La tresse [roman]

LA TRESSE, par Laetitia Colombani (Grasset, 2017)

Smita vit en Inde avec sa fille de six ans et son mari. Intouchable, elle vide les toilettes des maisons du quartier, mais est déterminée à éviter cette honte à sa fille, en l’envoyant à l’école. Giulia a la vingtaine et vit en Sicile. Elle travaille dans l’atelier familial, un des derniers de l’île qui travaille les cheveux pour en faire des perruques. Mais lorsque le père a un accident lors de sa tournée, Giulia découvre que la santé financière de l’atelier est mauvaise. Au Canada, Sarah est une avocate réputée qui fait passer sa carrière avant tout. Elle passe sa vie au bureau et espère encore grimper les échelons, jusqu’à ce qu’un cancer li soit annoncé. Elle va tout tenter pour cacher sa maladie à ses collègues et ses enfants, mais va aussi découvrir le sort réservé aux malades… Ces trois héroïnes, aux origines et aux destins bien différents, ne sont pas destinées à se croiser… Et pourtant…

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Le complexe du papillon [roman]

LE COMPLEXE DU PAPILLON, par Annelise Heurtier (Casterman, 2016)

Mathilde est une adolescente qui vit en Dordogne avec ses parents qui élèvent des canards. Avec sa meilleure amie Louison, elle adore passer du temps à grignoter, parler et rire. Mathilde est aussi sportive : elle fait aussi partie d’un club d’athlétisme et aime courir. Mais lorsqu’à la rentrée, Mathilde découvre le changement physique de Cézanne, une de ses camarades auparavant insignifiante et là si belle, transformée telle une chenille en un magnifique papillon, Mathilde réalise que son corps n’est pas comme cela. Pour parvenir à séduire Jim, elle va alors tout faire pour atteindre un corps parfait, comme celui de Cézanne ou de mannequins qu’on peut voir dans les magazines… Elle entame un régime, mais le dissimule aux yeux de tous sauf de Louison…

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Goupil ou face

GOUPIL OU FACE, par Lou Lubie (Vraoum, 2016)

goupil ou face

Autobiographie d’une jeune femme prénommée Lou, qui a tout pour réussir, amour, amis, famille, travail…, mais n’y arrive pas pleinement. Elle déprime sans en comprendre les raisons et a ensuite des périodes d’euphorie et de motivation Au fil du temps, et après consultation de nombreux spécialistes, parmi lesquels des psychologues et des psychiatres, elle découvre qu’elle est bipolaire, plus précisément cyclothymique : son tempérament, représenté sous la forme d’un renard, varie du tout au tout très rapidement, de façon parfois incontrôlée. Il va falloir que Lou apprenne à vivre avec, et si possible à domestiquer ce renard pour qu’il prenne moins d’emprise sur sa vie. Elle nous raconte ce combat dans ce roman graphique. Lire la suite

Ma mère, le crabe et moi [roman]

MA MÈRE, LE CRABE ET MOI, par Anne Percin (Rouergue, 2015, coll. DoAdo)

mère crabeTania vit seule avec sa mère depuis que son père a quitté le foyer pour une femme plus jeune. Les deux femmes tiennent chacune un blog sur lequel elles s’inventent un univers, plus ou moins éloigné de la réalité dans laquelle elles vivent… Alors lorsqu’un jour la mère découvre qu’elle a un cancer du sein, elles vont encore plus se souder. Tania nous raconte les différentes étapes pour lutter contre la maladie : l’opération, la chimiothérapie et ses conséquences… La jeune fille va alors sans trop s’en rendre compte grandir et gagner en autonomie pour aider cette mère au caractère optimiste mais que la maladie veut terrasser… Pour passer cet épisode douloureux, Tania se lance des défis insensés au premier abord : se raser la tête, courir et remporter des courses… Lire la suite

Fantômes

FANTÔMES, par Raina Telgemeier (Akileos, 2016)

fantomesCatrina, 11 ans, et sa famille déménagent dans le nord de la Californie, dans une petite ville en bord de mer appelée Bahia de la Luna, surtout connue pour le soleil qui n’y serait présent que 62 jours par an… Autant dire que pour Catrina, habituée au soleil de la Californie du sud, c’est la déprime assurée… La jeune fille accepte tant bien que mal ce déménagement dû à la maladie de sa jeune sœur Maya, atteinte de mucoviscidose. Elles s’installent dans leur nouvelle maison, et décident d’explorer les alentours. Au fil de leurs déambulations, elles découvrent une tradition propre à Bahia de la Luna, le retour des fantômes le 1er novembre, sur la colline qui domine la ville. Catrina, froussarde, prend peur, d’autant plus que Carlos le voisin qui lui explique cette tradition a l’air d’adorer les fantômes. Pour Maya, qui a une approche différente de la mort, cette nouvelle la réjouit, et elle se dit même qu’elle va pouvoir retrouver sa grand-mère, disparue quelques temps auparavant…  Alors que la date fatidique approche, Catrina est de moins en moins rassurée, tandis que l’état de santé de Maya ne s’améliore pas vraiment…

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Le captivé

LE CAPTIVÉ, par Christophe Dabitch (scénario) et Christian Durieux (dessin) (Futuropolis, 2014)

1880, Albert Dadas est un cas à part à l’hôpital Saint-André de Bordeaux. Il est atteint depuis son adolescence d’une drôle de maladie encore indéfinie, qui le fait fuguer de façon intempestive sans qu’il ne puisse se contrôler, comme pris en otage par son idée de voyager. Pris d’une envie furieuse de marcher, il se rend parfois très loin, jusqu’à Moscou, Constantinople ou Alger, mais amnésique, il ne sait jamais où il atterrit, à un tel point qu’il est parfois emprisonné, maltraité, hospitalisé ou alors au contraire aidé par des compatriotes français pour rentrer chez lui. Son cas particulier va devenir l’objet d’étude de Philippe Tissié, interne en médecine qui va tenter l’hypnose pour libérer Albert de son absence de volonté qui le rend captif de toute nouvelle idée qu’il a en tête et l’empêche de mener une vie sociale normale…

J’ai été très agréablement surprise par cet album, dont j’aime beaucoup la couverture. Tout d’abord les dessins sont magnifiques, très précis et délicats, j’aime vraiment beaucoup ce style-là. Les jeux de gris sont aussi très jolis, donnant de la profondeur au dessin. C’est un vrai régal que de lire les 110 pages de cet album. L’histoire racontée par Christophe Dabitch est réelle, et il est intéressant de suivre le parcours de cet homme atypique à travers les témoignages de ceux qui l’ont côtoyé : son médecin Philippe Tissié, mais aussi d’autres médecins de Bordeaux ou d’ailleurs, comme le docteur Pitres qui dirigeait le docteur Tissié, un médecin de Limoges ou encore le consul de France à Alger… Ainsi, cela permet de reconstituer le puzzle de la vie de cet homme hors du commun et très sportif, capable de marcher des kilomètres sans s’arrêter. Le récit est construit en variant les points de vue, ce qui ne ralentit pas le rythme. Bien sûr, la relation entre le docteur Tissié et Albert occupe la majeure partie de l’histoire, mais je n’ai pas trouvé le récit longuet, car les lieux et les situations sont variés. L’album est déjà intéressant en soi, et en bonus il se complète par un intéressant dossier documentaire bien fourni, documents d’époque à l’appui, qui permet d’en savoir plus sur le parcours d’Albert Dadas et la fin de sa vie. Pour une fois qu’un tel dossier ne fait pas de redondance avec le propos dessiné, ça fait du bien ! Un thème original et un dessin magnifique, voilà un album à ne pas rater !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chez Canel, SambaBD, Une autre histoire, Depuis le cadre de ma fenêtre, Blog BD Sud-Ouest, Cynthia et ses contes défaits

Premières planches à voir sur Digibidi.

C’est ma deuxième participation à la bd de la semaine(cette semaine chez Yaneck).

Amorostasia, tome 2 : pour toujours

AMOROSTASIA, tome 2 : POUR TOUJOURS…, par Cyril Bonin (Futuropolis, 2015)

Suite du tome 1. Cela fait désormais trois ans que l’amorostasie frappe la planète, après avoir commencé à sévir à Paris. De puissants laboratoires pharmaceutiques se sont lancés à la recherche de l’antidote et ont aussi mis en vente l’Anamorax qui bloque les sentiments et limite le risque de se figer. Pour tester ses recherches, un laboratoire décide de faire des tests sur un humain, un prisonnier amorostasié sans famille : il s’agit de Kiran, le jeune homme qui s’était fait arrêter pour vol de bijoux, dont Olga avait fait connaissance et était tombée amoureuse. Cela fait désormais trois ans que les deux tourtereaux sont figés, et alors que les tests commencent sur le jeune homme, Olga, qui a été placée chez ses parents dans le bordelais, se réveille. Troublée par ce retour dans un monde qui a changé, elle va chercher à retrouver Kiran pour de nouveau se figer avec lui et retrouver ce bonheur absolu dans lequel elle a vécu pendant trois années… Elle se rend à Paris, découvre les adaptations de la société pour affronter l’amorostasie et se retrouve recherchée par la police. Heureusement que son ex-ami Thomas et un réseau clandestin d’hommes et de femmes qui n’ont pas peur de l’amorostasie vont l’aider à retrouver Kiran…

Cyril Bonin a repris du service pour nous proposer la suite de son aventure fantastico-sentimentale publiée il y a un an et demi. Autant le dire tout de suite : j’ai retrouvé avec plaisir cette ambiance si particulière servie par ce joli dessin. J’ai beaucoup aimé ce second tome, même si là l’histoire n’est plus centrée sur Olga et Kiran. En effet, on a pas mal d’informations sur une société qui s’adapte comme elle peut à l’épidémie, avec l’Anamorax (malgré ses effets secondaires importants), ou encore avec l’interdiction de tout ce qui peut éveiller les sentiments : films, livres, œuvres d’art… La psychose n’est pas loin, la société semble parfois anesthésiée par l’absence de sentiments, et la science ne parvient pas à expliquer et à endiguer ce phénomène. Ce sont les personnages du réseau clandestin, refusant de prendre les médicaments conseillés, qui donnent véritablement de l’épaisseur au récit. Je les ai trouvés intéressants, plein de vie et de philosophie (par exemple Marthe et ses proverbes). On en vient même parfois à sourire des dialogues et des situations. Petit bémol cependant sur ce tome 2 : il n’y a pas de rappel de l’histoire du premier tome, ce qui fait qu’on peut être un peu perdu au départ ; personnellement je ne me rappelais plus de la fin alors qu’elle m’avait pourtant émue lors de ma première lecture. Voilà pourquoi j’ai relu le volume 1 avant de me lancer dans sa suite et cela constitue un bien joli récit quand on lit tout à la suite. En plus, cela permet de se rendre compte que le dessin reste toujours le même, doux et agréable, avec des couleurs dans les tons gris qui ne dénotent pas dans ce récit poétique et bien mené. La fin de l’album fait qu’on peut tout à fait en rester là ou alors avoir une autre suite. Seul l’avenir nous le dira…

Non encore mentionné sur l@BD (le tome 1 était à partir de 15 ans).

On en parle sur les blogs : Un amour de BD, B.O. BD, Bulles picardes, D’une berge à l’autre

Premières planches à voir sur le site de l’éditeur.

Le blog de l’auteur, où il dévoile une partie de son travail.

C’est ma première participation à la bd de la semaine (chez Stéphie cette semaine)