Junk, l’intégrale

JUNK, L’INTÉGRALE, par Brüno (dessin) et Nicolas Pothier (scénario) (Treize étrange/Glénat, 2013)

Une bande d’anciens bandits, les Jersey Cowpunchers, s’est séparée il y a quinze ans parce qu’ils ne trouvaient pas le trésor des confédérés. Chacun a repris son chemin : l’un a continué les braquages, l’autre est plus ou moins sans abri, un autre a acheté un ranch et l’a fait fructifier, la seule femme du groupe, spécialisée dans les explosifs, travaille sur des chantiers… Ils ne pensaient pas se revoir, mais leur leader Hank Williams les réunit tous, en prétextant une chasse au trésor… Il va leur falloir traverser une chaîne de montagne en plein hiver et rien ne va se passer comme prévu…

Voici un album qui regroupe les deux tomes parus initialement de façon séparée (tome 1 : Come back (2008), tome 2 : Pay back (2010)). C’est agréable de lire un album en sachant qu’on aura la fin directement, qu’il ne faudra pas attendre plusieurs mois pour savoir ce qu’il arrive aux personnages. C’est donc une bonne idée pour la maison d’édition de ressortir ce diptyque. J’ai trouvé l’histoire sympa, c’est un hommage aux western spaghetti, où les anciens bandits (junk signifie vieillerie), rangés pour la plupart et n’espérant plus grand chose de neuf, affrontent de nouveaux méchants qui veulent leur voler le trésor si convoité. Au départ, les comparses ne savent pas vraiment pourquoi ils sont réunis, mais ils sont contents de se retrouver pour vivre quelques moments ensemble. Puis finalement, ils se disent que le trésor, s’il existe, leur permettrait de vivre un peu mieux que leurs vies misérables, et donc ils suivent leur ancien leader… Mais ce dernier a autre chose derrière la tête, e venger de celui a trahi les autres quinze ans auparavant, et c’est là que le scénario prend vraiment une tournure intéressante… Bref, j’ai aimé le scénario, qui prend bien le temps de se développer au long de 112 pages. Concernant le dessin, je ne peux pas dire que j’ai été subjuguée. Il s’agit du même dessinateur que pour Atar Gull, lu il a peu de temps. Là encore, j’ai eu parfois du mal avec certaines cases, où je n’arrivais pas à voir quel personnage était représenté, ni sous quel angle précisément. Parfois j’ai eu l’impression de me retrouver dans Atar Gull, car le dessinateur ne change pas de trait, donc les personnages entre ces deux albums sont identiques ou presque. C’est, je trouve, un gros défaut, car il est au départ très difficile de s’immerger dans cette histoire, même si le contexte est bien différent de celui d’Atar Gull. Je pense que je n’aurais pas dû lire ces albums de façon si rapprochée. Les paysages par contre sont agréables même si très sobres et simples. Le dessinateur rend bien l’ambiance montagnarde et le froid glacial. Voilà donc un avis mitigé à cause du dessin, mais le scénario bien mené rattrape quand même cet album intéressant (et pas cher pour une intégrale), malgré une fin un petit peu décevante à mon goût…

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : blog BD sud-ouest, Librairie critic, Chroniques d’Asteline.

Les premières pages sont à voir sur Digibidi.

Interview de Brüno à lire sur Du9.

La bande annonce du premier volume :

Le sommet des dieux, tome 2 : les grandes Jorasses

LE SOMMET DES DIEUX, tome 2 : les grandes Jorasses, par Jirô Taniguchi et Yumemakura Baku (oeuvre originale et scénario) (Dargaud, 2004, coll. Made In Japan)

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Suite du tome 1. Fukamachi cherche toujours à en savoir plus sur l’homme rencontré à Katmandou, qu’il croit être Habu, le grand alpiniste parfois contesté parmi ses pairs. Au Japon, il rencontre plusieurs personnes qui ont côtoyé par le passé l’homme, obstiné par l’escalade et la découverte en solitaire de faces encore inexplorées de la montagne. Habu a tenté les grandes Jorasses dans les Alpes, avant de s’attaquer aux sommets de plus de 8000 mètres dans l’Himalaya. C’est là qu’il aurait rencontré Hase, l’autre alpiniste réputé pour ses ascensions hivernales en solitaire. Fukamachi retrace donc, grâce aux rencontres effectuées, le passé de Habu et décide, aidé de problèmes personnels, de repartir au Népal pour essayer de retrouver Habu et dans le même l’appareil photo qui aurait appartenu à Mallory et Irvine en 1924…

Un tome toujours aussi épais, de 300 pages environ. L’histoire du tome 1 n’est pas rappelée en début de tome, ce qui aurait été bien pratique pour se remémorer les grands traits du premier volume. Sinon, le thème de l’histoire est toujours aussi intéressant : un fil rouge (les rencontres de Fukamachi avec des personnes qui ont côtoyé Habu), qui relie les épisodes de la vie de Habu, ses échecs, ses réussites, ses frustrations… Bon, il faut le dire quand même : ça n’avance pas spécialement, Fukamachi n’a toujours pas retrouvé Habu (on espère que ça va arriver dans le tome 3), et les histoires des ascensions d’Habu sont vraiment tellement détaillées que finalement les images se ressemblent parfois pas mal, mais bon, on s’y fait, et cela contribue au suspens de l’histoire… On comprend de plus en plus ce qui lie les deux grands alpinistes que sont Habu et Hase…

Une bonne lecture quand même, mais il faut être bien motivé pour avaler les 5 tomes, que certains dessinateurs auraient pu compacter en moins de pages que ne l’a fait Taniguchi en adaptant ce roman de Baku.

A partir de 13 ans pour le site L@BD.

Le sommet des dieux, tome 1

LE SOMMET DES DIEUX, tome 1, par Jirô Taniguchi et Yumemakura Baku (oeuvre originale et scénario) (Dargaud, 2004, coll. Made In Japan)

1924. Mallory et Irvine, deux alpinistes, tentent l’ascension de l’Everest, et disparaissent dans la montagne… 1993. Au Népal, Fukamachi, photographe de profession, déniche un vieil appareil photo qui aurait appartenu à Mallory. En remontant la piste de cet appareil disparu depuis 70 ans, il va rencontrer un alpiniste réputé japonais des années 1970, du nom d’Habu Jôji. De retour au Japon, il va enquêter sur cet homme parfois contesté dans son club d’alpinisme, connu pour avoir dit un jour qu’il pourrait couper la corde de son compagnon de cordée s’il le fallait… Habu a cependant gravi les plus célèbres et difficiles pics du Japon, avant de pouvoir enfin s’attaquer aux roches d’Europe…

Voici le premier tome d’un manga de 5 volumes, qui porte sur un sujet pas spécialement attirant au premier abord pour les non-spécialistes de l’escalade. Cependant, le dessin de Taniguchi, adaptant ce roman très célèbre au pays du soleil levant, nous entraîne dans l’histoire sans problème. Le trait est toujours le même, aussi clair et réaliste. 300 pages de belles images en noir et blanc, avec une histoire qui nous entraîne dans un sport parfois méconnu, dangereux et individuel, et qui dans le même temps nous fait découvrir la géographie japonaise. La psychologie des hommes est aussi largement détaillée par l’enquête du photographe auprès des personnes ayant côtoyé Habu l’alpiniste. Une bonne bouffée d’air frais !

A partir de 13 ans d’après le site l@BD du CNDP.