Le prince et la couturière

LE PRINCE ET LA COUTURIÈRE, par Jen Wang (Akileos, 2018)

Le prince Sébastien est un cœur à prendre. Mais il semble peu intéressé pour se trouver une princesse à épouser. Ce sont ses parents surtout qui s’inquiètent et tentent d’organiser des rendez-vous pour que des jeunes filles rencontrent leur fils. Sébastien, lui, préfère s’habiller en robes, et quand il découvre lors d’un bal la tenue très originale d’une princesse, il demande à faire venir secrètement sa couturière. Cette dernière, Frances, déconsidérée dans l’atelier où elle travaille, accepte la proposition la proposition d’embauche pour le mystérieux envoyé qui vient la chercher à son travail. Quelques temps plus tard, elle découvre l’identité de son employeur et lui crée des robes toutes plus originales les unes que les autres… Sébastien, lors des soirées mondaines, devient Lady Cristallia. Il approche même madame Aurelia, la couturière dont Frances est totalement fan. Mais comment gérer l’identité secrète de Sébastien/Lady Cristallia et en même temps la volonté de Frances de devenir une couturière renommée ?

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La vie de tous les jours

LA VIE DE TOUS LES JOURS, par Mickaël Roux (Bamboo, 2015)

Mickaël est un auteur de bande dessinée qui manque parfois d’inspiration. C’est aussi le papa du jeune Léon. Il nous raconte, non sans humour, sa vie de famille avec sa compagne et son fils, entrecoupé parfois de problèmes existentiels ou superficiels, de superhéros et autres moments déjantés… Lire la suite

La douce

LA DOUCE, par François Schuiten (Casterman, 2012)

Léon Van Bel est un machiniste-mécanicien en fin de carrière. Très attaché à sa locomotive, la 12.004, il refuse d’abandonner son métier et sa machine, alors que les trains et les lignes de chemin de fer sont progressivement supprimés au profit de lignes de téléphériques. Ne renonçant pas, il décide de cacher sa machine de vingt mètres de long dans un entrepôt, mais est dénoncé. La locomotive est envoyée dans un cimetière de ferraille avec les autres engins, mais Léon va tout faire pour la retrouver…

Voici un album bien original de par son sujet. Je crois que c’est la première fois que je lis un album sur le sujet des trains, ou plutôt des locomotives. Je m’attendais, je ne saurais dire pourquoi, à des planches en couleurs, mais en fait ce n’est que du noir et blanc. J’ai été au départ déconcertée mais au final ce rendu particulier est très agréable, et donne un côté attachant à l’histoire. Même si tout paraît réel, on est dans un monde qui n’existe pas, où les locomotives à vapeur ont été remplacées par des téléphériques qui sillonnent le pays en passant pas des pylônes garants, certains servant de gare. C’est donc une situation hors du commun, assez difficile à appréhender au départ, moi qui m’attendait à une histoire classique et réaliste… même si de la part de François Schuiten, je n’attendais pas une histoire réaliste… Cela m’a fait penser à Bruxelles, du duo François Schuiten et Benoît Peeters, que j’ai lu l’été dernier sans prendre le temps de le chroniquer sur ce blog : le contexte fait très réel, mais pour autant il y a des éléments irréalistes, qui ne sont absolument pas plausibles dans notre monde. Pour tout dire, j’ai trouvé l’histoire agréable mais sans plus. Nul doute qu’elle doit plaire aux passionnés de trains, car on a la locomotive très détaillée sous tous les plans, mais le sujet est loin d’être universel. Le dessin est cependant très documenté, on prend plaisir à regarder chaque case dessinée minutieusement. Le jeu des ombres est particulièrement travaillé, tout comme les changements d’angles de vue. J’ai aimé dans la mesure où ça me change de mes lectures habituelles, mais le thème m’a moyennement plu et le scénario se déploie un peu trop lentement parfois. Les personnages sont assez (trop ?) mystérieux, entre la jeune fille muette dont on ne connaît pas les intentions et le cheminot qui ne vit que pour sa locomotive… Par contre, il y a l’esprit jusqu’au-boutiste du cheminot voulant sauver sa loco qui est le cœur du scénario et peut intéresser au-delà des passionnés de chemin de fer. Enfin, l’album se conclut par d’intéressantes explications sur le train qui existe réellement dans un petit dossier documentaire en fin d’album, après 80 planches tout de même qui m’ont quelquefois parues interminables… Un album à tester pour son originalité, même si je suis très moyennement convaincue…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Le génépi et l’argousier, Blog culturel, Vu des yeux d’OliBD, Blog Brother, Sur un petit nuage, Chroniques de l’invisible

Premières planches à voir sur Izneo.

Aller voir le site consacré à l’album et à la locomotive, avec entre autres une expérience de réalité augmentée.

Dessinateurs de presse [hommage aux dessinateurs de Charlie Hebdo]

DESSINATEURS DE PRESSE : ENTRETIENS AVEC CABU, CHARB, KROLL, LUZ, PETILLON, SINE, WILLEM ET WOLINSKI, par Numa Sadoul (Glénat, 2014)

Interviews de grands dessinateurs de presse belge ou français réalisées depuis 2006, sur leur métier, la satire, la caricature, la liberté d’expression, les scandales qui ont émaillé leurs carrières… Parmi ces dessinateurs, trois faisaient partie de l’équipe de Charlie Hebdo décimée le 7 janvier 2015 : Cabu, Charb et Wolinski.

Voici un ouvrage que j’ai lu (en partie seulement) dans le cadre de l’hommage organisé aujourd’hui sur la blogosphère, une semaine après l’horrible attentat dont ont été victimes des dessinateurs et journalistes de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo ainsi que d’autres français anonymes, lors de ce qui était le premier des trois jours de terreur qu’a connus la France en ce début janvier 2015. Difficile pour moi de trouver un ouvrage d’un des dessinateurs disparus que ce soit en bibliothèque ou en librairie, donc je me suis rabattue sur ce documentaire, le seul ouvrage qu’il restait dans ma petite librairie locale… 213 pages d’interviews ponctuées de fiches d’identité des auteurs (remplies le plus souvent avec humour) et de nombreux dessins de presse (sourcés et datés uniquement en fin d’ouvrage, ce qui est un peu dommage). Environ 25 pages d’interview par dessinateur, cela donne un livre dense et riche d’informations, qui ne peut se lire d’un seul trait, mais plutôt par « touches ». J’ai parcouru uniquement pour l’instant les interviews des trois dessinateurs disparus, et j’ai réellement appris plein de choses sur Charlie Hebdo et Hara Kiri, sur le processus de création d’un dessin de presse et sur la façon dont on considérait la presse dans les années 1960 et ensuite… Les questions des menaces et des risques sont aussi posées sans détour, de même que celles sur l’engagement politique. Les interviews sont retranscrites telles quelles et on a presque l’impression de les entendre répondre, d’entendre les intonations… puisque le style est très oral parfois. Je crois que je continuerai très bientôt avec les autres interviewés de ce livre, pour voir comment eux aussi, actuels ou anciens de Charlie Hebdo ou d’autres titres de presse, voient la liberté d’expression au 21ème siècle.

Dessinateurs de presse est, encore plus après les événements tragiques de la semaine dernière, un ouvrage à placer en première ligne dans sa bibliothèque.

A partir de 15 ans selon l@BD.

Plus d’infos sur cet hommage de la blogosphère sur l’article consacré sur « Chroniques de l’invisible », le blog de Yaneck.

Voir sur le site l@BD la (très courte) sélection hommage à Charlie Hebdo.

Pour cette journée spéciale dessinateurs de Charlie Hebdo, allez voir les avis et articles des autres blogueurs :