Le port des marins perdus

LE PORT DES MARINS PERDUS, par Teresa Radice et Stefano Turconi (Glénat, 2016, coll. Treize étrange)

port marins

Un jeune garçon amnésique de 15 ans est retrouvé sur une plage du Siam par un officier de l’Explorer. Ne se rappelant que de son prénom, Abel, il est ramené au port de Plymouth, et va partir à la recherche de ses souvenirs perdus… Il découvre rapidement qu’il est en fait le fantôme du capitaine de l’Explorer, Abel Reynold Stevenson, qui aurait déserté en emmenant avec lui un trésor capturé à l’ennemi… Sauf qu’il ne se rappelle de rien… Il va donc tenter de raviver des souvenirs, en approchant les filles du défunt capitaine qui a jeté le déshonneur sur sa famille, mais sans dévoiler son identité. Il rencontre aussi Rebecca, prostituée à la chevelure flamboyante et tenancière de la maison close de la ville, qui est dans le même état que lui, et va l’aider à avancer…

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Ar-Men

AR-MEN, l’enfer des enfers, par Emmanuel Lepage (Futuropolis, 2017)

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En Bretagne, tout au bout des falaises fouettées par les vagues, se dresse Ar-Men, un phare de pierre de 29 mètres de hauteur, conçu pour affronter les éléments naturels souvent déchaînés dans cet endroit hostile. C’est le phare le plus exposé de Bretagne, au point qu’il est surnommé « l’Enfer des enfers ». Germain en est des gardiens, et cet endroit convient parfaitement à ce taiseux, lui permettant d’apprécier sa solitude et de ressasser ses souvenirs de sa vie d’avant… Un jour, alors que l’eau a envahi les premiers niveaux du bâtiment, il découvre des textes sous le crépi de l’escalier. C’est l’histoire de Moïzez, un Sénan adopté qui n’a jamais trouvé sa place sur l’île et a participé à la folle entreprise de construction du phare d’Ar-Men entre 1867 et 1881…

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Des cailloux à ma fenêtre [roman]

DES CAILLOUX À MA FENÊTRE, par Jessie Magana (Talents hauts, 2016, coll. Les héroïques)

cailloux fenetre

Marie est une adolescente qui vit sur l’île de Sein. En juin 1940, le général De Gaulle lance son fameux appel depuis Londres, et 128 hommes de l’île partent en Angleterre le rejoindre. Marie reste sur l’île avec sa mère, son frère aîné étant prisonnier sur le continent. Les hommes sont presque tous partis, il ne reste plus que les femmes, les enfants et les vieillards. Marie n’en peut plus d’attendre. Avec son amie Yvette, elle va accepter de mener des missions pour la résistance sur le continent. Au départ, les risques sont infimes, mais au fil du danger, les dangers encourus sont de plus en plus grands… Mais c’est aussi la rencontre avec Paul, breton originaire du Conquet et qui fait partie du même réseau de résistants… Pendant ce temps-là, Jean, un jeune Sénan qui fait partie du groupe d’hommes partis, attend à Londres d’être envoyé sur un bateau chasseur de sous-marins… Lire la suite

Le travailleur de la nuit

 LE TRAVAILLEUR DE LA NUIT, par Matz (scénario) et Léonard Chemineau (dessin) (Rue de Sèvres, 2017)
travailleur nuitRécit de la vie d’Alexandre Marius Jacob, né dans un milieu modeste à Marseille à la fin du XIXe siècle. Bercé par les récits de Jules Verne, il s’engage à 11 ans comme mousse à bord d’un bateau et voyage pendant quelques années sur les mers du monde, avant de revenir sur terre pour déserter, puis de vivre une vie de bandit, dépouillant de manière non-violente, avec sa bande, des rentiers, hommes d’église, et autres personnages qui profitent de la société… Après avoir étendu son activité sur toute la France, il a été capturé et envoyé au bagne. Son procès en 1905, fil rouge du début de cet album, permet de retracer la vie de cet homme aux croyances anarchistes, peu en phase avec la société de la première moitié du XXe siècle, et au destin hors du commun jusqu’à sa mort en 1954…

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Vive la marée

VIVE LA MARÉE, par David Prudhomme et Pascal Rabaté (Futuropolis, 2015)

Récit décousu, façon kaléidoscope, de quelques jours de vacances à la plage, du côté de la station populaire de Polovos… Tous les types de population s’y côtoient, des jeunes et des vieux, des familles et des jeunes fêtards, des naturistes et des « habillés »… non sans difficultés parfois !

Voici un album complètement de saison en ce mois de février, un album qui sent bon le mois d’août, la plage, le sable chaud… Du moins c’est l’idée que je m’en faisais en l’ouvrant… Je ne savais trop à quoi m’attendre, et à vrai dire, au bout de quelques pages, j’ai été décontenancée par l’absence de fil conducteur : il n’y a pas de héros bien déterminé, pas de personnage central qu’on suit au long des 120 pages… Mais les auteurs, qui ont écrit et dessiné ce récit ensemble, ont plutôt fait un album en sautant d’une situation à l’autre, en utilisant le plus souvent des angles intéressants, souvent un détail graphique ou un changement de prise de vue. Les situations décrites sont assez souvent amusantes, et décrochent un sourire tellement cela sent le vécu : entre bouchons à l’approche de la plage, espace naturiste, jeux dans et sur le sable, pêche aux coquillages, séjour au camping… chaque lecteur a forcément un jour ou l’autre connu l’une ou l’autre de ces situations, et c’est ce côté humain, très réaliste qui m’a plu dans cet album. Les auteurs en profitent pour égratigner certaines fois des caractères un peu forts, parmi lesquels les beaufs de tout âge ou encore les quinquagénaires qui se croient tout permis, mais je dois dire que plusieurs jours après cette lecture, il ne m’en reste pas de fortes traces non plus. Vive la marée est une lecture bien plaisante sur le coup, originale par sa forme de narration assez inédite, mais ce n’est pas non plus un coup de cœur. Le dessin est facilement reconnaissable, les couleurs claires et lumineuses, ce qui en fait tout de même un album que l’on parcourt d’une façon agréable et légère. Pour autant, j’ai préféré La Marie en plastique des deux mêmes auteurs, qui maniait aussi l’humour, mais d’une façon que je trouvais plus fine et plus déjantée…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisible, Blog à part, Bibliothèque du dolmen, Carnets d’une libraire, La ronde des post-it

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Un amour de BD.

Un été en apnée

UN ÉTÉ EN APNÉE, par Max de Radiguès (Sarbacane, 2014)

C’est l’été et Louise, en vacances à Montpellier, vient de rompre avec son petit ami Simon. Enfin c’est plutôt sa cousine Manon qui lui a changé son statut Facebook de « en couple » à « célibataire »… Manon l’entraîne alors à la chasse aux garçons. Par hasard, les deux ados croisent la route de Quentin et Luca, et les couples se forment, entre soirée au cinéma, cabane dans les arbres et baignade. Mais Louise n’est pas vraiment amoureuse de Quentin et ne se laisse pas faire quand celui-ci est un peu trop entreprenant ou l’appelle « bébé ». D’autant plus qu’Arthur, un ami des deux garçons et qui traîne avec eux, est souvent déconsidéré par Quentin. Louise supportant de moins en moins la situation précipite Quentin dans un bassin d’eau. Elle va sortir grandie de cette expérience estivale…

Voici l’album miroir de 520 kms. Cette fois, on a la vision de Louise, et je dois dire que cela change totalement mon opinion sur cette fille qui passait vraiment pour la méchante dans le premier tome. Là, elle est plutôt une ado influencée par sa cousine, et qui hésite dans ses décisions amoureuses : parfois elle regrette Simon, parfois non et se sent bien avec Quentin. Ce sont les premières amours adolescentes et Max de Radiguès a su mettre en scène une histoire aux apparences légères mais qui cache aussi un vrai fond : sont abordés les sujets de l’abus, de l’homosexualité, des familles recomposées… C’est donc aussi un album pour faire réfléchir, ce qui n’est pas toujours le cas dans les BD estampillées jeunesse. A noter aussi un passage très actuel, lorsque Luca parle des « Zanonimous » qui ont manifesté contre la crise, j’ai trouvé cette référence sympa, car elle ancre encore un peu plus l’histoire dans la réalité. Justement, en parlant de réalité, j’ai trouvé que cette histoire sonnait très juste, et que les hésitations de Louise paraissaient vraiment réalistes. Elle est particulièrement mature (bien plus que sa cousine Manon), mais en même temps, c’est une ado comme les autres, qui se pose de nombreuses questions de son âge. Max de Radiguès a réussi à capter et retranscrire avec tendresse et justesse les premiers émois adolescents. Son trait est toujours aussi reconnaissable et lisible. Les couleurs particulièrement claires donnent un album très agréable, qui sent le soleil et les vacances. Il est plus facile de comprendre l’histoire en ayant lu d’abord 520 kms : par exemple on repère facilement Simon dans la cabine téléphonique, alors que si on n’a pas lu le premier volume, on aurait plus tendance à se demander qui est ce personnage… Mais je pense aussi que cet album peut se lire de façon indépendante. C’est donc une très bonne surprise que cet album, qui apporte une vision toute autre que celle à laquelle je m’attendais. Je ne doute pas que les collégiens vont se ruer sur cet album dès qu’il sera sur le présentoir des nouveautés !!

Non mentionné sur l@BD, mais à partir de 10 ans je pense.

On en parle sur les blogs : La courte échelle, Chez Canel, Une autre histoire, La bibliothèque de Noukette, Comme dans un livre

Quelques planches sur le site de l’éditeur.

Paola Crusoé, tome 2

PAOLA CRUSOE,  tome 2 : LA DISTANCE, par Mathilde Domecq (Glénat, 2013, coll. Tchô !)

Suite du tome 1. Paola est toujours sur une île déserte avec son père, son grand frère Yoann et sa petite soeur Bénédicte. Ils ont appris à survivre depuis déjà plusieurs semaines sur cet îlot isolé, en construisant des pièges pour les poissons, un poulailler et une cabane et en mettant en place un jardin. De son côté, la mère de Paola est sans nouvelles d’eux, mais elle ne se résigne pas à les croire morts. Alors elle est partie à leur recherche, et deux mois après son départ de métropole, elle se retrouve en Guyane sans le sou. Embarquant clandestinement dans un bateau, elle va parvenir à convaincre l’équipage de l’aider.  Mais de leur côté, la saison des cyclones approchant, Paola et sa famille décide de tenter de quitter l’île…

Ce tome 2 est un album globalement agréable, car on retrouve Paola et sa famille avec un certain plaisir, même si un petit résumé du tome précédent n’aurait pas été inutile, histoire de se remémorer les actions principales du volume précédent. L’album est toujours de petit format, mais compte 90 pages tout de même, pour une histoire qui mêle l’histoire des naufragés sur l’île et les recherches de la mère/épouse. Le scénario est sympa, mais sans plus, car on pense que les retrouvailles vont avoir lieu dans ce tome, mais on sent bien au fur et à mesure que ça ne va pas être le cas… De plus, il y a des petits éléments irréalistes chez la mère qui m’ont moyennement plu, lors des passages dans le bateau en tant que clandestine. Ce tome 2 est donc un volume intermédiaire (j’espère !), avec les inconvénients inhérents à ce type de volume. Cependant, les couleurs utilisées sont toujours aussi vives, parfois même un peu trop, mais en même temps, cela reflète une nature luxuriante et ça reste aussi un album jeunesse. Je ne suis pas très fan des dessins, un peu trop étirés pour moi, mais ceci n’est purement qu’une question de goût.  La fin est bien trouvée, un peu frustrante au départ, mais finalement, après réflexion, c’est la bonne option qu’a prise l’auteur, pour donner envie de lire la suite, qui n’est pas encore sortie. Dommage que la couverture ne soit pas une scène représentée dans l’histoire, car c’est un peu trompeur. Pour conclure, quelques petits bémols cités précédemment me font dire que ce n’est pas ma série jeunesse préférée, mais que cela reste tout de même une série de qualité qui revisite de façon moderne l’histoire de Robinson.

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Les chroniques de Madoka, Une autre histoire, La boîte à histoires

Premières planches à voir sur Izneo.

Visiter le blog de l’auteur, plus mis à jour depuis mai 2013.