BD fait de société

Vive la marée

VIVE LA MARÉE, par David Prudhomme et Pascal Rabaté (Futuropolis, 2015)

Récit décousu, façon kaléidoscope, de quelques jours de vacances à la plage, du côté de la station populaire de Polovos… Tous les types de population s’y côtoient, des jeunes et des vieux, des familles et des jeunes fêtards, des naturistes et des « habillés »… non sans difficultés parfois !

Voici un album complètement de saison en ce mois de février, un album qui sent bon le mois d’août, la plage, le sable chaud… Du moins c’est l’idée que je m’en faisais en l’ouvrant… Je ne savais trop à quoi m’attendre, et à vrai dire, au bout de quelques pages, j’ai été décontenancée par l’absence de fil conducteur : il n’y a pas de héros bien déterminé, pas de personnage central qu’on suit au long des 120 pages… Mais les auteurs, qui ont écrit et dessiné ce récit ensemble, ont plutôt fait un album en sautant d’une situation à l’autre, en utilisant le plus souvent des angles intéressants, souvent un détail graphique ou un changement de prise de vue. Les situations décrites sont assez souvent amusantes, et décrochent un sourire tellement cela sent le vécu : entre bouchons à l’approche de la plage, espace naturiste, jeux dans et sur le sable, pêche aux coquillages, séjour au camping… chaque lecteur a forcément un jour ou l’autre connu l’une ou l’autre de ces situations, et c’est ce côté humain, très réaliste qui m’a plu dans cet album. Les auteurs en profitent pour égratigner certaines fois des caractères un peu forts, parmi lesquels les beaufs de tout âge ou encore les quinquagénaires qui se croient tout permis, mais je dois dire que plusieurs jours après cette lecture, il ne m’en reste pas de fortes traces non plus. Vive la marée est une lecture bien plaisante sur le coup, originale par sa forme de narration assez inédite, mais ce n’est pas non plus un coup de cœur. Le dessin est facilement reconnaissable, les couleurs claires et lumineuses, ce qui en fait tout de même un album que l’on parcourt d’une façon agréable et légère. Pour autant, j’ai préféré La Marie en plastique des deux mêmes auteurs, qui maniait aussi l’humour, mais d’une façon que je trouvais plus fine et plus déjantée…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisible, Blog à part, Bibliothèque du dolmen, Carnets d’une libraire, La ronde des post-it

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Un amour de BD.

BD jeunesse, BD sentimentale

Un été en apnée

UN ÉTÉ EN APNÉE, par Max de Radiguès (Sarbacane, 2014)

C’est l’été et Louise, en vacances à Montpellier, vient de rompre avec son petit ami Simon. Enfin c’est plutôt sa cousine Manon qui lui a changé son statut Facebook de « en couple » à « célibataire »… Manon l’entraîne alors à la chasse aux garçons. Par hasard, les deux ados croisent la route de Quentin et Luca, et les couples se forment, entre soirée au cinéma, cabane dans les arbres et baignade. Mais Louise n’est pas vraiment amoureuse de Quentin et ne se laisse pas faire quand celui-ci est un peu trop entreprenant ou l’appelle « bébé ». D’autant plus qu’Arthur, un ami des deux garçons et qui traîne avec eux, est souvent déconsidéré par Quentin. Louise supportant de moins en moins la situation précipite Quentin dans un bassin d’eau. Elle va sortir grandie de cette expérience estivale…

Voici l’album miroir de 520 kms. Cette fois, on a la vision de Louise, et je dois dire que cela change totalement mon opinion sur cette fille qui passait vraiment pour la méchante dans le premier tome. Là, elle est plutôt une ado influencée par sa cousine, et qui hésite dans ses décisions amoureuses : parfois elle regrette Simon, parfois non et se sent bien avec Quentin. Ce sont les premières amours adolescentes et Max de Radiguès a su mettre en scène une histoire aux apparences légères mais qui cache aussi un vrai fond : sont abordés les sujets de l’abus, de l’homosexualité, des familles recomposées… C’est donc aussi un album pour faire réfléchir, ce qui n’est pas toujours le cas dans les BD estampillées jeunesse. A noter aussi un passage très actuel, lorsque Luca parle des « Zanonimous » qui ont manifesté contre la crise, j’ai trouvé cette référence sympa, car elle ancre encore un peu plus l’histoire dans la réalité. Justement, en parlant de réalité, j’ai trouvé que cette histoire sonnait très juste, et que les hésitations de Louise paraissaient vraiment réalistes. Elle est particulièrement mature (bien plus que sa cousine Manon), mais en même temps, c’est une ado comme les autres, qui se pose de nombreuses questions de son âge. Max de Radiguès a réussi à capter et retranscrire avec tendresse et justesse les premiers émois adolescents. Son trait est toujours aussi reconnaissable et lisible. Les couleurs particulièrement claires donnent un album très agréable, qui sent le soleil et les vacances. Il est plus facile de comprendre l’histoire en ayant lu d’abord 520 kms : par exemple on repère facilement Simon dans la cabine téléphonique, alors que si on n’a pas lu le premier volume, on aurait plus tendance à se demander qui est ce personnage… Mais je pense aussi que cet album peut se lire de façon indépendante. C’est donc une très bonne surprise que cet album, qui apporte une vision toute autre que celle à laquelle je m’attendais. Je ne doute pas que les collégiens vont se ruer sur cet album dès qu’il sera sur le présentoir des nouveautés !!

Non mentionné sur l@BD, mais à partir de 10 ans je pense.

On en parle sur les blogs : La courte échelle, Chez Canel, Une autre histoire, La bibliothèque de Noukette, Comme dans un livre

Quelques planches sur le site de l’éditeur.

BD aventure, BD jeunesse

Paola Crusoé, tome 2

PAOLA CRUSOE,  tome 2 : LA DISTANCE, par Mathilde Domecq (Glénat, 2013, coll. Tchô !)

Suite du tome 1. Paola est toujours sur une île déserte avec son père, son grand frère Yoann et sa petite soeur Bénédicte. Ils ont appris à survivre depuis déjà plusieurs semaines sur cet îlot isolé, en construisant des pièges pour les poissons, un poulailler et une cabane et en mettant en place un jardin. De son côté, la mère de Paola est sans nouvelles d’eux, mais elle ne se résigne pas à les croire morts. Alors elle est partie à leur recherche, et deux mois après son départ de métropole, elle se retrouve en Guyane sans le sou. Embarquant clandestinement dans un bateau, elle va parvenir à convaincre l’équipage de l’aider.  Mais de leur côté, la saison des cyclones approchant, Paola et sa famille décide de tenter de quitter l’île…

Ce tome 2 est un album globalement agréable, car on retrouve Paola et sa famille avec un certain plaisir, même si un petit résumé du tome précédent n’aurait pas été inutile, histoire de se remémorer les actions principales du volume précédent. L’album est toujours de petit format, mais compte 90 pages tout de même, pour une histoire qui mêle l’histoire des naufragés sur l’île et les recherches de la mère/épouse. Le scénario est sympa, mais sans plus, car on pense que les retrouvailles vont avoir lieu dans ce tome, mais on sent bien au fur et à mesure que ça ne va pas être le cas… De plus, il y a des petits éléments irréalistes chez la mère qui m’ont moyennement plu, lors des passages dans le bateau en tant que clandestine. Ce tome 2 est donc un volume intermédiaire (j’espère !), avec les inconvénients inhérents à ce type de volume. Cependant, les couleurs utilisées sont toujours aussi vives, parfois même un peu trop, mais en même temps, cela reflète une nature luxuriante et ça reste aussi un album jeunesse. Je ne suis pas très fan des dessins, un peu trop étirés pour moi, mais ceci n’est purement qu’une question de goût.  La fin est bien trouvée, un peu frustrante au départ, mais finalement, après réflexion, c’est la bonne option qu’a prise l’auteur, pour donner envie de lire la suite, qui n’est pas encore sortie. Dommage que la couverture ne soit pas une scène représentée dans l’histoire, car c’est un peu trompeur. Pour conclure, quelques petits bémols cités précédemment me font dire que ce n’est pas ma série jeunesse préférée, mais que cela reste tout de même une série de qualité qui revisite de façon moderne l’histoire de Robinson.

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Les chroniques de Madoka, Une autre histoire, La boîte à histoires

Premières planches à voir sur Izneo.

Visiter le blog de l’auteur, plus mis à jour depuis mai 2013.

BD aventure, BD fait de société, BD jeunesse

Une épatante aventure de Jules, tome 5 : la question du père

UNE ÉPATANTE AVENTURE DE JULES, tome 5 : LA QUESTION DU PÈRE, par Emile Bravo (Dargaud, 2006)

Jules est un ado qui n’aime pas les cours de sport. Avec son meilleur ami, il décide de sécher ce cours pour se rendre au cinéma. Tout semble se passer pour le mieux, même si la salle de projection est quasi vide et que le film Moby Dick ne l’emballe pas du tout. Mais les bobines du film prennent feu, et il faudra l’intervention des pompiers pour sauver les jeunes garçons des flammes. La punition ne se fait pas attendre : dans le bureau du directeur du collège, les deux ados avec leurs parents à leurs côtés apprennent qu’ils vont devoir faire un stage de voile pendant un week-end, dans un centre nautique en Bretagne… Peu enthousiaste à l’idée de ces deux jours à la mer, Jules ne rêve que de revoir son amie Janet dont il est secrètement amoureux et avec laquelle il discute via internet… Mais avant, son père décide de l’emmener, lui et son frère, à la chasse, pour en faire un homme, mais un accident malencontreux va ternir la sortie familiale. Jules se rend ensuite en Bretagne, où avec Joris, il est pris en charge par le jeune et dynamique père Antoine. La première sortie en voilier ne va pas non plus se passer comme prévu…

Voici une nouvelle aventure de Jules, après le tome 6 lu l’an dernier.. Je ne les lis pas dans l’ordre (aucun numéro n’est indiqué sur la première de couverture et sur la page de titre), mais cela n’empêche pas de comprendre. Le personnage de Jules est agréable, il a des préoccupations de son âge, tout en étant également très mature sur certaines questions. Ses réflexions sont parfois très justes ou très drôles. J’ai aimé lire cette histoire (moins tordue que le tome 6, car plus réaliste), assez réaliste pour y voir certaines vérités : on sent qu’Emile Bravo veut dénoncer certains éléments de la société (au départ par exemple sur les établissements scolaires catholiques), les piques étant plus ou moins dissimulées dans les bulles. Par contre, l’histoire contient toujours autant de texte, et il faut vraiment être concentré pour lire, car ce n’est pas une lecture légère. De plus, et c’est là plutôt un avantage, le scénario est parfois très pédagogique, mais sans pour autant être désagréable à lire ou faire trop cours de collège. Bref, j’ai appris pas mal de choses sur la voile, car il y a bon nombre de vocabulaire spécifique, et avec parfois des explications de vocabulaire. Il y a aussi des passages très drôles, avec des jeux de mots par exemple, et ceux qui aiment la voile seront ravis de voir la large part accordée au stage nautique. Bref, cet album mêle le sérieux et l’humour, d’une façon très agréable, les thèmes abordés sont divers (la religion, la famille, la voile, l’amitié…) et le lecteur ne s’ennuie pas avec les aventures de cet ado touchant et qui parle vrai. Le dessin d’Emile Bravo est reconnaissable, simple mais efficace : je ne suis pas en terrain inconnu et j’apprécie toujours autant ce trait. Je pense continuer avec les autres volumes, car ça m’a l’air d’être une bien bonne série jeunesse…

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Bullles, Le génépi et l’argousier, Les lectures de Marie

Deux planches originales à voir sur le site non-officiel de l’auteur.

BD adaptation, BD aventure

A bord de l’Etoile Matutine, librement adapté du roman de Pierre Mac Orlan

A BORD DE L’ETOILE MATUTINE, librement adapté du roman de Pierre Mac Orlan, par Riff Reb’s (Soleil, 2009, coll. Noctambule)

Un homme vieillissant fait la lecture du roman de sa jeunesse au début du XVIIIe siècle. Il y raconte un premier meurtre alors qu’il n’était que jeune adolescent puis sa participation au monde des « gentilshommes de fortune », autrement dit les pirates. Il embarque à bord de l’Etoile Matutine, et évoque tour à tour les abordages et les pillages, le sort d’une diva abandonnée sur une île, la menace de la peste noire à Veracruz, les « naufrageurs » bretons (pilleurs d’épaves)…

C’est le 2ème album de Riff Reb’s que je lis, après le très réussi « Le loup des mers« , qui était lui adapté d’une oeuvre de Jack London. A bord de l’étoile Matutine a été publié 3 ans avant Le loup des mers, le dessin est le même, les personnages ont vraiment des visages particuliers et reconnaissables, les pirates ont des visages torturés par le sel et l’aventure sur les océans. Certains font vraiment peur et correspondent tout à fait à l’image qu’on se fait des pirates au XVIIIème siècle. Le trait de Riff Reb’s est réaliste, complexe et très agréable à regarder, car il faut chercher les détails. Il alterne les gros plans sur les visages avec les paysages, sur terre ou sur mer, ce sont vraiment des dessins magnifiques. Au niveau des couleurs, comme pour Le loup des mers, il y a une couleur principale par planche, ce qui participe à l’ambiance de l’album. Bref, rien à dire sur le dessin, toujours au top. Par contre au niveau du scénario, j’ai été moins conquise, car l’histoire est beaucoup plus décousue : il s’agit de tranches de jeunesse du narrateur devenu vieux, alors que suite à ses méfaits sur terre, il s’est engagé comme pirate à bord de l’Etoile Matutine. Chaque chapitre aborde un moment différent, et j’ai trouvé que tout cela était assez décousu : on passe d’un épisode à l’autre, certes avec des personnages en commun, mais c’est à chaque fois une nouvelle petite histoire. J’ai donc eu du mal à lire cet album en une seule fois, je n’ai pas été spécialement emportée par l’histoire, d’autant que le jeune garçon narrateur de l’histoire est assez effrayant (avec ce qu’il a fait sur la terre ferme avant de suivre les pirates). Il y a vraiment trop de cruauté et de violence pour moi dans cet album. Je place donc cet album en dessous du Loup des mers, mais j’espère bien continuer ma découverte des œuvres de Riff Reb’s…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Les riches heures de Fantasia, Temps de livres, Ivres de lecture, Bulles picardes

BD aventure

Belem, tome 1 : le temps des naufrageurs

BELEM, tome 1 : LE TEMPS DES NAUFRAGEURS, par Jean-Yves Delitte (Glénat / Chasse-Marée, 2006, coll. Grafica)

Récit du premier voyage du trois-mâts le Belem, depuis son départ de Saint Nazaire en juillet 1896 jusqu’à Belem au Brésil en passant par Montevideo en Uruguay. Sous le commandement du capitaine Lemerle, le jeune mousse Gwénolé Leguadek, 13 ans, raconte cette traversée de l’Atlantique, avec les tempêtes, mais aussi le sauvetage de quatre mystérieux naufragés, qui font douter le capitaine. Le Belem, initialement affrété par une célèbre entreprise de chocolat, doit  aussi transporter de Montevideo au Brésil des mules pour le tout nouveau tramway de la ville, mais le voyage ne va pas se passer comme prévu… En effet, un complot est monté entre les deux hommes rescapés et le fils du capitaine, officier et apprenti-pilote…

C’est le début d’une série de 4 tomes autour du célèbre bateau, commandée par la fondation Belem. L’intrigue est simple, et se base sur l’histoire réelle du bateau pour son premier voyage. En revanche, il y a aussi de la fiction avec l’hypothèse des deux naufragés recueillis et fomentant un complot envers leurs sauveteurs. L’explication de l’incendie à l’approche de Belem relève elle aussi de l’imagination de l’auteur, car il n’y en aurait pas trace dans le journal de bord du capitaine. Bref, cette histoire mêle fiction et réalité, et se lit de façon très fluide. Les dessins sont très beaux, très minutieux. Les différents plans du bateau sont particulièrement détaillés (Jean-Yves Delitte est peintre officiel de la Marine en Belgique), c’est vraiment magnifique. Les fonds noirs ou blancs, en alterné, confèrent une ambiance différente à l’histoire, et les couleurs y contribuent également. C’est donc une lecture agréable, qui même si elle ne me marquera pas spécialement, m’a permis d’être dépaysée et de voyager facilement, sans avoir le mal de mer !!

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Stef au pays des livres, Chroniques de l’invisible (Yaneck), Doucettement (Violette), SambaBD

Extrait à lire sur le site Izneo.

Lire une interview à propos de la série et d’une exposition qui a eu lieu au Havre.

BD adaptation, BD aventure

Le loup des mers, librement adapté du roman de Jack London

LE LOUP DES MERS, librement adapté du roman de Jack London, par Riff Reb’s (Soleil, 2012, coll. Noctambule)

Dans la baie de San Francisco, après le naufrage du ferry-boat Martinez, Humphrey Van Weyden, un gentleman fluet, critique littéraire de profession, est recueilli sur « Le fantôme », une goélette dirigée par le capitaine Loup Larsen. Pensant au départ être ramené à terre, Humphrey va vite déchanter : il est enrôlé de force comme mousse par le terrifiant capitaine de goélette, qui s’avère être buveur, violent mais aussi très cultivé. Leur direction : le Japon, pour y chasser le phoque. Autant dire que le voyage va être bien long pour celui qui ne devait au départ que traverser la baie de San Francisco. Entre les deux hommes, une drôle de relation va se nouer, entre admiration et mépris. Les joutes verbales vont se multiplier, mais il n’en reste pas moins que Loup Larsen a toujours le dessus lorsqu’il s’agit de décider de la vie de ses passagers, marins engagés volontairement ou non. Et lorsque, à la suite d’une tempête, une femme arrive à bord, elle va être l’objet de la convoitise du capitaine et de « Hump », qui n’en peut plus de ce voyage forcé…

Whah, quel album ! Je ne pensais pas, en voyant la couverture, que cet album me plairait autant. L’histoire de Jack London est magnifiquement servie par un dessin vif, usant de très peu de couleurs (une par chapitre, qui donne une teinte particulière à l’histoire). Les portraits de Loup Larsen sont particulièrement réussis, et le rendent aussi fascinant qu’effrayant. Le trait est particulier au départ, mais on s’y fait vite, et il est au final complètement adapté pour cette histoire maritime. Le personnage du capitaine, véritable force de la nature, est impressionnant par sa carrure, son érudition, mais aussi sa cruauté, lorsque par exemple il laisse volontairement deux de ses marins se noyer sans leur porter assistance, car ceux-ci avaient auparavant tenté plusieurs fois de le tuer. Loup Larsen fait régner une ambiance très lourde sur son bateau, et parvient toujours à déjouer les plans visant à le supprimer. Il est vraiment impressionnant et on sent que Humphrey (le narrateur de l’histoire) est à la fois impressionné lui aussi par les capacités physiques et intellectuelles de cet homme, mais aussi complètement transi de peur face à lui. Le scénario est donc particulièrement bien construit, l’atmosphère est tendue et Riff Reb’s parvient sans problème à nous embarquer dans ce récit. On ressort chamboulé par ce huis-clos pesant par tant de cruauté, avec une impression que pour Humphrey, il n’existe pas de solution meilleure qu’une autre (ou plutôt moins pire). Sur la fin, avec l’arrivée de Maud, on espère une fin heureuse, personnellement j’y ai cru jusqu’à la dernière page, mais… Bref, Le loup des mers est un album à ne surtout pas manquer !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle (pas mal) sur les blogs : Chroniques de l’invisible, Temps de livres, OliV, Noukette, Mitchul, D’une berge à l’autre

Interview de l’auteur à lire sur le blog BD de Madmoizelle.

Cet album a été primé lors du festival Quai des bulles à Saint Malo en 2013 (prix Ouest-France), et a aussi reçu le prix BD Fnac 2013.

Les 6 premières planches sont à voir (et à admirer !) sur le site de l’éditeur.

Le roman original de Jack London est à lire sur le site ebooksgratuits (en PDFhtml, ePub…)

BD aventure, BD jeunesse

Paola Crusoé, tome 1 : naufragée

PAOLA CRUSOÉ, tome 1 : NAUFRAGÉE, par Mathilde Domecq (Glénat, 2012, coll. Tchô!)

Paola est partie en croisière sur le Britannia avec son frère, sa soeur et son père. Sa mère, trop prise par son travail, est restée en métropole. Mais le bateau fait naufrage, et tous les passagers sont annoncés disparus. Mais en réalité, il n’en est rien : Paola, son frère et son père se sont échoués sur une île déserte. Ils retrouvent une jeune femme quelque peu directive, ainsi qu’un peu plus tard Bénédicte, la petite sœur de la famille. Tous les cinq vont essayer de trouver un moyen de quitter l’île pour retrouver le monde civilisé…

Voici un album jeunesse assez intéressant. Il reprend l’histoire de Robinson, avec la survie sur une île déserte, et la mise en place d’un nouveau mode de fonctionnement, tout en le rendant plus proche de nous avec une histoire moderne. Il s’agit plus d’un album introductif, car la fin est ouverte, et pose plein de questions, mais c’est tout de même un concept intéressant. Les couleurs sont vives, agréables. L’album est plus petit qu’un A4, donc facile à prendre en main pour les jeunes lecteurs. Mais cet album a aussi des défauts : il comporte des incohérences et des facilités. Par exemple, dès la seconde page, le père qui était dans l’eau arrive sur la plage, et comme par hasard retrouve ses lunettes. Cela paraît également difficile à croire que Paola retrouve son téléphone portable qui fonctionne encore après pourtant avoir séjourné dans l’eau… Et comme par hasard, il n’y a que la famille de Paola et la jeune femme qui ont survécu au naufrage… Sacré coup de chance, n’est-ce pas ? Le dessin fait assez enfantin, avec des parties du corps accentuées : Paola a une grosse tête sur un petit corps. Il plaira certainement aux jeunes lecteurs, qui s’identifieront à l’héroïne, toujours de bonne humeur et disposée à aider les autres rescapés. Bref, un album plein de bons sentiments, complètement adressé à un jeune public. Pas sûre que les plus grands y trouvent leur compte, mais les petits oui, sans doute…

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Délivrer des livres, Un petit bout de bib’, Eien blog, Des livres et les enfants

Ps : le tome 2 vient de sortir le 6 novembre dernier !

Les premières pages à lire sur le site de la collection.

BD fantastique, BD jeunesse

Octave et le cachalot

OCTAVE, tome 1 : OCTAVE ET LE CACHALOT, par David Chauvel et Alfred (Delcourt jeunesse, 2003)

https://i0.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/9/4/0/000789940.jpgOctave est un petit garçon qui vit avec sa mère dans une maison au bord de la mer, sur l’île d’Avel. Mais il n’aime pas la mer, « c’est froid, c’est mouillé et ça sent mauvais ». Une nuit, un appel le réveille dans son rêve. Il va à la fenêtre et découvre  une grosse ombre sur la plage. Il s’y rend et découvre un cachalot échoué, qui lui parle et lui demande de l’aider. Octave, qui n’aime pas la mer depuis qu’elle lui a pris son père, aide l’animal. Il se rend sur une île proche, trouve le farfadet qui commande la mer , et lui demande de l’aider à remettre le cachalot à l’eau. Le farfadet provoque alors une tempête, mais la barque du petit garçon se décroche. Alors qu’il est en train de se noyer pour rattraper son embarcation, c’est au tour de l’animal de venir à l’aide du petit garçon, et le ramène sain et sauf à terre…

Voici une très courte histoire fantastique en 32 pages, où l’intrigue est très simple. L’album se lit très vite (peut-être trop), on voit bien qu’il est destiné aux jeunes lecteurs : le texte est écrit en gros caractères, les dessins sont simples sans trop de détails, il y a de grands blancs entre les cases. Il y a une belle incohérence à la fin, lorsqu’on voit le cachalot tout au bord de la mer, en train de saluer Octave avant de repartir vers le large : il n’y a pas assez d’eau… Mais bon, c’est quand même un bel album sur la mer, une gentille petite histoire, on sentirait presque l’air marin. A noter enfin qu’il y a d’autres tomes des aventures d’Octave : Octave et le fou de bassan, Octave et la daurade royale, Octave et le manchot papou (oui, oui, ce sont bien les vrais titres !).

A partir de 5 ans d’après l@BD.

On en parle sur les blogs : Wawaa, Le grenier de Choco.

Nombreuses séquences pédagogiques pour les élèves de primaire : Monécole, académie d’Aix-Marseille, i-profs. Questionnaire pour un rallye-lecture sur un blog.

Quelques planches à voir sur le site i-profs.

Cet album participe au challenge « à la découverte des prénoms », lancé par Capocapesdoc.

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BD aventure, BD jeunesse

Esteban, tome 3 : la survie

ESTEBAN, tome 3 : LA SURVIE, par Matthieu Bonhomme (Dupuis, 2009)

https://i2.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/1/8/9/000628189.jpgSuite du tome 2. L’équipage du baleinier « Le Leviathan » est coincé dans les glaces de l’Antarctique après la course-poursuite contre un baleinier à vapeur. Ca s’annonce mal, les réserves de nourriture sont bientôt épuisées. Après avoir réfléchi avec son second, le capitaine décide de descendre sur la banquise les tonneaux d’huile de baleine, pour éviter qu’elles ne coulent avec le bateau. Il demande aussi à son équipage de monter à bord des six canots, pour tenter de remonter vers le nord. Lui et Esteban se retrouvent dans la même embarcation, et tentent d’éviter les nombreux icebergs qui se présentent… Mais bientôt, ils perdent de vue les autres barques, et sans boussole doivent survivre tant bien que mal dans un univers qui leur est grandement hostile…

Changement d’éditeur (et titre raccourci) pour la série « Esteban », mais le dessin reste le même que dans les deux tomes précédents. L’histoire du jeune indien est toujours aussi intéressante, on en apprend plus sur sa famille et le lien qui l’unit au capitaine, on rêve avec ses légendes indiennes… Bref, un tome agréable, avec un dessin orienté jeunesse, mais qui nous entraîne dans ces régions froides. L’atmosphère n’est jamais vraiment défaitiste, même si la fin paraît très proche. Les personnages gagnent en profondeur dans cet album qui se lit vite, tellement il est court (56 pages seulement). Le tome 4 est sorti en 2012 et un tome 5 serait prévu selon l@BD… Si je peux les trouver un jour, je me pencherai dessus ! Une série à essayer !

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur le web : A propos de livres, Graphivore.

Feuilleter les premières planches sur le site de Bandgee,  et voir ci-dessous la bande annonce : 

Enfin, cet album participe au challenge « à la découverte des prénoms », lancé par Capocapesdoc.

https://i0.wp.com/a395.idata.over-blog.com/2/24/31/24/Mes-Images-5/challenge-a-la-decouverte-des-prenoms-3.jpg