Le rapport de Brodeck, tome 1

LE RAPPORT DE BRODECK, tome 1 : L’AUTRE, par Manu Larcenet (Dargaud, 2015, d’après le roman de Philippe Claudel)

brodeck1Dans un coin perdu de montagne, un soir d’hiver, Brodeck arrive à l’auberge Schloss. Là, tous les hommes sont réunis, et Brodeck comprend qu’il vient de se passer quelque chose de grave : les hommes viennent de tuer l’étranger, surnommé l’Anderer, dont on ne connaissait pas le nom ni les intentions… Brodeck, le seul qui semble savoir écrire, mais aussi un étranger à cette communauté, est chargé, sous la contrainte, de rédiger un rapport sur cet inconnu qui semblait suspect aux yeux de tous… Mais en dehors du rapport officiel, l’homme va rédiger dans un carnet secret ce qui s’est vraiment passé, raconter la lâcheté, la collaboration, l’horreur… mais il n’ignore pas qu’il est surveillé à cause de ses écrits…

Lire la suite

Publicités

Hors piste [roman]

HORS PISTE, par Sophie Adriansen (Slalom, 2018)

hors piste

Marion est en 3e et ses parents l’envoient comme tous les ans en colonie pendant les vacances d’hiver. Direction les stations de ski… Pourtant, cela lui déplaît fortement, car elle avait d’autres projets pour les vacances. Sa motivation est au plus bas lorsqu’elle apprend qu’elle devra se passer de son téléphone portable pendant le séjour… Dans le car qui l’emmène, elle fait la rencontre d’une fille de 14 ans lycéenne, bien dans son corps et dans sa tête… Cette semaine va être bien plus étonnante que prévue pour Marion !

Lire la suite

Edelweiss

EDELWEISS, par Cédric Mayen (scénario) et Lucy Mazel (dessin et couleurs) (Vents d’ouest, 2017)

edel1947, Olympe, jeune femme issue d’une famille bourgeoise, souhaitant être indépendante, rencontre à un bal un ouvrier de chez Renault, Edmond. Tous deux tombent amoureux, mais le jeune homme a peur de ne pas être au niveau pour son beau-père. Pourtant les deux sont très attachés l’un à l’autre, au point que les rêves de l’une deviennent ceux de l’autre : parisien n’ayant jamais vu la montagne, Edmond fait son service militaire à Chamonix, tandis qu’Olympe poursuit toujours son rêve de gravir le Mont-Blanc comme son aïeule… Leur chemin de vie va les mener à se battre pour ce rêve, malgré les accidents de parcours et les départs de proches…

Lire la suite

Le temps des loups [roman]

LE TEMPS DES LOUPS, par Claude Merle (Bulles de savon, 2015, coll. l’histoire c’est un roman)

temps des loupsAu début du XVIe siècle, Nicole vit dans l’Aubrac, région rurale montagnarde, avec ses frères, ses parents, son oncle, sa tante, sa cousine et son grand-père. Les légendes concernant les loups sont très vivaces et sont parfois bien réelles : ainsi un hiver, les loups attaquent la ferme familiale éloignée de tout village, pour dévorer les moutons de la famille…. Nicole est apeurée comme toute la famille, mais tous parviennent à repousser les ennemis. Mais la jeune fille a une sorte de don qu’elle ne soupçonne pas : quelques temps plus tard, elle découvre un louveteau, et contrairement à la règle qui veut que l’on supprime ces animaux néfastes, elle choisit de le soigner et de le nourrir en secret. Une amitié infaillible naît entre la fille et l’animal, qui va lui sauver la mise plusieurs fois, même si leur amitié interdite est découverte et que Nicole est accusée de sorcellerie…

Lire la suite

Les chevaux du vent, seconde partie

LES CHEVAUX DU VENT, seconde partie, par Christian Lax (scénario) et Jean-Claude Fournier (dessin) (Dupuis, 2012, coll. Aire libre)

Suite et fin du tome 1. Cette fois, Resham le fils qui était parti s’engager dans l’armée des colonisateurs britanniques à Calcutta revient. Cela fait 5 années que Calay, son père, est parti pour rendre visite à son fils Kazi dans un monastère de l’autre côté de la montagne, mais depuis, il n’a plus donné de nouvelles à sa famille. Alors le fils décide de déserter pour retrouver son père et le ramener auprès de sa mère mourante. Il se rend donc au monastère, où il découvre les talents de son frère et l’histoire de son père : inculpé pour espionnage, celui-ci est emprisonné dans un village en altitude. Formé aux techniques de défense, il parvient à le libérer mais celui-ci est très affaibli. Avec l’aide d’un médecin bouddhiste et les prières des moines, le père se remet, et le fils se charge donc de le ramener auprès de son épouse. Mais en route, ils sont attaqués…

Dans ce second volume qui se déroule donc cinq ans après le premier, l’histoire est plus concentrée sur la famille : le personnage central de l’histoire n’est plus le père mais le fils qui s’est exilé volontairement. Le scénario est toutefois toujours aussi riche en informations sur les traditions au Népal  (mandalas, vie au monastère, processions), mais ce n’est plus un élément central de l’histoire. De plus, il n’y a plus l’aspect historique comme dans le premier volume, les colonisateurs britanniques ne sont plus présents dans les pages de ce second volume. Par contre, j’ai observé qu’il y a plus de scènes violentes. Les scènes de combat sont plus nombreuses, mais pas forcément toujours bien faites. Je m’explique là-dessus : j’ai eu du mal à me représenter les mouvements lors de ces scènes, même si celles-ci sont détaillées, elles font assez figées. Les couleurs sont cependant plus intéressantes que dans le tome 1, et il y a quelques grandes planches réellement magnifiques avec de jolis panoramas sur la montagne et le monastère de Kazi. La scène de la procession est aussi très jolie et colorée. Les thématiques des traditions et coutumes ainsi que de la quête du père sont intéressantes, même si je regrette que la relation entre le père et le fils soit assez peu creusée cependant. Enfin, j’ai aussi, comme pour le tome 1, eu du mal à me repérer dans la géographie des différentes régions citées. Bref, ce diptyque est une histoire originale et agréable, qui change des productions habituelles de Lax. Même si je ne suis pas totalement convaincue, elle a des points forts indéniables, le premier étant son dépaysement…

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Le comptoir de la BD, Le grenier à livres, Le blog Bd de Manuel Picaud

Premières planches à voir sur Digibidi.

Les chevaux du vent, première partie

LES CHEVAUX DU VENT, première partie, par Christian Lax (scénario) et Jean-Claude Fournier (dessin) (Dupuis, 2008, coll. Aire libre)

1850, Kazi, un jeune enfant népalais sourd-muet, est envoyé dans un monastère bouddhiste loin de sa famille. La décision est lourde de conséquences pour la famille, qui ne va pas revoir l’enfant pendant de longues années. Ses deux autres fils grandissent, tout en restant rivaux pour le cœur de la belle Mina. Toujours pris de remords, le père ne se remet pas du départ de son petit dernier, et quinze ans après son départ, il décide d’aller le voir en entreprenant un long voyage à travers les montagnes. Mais la situation a changé, et la zone est interdite. Alors pour contourner l’interdit, le père décide de s’engager chez l’ennemi, le colon britannique, qui recrute des cartographes pour tracer les cartes des régions nouvellement conquises. Ayant réussi les tests, le père choisit de cartographier la zone où se trouve le monastère de son fils. Considéré comme un traître aux yeux de son ethnie, il se fait le plus discret possible et effectue le travail demandé par les britanniques, mais ne se rend pas compte qu’il est suivi…

Je continue ma découverte du travail de Christian Lax, qui est présent cette fois uniquement sur le scénario. J’ai beaucoup aimé ce voyage au Népal, vraiment dépaysant. J’ai aimé les références historiques, avec l’histoire coloniale britannique qui commence juste dans cette zone du monde. L’histoire familiale est aussi intéressante. Le personnage du père est touchant, alors que ceux des enfants sont plutôt égoïstes, se souciant peu de leur petit frère sourd-muet envoyé dans un monastère. La mère quant à elle n’a pas spécialement son mot à dire là-dedans, elle subit la situation de rivalité entre ses deux grands fils, et voit sa famille se déchirer sans pouvoir agir. Les personnages sont bien décrits, en tout cas suffisamment pour qu’on s’attache à eux. On en apprend aussi sur l’esprit très différent de la culture népalaise traditionnelle. L’histoire est donc très instructive sur ce pays d’Asie. Par contre, j’ai été globalement peu fan du trait, que je n’ai trouvé pas très moderne. Mais au fil des pages, j’ai pris l’habitude du dessin, et je me suis dit que cela était peut-être lié aux couleurs, qui paraissent assez granuleuses. J’ai eu cependant un peu de mal à me repérer au départ parmi les personnages, qui se ressemblaient un peu trop. Ce tome 1 des chevaux du vent constitue donc un bon album, à poursuivre rapidement par la lecture du second et dernier volume. En effet, ce premier volume se termine en plein milieu d’un rebondissement… C’est assez frustrant je trouve…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Sin City, Le grenier à livres, Blog BD Sud-Ouest

Quelques planches à voir sur BDGest.

Aller voir le site du dessinateur.

Vertical, tome 1

VERTICAL, tome 1, par Shinichi Ishizuka (Glénat, 2013)

Sanpo Shimazaki est un secouriste bénévole qui met ses talents d’alpiniste au service des secours japonais. Il est tellement mordu de montagne qu’il vit dans une tente à flanc de montagne. Il parvient parfois à sauver des touristes en bien mauvaise posture, mais quelquefois il descend des corps sans vie dans la vallée. Pourtant, il reste optimiste, et est même considéré comme fantasque par la police locale. Kumi Shiina travaille dans un bureau de la police, et va être amenée à suivre Sanpo dans ses sauvetages. Elle n’aime pas la montagne à cause de ces drames, mais Sanpo va-t-il parvenir à la faire changer d’avis ?

Voici venir sur ce blog un manga. Cela faisait plus de deux ans que je n’avais pas présenté de BD japonaise, j’avais un peu laissé tomber ce genre-là par manque d’envie et à cause de séries trop longues à mon goût. Je redémarre doucement avec ce seinen sorti à l’été 2013 sur un thème rarement abordé en BD, l’alpinisme. Tout de suite, dès la couverture, cela m’a fait penser au Sommet des dieux de Taniguchi, une série que j’ai eu du mal à commencer mais qui ne m’avait pas déçue, loin de là. Et bien, Vertical même s’il aborde le même sujet n’est pas pareil : là on suit un sauveteur surdoué, qui par passion de la montagne, va tout faire pour tirer d’un mauvais pas des alpinistes plus ou moins chevronnés. J’ai été moyennement conquise par cette lecture : j’ai trouvé le personnage de Sanpo trop irréaliste pour être vrai : il est trop de bonne humeur alors que la situation ne s’y prête pas (un peu comme lorsque le présentateur du journal télévisé a un sourire aux lèvres lorsqu’il annonce le dernier massacre dans un pays en guerre). Ses réactions sont parfois disproportionnées et ses sauvetages dignes des meilleures séries américaines. De plus, je pensais qu’il y aurait plus de fil conducteur, mais en fait Vertical est une succession d’histoires sans lien autre que Sanpo (et parfois Kumi). Je n’ai pas eu le temps de découvrir les histoires des autres alpinistes, car on passait trop rapidement sur leur accident puis leur sauvetage. Par contre, et il faut reconnaître cet intérêt à ce manga, on apprend des petites choses pas inintéressantes du tout sur la montagne : les balises pour être repéré lorsqu’on est coincé sous une avalanche ou encore des termes techniques de montagne. Mais ce que je retiendrai surtout, et c’est bien dommage, c’est l’aspect décousu du récit, avec seulement Sanpo en (maigre) fil conducteur. J’ai aussi eu du mal avec les bulles parfois en anglais, parfois en français : je ne sais pas si traduire juste en dessous était une bonne idée, surtout si c’est juste pour montrer la nationalité étrangère des protagonistes… Dommage car le sujet est original, et le dessin agréable, typique du manga et très réaliste. A essayer tout de même si le cœur vous en dit.

A partir de 14 ans selon Manga-News.

On en parle sur les blogs : Des bulles et des mots, Bulle de lecture, La folie des mangas, Les chroniques de Madoka, Samba BD