BD hors de nos frontières, BD polar

Autopsie d’un imposteur

AUTOPSIE D’UN IMPOSTEUR, par Vincent Zabus (scénario) et Thomas Campi (dessins) (Delcourt, 2021)

autopsie1957. Louis est étudiant en dernière année de droit à Bruxelles. Issu d’un milieu rural, il fait tout pour cacher ses modestes origines provinciales et ne rêve que de devenir un bourgeois comme ceux qu’il observe dans la rue. Louis étudie du mieux qu’il peut, mais il a toujours la sensation d’être un imposteur. Un soir alors qu’il est serveur dans une soirée guindée pour payer son loyer en retard, il rencontre un homme qui lui propose un supplément s’il « apporte du bonheur à une vielle dame ». Ayant une morale, l’étudiant refuse, mais acculé par ses dettes et viré de son job de serveur, il se voit contraint d’accepter la proposition de la soirée… C’est le début de l’engrenage, qui va encore plus mal tourner lors d’une soirée déguisée… Lire la suite « Autopsie d’un imposteur »

BD fait de société

Comme tout le monde

COMME TOUT LE MONDE, par Rudy Spiessert (dessin), Denis Lapière, Pierre-Paul Renders (scénario) (coll. Expresso, Dupuis, 2007).

« Comme tout le monde » est un jeu télévisé, dont le principe consiste à trouver les réponses données par le plus grand nombre, par tout le monde… Jalil est le candidat le plus titré à ce jeu, et devient surveillé par un institut de sondage, la Somadi, qui voit là l’occasion d’éviter les fastidieux sondages pour n’interroger plus qu’une seule personne représentative de la population : Jalil. Pour que le malheureux entre, bien malgré lui, dans ce système, la société de sondage décide d’employer une comédienne, Claire qui, tout en le séduisant, va servir à lui demander son avis sur tout et n’importe quoi, pour déterminer les choix de tout le monde. Ainsi, si Jalil aime tel jean, telle boisson, ces derniers seront des succès de vente, que l’agence de sondage et de marketing mettra en avant. La même méthode est utilisée d’ailleurs également pour les personnalités politiques… Jalil le cobaye influence alors, sans s’en rendre compte, toute la société…

Sorte de Truman Show, l’histoire est bien menée, même si on peut se demander comment un homme ne peut pas voir que presque tout ce qu’il vit et voit, presque toutes les personnes qu’il cotoie sont fausses : ses voisins, ses magasins favoris… Seules sa famille et une collègue de travail font partie de la réalité. Cette fable légère s’attaque aux dérives de la société de consommation : l’influence des médias, le rôle des sondages et leur influence sur les citoyens, le travail précaire, le mensonge pour parvenir à ses fins…
L’album est agréable à lire : format (presque) carré, 140 pages, un découpage en cases non-répétitif, et des couleurs réalistes, pas vives.  Le trait est net, droit, réaliste, parfois même nerveux, rend la lecture agréable.

A la fin de ce volume, qui constitue l’intégrale des trois tomes initialement prévus, on trouve quelques informations sur la BD et sur le film du même nom. En effet, au départ, il ne s’agissait que d’un scénario de film, qui a été réalisé en BD à peu près en même temps que le film se tournait. Les deux ne sont pas du même genre, puisque le dessinateur n’a pas vu le film avant d’avoir fini son ouvrage ! (Pour info, je n’ai pas vu le film)
Pour plus d’infos sur le film avec Thierry Lhermitte et Chantal Lauby, voir ces liens sur Allociné et Première.

Mon impression : ça se lit bien, c’est parfois drôle, souvent réaliste. Ca laisse une assez bonne impression une fois terminé et permet de s’interroger sur la société actuelle.

Conseillé à partir de 15 ans par le site BD du CNDP.