trolls, d’elfes et de tout ce qui s’en suit… Et bien, marlgré moi, je me suis laissée emporter par ce récit. Bien écrit, avec des références drôles et bien placées (le Mourlevat est un café par exemple), de l’humour distillé (il faut dire que Japser est fan des jeux de mots « foireux »…), on suit avec plaisir Jasper dans ses aventures, avec quelques allusions à Ombe. Ombe est un autre agent de l’Association, que Jasper a remarqué sans parvenir à lui parler véritablement. Les aventures d’Ombe seront dans le 2nd tome de la série, cette fois narrées par Pierre Bottero. C’est aussi l’originalité de la série. Le style d’écriture est fluide et très actuel. Bref, un bon moment, assez inattendu pour moi. Je crois que je me laisserai tenter par la suite.

Un site est entièrement consacré à la série, avec la présentation des livres, mais aussi les blogs fictifs des deux héros (Jasper et Ombe), les biographies des auteurs… Les 20 premières pages du tome sont à lire gratuitement sur Calaméo.

Non mentionné sur Ricochet-jeunes, la Fnac le conseille à partir de 12 ans.

Date de sortie des tomes 3 et 4 : mars 2011.

Une vidéo de présentation de la série a également été réalisée par l’éditeur :

Lire les avis positifs de Parfumsdelivres, de la librairie Gwalarn, de Pholi, des lectures de Mina.