Aliénor Mandragore, tome 1

ALIENOR MANDRAGORE, tome 1 : Merlin est mort, vive Merlin !, par Séverine Gauthier (scénario) et Thomas Labourot (dessin) (Rue de Sèvres, 2015)

Merlin est un vieil enchanteur passionné de champignons. Il enseigne son savoir et sa magie à sa fille Aliénor qui, loin d’être passionnée par les propos de son père, fait plus acte de présence lors de leurs promenades dans la forêt de Brocéliande. Un jour, tous deux découvrent une mandragore, une plante magique qui tue par son cri la personne en face d’elle. Sûr de lui car se croyant protégé par le sang de dragon qui coule dans ses veines, Merlin demande à Aliénor de la déterrer, mais tombe raide mort face à la plante hurlante. Aliénor ne sait que faire, jusqu’à ce que le fantôme de son père apparaisse et lui demande de ramener le corps dans leur maison, le temps de trouver le moyen de ressusciter… Mais la mort, ici nommée l’Ankou, veille et demande à Merlin devenir avec lui. Ce dernier refuse et assiste discrètement à son propre enterrement, espérant toujours trouver un élixir pour revenir à lui. Aliénor décide alors d’aller voir sa voisine la fée Morgane, fâchée avec son père, pour trouver dans ses grimoires une formule pour sauver son père, mais ses intentions sont démasquées. La jeune fille est chassée et atterrit dans la forêt, où elle rencontre toutes sortes de personnages plus étranges les uns que les autres…

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Le roy des ribauds, tome 1

LE ROY DES RIBAUDS, tome 1, par  Vincent Brugeas (scénario) et Ronan Toulhoat (dessin) (Akileos, 2015)

A la fin du XIIe siècle, sous le règne de Philippe-Auguste, un homme surnommé le Triste Sire est chargé de protéger le roi. Ce chef espion au service des rois de France est le premier du genre à exercer cette fonction, et il est plus qu’un simple garde du corps : à la tête d’un groupe d’hommes, il doit aussi éliminer la vermine parisienne. Dans le même temps, un complot contre le roi de France est monté par Aliénor d’Aquitaine et son fils le roi d’Angleterre, Richard Cœur de Lion. Le Triste Sire pense le déjouer en tuant un marchant aquitain qu’il croit être au service des Anglais, mais celui-ci se révèle être au final un espion au service du roi de France… Voilà le Triste Sire en bien mauvaise position, lorsque le roi lui demande de retrouver les assassins de son espion… Il doit également assurer la sécurité royale lors de la rencontre avec les ambassadeurs de l’empereur germanique, et éliminer tous ceux qui pourraient porter atteinte à ce rendez-vous.

Voici un album que j’ai emprunté au départ pour mon ami qui aime les récits historiques. Il a été servi, puisque cet album de 150 pages est bien dense et riche en informations. L’histoire est très noire, et donne une image très violente du Paris au milieu du Moyen-Âge. Le récit n’est pas digeste, les morts se succédant parfois à un rythme effréné. De plus, il y a pas mal de personnages, le récit est très complexe et il m’a été parfois difficile de suivre ce polar historique bien développé, où les personnages historiques célèbres (rois, reines, empereur germanique…) côtoient les personnages qui ont laissé moins de traces dans « la grande histoire ». En effet, les quelques pages explicatives en fin d’album nous racontent que le roi des ribauds a réellement existé, et le scénariste ajoute même qu’il s’est basé sur le premier homme à avoir exercé ce rôle pour bâtir le scénario de l’album, tout en reconnaissant avoir changé quelques éléments par rapport à la réalité (par exemple l’anachronisme sur la construction de la façade de Notre-Dame) pour que cela colle au mieux avec l’album. Ces quelques pages, quoique courtes, sont intéressantes et éclairent sur les choix scénaristiques et la construction de cet album. Le dessin est lui aussi très riche, fourmillant de détails. Les personnages sont bien loin d’avoir la peau lisse, et dans chaque case ou presque on a du sang, de la boue ou de la crasse. Certains personnages font vraiment peur avec leur gueule tordue. Ils sont bien repoussants, et ajoutent de l’épaisseur au récit. Enfin,le roi est toujours représenté avec l’un ou l’autre de ses attributs (souvent la fleur de lys), et on ne peut pas le rater. Le découpage de l’histoire est fait de façon à dynamiser le récit, et on imagine facilement les moments qui se passent entre les cases. Vous l’aurez compris, malgré sa complexité, je ne suis pas mécontente d’avoir découvert cet album, même si je crois que je n’ai pas tout compris, mais au vu de la fin du tome 1 où réapparaissent Aliénor et Richard, j’espère bien lire le tome 2 prochainement.

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Un amour de BD, Les lectures d’Efelle, Just a word, Le goûteur culturel

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , chez Noukette pour cette dernière de la saison.

Le roman de Renart, tome 1 : Ysengrin

LE ROMAN DE RENART, tome 1 : YSENGRIN, par Bruno Heitz (Gallimard jeunesse, 2007, coll. Fétiche)

Recueil de quatre histoires mettant en scène le célèbre goupil Renart et son cousin le loup Ysengrin : « les anguilles », « les moines », « les bacons », « la pêche ». Le loup est crédule et se fait avoir à chaque fois par le renart, qui meurt souvent de faim et doit nourrir sa famille : sa femme et ses deux enfants.

Encore une BD jeunesse, pour changer… ! Moi qui n’aime pas lire par obligation, mais uniquement par plaisir (ce qui fait que des livres peuvent traîner très longtemps près de mon mon lit sans que j’y touche, jusqu’au jour où j’ai soudain envie de les lire), j’ai dû m’obliger à lire cet album dernièrement car je devais absolument le rendre (la fin de l’année scolaire approche…). Et bien, cet album s’est lu vite, mais j’ai passé un bon moment tout de même. Je connais l’histoire du roman de Renart écrite au XIIIème siècle et qui est étudiée en 5ème, mais je ne connaissais pas cette adaptation. J’avais lu il y a quelques temps une autre adaptation en BD, par Jean-Marc Mathis et Thierry Martin chez Delcourt (tome 1 et tome 2 sur ce blog). Le trait de Bruno Heitz est très naïf, dans cette histoire il fait très jeunesse, et correspond assez au récit. Il n’est pas poétique comme la version chez Delcourt, plus travaillée à mon goût. Il est simple et efficace, même si le loup et le renard n’ont pas une tête d’animal très ressemblante, c’est assez étrange (et encore plus avec les épouses de Renart et Ysengrin, qui ont les cheveux longs et des têtes d’animaux.)… Egalement, le texte est écrit très gros pour un album, avec des lettres bien trop espacées pour moi. Mais ce n’est qu’une histoire de goût, là encore… Impression mitigée donc, je crois que je préfère la version de chez Delcourt.

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisible, Benzine.

Premières pages à lire sur Izneo.

Une séquence pédagogique utilisant l’album est sur le site académique d’Aix-Marseille.

Victor, tome 1 : le voleur de lutins

VICTOR, tome 1 : LE VOLEUR DE LUTINS, par Jean-Luc Loyer (Delcourt, 1998)

https://i2.wp.com/ec56229aec51f1baff1d-185c3068e22352c56024573e929788ff.r87.cf1.rackcdn.com/attachments/large/3/7/6/000789376.jpgNous sommes au Moyen-Âge, Corentin est un lutin qui est kidnappé par Victor, un méchant forain qui va l’utiliser comme marionnette lors de ses représentations. Un jour, Victor entend dire que la princesse du royaume est désespérée et que celui qui arrivera à la faire rire obtiendra sa main de la part de son père le roi. Ni une, ni deux, le fourbe personnage se rend au château et exécute son numéro. La princesse tombe sous le charme du numéro, et Corentin tombe amoureux de la jeune fille. Mais une fois son but atteint, Victor se désintéresse de lui. Lorsqu’il doit refaire son numéro devant la cour toute entière, Corentin va tout faire pour revoir la princesse et lui avouer son amour, tout en ridiculisant son maître…

Voici une BD jeunesse d’aventure, courte (32 pages), mais qui doit tout de même se lire en étant un minimum concentré. En effet, on peut repérer des élements traditionnels du conte, comme le « il était une fois ». Le dessin est simple, mais les couleurs sont très belles. L’auteur utilise la technique de la peinture et les couleurs sont chatoyantes.

Victor le voleur de lutins est un beau conte qui mêle les différents éléments caractéristiques du genre (le gentil et le méchant qui veut l’exploiter), et contient aussi une belle histoire d’amour, qui fera rêver les enfants. C’est joliment mené, le dessin est pas mal dans son genre, et il y a des changements de plans qui donnent un dynamisme à l’histoire. Bref, une belle découverte !

A partir de 7 ans selon l@BD.

On n’en parle pas sur les blogs : je n’ai pas trouvé d’avis de blogueurs (ce doit être la 1ère fois que ça m’arrive), et c’est bien dommage…

Par contre, des séances pédagogiques basées sur cet album se trouvent sur différents sites : Cdrigerard9, Académie de Nancy-Metz. Un QCM est sur Litteradoc, et une fiche de lecture est à la page 4 de ce document PDF pour les élèves du Cantal.

Consulter aussi le blog de Jean-Luc Loyer.

Cet album participe au challenge « à la découverte des prénoms », lancé par Capocapesdoc.

https://i0.wp.com/a395.idata.over-blog.com/2/24/31/24/Mes-Images-5/challenge-a-la-decouverte-des-prenoms-3.jpg

Le roman de Renart, tome 2 : le puits

LE ROMAN DE RENART, tome 2 : LE PUITS, par Jean-Marc Mathis (scénario) et Thierry Martin (dessin) (Delcourt, coll. jeunesse, 2008)

https://i2.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/7/5/6/000785756.jpgSuite du tome 1. Renart poursuit ses aventures dans la forêt, où il joue de mauvais tours aux autres animaux : il entraîne son oncle Ysengrin dans un puits, en lui promettant monts et merveilles, il prétend guérir les enfants du moineau Drouineau, mais en réalité s’en sert de repas… Il profite de la crédulité de l’ours Brun pour qu’il se fasse taper par le forestier… Renart est de tous les mauvais coups, il, est tellement détesté des autres animaux que beaucoup se plaignent de lui auprès du roi…

Voici le second tome de l’adaptation en BD du roman de Renart, ce récit du Moyen-Âge très connu. On a ici plusieurs petites histoires mettant en scène Renart et un autre animal (oiseau, loup, ours, chien), pour symboliser la critique de la société. Ces courtes histoires critiquent la société des puissants et les crédules. C’est très fin, avec toujours une pointe d’humour. A chaque fois, Renart se sort de situations parfois périlleuses, grâce à sa ruse ou parfois à la chance. C’est bien fait, le dessin est clair et pas chargé, et les couleurs sont belles, dans les tons pastels. Un seul regret : l’album est trop court (32 pages seulement, car il est dans une collection « jeunesse »)… Mais il existe un troisième tome, intitulé Le jugement de Renart.

A partir de 7 ans selon le site l@BD, site BD du CNDP.

On en parle sur le web : Lucien (sur les lectures de Marie), Cacahuète (sur Mamemoir), BDsélection.

L’album a été récompensé par les bibliothécaires jeunesse de la ville de Grenoble en 2008. (source : Delcourt).

Le roman de Renart, tome 1 : les jambons d’Ysengrin

LE ROMAN DE RENART, tome 1 : LES JAMBONS D’YSENGRIN, par Jean-Marc Mathis (scénario) et Thierry Martin (dessin) (Delcourt, coll. jeunesse, 2007)

https://i0.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/8/0/5/000786805.jpgRenart est un goupil (nom médiéval pour désigner le renard) qui vit dans une tour dans la forêt, avec sa famille. Il est malin et rusé, et va attraper son oncle Ysengrin le loup quelque peu crédule, son autre oncle Primaut, mais va trouver plus malicieux que lui en la personne du chat Tibert…

Voici une adaptation en bande dessinée d’un poème médiéval très connu pour être satirique. Le dessin est clair, enfantin mais pas trop, et va totalement dans l’ambiance originale moyen-âgeuse. Pourtant, la modernité n’est pas oubliée : les cases ne sont pas très remplies, le trait est vif et dynamique. Les couleurs sont majoritairement marron, vert, gris. Seul le goupil (orange) ressort bien et guide l’histoire. C’est vraiment bien fait, et c’est un bonne occasion de se replonger dans ce récit traditionnel. Chacune des petites histoires est racontée sur 3 à 4 pages et l’album est vraiment trop court à mon goût (32 pages). Heureusement que le tome 2 m’attend pour bientôt !!

A partir de 7 ans selon l@BD.

Des avis sur les blogs de Margotte et de Li-An.

Voir aussi le blog du dessinateur Thierry Martin. Biographie et autres récits de Jean-Marc Mathis sur le site de référence de la littérature de jeunesse, Ricochet-jeunes, qui risque de disparaître bientôt… ;(

Le trône d’argile, tome 1 : le chevalier à la hache

LE TRÔNE D’ARGILE, tome 1 : LE CHEVALIER A LA HACHE, par Nicolas Jarry et France Richemond (Scénario) et Théo (dessin) (Delcourt, 2008)

https://i1.wp.com/www.decitre.fr/gi/62/9782756000862FS.gif1418, à Paris. Nous sommes en pleine guerre de Cent Ans. Le roi Charles IV a de rares moments de lucidité entre ses crises de folie. Les Armagnacs et les Bourguignons se déchirent, et le duc de Bourgogne est allié aux Anglais. Le Dauphin Charles (futur Charles IV) est encore trop jeune pour régner dans ce climat très confus. Suite à une erreur d’une jeune garçon, les Bourguignons entrent à Paris et prennent possession, entre autres, de l’hôtel St-Pol, où réside le roi. Le prévôt de Paris, Tanneguy du Châtel, sauve le dauphin, en l’envoyant hors de la ville. Arrivant à Bourges, ils installent un gouvernement concurrent de celui de Paris, complètement à la botte des Bourguignons, donc des Anglais.

Voici un récit réaliste et rigoureux, basé sur des évènements historiques réels. On suit la montée de Charles (futur Charles VII), dont les frères ont été assassinés, et qui va prendre le trône du royaume de France. En 3ème de couverture, on  trouve des fiches d’identité des différents protagonistes de l’histoire, dommage que cela n’ait pas été placé au début de l’album…  En effet, l’histoire est quand même assez compliquée à comprendre, la présentation des personnages aurait été un « plus » dès le départ de la lecture. On sent bien que les chevaliers jouent un grand rôle pour sauver le dauphin Charles, et qu’ils tirent finalement les ficelles du pouvoir, grâce à leurs choix politiques. En terme de graphisme, celui-ci est assez classique, réaliste, sans fioritures. Le découpage des cases fait que le récit est dynamique. Cependant, les couleurs me paraissent assez artificielles, réalisées à l’ordinateur. Il n’en reste pas moins que c’est un bon album, qui reste abordable et qui permet d’aborder un sujet que j’ai rarement vu dans les BD.

La série compte à ce jour 4 tomes (dernier sorti en 2010), qui montrent comment le jeune roi Charles va accéder au trône de France, grâce à Jeanne d’Arc mais pas seulement.

Un avis enthousiaste sur cet album à lire sur Unblogdepierres. D’autres avis sur 7heo, site consacré à la série. Plusieurs planches à voir sur BDGest.

A partir de 13 ans pour le site BD du CNDP.